La Vérité sur Bébé Donge
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anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 14 janvier 2015
ce film se démarque des films de l'époque tant il traite de manière non conventionnelle et moderne des rapports entre les personnages (sans doute parce qu'il s'agit d'une adaptation d'un roman de Simenon qui entretenait des rapports assez libres et cyniques avec les femmes à l'image du personnage interprété par jean Gabin) .le film est aussi d'une âpreté et dureté assez rare dans le cinéma. Néanmoins le côté très bavard et peu factuel du film m'a empêché de rentrer véritablement dans l'histoire. Contrairement à Thèrèse Desqueyroux ou Madame Bovary, on saisit assez mal le cheminement psychologique qui a amené bébé Donge a commettre le crime. Le film s'attarde sur les moments qui précédent et succèdent la première rencontre ou on voit Danielle Darrieux expansive et un peu maniérée s'exprimer sur l'amour et sur les moments suivant le crime ou désillusionnée, elle est devenue au contraire totalement hermétique mais les longues années qui séparent ces deux moments clés du film sont hâtivement traitées dans le film et ne permettent pas d'expliquer suffisamment l' évolution psychologique du personnage. D' ou un film au scénario un peu bancal et lacunaire mais néanmoins intéressant.
Max Rss
Max Rss

252 abonnés 2 308 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 20 mars 2019
«La vérité sur Bébé Donge», c'est avant tout le portrait d'une femme bafouée, hésitante, s'interrogeant sans cesse sur l'amour, la mort, sur la vie en elle même tout simplement. C'est une femme qui croit aux miracles tout en étant assez pessimiste. Nous sommes en présence d'une personne assez insaisissable aux réactions imprévisibles. Bien entendu, le principal atout de ce film, c'est son duo d'acteurs formé par Jean Gabin et Danielle Darrieux. Gabin est François Donge un homme assez volage ayant épousé « Bébé » plus par dépit que par amour, ce qui nous conduit finalement à une relation assez instable entre les deux protagonistes. Henri Decoin a d'ailleurs su donner une certaine profondeur psychologique à ses personnages. En revanche, le constat final n'est pas celui qu'on espérait. Certes Gabin et Darrieux sont très bons dans leurs rôles, l'histoire tient bien la route mais il y a quand même un petit goût d'inachevé. Peut être est-ce un film qui a trop vieilli...
Guillaume836076
Guillaume836076

100 abonnés 126 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 janvier 2013
Maintenant que j'ai vu "La Vérité sur Bébé Donge" je ne peux que confirmer que ce portrait "noir" d'une femme bafouée et humiliée, est, avec "Madame de..." et "Marie-Octobre", l'un des plus grands rôles de la grande Danielle Darrieux, qui prouvait vraiment ses talents pour le drame et la noirceur, au sommet de son talent dans ce rôle écrit pour elle par son cinéaste fétiche d'avant-guerre (et accessoirement son ex-mari): Henri Decoin.
Ce dernier adapte un des romans de Simenon avec brio, car comme les romans d'Agatha Christie, ceux-ci le sont souvent mal et platement mis en scène. Ce n'est pas le cas ici.
Decoin opte pour la construction en flash back et nous révèle la couleur dès le départ: François Donge (Jean Gabin), grand homme d'affaire, est officiellement hospitalisé pour intoxication alimentaire aux huitres, mais tout le monde sait que s'il est cloué là, dans ce lit, c'est à cause de sa femme Elisabeth, dite Bébé (Danielle Darrieux), qui semble avoir commis un acte irréparable: l'empoisonnement... Sauf que Donge, ne souhaite pas que l'on "inquiète" sa femme;;; histoire de sauver les apparences dans ce monde qu'est la haute bourgeoisie de province?
Même si on a l'impression que Decoin maîtrise mal la transition des flash backs techniquement et patine un peu sur leur rythme au départ, notamment à cause des scènes d'exposition présentant les personnages et leurs mobiles de bases, -Decoin n'est pas Welles tout de même-, son intelligence est de faire "raconter" l'histoire par le mari "victime" de sa femme, cloué au lit, ne sachant pas s'il va vivre ou mourir...
Toutefois on comprend très vite que les flash backs de la rencontre, du mariage et du voyage de noce sont nécessaires pour venir appuyer le message que Decoin veut faire passer dans son adaptation de ce très bon roman de Simenon: la victime n'est pas celle que l'on nous présente au départ, mais c'est bien Bébé qui a commis un acte inimaginable et que notre "morale" bien-pensante tenterait de "Juger" et "Condamner" directement et sans préavis, l'envoyant directement à l'échafaud... Du moins, au départ...
Et il faut le grand talent de Darrieux, pour nous incarner une Elisabeth Donge contrastée, basculant peu à peu du romantisme échevelée et naïf -symbolisant sa légèreté dans les films d'avant- à la noire désillusion de n'être qu'une épouse "modèle" et faites pour le bonheur -"le bonheur vous va bien"- comme le lui dit chaque année Madame d'Ortemont (exquise Gabrielle Dorziat) lors du bal réunissant toute la bonne société, ne devenant que l'ombre d'elle-même, caricature pathétique de toutes ces épouses bafouées, humiliées et délaissées par leur époux, pour le triomphe d'apparences faisant "jouer" le rôle d'une potiche... Car pour François Donge (Gabin n'est pas en reste face à Darrieux), sympathique au demeurant, inconscient de son machisme égoïste et égocentrique, tout cela est bien "normal": il y a d'abord les "Putes" puis "l' Epouse" d'un côté et les "Maîtresses" de l'autre...
Nous avons beau être en 2013, mais le point de vue de ce film de 1952, n'a absolument pas vieilli, et était certainement risqué pour l'époque en dénonçant de façon aussi noire la condition réservée aux femmes en général par les hommes...
Chaque scènes où Bébé apparait dans son tailleur noir lors de ses visites à François à la clinique sont magistrales, Darrieux réussissant à nous faire passer par son seul regard et sa manière de se mouvoir et de parler, toute la noirceur désespérée et le vide béant de l'inutilité et l'absurdité de sa vie et de son acte, devenue une morte vivante, plus morte que celui qui va finir par le devenir...
Des scènes finales qui dans le jeu et la mise en scène sont d'une beauté exceptionnelle, touchant au sublime... Le dernier face à face Darrieux-Gabin "Elisabeth, s'il n'y a plus d'espoir quand tout est perdu, qu'est ce que l'espoir? " lance Gabin, conscient du mal fait à Bébé, Darrieux hiératique et froide lui tournant le dos sans se retourner... Il y a des blessures qui vous laissent en vie physiquement mais qui vous tuent à jamais de l'intérieur...Alors lequel des deux est le plus monstrueux: celle qui a empoisonné ou celui qui a "tué" moralement ?
Puis la scène finale, révélant une Bébé qui, responsable et lucide, qui accepte son destin, descendant l'escalier et montant la voiture du juge... Déchirant, tragique et sublime... Du grand art.
TTNOUGAT

701 abonnés 2 530 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 6 novembre 2011
Un grand film sombre,désespéré, magnifiquement réalisé par Henri Decoin qui a judicieusement choisit son montage pour mieux nous faire ressentir les pensées de François Donge. Ce film est si profond qu'il pousse à lire le livre de Simenon pour mieux comprendre les motivations de Elisabeth dit ''bébé''. C'est l'inverse de ''Madame Bovary''quant au comportement d'Emma et c'est doublement l'inverse puisque pour madame Bovary, on passe du roman aux films dont aucun,contrairement à celui-ci, n'est parfaitement réussi. Je suis stupéfait de constater combien deux hommes (Flaubert et Simenon) ont su si bien comprendre les pensées existentielles de ces types de femmes. En tous cas, merci de nous les faire partager. Si le sujet principal est ici la passion féminine poussée jusqu'à la plus extrême logique, ce film est également riche par son contenu intellectuel portant sur la société de la haute bourgeoisie provinciale de l'époque. Le comportement du juge d'instruction étant particulièrement intéressant mais rien ne nous sera épargné. Coté cinéma Gabin et Darrieux sont merveilleux et parfaitement choisis en fonction de leurs talents et aussi ici de leur différence d'ages (13 ans d'écart). Les autres acteurs pâtissent un peu à coté, sauf Gabrielle Dorziat en marieuse qui garde sa forte personnalité. Decoin est un de nos très grands metteurs en scène qui a souffert bien injustement de la nouvelle vague, mais le temps rétablira un jour cette injustice.
Gonnard
Gonnard

288 abonnés 1 930 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 23 octobre 2009
Un début assez confus en raison d'un mauvais usage des flash-backs, toutefois prometteur quant aux dialogues. Mais l'intérêt s'étiole par la suite, et on s'ennuie. C'est clair que même si je me retrouve bloqué sur une île déserte, je ne lirai jamais le bouquin de Georges Siménon, j'irai plutôt faire trempette ou faire griller quelques poissons pour le barbec.
chrischambers86

16 165 abonnés 13 124 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 juillet 2009
Après "Les inconnus dans la maison" et "L'homme de Londres", Henri Decoin porte à nouveau à l'ècran un roman de Georges Simenon et retrouve pour ce drame de l'amour son ex-èpouse à la ville, Danielle Darrieux! Dans cette sombre mèditation sur l'impossibilitè du bonheur conjugal, la comèdienne incarne une femme meurtrie qui a usè son âme et perdu son coeur face à son mari, Jean Gabin, mufle et coureur de jupons! Encore une rèussite littèraire et encore une remarquable rèalisation d’Henri Decoin, dècidèment bien inspirè par le romancier pour cette oeuvre sombre et dèsespèrèe interprètè par le magnifique duo Darrieux-Gabin...
halou
halou

153 abonnés 1 532 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 décembre 2008
Tragédie magnifiquement interprétée.Un des meilleurs film de Decoin et de loin.
anonyme
Un visiteur
1,0
Publiée le 11 mars 2008
Film un peu surestimé, l'ennui est vite là. Le film est haché et l'émotion a du mal à passer.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 19 novembre 2006
Adaptation d’un roman de Georges Simenon paru en 1940. Jean Gabin incarne un industriel au succès florissant, cynique, coureur de jupons. Il épouse finalement Bébé qui s’attendait à une histoire d’amour pleine de romantisme. La jeune fille naïve va désenchanter rapidement et finira par empoisonner ce mari volage. Un couple qui fonctionne à merveille, des acteurs au sommet, servis par un scénario ciselé et des dialogues épatants : « Les femmes, c’est comme les affaires, il y a celles qu’on a du premier coup et les autres qu’il faut attendre »…Chef d’œuvre.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 29 septembre 2006
C'est à la fois le plus beau film de Decoin et la meilleure adaptation d'un roman de Simenon.
Tragédie d'une noirceur rare, l'oeuvre est parcourue par un trouble perceptible et une atmosphère très soignée.
Darrieux et Gabin y sont sublimes.
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