Wang Bing a posé sa caméra dans le nord de la Chine pour filmer une mine à ciel ouvert où des chauffeurs de poids lourds attendent leur tour pour charger leur précieux chargement. Après avoir négocié le prix de ce dernier, ils obtiennent le sésame qui leur permettra de prendre la route, ils devront ensuite parcourir de nombreux kilomètres jusqu’à la destination de leur choix afin de vendre (tant bien que mal) leur cargaison… après d'âpres négociations.
Le réalisateur chinois nous plonge dans un tout autre monde, un désert à perte de vue où le vent et la poussière viennent se mêler à la crasse et à la pauvreté environnante. Des mines du Shanxi jusqu’au port de Tianji, les chauffeurs de poids lourds vont et viennent et on découvre tout le travail qui s’opère, surtout celui des négociations entre vendeurs et acheteurs, face à un charbon de piètre qualité.
L'Argent du charbon (2009) 煤炭,钱 détonne dans la filmographie du cinéaste, du haut de ses 53 petites minutes, bien loin de ses habituels films-fleuves tels que Les Âmes mortes (2018) qui tutoie les 8h30, À l'ouest des rails (2004) avec ses 9h ou encore Crude Oil (2008) qui atteint 14h !
Ce jeu de négoce est assez fascinant à regarder, entre une administration zélée, un négociateur (qui fait aussi office de traducteur) prêt à tout pour faire affaire, un routier dépité et un acheteur qui ne veut pas se faire berner avec du charbon médiocre. On découvre une toute autre facette de la Chine.