La Vérité sur Bébé Donge
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Deroo Blar
Deroo Blar

1 abonné 178 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 mai 2026
Superbe film qui nous emmène dans les recoins de l'âme d'un homme et d'une femme. Surtout d'une femme qui croit en l'amour, qui veut l'amour sans pour autant se soumettre à la vision de la femme au foyer. Elle veut être aimée. Il veut vivre sa vie.

C'est bien orchestré par le réalisateur et bien filmé. Psychologique et sociologique quand on le regarde en 2026, 74 ans après sa sortie. Les mœurs de la bourgeoisie, les mariages arrangés, la fidélité, l'amour, la réussite sociale... Autant de thèmes abordés de manière assez subtile.

Les moments de romance du film sont très beaux visuellement et émotionnellement, sur de la musique qui certes a fait son temps mais accompagne merveilleusement l'image.

En parlant de merveille... Danielle Darrieux était une grande actrice avec ses grands yeux expressifs et son éloquence dans sa façon de dire les textes. Bref passage d'une minute sur l'ina où elle parle de sa rencontre avec Gabin lors du film. Parfois Gabin est cantonné à une jeunette, ici le couple fonctionne. Pas besoin de dire qu'il est bon le vieux..

J'ai du mal à croire que le film est de 52 mais cela donne évidemment envie de redécouvrir le vieux cinéma.
inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

92 abonnés 4 230 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 19 juin 2025
Victime d'un empoisonnement, l'industriel François Donge se souvient, sur un lit d'hôpital, de sa rencontre et de ses dix années de mariage avec Elisabeth, dite Bébé.
C'est donc sous la forme de flashback, tandis qu'on ignore si Donge va s'en sortir, qu'Henri Decoin relate une relation conjugale dans la bourgeoisie de province. D'après Simenon, le film est d'abord une satire assez féroce de la bourgeoisie et de ses mariages d'argent. Sauf que Bébé est probablement sincèrement amoureuse du vieux garçon amateur de femmes qu'est François Donge.
La satire est acerbe et la mise en scène de Decoin est plutôt habile pour évoquer les ressorts psychologiques du drame conjugal. Danielle Darrieux et, surtout, Jean Gabin sont convaincants dans une relation qui commence sur le ton de l'ironie spirituelle ou le cynisme et qui se poursuit dans l'amertume.
Le cinéaste a sans doute un peu de mal à maintenir une intensité dramatique, peut-être à cause du résumé elliptique un peu abrupt de la vie commune des époux Donge, mais sa réalisation n'est pas sans finesse et non-dit, ce qui permet de se détourner du mélo ou d'un mode romanesque appuyé. Et si on peut juger succinct le portrait des deux personnages principaux, l'essentiel de leur relation et du malentendu qu'est leur mariage est bien présenté.
Peter Franckson
Peter Franckson

79 abonnés 1 343 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 mars 2025
Tiré du roman éponyme (1942) de Georges Simenon (1903-1989), le film, bien que sombre, raconte une l’histoire d’amour pas du tout synchrone (10 ans, présentés sous forme de flash-backs) entre un industriel de province (Dauphiné,) fabricant de chaussures en cuir, François Donge (Jean Gabin, 48 ans), et Elisabeth, dite Bébé (Danielle Darrieux, 35 ans). Le premier a enchainé les liaisons féminines avant de se marier avec la sœur de la femme de son frère (qui travaille avec lui) tandis que la seconde a une vision passionnée de l’amour, un peu naïve (d’où son surnom ?) et égoïste, refusant d’effectuer les tâches ménagères et la cuisine, et d’enfanter, la rendant aussi un peu proche d’Emma Bovary. On retrouve les thèmes récurrents de Georges Simenon tels que l’incommunicabilité du couple [cf. « La mort de Belle » (1952)] ou les réflexions d’un homme sur son lit d’hôpital [cf. « Les anneaux de Bicêtre » (1963)]. Le film, magnifié par la photographie en noir et blanc de Léonce-Henri Burel (1892-1977), est d’une grande noirceur concernant ses personnages : Elisabeth Donge en premier lieu, déçue par sa vie maritale ( spoiler: elle reproche à François, d’abord d’être indifférent et de vivre sa vie, plus que de la tromper), ayant hésité entre son suicide et l’empoisonnement [au sublimé ou bichlorure mercurique (HgCl2) présent dans la tannerie et versé dans le café de François Donge
] de son mari, et la marquise d’Ortemont (Gabrielle Dorziat, 72 ans), marieuse cynique. Le film et le roman) constituent une variation sur une femme qui empoisonne son mari, bien différente de celle de « Thérèse Desqueyroux » (1927) de François Mauriac (1885-1970) où le personnage titre a bénéficié d’un non-lieu et prépare sa confession auprès de son mari Bernard, soucieux du respect des conventions et de l’honneur [adapté au cinéma par Georges Franju en 1962 avec Emmanuelle Riva et Philippe Noiret puis par Claude Miller, en 2012, avec Audrey Tautou et Gilles Lellouche].
Charlotte28
Charlotte28

203 abonnés 2 831 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 janvier 2025
Alors que les médecins et l'opinion publique s'agitent, l'époux empoisonné (imposant Jean Gabin) revit son histoire maritale, faisant par l'analepse en focalisation interne amende honorable pour un comportement s'opposant aux espoirs romantiques de sa femme (intense Danielle Darrieux). Même si certains dialogues manquent de naturel (et que le mixage son n'aide pas!), la critique d'une bourgeoisie hypocrite, envieuse, aveugle conserve sa pertinence, à l'instar du questionnement sur le bonheur conjugal et sur les fantasmes (romanesques) d'absolu féminins. "Vous aimez bien nous demander de repartir de zéro, comme si c'était faisable..." Une version en miroir de Madame Bovary où nul espoir, nulle absolution ne semblent accessibles.
Luuuuuuuuc
Luuuuuuuuc

26 abonnés 853 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 12 septembre 2023
« Oh c’est une gamine (…) enfin, pour ce que je veux en faire, je la trouve très bien. »

La Vérité sur Bébé Donge est le troisième roman de Simenon adapté par Henri Decoin après « Les Inconnus dans la Maison (1942) et L’Homme de Londres (1943). Si Gabin gabine déjà sur le chemin de son grand retour au cinéma, en riche industriel particulièrement sexiste et odieux, Danielle Darrieux interprète à la perfection son rôle trouble, à la fois piquante, naïve et sombre.

Les meilleurs Simenon sont lents, tout le monde sait cela : il faut du temps pour découvrir la minutieuse peinture socio-psychologique des personnages. Cette fois, comme souvent, c’est au coeur de la bourgeoisie industrielle de province que nous plonge le récit, entre moment présent sans concession (les détails de l’hospitalisation de François/Gabin nous sont narrés cliniquement) et flashbacks mitigés entre le romantisme de Bébé/Darrieux et le cynisme de son époux. Le talent, pourtant peu novateur, de Decoin doublé du génie de Simenon, c’est de parvenir à donner, grâce à une direction d’interprètes à la fois cadrée, à la fois laissant libre cours à la personnalité de ses acteurs·trices, chair et sens à un propos qui pourrait, en d’autres mains, passer pour fade ou sans relief. C’est lent au début mais on veut savoir et on s’accroche. Alors, quand la narration se densifie, on ne voit plus passer les minutes et on en veut encore, toujours plus. Alors certes, aujourd’hui, le principe des flashbacks a vécu, à force de surexploitation, mais quand ils sont, comme ici, distillés et intelligents, on en redemanderait presque.

Au final, cette œuvre un peu oubliée a tout du grand classique, pour l’interprétation et le rythme parfaitement maîtrisé, à l’image de la musique de l’éclectique Jean-Jacques Grunenwald. Une œuvre qui gagne en densité, en intensité, voire en violence, au fil du récit avec, cerise sur le gâteau, une rarissime interprétation de Gabin en homme à la fois haïssable et amoindri. Un récit miroir comme on en fait peu.
soniadidierkmurgia

1 435 abonnés 4 337 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 23 avril 2024
La vérité sur Bébé Donge » d’Henri Decoin sorti en 1951 se place dans le creux de la carrière de Jean Gabin après qu'il est revenu précocement vieilli de son séjour à Hollywood et de son engagement dans les Forces Françaises Combattantes en avril 1943. De retour en France, il se rend très vite compte que les rôles de jeunes premiers ne seront plus pour lui, les Jean Marais, Daniel Gélin et Gérard Philipe l’ayant remplacé dans l’emploi. En attendant que « Touchez pas au Grisbi » (Jacques Becker) ne vienne en 1954 lui ouvrir grand les portes de sa seconde partie de carrière, il se cherche un emploi en tournant de 1946 à 1953 dans une quinzaine de films, souvent de très bonne facture mais qui ne parviennent à le replacer tout en haut de l’affiche.
Danièle Darrieux ayant elle aussi fait un séjour à Hollywood qui s’est révélé assez décevant, est un peu dans la même situation que Jean Gabin au sortir de la guerre même si les fondements en sont un peu plus troubles. Henri Decoin qui jusqu’en 1941 était le mari de Danièle Darrieux adapte pour la troisième fois un roman de Georges Simenon. Autant dire que les circonstances qui entourent le film sont particulières avec des enjeux très forts pour le réalisateur et ses deux acteurs principaux.
Paru en 1940, « La vérité sur Bébé Donge » brocarde sur fond de drame amoureux les mœurs compassées et étriquées de la grande bourgeoisie de Province. Henri Decoin qui ne suivra pas la fin relativement optimiste voulue par Simenon, livrera un film résolument noir qui devra beaucoup à la prestation d’une Danièle Darrieux au sommet de son art et de sa beauté que le réalisateur filme sans doute encore avec les yeux de l’amour. Jeune fille de bonne famille, Elisabeth D’Onneville dite Bébé, est séduite par François Donge dont le frère Georges (Daniel Lecourtois) va bientôt épouser sa sœur Jeanne (Claude Génia). L’industriel plus âgé, tout d’abord conquis par le romantisme échevelé et la naïveté juvénile de Bébé, retombe assez vite dans le cynisme qui est le sien et dans les aventures féminines qui ont jusqu’alors été son quotidien.
Peu à peu Bébé s’étiole, se referme sur elle-même jusqu’à s’endurcir. Dix ans passent émaillés de vexations et même parfois de violences physiques. Le film s’ouvre sur l’image de Gabin sur un lit d’hôpital où entre la vie et la mort, il se remémore ce qui a pu conduire son épouse à l’empoisonner. Danièle Darrieux habillée d’une robe noire mortuaire, le visage de marbre apparaît alors régulièrement fantomatique face à son époux en qui elle voit celui qui lui a enlevé ses rêves d’un amour radieux et éternel. Avec une grande subtilité, Henri Decoin construit sa narration autour du chemin inverse parcouru par François et Bébé. L’une offrant un amour sans retour et l’autre ayant compris trop tard l’inanité de sa vie et à côté de quoi il est passé, cherchant la rédemption auprès d’une Bébé comme désincarnée, n’ayant plus rien à offrir.
Film féministe avant l’heure « La vérité sur Bébé Donge » reste solide sur ses bases jusqu’au bout, montrant un François Donge qui alors qu’il implore le pardon ne parvient pas à retenir sa nature qui le pousse vers la destruction et le mépris. Sans doute le plus beau film d’Henri Decoin, « La vérité sur Bébé Donge » qui n’avait pas eu à sa sortie un succès public digne de sa valeur est aujourd’hui largement réhabilité et ce n’est que justice. Face à une Danièle Darrieux somptueuse qui inonde l’écran de son talent et de sa beauté, Jean Gabin qui conserve encore quelques-uns des atours de sa grand période d’avant-guerre, renvoie la balle comme personne n’aurait pu le faire mieux que lui, sachant parfaitement se positionner dans un rôle certes marquant mais aussi très ingrat. À voir d’urgence pour ceux qui ne connaissent pas le film.
Gablivildo62
Gablivildo62

8 abonnés 260 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 31 mai 2021
Pas le meilleur film de Henri Decoin ni le meilleur rôle de Gabin. Je suis déçu, Decoin m'avait habitué à mieux : "Les amoureux sont seuls au monde", "Retour à l'aube", "Premier Rendez-vous"... On s'ennuie pendant 75 minutes. Le film s'emballe ensuite, ce qui le sauve de la médiocrité. A noter, un rôle atypique pour Gabin, celui d'un goujat, volage et mari violent.
selenie

7 445 abonnés 6 655 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 juin 2019
Ce qui frappe d'abord c'est ce couple si différent, entre cet homme d'expérience, entrepreneur volage et cynique qui séduit une jeune femme belle mais naïve qui croit encore à la grande histoire d'amour. Ce qui frappe ensuite c'est que le temps tue les rêves... Au début on est donc dans un film romanesque qui s'enfonce vite vers le drame conjugal. On est happé par ce scénario méticuleux où on suit l'évolution des sentiments de chacun au fil des ans. A la fois touchant et tragique, pessimiste et plein d'acuité, le film est de plus enrichi d'une description de la haute bourgeoisie provinciale que n'aurait pas renié un certain Claude Chabrol des années plus tard... On peut aussi dire que ce film est l'antithèse de "Madame Bovary"...
Site : Selenie
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 10 mai 2019
Sur un scenario tiré au couteau, deux acteurs d'une parfaite justesse jouent sur les tourments de l'amour. Une réalisation impeccable accompagne ce petit chef d'œuvre de sensibilité, auquel un noir et blanc ajoute une nuance de nostalgie envers un cinéma de qualité que l'on devrait revisiter plus souvent.
weihnachtsmann

1 617 abonnés 5 728 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 21 avril 2019
Une très belle alliance de la forme et du fond au service d’un thème plutôt ordinaire: le mariage raté.
Mais l’épouse délaissée est tellement froide et distante avec une folle touche de romantisme qu’elle seule pourrait rendre le film passionnant.
Évidemment Gabin n’est pas en reste avec ce soupçon de mépris de la femme.
Ok y soupçonnerait presque un brin de surréalisme mais la mise en scène est subjuguante.
Beau film
Frédéric P
Frédéric P

16 abonnés 188 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 31 mars 2019
J’aime beaucoup Henri Decoin (Les inconnus dans la maison (1941) avec Raimu, Non coupable(1947) avec Michel Simon, Les amoureux sont seuls au monde(1947) avec Louis Jouvet), mais là j’ai été un peu déçu.

Jean Gabin campe un industriel de la tannerie qui se marie (sans conviction) par l’intermédiaire d’une entremetteuse à Danielle Darrieux.

Le dispositif de ce film tourné en 1951 nous montre un Gabin sur un lit d’hôpital qui par des flash backs successifs nous fait comprendre ce qui l’a amené dans cet état.

Le thème est le mariage bourgeois sans véritable amour et la vengeance d’une femme.

Il y a un problème de rythme. Danielle Darrieux est très bonne en femme désabusée devenue totalement froide et criminelle. Mais l’ensemble ne prend pas. La réalisation reste impeccable mais quelque chose ne va pas.
Reste que Decoin sait filmer son ex femme de manière splendide.
In Ciné Veritas
In Ciné Veritas

108 abonnés 922 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 23 décembre 2018
Dans La vérité sur bébé Donge, Henri Decoin met en images l’adaptation fort bien écrite par Maurice Aubergé du roman éponyme de Georges Simenon. Le film décline le portrait intimiste et féministe d’une femme incarnée par Danielle Darrieux. Le regard que pose le cinéaste sur son ex épouse est touchant. L’amour toujours présent transcende les plans qui mettent joliment en valeur l’actrice.
L’autre intérêt du film réside dans la composition proposée par Jean Gabin. Dans un rôle qui lui sera peu commun, l’acteur interprète un mari violent, un homme négatif et pessimiste, mourant… de remords.
soulman
soulman

140 abonnés 1 401 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 20 juin 2017
Un film important de Decoin, où Gabin et Darrieux rivalisent dans l'interprétation de personnages pas si conventionnels dans cette société bourgeoise de province. Le montage a vieilli mais le propos reste assez captivant, essentiellement grâce à un parfait casting.
Eowyn Cwper
Eowyn Cwper

163 abonnés 2 040 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 25 avril 2016
On sort là d'un cadre "Jean Gabin" bien défini depuis des décennies, ce qui laisse pour une fois de la place à l'écran pour un autre acteur, en l'occurrence une actrice et pas des moindres : Danielle Darieux. Elle ne se laisse pas écraser par la présence de Gabin et offre une piste pleine d'antagonismes, explorée avec un fort côté théâtral parfois hélas oppressant. L'oeuvre tente aussi maladroitement sa chance dans les flashbacks mais l'intrigue emmêlée harmonieusement a au final raison de la critique.
Bertie Quincampoix
Bertie Quincampoix

142 abonnés 2 053 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 20 janvier 2015
Après une première demi-heure un peu brouillonne, ce long-métrage porté par Jean Gabin et Danielle Darrieux se structure très intelligemment. Tout en observant finement les mœurs et l'hypocrisie de la bourgeoisie de province, ce « faux film policier » adapté d'un roman de Simenon raconte de manière cruelle le naufrage annoncé d'un mariage unissant une femme amoureuse et romantique et un mari volage rongé par son ambition personnelle.
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