Chronique au premier abord dérangeante mais traitée avec beaucoup de sensibilité et de délicatesse, d’un amour interdit et malsain, portée par l’interprétation vibrante de de Patrick Dewaere. Le genre de film qui ne pourrait plus exister ajd.
« Beau-père » sorti en 1981, le président Giscard d’Estaing ayant supprimé toute censure six ans plus tôt. De nos jours un tel film ne trouverait ni producteur, ni distributeur et sans doute ni acteur et ni équipe technique. Il faut dire que dans le détournement de mineur aucun film, à ma connaissance, n’est allé aussi loin, décrivant une relation amoureuse et charnelle entre une adolescente de quatorze ans et son beau-père. Malgré une délicatesse certaine et inhabituelle chez le cinéaste, le film passionne et, émeut autant qu’il peut mettre mal à l’aise. Arielle Besse qui avait quinze ans au moment du tournage, n’avait pas encore un corps de femme, augmentant à chaque scène dénudée l’impression de se retrouver dans une glorification de la pédophilie. Reste un film magnifique sur des êtres mal dans leur peau, à commencer par Rémi, musicien raté qui ne s’est pas remis de la mort de sa femme, accroché à sa belle fille qu’il aime comme sa fille et qui le considère comme son père, apportant ainsi un côté incestueux à leur relation. Cette belle fille qui ne peut pas vivre avec un père alcoolique (Maurice Ronet) qui pourtant espère qu’en la récupérant il pourra endosser la responsabilité paternelle en cessant enfin de boire. Rémi a la chance d’avoir Nicolas (Maurice Risch excellent), un ami fidèle, également musicien, qui le soutient à la fois moralement et matériellement, travaillant la nuit pour ne pas sombrer financièrement avec sa famille. Et enfin, Charlotte, concertiste reconnue, éclaire la fin d’une manière quelque peu irréelle, interprétée par la charmante et gracieuse Nathalie Baye. spoiler: Elle est la bouée de sauvetage de Rémi, qui par lâcheté existentielle, va passer à côté d’une véritable histoire d’amour, laissant, presque détaché, Marion retourner chez son père. Abandonnant la plupart du temps les bons mots et réparties cinglantes, Blier à ciselé des dialogues avec une finesse insoupçonnable jusqu’alors. Par contre, si la musique originale d’Alain Sarde (Stéphane Grappelli et Eddy Louiss comme interprètes) est excellente, le choix de Bach, de surcroit retranscrit au piano, est un non sens. spoiler:
Rémi (Patrick Dewaere), la quarantaine, est un pianiste d’hôtel dépressif sans talent. Il vit en couple avec Martine (Nicole Garcia) et sa fille Marion (Ariel Besse), une adolescente un peu rebelle. Quand Martine meurt accidentellement, quand Charly (Maurice Ronet), le père de Marion, refuse d’en assurer la garde, c’est à Rémi qu’il incombe de prendre l’adolescente sous sa coupe. Mais la situation devient bientôt intenable pour lui quand la jeune fille se déclare follement amoureuse de lui et se jette à son coup.
J’avais vu "Beau-père" à la télévision dans les années quatre-vingts et en ai gardé un souvenir très vif. Je l’ai revu trente ans plus tard, en octobre dernier, au Champo, à l’occasion d’un hommage rendu à Patrick Dewaere dont c’était l’un des derniers films. Beau-père lui valut sa dernière nomination au César du meilleur acteur, une récompense pour laquelle il fut cinq fois nominé, quasiment cinq années de suite, en 1977, 1978, 1980, 1981 et 1982, mais qu’il n’obtint jamais.
L’affiche de "Beau-père", qui fit scandale, annonce la couleur. Son thème est sulfureux : l’inceste (même si Rémi et Marion ne partagent pas le même sang), la pédophilie (Marion a quatorze ans). Nul doute que ce genre de films-là serait impossible à tourner de nos jours.
Mais pourtant, si son thème est provocateur, "Beau-père" n’a rien de salace. D’ailleurs Bertrand Blier se serait opposé au choix de l’affiche par son distributeur, lui en préférant une plus sage qui ne dénudait pas le buste d’Ariel Besse. C’est au contraire un film pudique qui raconte avec une grande tendresse une histoire d’amour interdit. Tout y est un peu triste, depuis le deuil de Martine qui laisse Rémi et Marion épleurés, jusqu’à cette banlieue parisienne sans charme filmée sous un ciel maussade. Il n’est pas jusqu’à l’échappée belle à Courchevel où les deux amants se connaîtront enfin qui ne soit pas cafardeuse.
Tout part comme toujours chez Blier d’un texte très écrit. Le miracle est que les acteurs ne sont jamais artificiels en le récitant. Patrick Dewaere est au sommet de son art. Il faut le voir dans la première scène, face caméra, en smoking, derrière son piano, s’ennuyant cent sous l’heure dans un thé dansant. On reconnaît Nicole Garcia dans un rôle trop bref, et Nathalie Baye, toutes deux éclatantes de jeunesse. La jeune Marion est jouée par Ariel Besse. Ce fut pour elle un coup d’éclat sans lendemain. Le rôle avait été proposé, dit-on, à Sophie Marceau, qui venait de se révéler avec "La Boum" et qui connut ensuite le succès que l’on sait…
Ce film, réalisé par Bertrand Blier et sorti en 1981, n'est pas mal du tout ! Je n'ai vu que peu de films du réalisateur mais son goût pour la provocation est en tout cas connu de tous. C'est donc sans surprise que nous retrouvons ici un film nous racontant une romance entre un beau-père et sa belle-fille après la mort de la mère de cette dernière. La belle-fille s'attache en effet de plus en plus à son beau-père, jusqu'à en ressentir une forte attirance physique. Sorte de "Lolita" bis, Blier n'hésite pas y aller frontalement, quitte à choquer les meurs de l'époque, comme il a de toute manière l'habitude de le faire (et encore, ici, ça reste très soft par rapport à certains films de sa filmographie). Et d'ailleurs, même si de l'eau a coulée sous les ponts depuis les années 80 et que la société à évoluée, notamment sur des questions de ce qui peut être choquant ou non aujourd'hui, on ressent toujours de nos jours un certain malaise devant certaines scènes du film. Ce qui est tout de même un sacré défi de réussir à non pas choquer mais peut-être déstabiliser son public quarante ans après la sortie du film. Si toute la première partie du film est bien rythmée et passionnante, la dernière demi-heure a en revanche tendance à s'éterniser parfois dans des dialogues non nécessaires et un peu longs ou dans des longueurs tout simplement qui lassent parfois le spectateur. Concernant les acteurs, nous retrouvons principalement Patrick Dewaere qui livre une prestation vraiment excellente et sans oublier Ariel Besse qui est très convaincante. "Beau-Père" n'est donc pas le meilleur film de Blier mais reste tout de même très intéressant !
Avec Blier il y’a toujours des moments gênants comme dans les Valseuses ou Tenue de soirée, mais en même temps il y a des moements vrais dans ses films. Dans Beau-père également, mais il n’y a pas vraiment d’outrance. Les dialogues sont inégaux, il y’a parfois des fulgurances et d’autres fois cela ne tient pas debout. Le thème principal est traité avec réalisme, laissant entendre que le désir va dans les deux sens. Par contre, contrairement à la légende, je trouve que Dewaere n’est pas si bon acteur que cela, Ronnet et l’héroïne lui sont nettement supérieurs, ainsi que Nathalie Baye. La photographie du film est très belle, il y a une poésie qui se dégage.
Beau Père ou "Lolita" version Bertrand Blier début des années 80...L'intro au piano de Patrick Dewaere est devenu culte...Patrick Dewaere à sa coutume qui joue le rôle du beau père ne lache rien et reste à son habitude excellent! Quant à la jeune Ariel Besse qui joue la belle fille Marion superbe de naturel...la 1ère partie est attrayante! La seconde moins car l'histoire patauge un peu et le dénouement est un peu lent. Mais la fin rattrape le film et distingue le film d'une belle fin réaliste.
Avec "Beau-père", Bertrand Blier revient à des personnages plus modérés et moins provocateurs. Le dépouillement et l'esthétisme de la mise en scène font ressentir toute la douleur qui accable les personnages, et en particulier celui de Patrick Dewaere, homme à la dérive en quête de chaleur. La sobriété des dialogues et l'interprétation contenue de Dewaere permettent à Blier d'aborder un sujet délicat (la liaison quasi incestueuse entre une adolescente et son beau-père) sans vulgarité ni complaisance (malgré l'histoire de l'affiche originelle à la sortie du film...) Paradoxalement, c'est aussi cette retenue, cette affectation dans la mise en scène qui entrainent le récit dans une certaine monotonie. Sans doute manque-t-il au film des situations véritablement inattendues, en tout cas moins conforme à son esprit car, de Bertrand Blier, on s'attend précisément à moins de convenances.L'étude psychologique, portant notamment sur le sentiment de culpabilité de Rémi ou, plus encore, sur l'attitude de la jeune fille, semble parfois trop sommaire et excessivement diluée dans la mise en scène, lente, de Blier. On notera enfin quelques rares traits d'ironie ou insolences, propres au style de l'auteur, mais qui n'influent pas sur le ton général de son film.
Pourrait-on faire le même film aujourd'hui ? Grande question ! Dewaere est magistral, le film évite ainsi l'écueil du graveleux et reste très bien maîtrisé ! Joyce, t'es beau, mais t'es pas père, donc tu n'es pas un beau-père !
Film dérangeant mais traité tout de même de façon plutôt légère, ce qui dédramatise un peu le coté gênant. Patrick Deweare et la jeune Ariel Besse sont très bons et complices. Malheureusement la jeune fille a été dégoutée du métier rapidement. Comme le précise Bertrand Blier dans le bonus du bluray, les producteurs sans l'accord de Bertrand Blier ont choisi l'affiche du film la plus racoleuse soit celle où l'on voit la jeune fille seins nus assise à califourchon sur Patrick Deweare. Ainsi placardée dans tous les cinémas alors qu'elle n'avait que 16ans on peut comprendre son désarroi.
La filmographie de Bertrand Blier occupe une place à part dans le cinéma français des années 70-80 ( période où le fils de Bernard mis en scène ses meilleurs opus) .
A cheval entre le film d'auteur et le cinéma grand public, Bertrand Blier obtint plusieurs grands succès commerciaux souvent dûs à ses outrances policées tournant autour de la sexualité.
Si certaines d'entre elles ne sont plus à la mode aujourd'hui ( " beau-père "( 1981) ne pourrait sans doute pas voir le jour par les temps qui courent), il est intéressant de revenir sur ce film dont le mérite essentiel consiste à voir ou revoir Patrick Dewaere, probablement un des meilleurs acteurs français de sa génération ( d'aucuns, nombreux, disent même que ce fût leur préféré).
Cette description sensible des rapports troubles entre une jeune fille affranchie et son beau-père qui débouche sur une histoire d'amour incestueux, est un délicat exercice effectué sur une corde raide. (Louis Malle avait fait de même dans " le souffle au coeur" et de manière contemporaine avec " beau-père " dans son " la petite").
L'intérêt de " beau-père " s'illustre aussi à travers sa distribution remarquable( Maurice Ronet notamment tient un second rôle avec talent et la jeune Arielle Besse est très convaincante même si sa carrière cinématographique sera courte.).
En terme de mise en scène, et l'exemple de " beau-père " en constitue la parfaite illustration on sait que Blier appréciait les scènes longues ( mais peu souvent tournées en plan séquence), les dialogues croustillants, soigneusement écrits et ne s'attardait ni sur les décors ( souvent ratés) ni sur la photo.
La pérennité des meilleurs films de Blier, dont " beau-père " me paraît faire partie, n'était pas évidente lors de leurs sorties. Il faut pourtant reconnaître qu'ils ont passé, pour plusieurs d'entre eux, l'épreuve du temps et que Blier ( dont la filmographie est très inégale) mérite sa place d'auteur à part entière.
Cependant, si Blier a souvent évoqué Luis Bunuel comme sa principale source d'inspiration, ( ce n'est pas évident à distinguer lorsqu'on visionne ses films), sa filmographie est vraiment très loin, du moins selon moi, d'atteindre la qualité de celle du maître espagnol.
Une oeuvre subversive et dérangeante réalisé par l'unique Bertrand Blier dans laquelle les compositions tout en retenue de Patrick Dewaere et d'Ariel Besse (jeune actrice qui n'avait visiblement pas froid aux yeux vu ce qu'elle ose à l'écran) sont d'un excellent niveau, tout comme la réalisation et les dialogues qui auraient cependant mérité d'être légèrement moins sophistiqués pour ne pas nuir à la justesse de l'ensemble. Cela dit, dans l'absolu, Beau-Père est un très bon film qui ne raconte rien d'autre qu'une histoire d'amour impossible magnifiée et rendue touchante par le talent de Blier à rendre beau le dérangeant et l'amoral.
Sur un sujet delicat qui flirte avec l'inceste ,Blier realise le superbe portrait d'un homme rempli de doute a la suite d'un drame personnel.Et quel meilleur acteur que le genialissime Deweare pour incarner cet etre s'interrogeant sur le sens a donner a sa vie ,il ballade sa tete de clown triste sur cette oeuvre melancolique porté par de divines partitions de piano et de violons.La principale reussite de Blier tient ici au fait qu'il developpe lentement une histoire d'amour "anormale" en utilisant ces 2 personnages comme des aimants qui s'attirent et se repoussent ,il crée chez le spectateur un sentiment de frustration devant ces corps qui se frolent et laisse finalement exploser ce flot de desir dans des scenes sensuelles autant que delicates.Ariel Besse en jeune lolita est aussi troublante de beauté qu'impressionnante de maturité ,elle forme avec Dewaere un couple etrangement credible (meme si la morale est sauve) qui reunit 2 etres tout simplement en manque d'affection.
Sujet très très dérangeant, très très limite mais qui se fait oublié par les interprétations remarquables de la jeune Ariel Besse et principalement Patrick Dewaere.
Patrick Dewaere et Ariel Besse forment un duo troublant. C’est le moins que l’on puisse dire. Plongés dans un environnement aussi sinistre que dépouillé, ils évolueraient presque comme sur une immense scène de théâtre. Tout paraît irréaliste. C’est le propre du cinéma de Bertrand Blier que de créer cette atmosphère particulière. Du reste, le sujet même du film, l’histoire d’amour entre un homme de trente ans et sa belle-fille de quatorze ans, reste fortement épineux et suscite de nombreuses interrogations. Le personnage de Marion, incarné par l’exceptionnelle Ariel Besse, frappe par son angoissante précocité et sa propension à extérioriser, sans gêne aucune, son attirance pour son beau-père. Dewaere, naturellement, reste fidèle à lui-même et nous offre en retour ce jeu si envoûtant, celui du minable lucide qui a renoncé. Renoncé à être un ‘’ héros ‘’, à exister même aux yeux des autres, comme le laisse deviner sa profession de pianiste d’ambiance… Il concentre autour de lui cette espèce de fascination si particulière qu’elle en deviendrait presque obsessionnelle. La faute à un regard perpétuellement meurtri, à une voix froide et plaintive, parfois empreinte d’une sublime douceur, qui suffisent à donner corps à cette réalisation sulfureuse et tourmentée. C’était là son dernier grand rôle et l’évidence même, à travers une fin aussi violente qu’inattendue, que les rôles de paumés qu’il incarnait n’étaient pas que des figures de cinéma, loin s’en faut… Si la sensibilité était réelle, la souffrance l’était aussi. Et elle devait avoir raison de ce merveilleux acteur.