(...) Après réflexion, ce film n’est peut-être pas la petite révolution à laquelle le spectateur était en droit de s’attendre mais qu’à cela ne tienne, Tournée, grâce à sa mise en scène d’une propreté inattaquable (la film mérite amplement son prix à Cannes), une brochette d’actrices saisissantes et à un récit qui ne se perd jamais en vagabondages intempestifs, propulse Mathieu Amalric au rang des cinéastes les plus prometteurs de sa génération. Dans une époque où tout n’est qu’éphémère et d’un m’as-tu vu bling-bling hypocrite, Tournée est le petit rayon de soleil salvateur et dénonciateur d’une époque froide et sans saveur qui nous promet que le vrai cinéma n’est pas encore mort. Lire la suite: http://www.leblogducinema.com/2010/07/13/critique-tournee/
Un Mathieu Amalric étonnant et une palette d'actrices au style bien particulier mais intéressantes. Une tournée des théâtres de France, qui aurait méritée plus de shows de la part des actrices et moins de blabla sur les petits tracas du personnage de Mathieu Amalric. Une palme de la mise en scène à Cannes, qui n'a pas lieu d'être pour ma part...
Que dire de ce film d'Amalric...déjà qu'il lui ressemble et moi j'aime tres souvent son jeu ses roles a travers ses films enfin les films des autres ; là je ne sais pas si j'ai aimé ou pas j'ai en tout cas eu envie de connaitre la fin de cette "tournée" où les filles sont excellentes , leurs numéros aussi bref c'est elles qui font le film, le spectacle, mais a part ca le déroulement est lent , identique sans trop de scénario! alors la palme et les critiques pas justifiées apres a vous de vous faire votre jugement...
C'est une puissante humanité qui se dégage avant tout de ce film. De salles médiocres en salles médiocres, d'un hotel à un autre, ce sont bien les personnages qui sont révélés, ces stripteaseuses trop rondes, sur le retour et leur producteur Joachim. Un film différent et émouvant.
Un peu déçu je dois dire, je m'attendais à beaucoup mieux pour un film primé. Ce qui m'a géné le plus, c'est le manque de scénario. Il y a quelques émotions mais je dirai que c'est du "déja vu" ... On reste sur sa faim.
Le film est une réussite quand il s'attarde sur les numéro du new burlesque et sur les corps de ces femmes, laissant deviner toute leurs forces et leur fragilités. Leurs spectacles semblent s'improviser sous nos yeux. Malheureusement, ce n'est finalement pas le coeur du film, et on en saura peu sur ces femmes, le film s'intéressant finalement plus à l'histoire de Joaquim, producteur itinérant tentant de trouver reconnaissance et lustre d'antan mais dont les pérépéties sont assez conventionnelles et peu émouvantes. Amalric a voulu faire deux films en un, volant au passage la vedette à ces femmes quii avaient déja tout dit sur l'état du monde d'un simple sourire froissé. Le film sauve les meubles avec son aspect joyeux mais s'égare en route. Confus. L'engouement cannois est assez curieux.
Sensation du dernier festival de Cannes, je ne vois vraiment pas ce que "Tournée" a de si fabuleux. Au demeurant, je n'arrive pas à distinguer ce qui est bon de ce qui l'est moins dans ce film, sentiment étrange que j'ai rarement (ou même jamais) éprouvé. Certes, c'est un vent de fraicheur qui souffle sur le cinéma d'auteur français (Dieu merci, il semble encore exister !), mais l'ensemble reste quand même d'une prétention presque vulgaire, où la flegme de Mathieu Amalric (décidément un acteur/réalisateur que j'ai du mal à cerner) devient irritante au fil du film. Sans parler des danseuses, personnages-migraines par excellence, personnalité en option, fardées à outrance. On veut leur donner une âme, une certaine profondeur, mais le fait est que le réalisateur privilégie à la fois l'apparence et la psychologie. Le film se voulant divertissant et éblouissant, on ne finit que par voir ce coté faux, burlesque, cette personnalité de façade, provoquant un dégout certain pour ses femmes, incarnant une pseudo-beauté mais terriblement insipides. Au milieu de toute cette avalanche de plumes et d’accessoires assez équivoques se dresse Amalric, point d’interrogation, qui semble plus hanter sa réalisation qu’y jouer véritablement. Sa petite escapade parisienne, lourde en symbolisme avec toutes ses rencontres, n’est pas vraiment d’une utilité reconnue et contraste trop avec les préparatifs du spectacle, à l’autre bout de la France. Pourtant, de bonnes qualités sont à remarquer, comme ce déluge de couleurs, de sons et de gestes, qui marque pour un début de film. Mais tout cela reste noyé dans une neutralité affligeante, où l’on ne s’ennuie pas, mais où on ne s’amuse pas non plus, presque trop conformiste dans sa douce folie. Cocasse quand même, car le film, comme dit plus haut, ne parvient pas à obtenir un jugement tranché de ma part : est-ce un énième film franchouillard qui « pète plus haut que son cul » ? Ou bien est-ce une énigme trop bien ficelée pour être véritablement appréciée à sa juste valeur ? En tout cas, ce n’est certainement pas un chef d’œuvre, qui semble presque avoir volé sa Palme de Mise en Scène cannoise.
Une critique dithyrambique, des spectateurs plus que partagés dans leur perception : ce n'est pas nouveau, mais Tournée, de Mathieu Amalric, va en surprendre plus d'un, surtout ceux qui s'attendent à une sorte de glorification du show présentant le "New Burlesque", avec effeuilleuses bien en chair. Que nenni, Tournée se focalise beaucoup sur le personnage d'Amalric, un exercice égocentrique, car ça sent l'autobiographie fantasmée à pleins nez, parfois agaçant.Tout, ou presque, dans le film, semble relever du happening permanent et de l'improvisation systématique. Un leurre évidemment, car la mise en scène est là, précise, découpée, et le prix à Cannes n'est pas usurpé. Non, répétons-le, le plus frustrant est d'avoir assez peu de scènes sans son héros, qui attire à lui toute la lumière, aussi lunaire soit-il dans ses comportements. Ce sont les Etats désunis d'Amalric ! Ce qui nous vaut plusieurs moments merveilleux (la station-service, le supermarché) et pas mal d'autres sans intérêt aucun. Quid du show en lui-même ? Sacrifié ! Et les personnalités des strip teaseuses ? Escamotées. Proposons un nouveau titre au film : le New Burlesque selon Saint-Mathieu.
L'histoire d'un looser qui tombe de très haut, et qui se rattrape aux jupes qui tournent. Ce genre de film me donne habituellement la nausée et je n'aime pas Amalric, ça commençait forcément mal. Et pourtant, plutôt que de faire misérabiliste ou looser intégral ou même documentaire sur la vie pas si glamour du show business itinérant, le réalisateur talentueux dans son genre réussit à créer une ambiance, un personnage qui en veut même s'il ne réussit pas toujours et une ribambelle d'artistes qui arrivent à exister dans ce maelström d'idées. Qui plus est, c'est bien monté et filmé, très bien joué, et certaines scènes, la piscine abandonnée, la station service, sont carrément surréalistes et superbes. Comme quoi, on est de plus en plus surpris par les acteurs et les sujets au cinéma en ce moment (Ben Affleck, Colin Farrel, Sacha Baron Cohen, etc).
Amalric nous plonge dans les coulisses et sur la scène d'un spectacle (étonnant) d'une troupe recomposée " New Burlesque". En jouant un producteur affectueux mais aux valises bien lourdes d'un passé professionnel plus glorieux et un père de famille bien maladroit, il nous fait passer du strass et paillettes à la médiocrité de son existence, de la pugnacité à monter son spectacle jusqu'à la Capitale, à la déchéance de son engagement impuissant à réaliser le moindre de ses rêves et celui des autres. Au plus les filles se défeuillent, au plus leur producteur se met à nu: c'est beau et c'est aussi triste. L'acteur est parfait d'émotion et de brutalité. Quant au réalisateur, il filme avec une incroyable élégance et amour des actrices splendides de naturel, sans aucune vulgarité. De l'intimité des coulisses au show sur les différentes scènes de Province, des moments de connivence accompagnés de champagne dans les hôtels de passage, à la séquence exquise d'une pompe à essence: ce film nous apporte du burlesque et de l'émotion à chaque plan. Une récompense étonnante absolument pas déméritée à Cannes honore une mise en scène pudique et fantasque à la fois. Un prix global d'interprétation féminine aurait été un délice original. L'originalité et l'élégance sont bien les 2 maîtres mot d'un film bien affectueux.