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Requiemovies
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4,0
Publiée le 3 novembre 2010
Inarritu seul au commande d’un film (ou presque, co-scénariste) fait encore valoir un cinéma social, dur, cliché pour certains, fort et humain pour d’autres. Celui qu’on aime si un tant soit peu on s’intéresse à son traitement. Dur de forme et surtout de fond (la touche d’Inarritu est bien là) son film nous accroche dans un délice de tourmentes violentes et intemporelles. Il faudra être tolérant et aimer se faire bousculer par ce maestro mexicain. Alors on aura devant nous un film d’une beauté inouïe, une saveur délicate d’humanité des profondeurs le tout porté par un Javier Bardem d’une ampleur commune mais jamais à ce niveau dans sa brillante carrière. A voir le cœur haut en couleur afin de combler la force dramatique et noire de l’ensemble. Dans cette formule effectivement le film reste majestueusement « beautiful ».
Alejandro Gonzales Inarritu abandonne ici sa narration à tiroirs qui faisait sa marque de fabrique. Il prend son public à contre-pied et c’est l’une des premières gageures de ce film. Il choisit donc un récit d’une implacable linéarité pour nous immiscer, au plus proche dans l’univers d’Uxbal (joué par un Javier Bardem phénoménal), homme de rien. C’est tout au moins notre première appréhension, qui de scène en scène évolue.
Plus Uxbal plonge, plus notre empathie pour lui se développe. C’est là toute l’ingéniosité d’Inarritu. Sous une apparente simplicité de l’histoire, il pose des jalons d’une réflexion profonde, sur le sens de la vie, l’immoralité, notre hypocrisie. Dans cette Barcelone très touristique et haute en couleur, survivent à l’écart et bien cachés cette population d’exclus. Si la frontière n’existe pas physiquement, elle est présente dans les esprits et surtout à l’image. Il y a deux mondes dans cette ville qui ne se côtoient pas. Ici, c’est Barcelone dont on aperçoit toujours le cœur de ville lumineux en filigrane, mais bien évidemment cela pourrait être n’importe quelle ville.
Le parcours d’Uxbal est un prétexte. Il est la clé entre ces deux mondes, tentant de donner à ces parias un semblant d’humanité. Aves sa morale, ses codes, il se pose comme un archange déchu. Il sait qu’il sera terrassé, broyé. Mais il espère encore qu’après lui, il y aura un salut pour tous ces évincés da la vie. Ce film d’un pessimisme poussé au paroxysme est une secousse à notre conscience. Et on ne peut rester insensible. La mise en scène épurée de tout artifice s’attache à l’essentiel : l’état d’urgence. Urgence à la vie, urgence à changer les choses, urgence à comprendre.
Il y a de tps en tps des films comme celui-ci qui vous réveille à grands coup de gifle en pleine tête... Que dire d'original sur ce film, entre l'interprétation de Javier et une histoire bouleversante et triste à souhiat, on se retrouve acculé dans notre fauteuil durant toute la séance sans notion de tps qui passe. Perso j'en suis ressortit jambe flageollante et bouleversé. Une sacré performance de style à voir impérativement en VO.
Avec ce "Biutiful", le cinéma d'Alejandro González Iñárritu prend de plus en plus de cohérence. Ses fulgurances viennent désormais à point nommé pour renforcer l'histoire. Une bonne nouvelle. Du coup, c'est toute la création du film qui prend un peu plus de volume et le jeu des acteurs gagne en cohérence. Devant la caméra, Javier Bardem est tout simplement lumineux dans ce rôle de paumé au grand coeur dépassé par les événements et la maladie qui le tue. Moins didactique que ses premières oeuvres, Biutiful, permet à Alejandro González Iñárritu d'entrevoir l'avenir avec sérénité. Un très beau film.
Chaque film du Mexicain Alejandro Gonzales Inarritu est une attente pour les amateurs de dramaturgie humaine. Le don qu'il possède pour faire ressortir les pires craintes des spectateurs par la cause de ces films est un réel plaisir pour les spectateurs (qui ne se souvient pas de la tristesse des Bard Pitt dans Babel). Biutiful n'est pas forcément le meilleur film du réalisateur mais il permet à Javier Bardem de montrer à tout le monde qu'il est l'un des meilleurs acteurs de sa génération. Javier Bardem a ce regard de comédien qui atteint tout le monde. La force du film réside sur le fait que le spectateur souffre autant que l'acteur. La vision de terreur de la fin de vie du personnage de Bardem correspond à la terreur que le spectateur peut sentir tout au long du film. Un très beau film sur la fin de vie et qui démontre que la fragilité humaine n'est rien face à l'amour paternel face à la vie.
Étrange film qui alterne entre l'ultra-réalisme de la misère social d'immigrés en Espagne et destin d'une famille brisée avec le fantastique qui prête au héros un pouvoir surnaturel. On se demande d'ailleurs si ce dernier point est bien utile au film et si il ne lui retire pas de son authenticité. En tout cas le constat social est bouleversant et on suit les péripéties de cette triste famille avec beaucoup d'empathie. Ce film confirme aussi l'immense talent de Javier Barden.
Barcelone by night, tel qu'on le connaît peu ou pas, c'est avec Biutiful qu'on le découvre, mais c'est surtout un portrait naturaliste brillamment brossé par le réalisateur qui nous plonge dans une réalité macabre avec poésie. A voir.
Un film aussi bouleversant, qu'interessant de A à Z par son sujet et la façon dont l'histoire est traitée. LA caméra d'Inarritu suit la vie de ce personnages tout en nuances (quelques soient les parties de sa vie) jusqu'a son dernier souffle. Avec comme lieu principal, Barcelone. LA beauté des lieux ne nous laisse pas non plus indifférent. Il fait entrer un peu plus, le spectateur dans l'histoire. Une histoire paraissant "deja-vu" et pas spécialement interessante, mais qui en fin de compte cache plus d'un tour dans son sac. On se retrouve donc face à un film noir (faut dire ce qui est), mais au réalisme à la fois troublant et "suffocant" (par la dureté de la chose). LEs acteurs jouent également avec brio (pas étonnant que J. Bardem ait eu un prix d'interprétation) et aident à faire en sorte que l'on soit encore un peu plus transporté. Dés lors que l'on sait que l'on ait sur le chemon de la mort, mais que l'on ait décidé à protéger coûte que coûte ses enfants... De là, va en découler des interrogations, des "épreuves"... (je n'en dirais point plus, pour ne pas spoilers^^). Bref, un film qui me paraissé quelconque à la bse ; mais qui m'a frappé là ou peut de film ont réussi à le faire (du moins correctement). C'est beau, poignant, touchant... et frappant de réalisme! Un film pouvant paraitre dur pour certains, mais qui vaut le coup d'oeil. Jolie surprise, pour une réalisation ; vu absolument par hazard faute de place pour un autre film. Encore une fois, chapeau! On est bien loin de Babel!
Le retour d'Inarritu est une bonne nouvelle, son nouveau film est une fois de plus une belle réussite. Mis en scène avec une réelle maestria, ce mélodrame reprend toutes les thématiques chères au cinéaste (la culpabilité, la mort, le deuil) mais le fait une fois de plus avec une vraie sobriété qui empêche l'ecueil du pathos. Si le malaise et le sordide ne sont jamais loin, l'ensemble est transfiguré par une ambiance fantastico-onirique troublante et la prestation magistral de Javier Bardem, qui n'a pas volé son prix d'interprétation à Cannes. Les détracteurs du cinéastes pointeront le recours à une symbolique trop appuyé, la surenchère dramatique mais cet excès donne sa force au film et au cinéma d'Inarritu en général. S'il manque un petit quelque chose au film pour atteindre le niveau de l'excellent Babel, cette oeuvre cathartique belle et profonde touche, émeut et dérange. Du cinéma mélodramatique comme on aimerait en voir plus souvent et qui malgré un sujet casse gueule et certains effets appuyés sait joliment éviter le misérabilisme attendu et redouté.
Retour aux sources pour Inarritu qui se replonge dans l'univers du drame social intense comme ses 1ers films qui ont fait son succès. Très bon scénario où on retrouve son goût pour le mélange des cultures dans lesquelles il virevolte avec sa caméra toujours à la perfection. Mais le principal atout est véritablement Javier Bardem au sommet de son art dans l'interprétation de ce personnage à la morale aléatoire. C'est puissant, agrémenté de la subtile guitare de Rodrigo Prieto. J'imaginais la fin encore plus mélodramatique mais cela reste une oeuvre de grande qualité comme seul Inarritu arrive à faire...
En se séparant de son scénariste attitré depuis 3 films Guillermo Arriaga, le réalisateur Alejandro Gonzalez Inarritu, s'il continue à raconter des histoires fortement ancrées dans le côté le plus sombre du réel, abandonne les scénarios alambiqués pour ne se consacrer qu'à un seul personnage. Ce personnage, c'est Uxbal à qui la vie ne fait pas vraiment de cadeaux. Il verse dans le trafic de clandestins pour gagner sa vie, il monnaie son étrange don de communication avec les morts, son ex femme est bipolaire et couche avec son frère et il se démène comme il peut pour offrir à ses enfants une vie décente... mais quand il apprend qu'il est condamné par un cancer, il commence à flipper sur l'avenir de ses derniers après son départ. Encore une fois, le réalisateur mexicain ne peut s'empêcher de dénoncer à tout va, le film montre une société malade dont les dérives donnent mal au ventre. En se concentrant principalement sur un seul personnage, il réussit peut être à créer davantage d'empathie que dans ses autres films. Uxbal, interprété par le robuste Javier Bardem, est un être qui s'est retrouvé à faire le pire pour gagner sa vie parce que celle-ci ne lui a pas laissé le choix. Son interprétation sans faille lui a valu un prix d'interprétation à Cannes hautement mérité. C'est dans les scènes qui réunissent Uxbal et ses enfants que l'émotion est la plus forte, la fillette qui joue le rôle de sa fille m'a terriblement ému, tout est dit dans son regard et ses timides sourires. Bien sûr, le film pèche un peu dans son excès, comme d'habitude, Inarritu ne peut s'empêcher de trop en dire au point de faire un film un peu trop long et un peu trop démonstratif dont certains éléments sont carrément superflus et inutiles (les deux amants chinois où quand le réalisateur se prend pour Shyamalan). Reste que l'émotion est là, à travers quelques scènes intenses et bouleversantes (quand Ige va chercher les enfants à l'école, où quand Uxbal offre une bague de famille à sa fille). Vous l'aurez compris, je n'ai pas pu garder les yeux secs devant ce film (ce qui est assez rare). Un très beau film et un petit coup de coeur pour ma part.
C'est à un long tunnel d'ennui et d'indifférence que nous invite Inarritu. Dans Biutiful, sa virtuosité un peu brute tourne à vide, produisant des images fades et sans relief, ne suscitant pas le début d'un commencement d'empathie.
Le scénario est squelettique : il convenait pour un court métrage. Inarritu l'étend tristement pendant plus de 2h15, en partant dans plusieurs directions qui jamais ne se rejoignent pour former un vrai film : réalisme social, drame familial, fable surnaturelle. La musique insiste lourdement sur quelques moments clés avec une franche indélicatesse.
Très rarement, une fulgurance rappelle ce que le réalisateur est capable de faire : le long plan séquence de l'entrée dans la boite de nuit, par exemple. Mais ces quelques pépites ne sauvent pas le film. Que Bardem ait obtenu le prix d'interprétation masculine à Cannes est surprenant : sa grande carcasse adopte le masque buté de la douleur pendant 95 % du film.
En résumé (elle est un peu facile, mais j'y ai pensé pendant le film tellement je m'ennuyais) : Biutiful ne l'est pas. D'autres critiques sur Christoblog : http://chris666.blogs.allocine.fr/
La capitale de la Catalogne sous la caméra de Inárritu. Ni joyeuse ni festive. Une Barcelone loin des cartes postales avec toutefois des images fortes et magnifiques. Javier Bardem est excellent, mais faute d’un scénario qui tienne la route, il n’arrive pas à émouvoir vraiment. Une belle et grande découverte, Maricel Alvarez, que je ne connaissais pas. Excellente. J’ai été autrement ému par l’histoire des deux frères du dernier film de T. Vinterberg, « Submarino ». Bref, pour la première fois je suis à moitié déçu par Inárritu !
À la fois différent et semblable a ce que fait Inarritu précédemment. Sur la forme cela ressemble (et j'adore), plus de scénario déstructuré (ce n'est pas un film choral contrairement aux autres oeuvres du cinéaste) et moins complexe, il incorpore une touche de fantastique à ses thèmes de prédilections (la maladie, la mort, la misère, ...). Très beau film et je trouve que beaucoup de spectateurs sont passé à côté.
Un petit vent de fraîcheur chez Alejandro González Iñárritu, pourtant pas totalement délesté des relents du passé. Le cinéaste mexicain délaisse en effet le film choral pour un parcours individuel, mais pas sans développer énormément ses personnages secondaires et leurs interactions. Il renonce par ailleurs au film-puzzle mais ne peut s'empêcher plusieurs raccords narratifs originaux, mais sans inspiration particulière, cette fois. Et puis son cinéma mise toujours autant sur la stimulation sensorielle pour happer le spectateur. Biutiful, long chemin de croix d'un Javier Bardem d'une présence ahurissante (prix d'interprétation à Cannes mérité), est donc très marqué par la patte du cinéaste mexicain, dont on retrouve ici les défauts, notamment une tendance à flirter avec le misérabilisme, exagérant un peu trop la noirceur de son Barcelone, ou de son scénario, parfois trop appuyé pour être totalement crédible. On retrouve cependant aussi le talent formel d'Iñárritu, qui rend le destin de Bardem encore plus tortueux par une mise en scène qui joue beaucoup sur les illusions d'optique ou les jeux de miroirs, amenant bon nombre de surprises. Et le thème de base, celui de la paternité et ses incertitudes, ainsi que la nécessité de se protéger dans un monde en totale perte de contrôle, est intéressant. Assez mitigé, Biutiful n'est quand même pas le film que je conseillerais en premier si on m'interrogeait sur la qualité des long-métrages d'Alejandro González Iñárritu, réalisateur de talent, mais à mes yeux pas sans quelques habitudes agaçantes.