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Nelly M.
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4,0
Publiée le 29 mars 2009
Isabelle Adjani le retour, et pistolet éternellement chargé en main... Le fantasme de "leur rentrer dedans" ! Nouveau regard sur l'enseignement laïque banlieusard. Bravo pour ce Directeur d'école caricaturé, son objectif principal "être bien noté par sa hiérarchie", c'est-à-dire contenir ses équipes de profs chaque jour dans l'arène : ils sont réputés solidaires entre eux et ça se comprend s'ils doivent s'arranger de la "diversité", cette bluette des campagnes de communication = sur le terrain, une bande de chiots à dresser ! Bien vu aussi ce refus d'apprendre par coeur des tirades de Molière, ce tout ou rien de la prof (observé que "Entre Les Murs" s'avère beaucoup plus courageux par sa volonté de dialogue). La palme revenant à ce collègue usant du Coran pour argumenter en cas de controverse, le prof changé en assureur bientôt... Viennent ici curieusement s'imbriquer les histoires privées du flic, de l'enseignante... Jusqu'à cette affolante apologie de la jupe, à l'heure où leggins et caleçons peuvent être portés avec jupes, une mode qui a ses avantages !). Voici qu'un portable occasionne des révélations sur ces étudiants retenus plus que de raison... Profs à bout, parents dépassés par leurs rejetons, ces derniers en manque de repères. Une tendance lourde à redresser au lieu d'amplifier... Exemplarité où es-tu ?...A quand en France les moyens financiers pour une éducation civique "new generation" de grande ampleur par des sociologues éclairés du style Obama ?...
Dans un collège en difficulté, si ce terme convient, Isabelle Adjani, professeur de français, pète un plomb sous l'énervement et la panique et prend ses élèves en otage. C'est au travers d'un bon petit huis-clos de 1h30 que Jean-Paul Lilienfeld nous raconte cela. Le film permet de mettre à jour de nombreuses choses : les jeunes sont désorientés, racistes même envers leur propre religion, se permettent de critiquer sans connaître, n'ont qu'insultes à la bouche. Tout comme dans Esprits Rebelles, La journée de la jupe parle de ces jeunes en difficulté et de la difficulté pour leurs enseignants de gérer la situation. Bon film.
Un film bouleversant d'une puissance phénoménale où Adjani est au sommet de son art. Lilienfeld décide de s'attaquer à un sujet sensible... sacré défi, d'autant plus dans une période où "Entre les murs" reçoit la Palme d'or pour un film finalement plutôt optimiste. Ici, le propos est désespéré, la violence est implacable, les protagonistes sont radicaux et on se retrouve tout de suite dans une véritable poudrière. Le réalisateur parvient dés les premiers plans à mettre la pression sur le spectateur grâce à une mise en scène très fine et totalement étouffante. Sans même connaître l'histoire, on sent tout de suite que tout cela va mal tourné et le cinéaste maintient toujours son film sur le fil du rasoir, sans jamais tomber dans le spectaculaire. Peut-être veut-il aborder trop de sujets et tombe-t-il un brin dans certains clichés, mais rien n'y fait on est happé, terrifié, bouleversé. Les acteurs sont tous fascinants, les collégiens sont naturels, détestables et réalistes à souhait. Adjani quant à elle est époustouflante de folie et porte sur elle toute la pression de ce personnage. Magnifique.
La journée de la jupe commence en force, une petite demi heure de franche nervosité inspirée de certains films de John Carpenter (pour l'enfermement des personnages) et de Sidney Lumet (pour la virulence des dialogues et les tensions sociales). Malheureusement, la suite est vite décevante. Si on excepte des scènes d'action bien assumées telle la rebeuh qui prend le relais de l'enseignante qui craque (une bonne idée de scénario) le film n'est alors une accumulation de poncifs qui agacent très vite. On assiste alors à une énumération des problèmes de société et des racailles de banlieue (viol d'une jeune fille, racisme, influence de la religion, la sexualité, la prison ...) La lassitude arrive trop vite et celle-ci est attisée par le côté "téléfilm de France 3" lors de l'arrivée des CRS et de Podalydès au jeu très convenu avec cette ministre insupportable. Il faut saluer la très belle performance d'Isabelle Adjani, en hystérique touchante et certains des jeunes (surtout les filles) sont très bien. Un film plein de défauts (le scénario tiré par les cheveux avec le jeune à la fin qui croît pouvoir se réfugier en Australie, peu crédible) mais avec un certain savoir faire dès que la scène se limite à la salle de classe, telle une scène de théâtre où on répète du Molière. On est obligé de penser à Entre les murs ou à l'Esquive mais du fait de la faiblesse du scénario, nous sommes loin du niveau de ces films qui n'abordaient jamais de front le problème des banlieues, d'ailleurs le thème était bien plus palpitant.
Voilà une cause qui a tout l'air d'être, à première vue, désespérée : essayer d'enseigner à des adolescents issus d'un quartier sensible le respect mutuel et la discipline. Car c'est avant tout cela qu'essaye d'interroger le cinéaste chez le spectateur. Peut-on changer les choses quand tout semble immuable ? Normalement la prof, incarnée par une magnifique Isabelle Adjani à fleur de peau, devrait être considérée comme l'antagoniste : elle prend en otage ses élèves avec une arme et les menace avec. Mais Une discussion s'engage avec un négociateur qui vient de se faire plaquer par sa femme et celui-ci se rend bien compte au bout d'un moment qu'elle a été poussée à bout et qu'elle a pété un plomb. Cette anti-héroïne qui ne sait plus vraiment où elle en est suscite dès le début l'empathie, surtout quand on voit le comportement des élèves envers elle. Dès lors, on ne cessera jamais de la soutenir jusqu'à ce que la prise d'otages se termine de manière tragique. Avec une mise en scène nerveuse, une intrigue bien écrite et des personnages parfois ambivalents, "La Journée de la jupe" nous fait successivement rire, angoisser, devenir tendu, émouvoir, compatir, nous questionner, mais en toujours en laissant scotché le spectateur à son siège. Un vrai moment de cinéma qui ,malheureusement, est très réaliste.
« La journée de la jupe » est un fiasco. Un huit clos sans tunes caricaturé à l’extrême même s’il faut reconnaître que ces images plates et désordonnées révèlent une finalité plausible vers laquelle se rend un système éducatif à l’agonie.
Pale et mal interprété ce ramassis d’images récupératrices complètement livré à lui-même s’autodétruit dans un suivi inconsistant faisant de ses têtes de ponts, Professeurs, Proviseur, Policiers et ministre de l’éducation nationale des marionnettes risibles annihilés par la débilité de leurs propos.
Il ne suffit pas de prendre de l’extérieur la température d’un milieu social sur le flanc puis de l’offrir à une actrice aux joues surgonflées désirant redorer son blason sans l’assembler de manière crédible et surtout honnête envers un milieu au bord de l’explosion.
Le contenu n’est qu’une mauvaise pièce de théâtre servant la soupe à un élément central hurlant et gesticulant, presque inoffensif dont les élèves comédiens font semblant d’avoir peur afin s’assurer la longévité de cet opus bourré d’extravagances.
Un prof de Français issue de l’émigration tentant de sauver la culture et la laïcité par la force en enseignant Molière à des oisillons barbares récupérés par le coran sans l’avoir lu reste le point fort virtuel d’un sujet hélas traité dans la maladresse et le débordement. Dommage.
On ne voit plus beaucoup Isabelle Adjani mais quand elle revient, ça fait mal ! Elle est superbe et parfaite dans un rôle qui sort pourtant de son registre habituel. Ce film est une sorte de coup de pied dans la fourmilière, dans cet agrégat de tabous qui sclérosent notre société. Tout y est dans ce film ; le réalisateur a bien su mèler les problèmes récurrents des collèges de banlieue sans que cela fasse catalogue ou provoque l'overdose : indiscipline, sexisme, exploitation d'un islam mal compris, violence verbale et physique, démission de la hiérarchie, etc... Et à en croire mes amis profs, rien n'est caricatural et tout sonne juste dans ce film. Et en plus, le suspens montant transforme presque le film en thriller. Merci au réalisateur Jean-Paul Lilienfeld d'avoir fait ce film courageux. Je déplore juste ces problèmes de couple du négociateur du GIGN qui font un peu remplissage. Finalement, instaurer une journée de la jupe ne serait pas une si mauvaise idée : à suggérer à notre ministre de l'Education !
Ce film procure des sentiments partagés. D'un côté on a le message sur l'éducation, le comportement des élèves, la religion... et de l'autre, plus général, sur la mise en scène. En fait, il y a les scènes dans le théâtre qui sont bien faîtes et les autres, avec les policiers, fades. L'autre chose que l'on regrette c'est le manque de point de vue du réalisateur. Là où Entre Les Murs dénonçait, La Journée De La Jupe expose seulement. Et au final, on a un bon film mais bancal.
Petit addendum avant d’entrer dans le vif de notre critique, Mais les films parlant des banlieues de Paris ou de Marseille, on est contraint de tomber dessus pour peu que l’on se mette à s’intéresser à la vie scolaire décrite par le cinéma (français ici). De là à penser que ce sont les seuls lieux dignes d’intérêt pour filmer la vie au collège ou au lycée, la marge est ténue. Ce qui nous est systématiquement montré est délétère, dégueulasse, d’une manière de s’exprimer insupportable, asservi à des idéologies farfelues et où l’on utilise à foison un mot dont on ignore la signification « respect ». Une population le plus souvent stigmatisante quand elle n’est pas exécrée mais qui nous est à chaque fois dépeinte en victime. De ce pot pourris nous sortent comme à l'accoutumée quelques fulgurances de bons sentiments, rassurants pour ceux qui regardent je présume. Cela étant, le film n'est pas mauvais, L'idée d'une prof excédée qui prend ses élèves en otage est originale. Le pistolet trouvé dans le sac du meneur de la classe étant l'élément déclencheur de la véritable histoire. les jeunes acteurs et Isabelle Adjani tiennent très bien leur rôle, la tension et l'hystérie sont palpables. le conciliateur du RAID est convainquant dans un rôle pas facile entre être menaçant et rassurant. Par contre j’ai trouvé son supérieur bien conciliant avec lui, alors qu’à ses dires il n’avait qu’une envie, celle d’intervenir. Mais ce qui m’a choqué fut tout de même la prestation de la ministre de l’éducation… ou de l’intérieur, totalement réactionnaire, à coté de la plaque et d’une vulgarité qui est une honte pour la nation, Si c’est le reflet du comportement des « élites » dirigeantes, pas étonnant que les quartiers populaires soit dans une telle déliquescence face à une telle non crédibilité.
Pas grand chose à redire sur ce film qui fait clairement réagir. J'ai vu beaucoup de monde le descendre gratuitement à sa sortie mais je ne comprends pas pourquoi. Je ne connaissais pas Adjani avant de voir ce film et je l'ai trouvée excellente dans son rôle, d'un bout à l'autre. L'idée scénaristique peut paraître un peu "grosse" au début, mais en regardant le film j'ai été surpris par le réalisme de la trame. Ceux qui clament que ce film a des connotations racistes à l'égard des jeunes de banlieue n'ont clairement pas compris le film. Si La Journée de la Jupe aborde quelques clichés et montre ce milieu avec beaucoup de pessimisme, il reste cependant positif sur plusieurs points, montrant des élèves touchants et mûrs. Le film aborde des tas de sujets intéressants, notamment la question du respect qui n'a plus beaucoup de sens pour la jeunesse d'aujourd'hui, ou encore la laïcité de l'école en France. Isabelle Adjani fait des merveilles par son jeu assez impressionnant et les autres acteurs, notamment Denis Podalydès, rendent leur personnage attachant. L'humour est aussi très présent, car le pesonnage principal a une belle repartie et certains dialogues sont savoureux. Bref, un bon film choc qui tient en haleine jusqu'au bout. J'ai simplement été déçu de la fin qui a été pour moi complètement en décalage avec le reste du film. Je ne sais pas si Lilienfeld a beaucoup hésité sur le dénouement de son film, mais il y avait certainement mieux à faire que ce truc excessif. Une jolie fin quand même grâce à la musique.
La journée de la jupe c'est tous les clichés sur la vie dans les cités mis dans une tranche d'1h30. Rien ne nous est épargné : les armes, le langage, la situation des filles, les viols, les mères béates devant leur caïd de fils, les profs qui craquent...et patati et patata. C'est en quelque sorte Entre les murs sans l'intelligence et l'humanité. C'est aussi un grand numero d'Adjani-coucou-me-revoilà dans un rôle "vous vous rendez compte c'est ce que j'aurais pu devenir, j'ai eu chaud". La première heure ça va mais ensuite ses larmoiements, aboiements, yeux écarquillés, gesticulations, le tout avec une veste blanche qui reste immaculée malgré un tabassage au sol, tout ça donc devient très très fatigant. En prime, ce film qui se veut réaliste montre les agents du RAID comme des abrutis congenitaux, incapables de se sortir d'une operation pas très compliquée, ne pensant qu'à régler leurs comptes ou à pleurnicher sur leur épouse. Ben voyons, c'est bien connu ces gars là sont des amateurs sentimentaux. J'ai eu mal pour ce pauvre Podalydes que d'avoir joué un rôle aussi stupide. En conclusion j'espère que le scenariste et la real n'ont pas été payés très cher car le moins qu'on puisse dire est qu'ils ne se sont pas foulés.
Jean-Paul Lilienfeld a osé, et il a bien fait ! "La journée de la jupe" est un grand film, une oeuvre poignante qui nous met face aux problèmes de notre société avec beaucoup de tact et d'intelligence. Isabelle Adjani, tout comme le reste du casting, est tout à fait crédible. On a droit à pas mal de rebondissements, j'ai acroché de bout en bout. J'aurais bien accordé à cette petite perle du cinéma français une note de 5/5 mais je n'ai pas aimé la fin alors je lui accorde une note de 4,5/5.
Quand je lis que ce film est rempli de clichés j'ai envie de d'inviter à ces fins critiques dans un établissement ZEP. Pour être enseignant sur zone de remplacement depuis huit ans dans le 93, j'ai rencontré des quantités d'élèves qui vivent dans leurs propres stéréotypes. Où que je suis parti enseigner (ou faire de la garderie), j'ai rencontré des élèves aussi débiles, brisés, analphabètes et sauvages qu'on les voit dans "la journée de la jupe". Ce film est bouleversant parce qu'il met les pieds dans le plat à salades, les salades qu'on nous vends depuis des années à l'éducation nationale, avec des programmes qui ne fonctionnent pas et la demande de falsifier les notes pour que celles-ci ne paraissent pas trop basses. L'école à deux vitesses est une réalité, certains établissements sont des no-man's lands comme on le voit dans cet excellent film. Si vous pensez que l'école se passe encore comme dans "le Petit Nicolas", c'est vous qui êtes coincé dans un stéréotype...
Je suis loin d'être un grand fan d'Adjani. Ici, j'ai été époustouflé par son jeu torturé et un scénario à la hauteur de sa performance. Un film qui va avec son époque, où chacun à sa vision de cette société qui se pourrit de plus en plus et dont tout le monde se fout. Il s'agit d'un documentaire en somme.
LA JOURNEE DE LA JUPE frappe très fort. On ne prend pas le temps de laisser le film s'installer. Et tant mieux. Tout est dans la précipitation, dans la brutalité du propos, avec une tension transmise qui nous crispe au siège, nous fait retenir notre souffle et ne laisse aucun moment dé répits. Isabelle Adjani est à la fois bourreau et victime, consciente et inconsciente de ses actes, dépassée par la génération qui l'entoure, régressive, malsaine, pleine de racailles, fumistes, violeurs de cité, pétasses d'HLM... C'est là que l'on pourrait percevoir l'oeuvre comme quelque chose de facilement et honteusement démago, un anti-film social où l'on répond fermement à la dernière Palme d'Or comme quoi l'éducation nationale n'est plus au bord de la crise de nerfs, elle a les deux pieds dedans, dépassée par les agitations d'ados infectes et d'individus laxistes. LA JOURNEE DE LA JUPE userait t-elle de clichés, de dénonciations répétitives ? Non, on se contente de filmer une prof, partisane des droits de l'homme - dans un cadre où le respect est difficilement inculqué - de la libre expression de chacun, d'une société multiraciale où l'enseignement dans les écoles laïques y est primordiale et perçu comme une alternative pour des gens exposés en permanence au racisme et à l'exclusion. Alors, le film joue surtout avec la pudeur d'une femme usée par des comportements inacceptables de ses élèves, qui clame la laïcité et le respect de la femme. Une féministe engagée dirions-nous, non juste une femme révoltée par cette société où l'individualisme et le manque d'éducation ne fait qu'augmenter. Un appel au secours inapproprié mais qu'on ne peut juger sans pour autant le cautionner. Un huis clos rythmé, jouant avec nos nerfs, interpellant sans cesse notre réflexion; une Isabelle Adjani impressionnante dans ce chef d'oeuvre plus réaliste qu'inpensable, bouleversant de bout en bout.