"Il y a longtemps, les gens croyaient que quand quelqu'un meurt, un corbeau emporte son âme jusqu'au pays des morts. Mais il arrive parfois quand des choses trop horribles se soient passées que l'âme emporte avec elle une immense tristesse et qu'elle ne puisse pas trouver le repos et quelque fois, mais seulement quelque fois, le corbeau peut faire revenir cette âme pour que le bien reprenne son droit sur le mal."
Certaines choses ne devraient jamais revenir.
The Crow, c'est une œuvre tragique, violente et profonde dont le deuil et la vengeance semblent être les thèmes principaux. L'adaptation de 1994 en a d'ailleurs parfaitement capturé l'essence, et demeure encore aujourd'hui un monument gothique. Mais que se passe t-il lorsque ces fondements mêmes sont remis en question ?
Au lieu d'une atmosphère sombre, quasi-monochromatique, ils ont mis des couleurs banales.
Au lieu d'une identité gothique, visuelle et auditive, ils ont lissé ce film à l'extrême.
Et cela sans oublier un casting manquant cruellement de charisme et de talent.
Il n'y a plus de mise en valeur de l'innocence, il n'y a plus d'innocence du tout à vrai dire. Seulement des personnages perclus de vices, et qui se complaisent dans leur médiocrité.... Des personnages dont le temps d'écran est par ailleurs, inversement proportionnel à l'intérêt que l'on leur porte...
Là où la violence était cathartique, il n'y a plus que des massacres gratuits.
Là où il y avait le deuil, ils ont mis une histoire dénuée de sens, de cohérence, de symbolique ; reniant totalement le message de l'original.
Je crois que la phrase la plus symptomatique de cet catastrophe demeure celle prononcée dans la bande-annonce : "
Ce n'est pas de la colère, c'est de l'amour.
"
Et c'est précisément cette incompréhension fondamentale qui, pour moi, fait que ce film ne pouvait pas marcher.
The Crow, c'est de l'amour, mais aussi (et surtout) de la colère, de la souffrance, de la haine. Et il ne saurait être lui-même sans cela.
Je préfère me dire que ce film n'est pas The Crow,
car même en faisant abstraction de l'œuvre originale, je crains que ce reboot ne reste dans les esprit que comme un énième film d' "Action" pour pré-adolescentes en manque de niaiseries sentimentales, avant de sombrer inéluctablement dans l'oubli.