Le genre de film qui ne tient pas en place tant son auteur honnit l’escroquerie généralisée autour des prédicateurs de rue dans une Amérique devenue subitement puritaine et naïve. John Huston s’emporte sur le récit mais demeure très sage dans sa mise en scène, contraste ébouriffant que ses acolytes illustrent de manière sidérante. Brad Dourif en premier lieu , emporté par sa folie intérieure à laquelle répond celle de ses détracteurs et concurrents dont Harry Dean Stanton et sa fille frapadingue Amy Wright. Dan Shor n’est pas mal non plus en gardien de zoo lunaire. Huston joue ainsi les marioles, mais parait véritablement ulcéré par le comportement de ses concitoyens, vils et hystériques, emportés par une folie qui n’en finit pas de nous rattraper. Le film fête ce mois-ci ses 40 ans. Rien n’a changé. Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
C'est un film bien surprenant avec des personnages étranges et loufoques; ainsi le fougueux Hazel Motes, de retour du Vietnam, ambitionne de fonder son Eglise, une Eglise sans Christ. John Huston réalise une œuvre singulière dont on peine à cerner les contours et l'idée directrice dans la mesure où, parlant de religion et de croyances, elle n'est pas précisément blasphématoire ou satirique. Le film est une farce provinciale fondée, entre autres aspects, sur le comportement et le dogme confus de ce prédicateur autoproclamé qu'incarne, dans une remarquable composition d'illuminé, Brad Dourif. Quelle interprétation donner par cette remise en cause par Hazel Motes de la religion traditionnelle? probablement la perte de repère moraux et la condamnation de certaines valeurs américaines dans le contexte de la guerre du Vietnam; ou, plus simplement, le traumatisme d'Hazel lié à l'éducation rigoureusement protestante inculquée par un grand-père pasteur. Au volant de sa voiture poubelle, qui ne peut pas le conduire bien loin, symbolisant son apostolat délirant et boiteux, Hazel s'enfonce dans une folie pas forcément douce. Quoiqu'il en soit, la comédie, que sa truculence et la dérision attachée à certains personnages apparentent par moments à la comédie italienne, montre un John Huston facétieux et comme incrédule aux mysticismes de toute nature.
Pour la prestation de brad dourif qui est un excellent acteur et pour le sujet même si je le trouve assez mal traité,pas mal d'ennui en grande partie dû au manque de péripéties et à des dialogues assez ternes.
Je mets 5 lorsqu'un film m'a tellement marqué. Adaptation d'un roman (tout aussi extraordinaire) de Flannery O'Connor, La sagesse dans le sang, il fallait le niveau de John Huston pour transposer l'ambiance complètement folle des prédicateurs du Tennesse. Un chef d'oeuvre qui va crescendo jusqu'à un final hallucinant
Hazel Motes est le petit fils d'un prédicateur(interprété par John Huston lui-même dont c'est le dernier film) qui mettait trop l'accent sur le péché et la nécéssité de la pénitence;à son retour du service militaire,il veut fonder une Eglise sans Christ et sans Rédemption.Un bon film qui nous plonge dans l'Amérique profonde des prédicateurs de rues (charlatans ou non) et faîte d'une religiosité à fleur de peau.
Chef d'oeuvre absolu avec un propos pas si éloigné que ça de Taxi driver "vouloir être quelqu’un" j'adore le titre français, le malin, qui renvoie à plusieurs interprétations Une ballade dans le sud des États-Unis au coeur de la "Bible belt" un des meilleurs films de John Huston et un Brad Dourif halluciné chef-d'oeuvre!