Nerone e Poppea
Note moyenne
2,7
2 notes En savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné

1 critique spectateur

5
0 critique
4
0 critique
3
0 critique
2
0 critique
1
0 critique
0
1 critique
Trier par :
Les plus utiles Les plus récentes Membres avec le plus de critiques Membres avec le plus d'abonnés
Yannickcinéphile

2 879 abonnés 4 582 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 17 mai 2013
Les aventures sexuelles de Néron et Poppée est un bien mauvais film de Mattei, lequel s’essaye a un genre qui ne lui convient absolument pas.
Premier aspect, l’interprétation. Pour ma part seul Pyotr Stanislas se distingue. Il interprète un Néron un peu trop clownesque, et cabotine parfois à outrance, mais après tout c’est une composition qui peut correspondre à une certaine vision de l’Empereur romain. Il est clair qu’il manque d’envergure, mais il occupe vraiment l’écran, et il faut reconnaitre que Mattei lui donne une quasi omniprésence. Il n’y a presque pas un plan dans lequel il n’apparait pas. De ce fait la prestation de Stanislas est quand même louable, d’autant qu’on ne peut pas dire qu’il avait des références qui nous faisaient espérer un boulot correct. Malheureusement le reste du casting est transparent. D’une part il est totalement effacer par rapport à Néron, et en plus il y a beaucoup de personnages secondaires, qui se marchent dessus et ne parviennent guère à s’imposer. Les acteurs n’étant pas bons (Poppée est d’une fadeur rare) autant dire que c’est très insuffisant.
Le scénario est lui aussi terrible. Il ne faut évidemment pas s’attendre à ce que Mattei nous livre un film historique, reprenant dans les très grandes lignes les anecdotes qui courent sur Néron (style l’incendie de Rome). Le problème c’est qu’il ne s’attarde guère plus sur le reste. Il n’y a presque pas d’érotisme, très peu de scènes violentes (un ou deux passages et franchement il faut avoir l’estomac très fragile pour s’en émouvoir). Comme il n’y a presque aucune trame générale, le film enchainant simplement les délires de Néron (seules les vingt dernières minutes récupèrent un semblant de narration), c’est d’un ennui mortel puisqu’on a l’impression de ne pas avancer. Étant donné que Mattei est très limité coté folie et démesure, on ne peut même pas vraiment dire que les délires de l’empereur nous font passer le temps. Je note évidemment les décalques nombreux faits par exemple à Caligula, parce que là aussi c’est gratiné. En somme, beaucoup d’ennui, très peu de surprises, pas de folie, c’est anorexique. Seule la fin remonte vaguement le niveau, et encore il y a un manque de dramatisation criant.
Sur la forme, que dire… La mise en scène est affligeante. Les seuls passages qui font un peu illusions sont les stocks shot piqués ailleurs (sur la fin notamment, et au passage ceux-ci sont très mal intégrés). Mattei est stagnant, molasse, essayant peut-être de donner un coté lascif au métrage, mais c’est terriblement loupé. Les scènes pseudo-érotiques notamment sont ridicules, avec la plupart du temps un plan fixe sur des amants qui se roulent par terre ou dans le lit. Pathétique ! La photographie est un peu meilleure, et avec quelques décors peut faire illusion. Il ne faut pas se leurrer, c’est juste passable, et ne suffit largement pas en tout cas à remonter le reste. Le seul point assez intéressant après Pyotr Stanislas que j’ai pu relever, c’est la musique. Le thème est bon, dommage quand même de s’être arrêté avec un morceau de 50 secondes ! Seul le rythme change selon que le passage est épique (attention seulement dans l’intention !) ou dramatique (là encore, dans l’intention !).
Pour conclure, je vais être bref, Mattei se plante. C’était attendu en fait, car là il s’attaque au genre piège pour lui. Il faut de la flamboyance, de l’exubérance, le sens de la démesure et de l’esthétique, tout ce qui manque en fait à Mattei, pour un tel film. Capable parfois de choses correctes (L’autre enfer par exemple), là il n’y a que des miettes à récupérer. Un Stanislas pas honteux, quelques décors honnêtes, une musique qui méritait mieux que ce métrage, pour le reste, c’est vraiment médiocre. Que ce soit au premier ou au second degré, le cinéphile restera affamé après le visionnage de Néron et Poppée !
Les meilleurs films de tous les temps