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Jipis
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3,0
Publiée le 7 juin 2012
Blow-up est un enchainement singulier presque incongru de faits et gestes quotidiens complètement démarqués d’une logique temporelle.
L’espace n’appartient plus qu’a l’incommunicabilité entre des êtres farfelus assoiffés de libertés décalées. Les rapports tout en étant disloqués d’un assemblage rationnel donnent des résultats constructifs dans une absurdité commune.
Sur fond d’underground Londonien des personnages liées par un métier se plient à des procédures professionnelles froides à peine respectueuses doublées de rencontres pulsionnelles dans des espaces naturels presque déserts.
Les femmes sont belles, jeunes, insouciantes, rapidement cicatrisantes dans le jeu suite aux contrariétés formatées par un boulimique de la photo. Le contexte extérieur est surprenant, les contacts ne sont farouches que pour la forme, les êtres se lient facilement dans des mimiques absentes d’un catalogue normalisé.
Ces images curieuses unissent un voyeurisme presque dément dans une virtualité dissoute subitement dans un réalisme meurtrier. L'asservissement envers un monde conditionné est gommé par la volonté de se lâcher que se soit par ses extravagances soudaines ou un mépris des conventions.
Le cap d’un intéressement est conservé péniblement grâce à une intrigue policière à laquelle Brian de Palma rendra hommage. Malgré ces quelques antibiotiques Blow-up est une œuvre difficile, lassante offerte à une science cinématographique devant évoluer en se fragilisant par certaines nouveautés visuelles.
Une partie de tennis particulière révèle la prise de risques effectuée par un maître récompensé à Cannes, libre de toutes contraintes préférant lacher sur le terrain un délire jubilatoire plutot qu'un conformisme sans surprises.
Youhou, vous voilà dévoiler ce chef-d'œuvre à l'ours et d'une Palme d'or brillante ! Mais que c'est génial de découvrir cette mise en scène photographiée photogénique et un scénario où il ne passe rien pratiquement, mise à part ce photographe intrigant et ses copines chéries top-perfect model. Le monde des Richards de la mode British côtoient d'autres intrigues dérivées, une info croustillante et très croquante, c'est bien de connaître le remake d'un grand cinéaste et son inspiration venant de cet original, une vraie découverte. Ce cinéma fait comme Jean-Luc Godard, une touche italo-britannique, c'est plaisant ces protagonistes qui jouent à cache-cache, attrape-moi si tu peux ou tournez manège entre une maîtresse d'amoureux et le bourg photo passe-temps. Une réalisation avant-gardiste en marche vers la révolution bourgeoise qui bouscule avec leurs pancartes peace and make love, not war ! La jeune anglaise aperçue en chevelure blonde, l'une des femmes de ...... que je connais la chanson attitrée, mime de rien pendant la partie de tennis tenez le final arrive !
C'est llleeeeeennnnt ! J'ai du le regarder en plusieurs fois tant c'est ingoinfrable d'un coup (et je ne suis même pas allé jusqu'à la fin). Le synopsis fait les trois quarts du film, ponctué de séquences semi-érotiques absolument injustifiées, inutiles et incompréhensibles. Moi qui aime les films avec des photographes en protagonistes, là j'ai été complètement déçu. Pourtant l'idée est bonne mais mal traitée et pas exploitée (du moins pas avant les dix dernières minutes que je n'ai pas vu).
Dans ce film le Londres de la fin des années 60 y est superbement représenté, la réalisation technique est très soignée, le choix des cadrages aussi, les acteurs Vanessa Redgrave et surtout David Hemmings sont excellents, le final ambigu est intéressant alors pourquoi ce film superbe sur le plan esthétique m'a t-il autant ennuyé ? L'intrigue a-priori intéressante ne commence que très tardivement et une fois commencée n'en finit pas et surtout que le réalisateur ne nous a pas épargné ces interminables silences inutiles habituelles dans sa filmographie et ces interminables longueurs tout aussi inutiles et tout aussi habituelles qui polluent tout le film et qui le rend au final très ennuyeux. Bref à voir quand même pour ses quelques qualités mais éviter de le voir dans un lieu propice au sommeil.
Grand Prix International au Festival de Cannes 1967, ce premier long-métrage de Michelangelo Antonioni montre le portrait presque mystique d’un photographe très en vogue, qui va prendre discrètement en photo un couple dans un parc. Suite à ces clichés, une histoire va naître avec une femme prête à tout pour récupérer la pellicule. De son côté, Thomas, va agrandir les photos et découvrir un corps caché dans des buissons. Il entreprend alors une quête de vérité en dans ce monde bercé d’illusions dans le réel. Blow Up est un film d’une grande rigueur, où chaque plan est maîtrisé. L’atmosphère y est vraiment particulière. En effet, un calme plat préfère raisonner pour donner cette sensation d’irréel. C’est cette contrainte qui peut donner à l’histoire un côté redondant. Mais Blow Up est aussi un film sur le voyeurisme qui montre les limites de la vie privée. Une œuvre remarquable qui méritait sa version restaurée près de cinquante-ans plus tard. D'autres critiques sur ma page Facebook : Cinéphiles 44
Blow Up est le second long métrage de Michelangelo Antonioni que je vois après Le Cri il y'a de cela un an. L'atmosphère de ce long métrage diverge, ici le tout est bien plus oppressant et moins axé sur le désespoir et la tristesse mais prend racine dans un Londres équivoque qui donne a réfléchir. Ce film se nourrit d'angoisse et de vice, le tout en conservant une distance qui donne à son metteur en scène une hauteur et une véritable stature. Il cherche à capter l'époque, sa liberté mais aussi ses dérives et réussit son pari avec brio. David Hemmings interprète son personnage avec minutie, il oscille entre la crapule et le dandy excentrique sous couverts d’ambiguïté assumé, il est flippant ! Un film méthodique et tendancieux qui fait la part belle à la mise en scène et à son esthétisme, à revoir dans quelque temps pour l'apprécier à sa juste valeur ...
Une vision intimiste des conséquences d'un meurtre, sous une atmosphère italienne renfermée sur ses problèmes. On ne vit que grâce au regard d'un photographe qui déteste "l'autre", qui l'insulte, le méprise et le rejette. Antonioni filme son personnage en gros plans, le laissant circuler comme librement dans un cadre pensé selon des angles géométriques. Alors oui, "Blow up" est et restera l'un des plus fabuleux film de la nouvelle vague italienne juste pour sa réalisation mais aussi pour son sens du détail et son contenu. Le son ne venant que du plan et jamais du montage, on s'étonne de quelques morceaux de jazz, diffusés par une platine propre et nette, comme la vie rangée du personnage principal (magnifiquement interprété par un David Hemmings hallucinant). On se met à comprendre la vision, voire la mentalité de l'homme, puis sa personnalité, que certains décriraient comme rustre et obscène, mais qui est pourtant ressemblante avec les fantômes croisés chaque jour dans une rue presque vide... Mais Antonioni ne s'accapare pas ou peu d'autrui, laissant passer une "pétasse" dans un bar ou perdant la trace d'une jeune femme mystérieuse qui offrait une occasion pour trouver de l'inspiration, d'où la même symbolique du placement des angles qui vient et revient, le photographe se torturant les méninges pour trouver de nouvelles idées, à l'image de son oeuvre, qu'il veut ainsi et pour lui, et qui rappelle les manières pour mettre en scène un film. L'exercice de style, grandiose, s'inscrit comme réceptacle de la face thriller de cet objet cinématographique toujours inattendu, mais ne transformant jamais l'ambiance de base pour permettre autre chose que la résolution d'un meurtre. Au détour d'un parc où s'affrontent des mimes se dévoile une identité, névrosée et charnelle, complexe et troublante, grâce à cette caméra qui agit de la même façon que la balle de tennis : invisible, et pourtant qui s'envole pour ne plus laisser de doute quant à sa trajectoire. Et c'est un pari osé : on pourrait trouver ça grotesque, mais, bien loin de là, on trouve cela fabuleux, car il intervient à la toute fin d'une histoire avec ses us et coutumes, juste avant qu'on perde toute trace de l'acteur, et qui laissera un terrain où l'herbe eut bien poussée, intacte, malgré l'impulsion du vent qui n'agit pourtant que comme une caresse.
Mon premier film d'Antonioni, et je dois dire que je suis conquis, car la réalisation est parfaite, les plans riches et travaillés. Le personnage principal, véritable tête à claques, imbu de lui même, est pris dans un doute entre ce qu'il croit être la réalité (vue par l'intermédiaire d'une lentille d'appareil photo) et le réel. C'est une réflexion bien mise en scène : bravo pour la scène finale, partie de tennis imaginaire jouée par des mimes. Antonioni lance des pistes de réflexion. Coppola s'inspirera de Blow up pour son Conversation secrète. Mais ce sera beaucoup moins bien, même si lui aussi, comme pour ce film, obtiendra une palme d'or à Cannes.
Palme d'or méritée pour ce chef d'oeuvre absolu. Certes ce film n'est pas facile d'accès d'un premier abord mais il s'agit d'une oeuvre profonde, troublante, métaphysique et mise en scène magistralement. Ceux qui ne l'ont pas aimé, revoyez le vous verrez que vous ne le regretterez pas. Le film propose en plus un portrait du fameux Swinging LONDON. La BO est en outre excellente.
Ce film culte pour certains réalisé par Michelangelo Antonioni et sorti en 1966 est bon mais sans plus pour moi. Je ne pourrais pas vraiment résumé l'histoire car il n'y en a pas, tout simplement, le synopsis que l'on trouve sur ce film n'est finalement qu'un bout de trame que le film commence mais ne finit jamais. Cela peut paraitre négatif ce que je viens d'écrire mais ça ne l'est, enfin pour moi en tout cas, pas du tout car un film est avant tout une œuvre d'art et n'est pas obligatoirement obligé de raconter une histoire partant d'un point A et se finissant à un point B. Ici, nous partons de rien pour arriver à rien. Cela dit, je dois avouer que c'est le premier film d'Antonioni que je vois et je ne m'attendais pas du tout à cela, à la fin du film je me demandais si j'avais adoré ou détester et finalement, j'ai réussi à y trouver un juste milieu mais il faut dire que ce film m'a beaucoup dérouté. Au bout d'environ une heure de film, nous avons donc le commencement de cette fameuse trame : Thomas découvre un meurtre dans un parc au travers de photos qu'il a prit juste avant. Bon voilà, c'est tout, cet élément arrive à capter le spectateur car on est confronté à un mystère finalement mais c'est surtout un élément déroutant car tout d'un coup, au milieu d'une suite de scènes sans réelles continuité, nous avons le début de quelque chose de logique et de concret et on en vient même presque à se demander ce que ça vient faire là. Le film ne démontre pas grand chose si ce n'est la différence entre réalité et imagination (spoiler: on en vient à cette conclusion à la fin du film, lors du match de tennis joué par des mimes, Thomas entend le bruit de la balle, pourtant inexistante ) et on vient du coup à se demander spoiler: si le meurtre à eu lieu ou non car sur les photographies, on voyait ce que le personnage principal voulais nous faire voir. En réalité, on ne voyait que des formes déstructurées ressemblant à rien de spécial et cela me fait d'ailleurs penser à la fameuse scène de "Lettre de Sibérie" de Chris Marker où on voyait Iakoutsk suivant la façon dont Marker nous demandait de la voir. C'est franchement une approche intéressante et une autre manière de voir un film. La réalisation est quant à elle soignée et très bonne en général. Pour ce qui est des acteurs, nous avons principalement David Hemmings qui joue très bien en y incarnant un personnage très difficile à cerner dont on ne sait d'ailleurs pas si on l'apprécie ou non. Il est finalement à l'image du film : très ambiguë. "Blow-Up" est donc un bon film qui est au moins à voir une fois rien que pour l'ambiance si particulière qu'il dégage et pour vivre une expérience cinématographique assez typique.
Dans le genre « film soporifique » Blow Up se pose là, 1H45 d’ennui relevé par quelques rares bonnes scènes comme la prise de vues dans le parc et l’analyse fiévreuse des photos par ce jeune photographe. Film avant-gardiste pour l’époque (1966), c’est probablement là que le film est allé cherché son succès comme certains films de la nouvelle vague : par effet de mode. Quant aux amoureux de jazz qui aurait vu le nom d’Herbie Hancock dans le casting, ne vous méprenez pas, on entend pas plus de 2 minutes sa musique. En effet les rares moment musicaux sont placés en ambiance lointaine, mis à part le concert en fin de film qui lui aussi paraît bien inutile... Au final il reste l’héritage du film, bien plus intéressant car il inspirera Coppola et De Palma pour The Conversation et Blow Out, deux films bien supérieurs à celui-ci. On notera aussi quelques bonnes idées de mise en scène, notamment les scène en voiture agréablement filmées.
Très grand film sur l'illusion et la réalité, sur le confrontation au monde réel. Le héros, Thomas, un photographe, se divertis (au sens Pascalien) de la pensée de sa condition humaine et de la mort, du réel, en magnifiant cette réalité dans son atelier. Dans son studio, il dirige les opérations avec assurance, il est confiant, il vit coupé du monde, dans le sien : la scène d'hystérie sexuelle avec la blonde et la brune, en plein milieu de l'enquête, est représentative de cette inconscience. Mais quand il affronte la réalité, en sortant dehors comme pour la première fois, il est confronté à l'idée de sa propre finitude. Antonioni brouille les pistes, en offrant à son spectateur un incessant va-et-vient entre illusion et réel, qui se conclue par la fabuleuse scène des mimes. Il réalise également un mise en scène d'esthète, froide et théâtralisée, comme pour insister sur la mise en abîme permanente dans Blow Up. La complexité du film, sa richesse, sa profondeur, mais surtout le grande maîtrise qui s'en dégage en font assurément un chef d'oeuvre unique.
Un film intriguant sur le pouvoir de l'image. Le film de référence sur la photographie. Il n' a certes pas beaucoup de rythme mais c'est ce côté ''serein'' qui fait que ce film est troublant, on passe de scènes mystérieuses (spoiler: le visionnage des clichés photos ) à des scènes artistiques et originales (spoiler: le mime du jeu de tennis ).
Film très lent à l'esthétisme assumé (Antonioni étant allé jusqu'à repeindre en vert... le gazon du parc où est tournée la scène centrale du film), "Blow Up" a des allures de thriller (il y a indéniablement quelque chose d'hitchcockien dans la scène sus-mentionnée), mais se trouve surtout être une sorte de réflexion sur les relations entre art et réalité. Antonioni nous avait déjà fait le coup avec "L'Avventura" : on ne saura pas le fin mot de l'histoire. Le personnage incarné par David Hemmings était-il paranoïaque, fantasmait-il sur ce meurtre ? Quel est le véritable sens de la scène finale avec ces mimes jouant au tennis ? Antonioni gardera toujours pour moi des zones d'ombre. Toujours est-il que le film est visuellement très beau et que la mise en scène est toujours un plaisir à analyser. Le scénario est certes très léger (c'est souvent le cas chez Antonioni) mais la lenteur a parfois du bon. A voir aussi pour la première scène de nu féminin intégral dans un film anglais : la jeune demoiselle en question étant une jeune débutante du nom de Jane Birkin.
Un jeune professionnel urbain arrivé et passablement déplaisant confronté à l’énigmatique et, par là même, à la démystification de son existence. L’art en lui même, la photographie, est un principe moteur du film, qui du coup perd toute lourdeur démonstrative, artifice ou affèterie. L’ouverture est un superbe raccourci de l’Angleterre : une troupe de jeunes fêtards, des ouvriers assez âgés et fatigués, des gardes en uniformes et bonnets à poil, le tout dans la même séquence. Un film devenu classique et qui méritait de l’être.