Une oeuvre d'une rare intensité qui repose sur un duo d'acteurs transcendants leur personnage, une BO envoutante, des décors magnétiques et un plan final au ralenti qui m'émerveille encore aujourd'hui. Restera quelques petites longueurs venant parasiter l'osmose parfaite qu'il y aurait pu avoir. Dommage.
Il y a 2 parties très distingues dans ce film : une première partie super positive, avec des scènes magnifiques, comme la scène culte de sexe dans le désert. Tout dans cette première partie fait sourire, elle rend heureux, c'est esthétiquement splendide, c'est juste Magnifique. Puis il y a le retour du personnage principal à l'aéroport, et là se produit un drame que je n'aurais jamais soupçonné, et qui change totalement l'ambiance du film. Là débute la deuxième partie, plus triste, plus noire, qui prête moins à sourire mais qui est toujours aussi belle esthétiquement. Puis, comme en réponse à la magnifique scène de sexe, la revanche de l'actrice principale, la scène de l'explosion, peut-être un peu longue, mais de nouveau particulièrement soignée et visuellement très très belle. Les deux acteurs principaux sont excellent, et j'ai vraiment eu un coup de coeur pour la magnifique Daria Halprin! J'ai d'ailleurs été très surpris que ce soit son seul film! Je trouve ça assez incroyable... "Zabriskie Point" est en fait un véritable bijou du 7ème art, un road-movie fabuleux totalement en phase avec son époque, montrant les Etats-Unis plongés en pleine guerre du Viêtnam, et dans laquelle les manifestations des étudiants sur les campus universitaires étaient sauvagement réprimées par l'administration de président Nixon, c'est d'ailleurs par une manifestation que commence l'histoire. Chef d'oeuvre!
Après le Londres de Blow Up en 1966, Antonioni continue à témoigner de la réalité de son temps et part filmer la société américaine des années 70. Contestations étudiantes, racisme, violences, omniprésence policière, posent le décors d'une société qui oppresse et aliène les individus. Toujours très attaché au thème de la déshumanisation à l'oeuvre dans la société occidentale, Antonioni porte un regard ironique sur l'Amérique et inhabituellement politisé chez ce cinéaste. On lui a alors reproché de faire une démonstration trop explicite, simpliste et de dresser un portrait caricatural de l'Amérique. Un procès à mon sens injuste, non seulement parce que la caricature n'en n'est pas vraiment une, mais qu'en plus, Antonioni use d'un humour salvateur qui libère le propos de toute lourdeur. Qu'elle soit révolutionnaire ou ancrée de plein pied dans le système, la jeunesse apparaît comme perdue, et rêve d'un ailleurs que la société ne lui autorise à atteindre que par l'imagination et l'art. Pour éprouver réellement cet ailleurs, qui n'est autre qu'un mélange de vie, d'amour et de liberté, Daria et Mark choisissent l'évasion hors de la société, en plein coeur de la Vallée de la mort. C'est au cours de cette errance hypnotique au milieu d'un désert magnifié par la caméra d'Antonioni, qu'éclate la première révolte fantasmée de Daria: une ode à l'amour fou, à l'extase sexuelle et sensuelle donnant lieu à une scène fabuleuse, d'une poésie visuelle extrêmement vibrante et justifiant à elle-seule le visionnage du film. Puis, comme à son habitude, Antonioni nous gratifie d'une séquence finale époustouflante: une vision fantasmée de l'explosion de la société, véritable chorégraphie de la destruction qui scotchera littéralement le spectateur à son fauteuil. Moravia expliquait qu'il s'agissait là d'un final prophétique, la vision eschatologique d'un feu moraliste. 30 ans après, l'actualité redonne sens à cette analyse. Et 30 ans après, Zabriskie Point reste un chef d'oeuvre.
Film un peu prisonnier de son temps mais quelques belles scènes du maître italien et globalement un bon témoignage de cet époque. Les acteurs sont épatants. Un poil en-dessous de "Easy Rider" mais la fin relève de celle de "Apocalypse Now" (du moins dans la version du générique final le plus complet). C'est peu dire. Merci au cinéma de la rue des Ecoles "Jacques Tati" à Paris de nous le repasser pendant si longtemps !
A n'en pas douter, l'une des merveilles du 7ème art. Antonioni était déjà un grand réalisateur à l'époque, après le succès de "Blow Up", palme d'or à Cannes. "Zabriskie Point" a lui été quelque peu oublié derrière ce dernier et le "Profession : reporter" qui viendra 5 ans plus tard, mais il mérite qu'on s'y penche plus en avant.
Le film montre d'abord dans le menu la société américaine de la fin des années 60 : contestation étudiante, racisme, violences policières, besoin d'évasion d'une génération asphyxiée sous les panneaux publicitaires et la répression nixonienne. Il montre surtout les tiraillements et les blessures de cette génération, qui n'arrive pas réellement à changer la société (toutes les grèves échouent, les manifestations sont réprimées et les jeunes se dispersent) et qui se réfugie alors dans le rêve et l'amour.
Mais "Zabriskie Point" ne s'arrête pas là : c'est avant tout un grand morceau d'esthétisme, un grand moment de jouissance cinématographie. Il est rempli de scènes mythiques : les visages de la jeunesse en colère lors de l'assemblée générale de la première scène
Film psychédélique culte d' Antonioni de la fin des années 60 en pleine période "hippie" et vague contestataire étudiante. Il est de toute beauté avec des plans magnifiques. La BO (Pink Floyd...) nous transporte littéralement. A noter la présence de scènes "fortes". Une oeuvre mémorable.
Avec Zabriskie Point, l’Italien Michelangelo Antonioni signe son premier film Américain. Quatre ans plus tôt il était déjà l’auteur de Blow-Up son premier film anglais. Un jeune homme indifférent à tout sauf à la photographie pour Blow-Up et un jeune également indifférent à tout sauf à la recherche du réel engagement politique qui fait bouger les choses pour Zabriskie Point. C’est avec ce filon de départ que le réalisateur va nous emmener dans son histoire ou plutôt dans sa perception de l’Amérique. Antonioni dénonce la police, la question de l’engagement politique chez les jeunes, le monde actuel dénué d’espoir et d’humanité mais plein de cupidité, mais ce qu’il dénoncera le plus avec ferveur ce sera la société de consommation. D’énormes panneaux publicitaires envahissent la composition du cadre. Sur par exemple un court trajet en voiture, Antonioni filmera avec talent chaque panneau, chaque chose qui nous pousse à la consommation. Un discours peut être un peu erroné par les producteurs du film qui encourage au moment du générique de début, d’acquérir la B.O du film. L’éternel problème de la production face à l’artiste. Antonioni comme toujours remplit magnifiquement son cahier des charges artistique. Le film est esthétiquement, visuellement et graphiquement magnifique. Chaque plans, chaque séquences à un intérêt photographique de part la beauté de la couleur, de l’action et du cadre. Pink Floyd signe en parti la géniale bande originale du film, composé parfois de chanson populaire Américaine, mais aussi pour les séquences psychédéliques, l’enivrante et incroyable musique du célèbre groupe. Certains peut-être auront peur d’un film ennuyeux parce que Antonioni, parce que film d’auteur, parce que long-métrage qui nous fait interpréter… Zabriskie Point est rythmé, on ne s’ennuie pas et le film passe à une vitesse folle. Incroyablement Beau, incroyablement intelligent et incroyablement fort par son message social et politique. Zabriskie Point fait partie de ces films dont on se souviendra toute sa vie comme d’un trip. Martin, Le Frisson de la Pellicule.
Tout simplement génial! Un exellent film sur le mouvement des années 70 (le meilleur?) On retiendra surtout l'explosion d'une maison sur la musique des Pink Floyd. On retiendra aussi Le battifollage dans le désert de Zabriski Point. On retiendra aussi ... ENFIN BREF !! Tout LE FILM!!!
Excellent fait que cette réédition et accessoirement belle démonstration d’une révolte menée à l’instinct; -Et particulièrement cet étudiant hors-normes ( Portant bien sûr seul l’honnêteté sur son visage ) et enfin ce couple ayant contracté l’habitude de la rébellion sinon de déranger bien entendu à tout prix , loin de ces rapports moroses et ces rejetons fuyants qu’infecteront + tard une révolution achetée - permettant tant de ces choses - & de tous ces absents pas toujours dans le vrai quelque part … A ne pas rater : La scène de boue et de défoulement un tant soi peu exhibo et instinctive de la fin de ce film ultra-innovateur bien évidemment !
Mêlant une science du décalage poétique et une recherche formelle toujours plus poussée à la candeur d’un regard voltairien, Antonioni saisit finalement le cœur (autant fantasmé que réel) de cette révolution culturelle des années 60. Son film restitue avec une acuité presque naïve (et donc très juste) l’utopie d’une époque qui s’échoue contre le cynisme capitaliste. Le cinéaste poursuit son jeu de déconstruction de la forme cinématographique amorcé avec « Blow up », secouant les fondements d’une œuvre qui avait atteint son point de perfection entre rigorisme formel et narrativité allusive, voir abstraite, proche du mystère cosmique (« Le Désert rouge »). « Zabriskie Point » est ainsi le film le plus explicite, le moins ambigu, d’Antonioni. C’est sa force, et un peu sa limite forcément. On sent qu’il représente pour le cinéaste un vrai geste politique (il s’engage clairement du côté de la jeunesse et de la révolution, même s’il fait montre de pessimisme quant à son issue). Antonioni cherche (parfois de façon un peu trop explicite) une concordance entre la forme et le fond : sa partie universitaire chorégraphie le chao (jump cuts incessants, décadrages, etc) pour exprimer l’effervescence de la jeunesse et la violence de la répression qu’elle subit, mais aussi pour illustrer la dictature du consumérisme (inserts incessants sur des pubs et des enseignes). Légèrement démonstrative, cette partie est néanmoins un bel exercice de style, traversé par de nombreuses fulgurances (la séquence du générique, les émeutes…). Vient la partie « libération sexuelle » où le cinéaste laisse libre cours à une poésie visuelle d’une rare intensité : la parade nuptiale aérienne et bien sûr l’inoubliable ballet amoureux dans les dunes suivi d’une hallucinante épiphanie sensuelle restent gravés dans les mémoires. S’ensuit un tournant plus sombre qui débouche sur une « résolution » fantasmatique et libératrice. Car si le combat ne semble pas gagné, c’est dans sa capacité au rêve que l’homme peut encore espérer se libérer de ses jougs. Un rêve qui est aussi bien sûr celui de l’art, ainsi chargé d’une mission révolutionnaire. C’est dans la naïveté de ce propos (faire sauter la société de consommation) et dans l’incroyable vigueur de sa forme, qu’Antonioni atteint ici l’imaginaire collectif de toute une époque, participant définitivement à la marquer de son empreinte.
J'ai oublié la première partie, effacée devant la deuxième, beaucoup plus interressante, qui mixe désir de liberté et fantasme de destruction des bases du capitalisme. Face à la célèbre explosion finale, je pense à Fight Club... Pink Floyd vs Pixies, mon coeur balance mais en dernier lieu je choisit Pink Floyd !
Avec une réalisation lente néanmoins hallucinantes, on est plongé dans l'histoire et les fantasmes de deux jeunes des années 70 en Californie. L'aventure, le désir, l'errance... Des thèmes exploités comme personne ne le ferait aujourd'hui.
Cet Antonioni là ne m'a pas bouleversé comme celui de "Profession reporter", celui de "Le désert rouge". Ok c'est la période révolutionnaire, c'est libre, beau, dénonciateur, mais ça ressemble à un délire de jeunesse, or c'est loin loin d'être son premier film. "Zabriskie point" se divise en deux parties, la révolte étudiante, il montre du doigt la société de consommation (affiches pub, enseignes...), et dans un deuxième temps la rencontre peace, love and cailloux de nos deux tourtereaux d'un jour. Or pour moi le film a vraiment commencé avec cette seconde partie. Des scènes cultes évidemment, érotiques et explosives, mais malgré tout cela, la liberté et tutti quanti... je n'ai pas reconnu sa grâce habituelle. Trop voyant, un film qui m'aurait largement plu ado mais qui là m'a pété à la figure sans trop de conséquences.
Un chef d’œuvre rempli de liberté, toujours fabuleusement cadré par Antonioni. (…) Zabriskie Point contient la plus belle scène de sexe du cinéma, son final est une claque mais surtout un formidable moment mise en scène par le maitre italien.