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riverainpsy
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4,0
Publiée le 11 janvier 2023
Un film fellinien cruel qui mélange en fait les ingrédients des Vitelloni et de la Strada ; mais comme il arrive après les deux il fût mal reçu par la critique . Certes il n'a pas la stature des deux chefs-d'œuvre précédents mais , outre de très beau rôles pour Baseheart et surtout Crawford , on retrouve les thèmes felliniens : la fête décadente, l'après fête triste, la religion, les gens qui mentent , aux autres et surtout à eux mêmes, la peinture sociale en filigrane , les hommes un peu paumés à jamais en marge du monde des femmes. Si on prend le film sans vouloir comparer , on regardera une belle œuvre du maître italien , avec quelques très belles scènes .
Tourné peu après La strada, Il bidone en reprend bien des aspects, à commencer par certains des acteurs : Richard Basehart et Giulietta Masina. Mais il n'atteint pas, pour moi en tous cas, la puissance que dégageait le chez d’œuvre de Fellini. Le scénario de Il bidone se focalise sur les petites arnaques d'un trio dépouillant de pauvres gens par des astuces grossières mais qui fonctionnent en raison de la crédulité des pauvres gens. Les portraits des 3 escrocs sont cruels : bassesse crasse, mensonges permanents, solitude, tensions avec les membres de leurs familles, etc. Se focalisant dans la dernière partie sur Augusto Rocca, le plus âgé des trois, le film se transforme en purgatoire alors qu'Augusto tente de renouer avec sa fille étudiante. Offrant de belles séquences, par exemple lors de la fête chez Rinaldo, le film comporte également de curieuses erreurs, comme ces ossements couplés à un "trésor" que découvrent les escrocs en creusant la propriété de leurs victimes. Il faut donc imaginer qu'ils les ont précédemment enfouies sans que les habitants ne s'en soient aperçu...
J'ai revisionné ce film récemment et, je reste sur ma faim. C'est un Fellini qui hésite un peu trop entre deux styles : on sent qu’il veut faire du social comme à l’époque, mais ça manque de la magie ou de la force de ses autres films. L’histoire de ces trois escrocs qui s'habillent en prêtres pour dépouiller des pauvres paysans, c’est une bonne idée de base, mais ça tourne vite en rond. Le perso principal, Augusto, est censé nous toucher avec sa crise de conscience, mais j'ai eu du mal à accrocher. Le rythme est super lent et les arnaques se ressemblent toutes, donc on finit par décrocher un peu. C'est dommage parce qu'il y a quelques scènes visuellement sympas, mais le scénario est trop décousu pour qu'on se sente vraiment impliqué. La fin essaie d'être tragique, mais comme on n'est pas hyper attachés aux gars, ça tombe un peu à plat. En gros, c’est pas un mauvais film techniquement, c'est juste un peu monotone et ça a vieilli d'une manière assez lourde. C'est le genre de film que tu regardes une fois pour la culture, mais tu n'y reviens pas.
Trois escrocs à la petite semaine déguisés en religieux dépouillent une paysanne de ses économies suivant un malicieux procédé qui a sans doute déjà fait ses preuves et le fera encore. On pourrait croire que le préambule cocasse de Fellini augure d'une comédie espiègle. Mais le cinéaste, décrivant dans une forme néoréaliste, le dénuement et l'aridité de la campagne, désigne Augusto et ses complices comme de pitoyables crapules qui se sont fait une spécialité de tromper les plus miséreux. Ces médiocres n'ont que le talent mesquin, pour des profits de même nature, d'abuser la crédulité des pauvres gens.
Eloigné des fantasmagories qui caractériseront son oeuvre future, Fellini se place sur un plan humain et moral. Personnage central de cette triste comédie, Augusto, vieillissant et comme soudainement lucide, semble prendre conscience de son existence de parasite, honteuse et vide. Mais est-il capable de s'en détourner? Broderick Crawford compose parfaitement et gravement l'amertume d'un type ayant raté sa vie et qui découvre la nullité de sa valeur sociale. Il est pathétique dans les dernières scènes du film où la mise en scène de Fellini se montre particulièrement subtile et sensible, dessinant une rédemption ambigüe. Cette figure de "looser", magnifique ou non, est le sujet d'une fable désabusée dont la nature et l'esprit sont en définitive assez proches des farces et satires sociales corrosives qu'un autre cinéma italien, contemporain de "Il Bidone", a produites.
Fellini retrouve ici la force de la simplicité pour montrer la déchéance d'un homme, sans pathos navrant mais avec la touche de Commedia dell'arte qui fait la différence. On est juste un peu surpris du dénouement qui semble un peu précipité par rapport à ce que le réalisateur construit avant.
Après I Vitelloni et La Strada, voici le troisième grand chef-d’œuvre de Fellini. On ne peut qu’être ébahi devant la maturité étonnante de cette œuvre, réalisée finalement par un - encore - jeune homme de trente-cinq ans. La deuxième caractéristique concerne sa portée universelle : au-delà de la simple dénonciation de la foi aveugle en la religion, Fellini se livre à une véritable étude de mœurs et de caractères de toute la société italienne de son époque, digne de Balzac. La « Comédie humaine du cinéma », c’est peut-être finalement le sous titre le plus approprié pour l’œuvre grandiose de Fellini… Au niveau de l’interprétation, Broderick Crawford est parfait dans la composition difficile de cet homme à facettes dont l’ambivalence causera finalement la perte. Du très grand cinéma une fois de plus et encore une fois une grande fin qui reste dans toutes les mémoires.
Le film est séduisant, mu par la force de la simplicité, mais Fellini ne réussit pas à envoûter de nouveau son public comme dans "la Strada". Certes Giuletta Masina vient encore tempérer par son visage angélique la cruauté des trois bandits, mais cela ne suffit pas amplifier la grâce de l'ensemble de l'oeuvre. Un très bon film tout de même sublimé par l'interprétation sans faille de Broderick Crawford.
Chez Fellini, les escrocs sont des clowns. Mais des clowns tristes, des minables condamnés à une vie insignifiante et une fin aussi glorieuse. Après le succès mondial de La Strada, Fellini réalise une œuvre plus mineure, mais non moins dramatique, Il Bidone. C'est l'histoire pitoyable de ces voleurs ratés qui vont de coup en coup sans jamais pouvoir décoller. Ils se déguisent comme les gens du cirque, et l'on retrouve avec leur recherche de mise en scène dans leurs méfaits la passion de Fellini pour le spectacle. Mais le rire côtoie les larmes, et ce n'est que pour nous enfoncer dans le pathétique que Fellini nous fait cheminer dans la bassesse et la misère de ses personnages : ils dérobent les plus indigents et les plus démunis, sans honte ni vergogne. L'un d'eux est marié, et il finit par éprouver des remords pour sa dignité perdue, de même que le plus âgé d'entre eux, lassé par une vie de rapines et de lâchetés. Federico Fellini est désabusé devant tous ces individus solitaires parce qu'isolés, de même qu'il sera enthousiaste face aux foules et aux familles unies.
Réalisé en 1955, "Il Bidone" fait partie de la 1ère période, plus ou moins néoréaliste, du cinéma de Fellini. Période qui n’est pas la plus riche du Maestro, mais qui compte quelques films intéressants, dont "Il Bidone" n’est pas des moindres. Le film nous narre l’histoire de 3 détestables arnaqueurs, passant leur temps à "bidonner" de pauvres gens. Leurs diverses arnaques, assez machiavéliques, ont d’abord l’allure de sketchs, suscitant plutôt un effet comique. Mais le contexte social des arnaqués finit progressivement par changer le ton du film. Les arnaques deviennent odieuses, les situations tragiques, et la conscience des 3 loustics commence à être sérieusement mise à l’épreuve. Le film s’éloigne alors du réalisme attendu et prend l’allure d’un conte sur la face sombre de la nature humaine. Les 2 personnages encadrant Augusto, le vieux "boss" de la bande, se déréalisent petit à petit, se révélant n’être que le reflet des 2 facettes de la personnalité du chef: la crapule sans âme et le repenti en quête de rédemption. Augusto oscillera dès lors entre ces 2 pôles, poursuivant ses arnaques mais se rapprochant parallèlement de sa fille délaissée depuis de trop nombreuses années. Il ne parviendra cependant pas à trouver le chemin de la rédemption, et, après une séquence fabuleuse qui évite la facilité d’un dénouement attendu et donne de la profondeur au film, finira misérablement sur le bord de la route. Nous trouvons déjà dans "Il Bidone" certaines scènes qui annoncent le style à venir de Fellini. Ainsi de cette séquence d’errance nocturne, pourvue d’une certaine irréalité fantastique, qui annonce ces sublimes scènes d’aurore, où la griserie enfin dissipée laisse place à la solitude, à l’angoisse et à la peur. De même, la séquence du réveillon rappelle inévitablement les soirées mondaines de "La dolce vita". "Il Bidone" fait partie d’un cinéma que l’on qualifiera de "classique" dans sa forme, mais qui contient déjà en son sein les éléments de sa propre révolution.
Portraits de salopards malhonnêtes et sans scrupules qui, déguisés en ecclésiastiques, escroquent les petites gens. Tout baigne dans le stupre mais ça tourne mal quand l’un d’eux, pris d’un remords tardif veut aider sa fille et dépouille ses semblables. On peut y voir une caricature du système capitaliste et de sa collusion avec le clergé... Contrairement à la critique dithyrambique de l’époque, je trouve que ce film est très loin d’avoir le souffle tragique de La Strada.
une farce qu'on pensait enjoué au départ mais qui révele une vision sombre de l'humanité au fur et à mesure de son récit. Cette histoires d'escroqueries, au demeurant odieuses, ont un parfum amer. Fellini, le moraliste qui ne juge pas, parvient à faire sortir tendresse et cruauté chez ses personnages. Encore éloigné de son style flamboyant, on retrouve intact son sens de la poésie et son ironie triste. Emouvant.
Obsédé par le thème de la décadence, Federico Fellini signa avec Il bidone un magnifique et désespérant film sur une bande d'arnaqueurs s'en prenant aux plus pauvres des plus pauvres pour ensuite claquer leur (petite) fortune dans des objets tape-à-l'œil et des fêtes pathétiques de médiocrité. Rattrapés par leur conscience, certains finiront par se remettre en cause. Les acteurs sont excellents et la musique, signée Nino Rota, est sublime. Puissant et violent.
Fellini signe ici un des films les plus noirs qu'il ait réalisé. Trois escrocs sillonnent l'Italie pour dépouiller de candides gens, souvent croyant, de leurs faibles économies. Le plus âgé d'entre eux, Augusto, 48 ans, commence cependant à en avoir assez de cette minable existence.
A la fois critique sur fond de manque d'éducation d'un peuple, et d'aliénation par l'argent, menant à la destruction de la moralité humaine, Fellini reste sensible et éclatant de vérité derrière sa caméra. Tout à fait lucide, il nous mène à la fin vers l'agonie d'un homme, et par-là même de toute éthique humaine, qui n'est pas sans rappeler les dernières images de Sympathy for Mr. Vengeance de Park Chan-Wook.
Servi par des acteurs absolument fantastiques, ce film, injustement méconnu (et qui a fait un sacré bide à sa sortie), mériterait pourtant une importante reconnaissance tant ses qualités aussi bien artistiques qu'analytiques sont considérables.
Oeuvre mésestimée, Il Bidone est pourtant un film majeur du Maestro. Fellini n'est guère tendre avec ses personnages, pas parce que ce sont des escrocs, mais parce qu'ils essayent de se racheter trop tard. Le processus d'identification est fort, porté par une mise en scène formidable de justesse, où le côté fameusement baroque s'y infiltre en filigrane, avec une couche de subtilité exemplaire. Ce superbe opus fellinien nous donne l'occasion d'apprécier la meilleure performance d'un grand comédien, Broderick Crawford.