Après le décevant et si moyen T4, je n'attendais pas grand'chose de T5. Le simple fait qu'une énième suite voit le jour me semblait une aberration en soi, une simple opportunité commerciale de producteurs avides, un simple "cash grab" comme disent les Anglo-saxons. Governator tire trop sur la corde, il va encore se ridiculiser ! à l'instar des nombreux nanards pathétiques qu'il n'arrête pas de tourner depuis son retour sur la scène.
Et pourtant ! ce T5 me fait penser à T3 et c'est un sérieux compliment. D'abord, il est drôle : les clins d'oeil cabotins d'Arnold, les répliques pince-sans-rire fusent et diffusent régulièrement comme dans T3. A l'inverse de T4 qui se prenait très au sérieux, ils ont compris qu'il fallait garder ce ton léger et un recul non négligeable... comme dans T3. A noter la gestion de l'âge d'Arnold par exemple, non camouflé mais au contraire habilement exploité.
Ensuite, le tour de force scénaristique, notamment autour de John Connor est à la fois complètement loufoque et totalement délirant. Alors que les multiples retours en arrière du début du film détruisent toute crédibilité, le délire "John Connor" surgit tout-à-coup et restaure la suspension d'incrédulité : c'est tellement culotté que ça passe comme une lettre à la poste. Et en même temps, on en rigole à n'en plus pouvoir !
Jason Clarke apporte beaucoup à ce John Connor, il en a fait autre chose qu'un prétexte de scénariste imbibé comme une éponge. Hélas, à l'opposé, on ne peut en dire autant des deux autres idiots : cette Sarah Connor est une terminatrice de soutifs, soit, mais ça s'arrête là ; quant à ce Kyle Reese musculeux et sa tronche de Cro-magnon, il fait de la peine.
Nonobstant ces impairs de distribution, T5 envoit du bois sur le spectacle et l'inventivité de ses cascades, combats et explosions qui rejoignent le côté omni-délirant du film, devenu une grosse bande dessinée qui en met plein la vue. Alan Taylor, je ne sais pas qui c'est ce type mais sa réalisation est sans reproche et fort similaire à celle de Jonathan Mostow de T3 : pas de cut & move, pas de zoom, juste du bon boulot de réalisateur au service du film.
Excellente surprise donc, un divertissement triple A hilarant inattendu, Papy Terminator est increvable !