Un très beau drame avec Isabelle Huppert se passant dans le Paris des années 1930 . Claude Chabrol réalise en 1978 ce film qui marquera l'ascension à la célébrité de ces trois acteurs : Jean Carmet, Stéphane Audran et Isabelle Huppert.
Violette Nozière est le premier grand rôle 'limite' d'Isabelle Huppert . Interprétation sincère récompensée par un premier prix d’interprétation ,amplement mérité , au festival de Cannes .
Avide de liberté, de rencontre. Envie de sexe et d’amour. Son regard trahit ses fantasmes et elle veut les réaliser. Chabrol filme le trop plein, l’exaspération. La lente envie de meurtre avec froideur et sang froid. Comme une pulsion qui devient évidente.
Une question se pose à la vision de "Violette Nozière": y a-t-il, à l'écran, quelque chose plutôt que rien ? À l'issue de deux interminables heures, je n'hésite pas à répondre par la négative; il y a certes Huppert, assez fascinante avec son look à la Marlene Dietrich, mais complètement abandonnée par un scénario d'une platitude redoutable auquel une structure en flash-backs tente vainement d'apporter un peu de mystère. De manière assez incroyable, aucun trouble ne survient ici: de la mise en scène aux dialogues en passant par la reconstitution d'époque, tout est terriblement empesé, poussiéreux, incapable de nous rendre un tant soit peu intéressant le sort des personnages. Il y a en définitive peu à dire de cette chose sinistre, sans doute ce que j'ai vu de pire de la part de Chabrol (l'inénarrable "Landru" était au moins drôle au centième degré): "Violette Nozière", ou comment traiter un fait divers a priori fascinant en ne prenant même pas la peine de lui donner une quelconque forme cinématographique
Ça met un temps fou à démarrer, ça se traîne et le montage est extrêmement confus. Le réalisateur se garde bien de prendre partie dans cette affaire confuse et controversée, choix respectable mais qui ne milite pas en faveur de la clarté du propos. Le film est partiellement sauvé par une interprétation exceptionnelle des premiers rôles, dominée par une Isabelle Huppert habité par son personnage, Jean Carmet est également remarquable, Audran aussi mais peut-être un ton en dessous. En revanche les seconds rôles c'est pas vraiment ça ! Un film surévalué d'un réalisateur décidément très inégal
DIABOLIQUE. La descente aux enfers de Violette, fleur sauvage entre les fleurs. Mais Chabrol ne m'emballe pas ( comme souvent). L'ange noir garde au fond de ses pleurs, son mystère. Violette Huppert remporte la mise en soignant ses plaies et ses bosses.
On voit bien ce qui a pu intéresser Chabrol dans cette histoire de parricide : le caractère provocateur d'une jeune fille éhontée, mythomane et extrêmement séduisante. Pour incarner Violette Nozière, Isabelle Huppert est sublime en réussissant à dévoiler à la fois une part enfantine, docile et une autre plus mature qui révèle l'aspect manipulateur de son personnage. Violette Nozière est insaisissable parce qu'elle change tout le temps et parce qu'elle sème un doute continu sur la véracité de ses propos. Elle dit avoir été victime d'attouchements de la part de son père étant petite mais les images ne le prouvent pas, la mise en scène de Chabrol fait d'ailleurs preuve d'une malice perverse en insérant plusieurs flashback censés donner une réponse à cette question mais qui entretiennent finalement le flou; elle dit ne pas avoir voulu tuer sa mère en mettant une dose de poison moindre que celle de son père mais rien ne le prouve. Le film met brillamment en scène la sensation d'étouffement d'un foyer en apparence tranquille mais dans les faits profondément malade, au sein duquel des parents - campés par les excellents Jean Carmet et Stéphane Audran - ne voient pas leur fille grandir et vouloir s'enfuir d'une ville morte à ses yeux. On aurait aimé voir ce désir de liberté, non sans liens avec l'amour que Violette éprouve pour Jean, représenté avec davantage de force et moins prisonnier d'une écriture plutôt balisée sur ce point. Chabrol inscrit donc ce fait divers dans la fiction avec personnalité, structurant son film selon une logique de retours en arrière qui aurait pu être lourde mais qui se révèle ici pertinente et donne à Isabelle Huppert un rôle ambigu et à ce titre passionnant.
Certes, ce film a considérablement vieilli mais il s'agit tout de même d'une des toutes meilleures oeuvres de Chabrol. Isabelle Huppert est comme toujours exceptionnelle. A noter la présence d'une pléthore de comédiens dans leurs premiers rôles dont Fabrice Lucchini, Jean-Pierre Coffe et encore Bernadette Lafont.
Très bon film (comme souvent chez Chabrol) et jeu impeccable d'Isabelle Huppert (comme toujours). Les autres comédiens sont très crédibles également (mention spéciale à Stéphane Audran). Claude Chabrol est resté fidèle à l'histoire (vraie) et nous la montre avec de nombreux flashbacks construits avec intelligence. Les années 30 sont fidèlement reconstituées (costumes, logements, voitures).
Intriguant troublant, ce film de Chabrol est à l'image de son personnage principal. J'ai eu l'impression d'assister à une opération chirurgicale et une dissection de cet famille qui vit en huis clos avec les secrets de la fille et de la mère qui vont finir par la faire exploser. Si le personnage d'Isabelle Huppert est si fort c'est grâce à la performance majuscule de Jean Carmet en personnage insignifiant. Il est tellement juste que quand le personnage de Violette craque et le traite de nain qui est à mon sens LA grande scène du film qui tire sa force de la faiblesse de ce personnage de père. Dans Violette Noziere Chabrol n'explique pas, ne juge pas, il constate. Il gagne ainsi en crédibilité même si par moment cela donne l'impression d'être trop froid.
Pas mal . Un bon Chabrol . Un film glauque pour relater une histoire vraie tout aussi glauque . On insiste pas assez sur les écrivains surréalistes qui ont défendu Violette et qui ont sans doute aidé à sa grâce . Néanmoins , rien ne prouve dans le film qu'elle soit non coupable . Chabrol reste assez neutre mais à l issue du film , je la crois moi coupable . Mais cela personne ne le saura jamais
Ce film est assez insipide, pourtant l'histoire a malheureusement tout d'une trame dramatique puisque c'est une histoire vraie... Les acteurs ne sont pas mauvais en soi mais ils ne dégagent rien, c'est mou et décousu parfois. Franchement décevant
Le film a ses qualités grâce à ses acteurs: Huppert, Carmet, Audran, Garreaud. Mais le rythme est effroyablement lent; on s' attarde bien trop souvent sur des plans fixes sans intérêt: c'est du Chabrol !. ,
Claude Chabrol et bel et bien « un homme à faits divers... ». Derrière la jeune fille poupine se cache l'idée d'une révolte. Viollette est frigide, Violette est déçue mais les surréalistes l'avaient bien compris : Violette incarne par dessus tout la rébellion. Chabrol nous plonge dans les années trente et laisse en toute authenticité son personnage tourner au ridicule les autorités patriarcales (Scène de la statue, plan sur l'ensemble du jury lors du procès et bien entendu le parricide).
"Violette Noziere"(1978)est l'un des films de Claude Chabrol qui fait le plus l'unanimité. Pourtant,sa patte caustique ne transparaît pas tant que cela. Il préfère adopter une posture plus sobre,plus neutre,pour aborder ce fait-divers qui défraya la chronique dans les années 30. Celle d'un parricide,symbolisant la France des non-dits,celle des mentalités aussi étriquées que les appartements où les familles cohabitaient. La petite Noziere rêvait d'une vie plus trépidante,quitte à se faire voler et à se prostituer. Isabelle Huppert,visage de porcelaine et air grinçant,semble si lucide que ça en ait gênant. Cette chronique pessimiste se finit en film de procès théâtral. Suranné.