Vision nihiliste et pertinente sur la déliquescence d'une génération "white trash" et belle histoire d'amitié ambiguë entre 2 marginaux.Romain Gavras a su aussi créer une réelle atmosphère et transcender la désolation des paysages du nord français.Il est aussi beaucoup aidé par le casting dont un Olivier Barthelemy brillant en jeune loser sans repères.Malheureusement,il faut reconnaitre l'extrême pauvreté du scénario qui handicape grandement l'immersion dans l'histoire et l'interprétation "Un César SVP" de Cassel qui est très agaçante. En conclusion,c'est un premier film assez maladroit mais prometteur pour la suite de la carrière du jeune Romain Gavras!
Sorte de road-movie absurde dont on a du mal à décerner la finalité, "Notre jour viendra" enchaine les scènes qui se veulent irrévérencieuses mais qui sont surtout embarrassantes. Beaucoup le comparent aux œuvres de Bertrand Blier, mais voila, je n'aime pas les films de Bertrand Blier... alors du sous Blier ça passe encore moins bien. Pas convaincu non plus par le jeu d'Olivier Barthelemy et encore moins par un Vincent Cassel en surjeu, il n'y a que la réalisation de Romain Gavras qui m'a permis de tenir jusqu'au bout de ce film heureusement court.
Comédie dramatique réalisée par Romain Gavras, qui signe là son premier long-métrage, Notre Jour Viendra est un film atypique et marquant. L'histoire nous fait suivre deux hommes roux, Patrick et Remy, qui, ensemble, vont combattre le monde et sa morale, souhaitant rejoindre l'Irlande. Ce scénario offre une intrigue singulière pendant une heure et vingt minutes prenante pendant toute sa durée. On assiste à une cavale sur les routes dans ce récit ou souffle un vent de liberté mais également de folie. En effet, le ton à la fois dramatique et amusant, donne lieu à des scènes impactantes et imprévisibles. Surtout que plus les minutes défilent, plus le film sombre dans la violence physique et verbale, ainsi que la nudité. Il faut dire que les deux marginaux, très bien interprétés par Vincent Cassel et Olivier Barthélémy, ont des comportements déviants et abjects, victimisant les gens qu'ils vont rencontrer dans cette quête d'évasion. Mais aussi brutaux qu'ils soient, ils n'en demeurent pas moins attachants et drôles, grâce aux répliques lapidaires qu'ils vomissent, notamment quand elles sortent de la bouche de Patrick. L'ensemble est soigneusement réalisé par Romain Gavras, dont la mise en scène donne du rythme à cette fuite en avant et offre de belles images malgré un cadre pauvre et austère. En effet, ce décor industrialisé est parfaitement embelli par une photographie léchée. De plus, ce visuel est accompagné par une b.o. aux compositions franchement appréciables bénéficiant d'une présence importante, renforçant la beauté esthétique. Cette échappée désespérée se conclut sur une jolie fin, bien que légèrement inachevée, venant mettre un terme à Notre Jour Viendra, qui est un film méritant d'être découvert mais à réserver à un public averti.
Le fils du grand Costa Gravas et fondateur de Kourtrajmé avec Kim Chapiron réalise un film ambitieux. Un road movie de deux macs frustrés et qui repose tout sur l'excuse d'être roux... Mince très mince comme début mais qui pouvait débouché sur un truc original et déjanté. On termine le film avec un goût mitigé. 1er problème on ne sait jamais quel est le lien entre les deux personnages. La dénonciation du racisme est maladroite avec un désir clair et précis de choqué, mais choquer gratuitement et de façon primaire reste toujours un pari difficile. Le scénario n'est jamais clair non plus, sans doute la faute à un montage des plus cacophoniques. La cause des cheveux roux reste beaucoup trop anecdotique pour convaincre. Par contre la force du film réside dans l'interprétation des acteurs Vincent Cassel (énorme) et Olivier Bathélémy ; leur osmose sert parfaitement le film. Un film qu'on déteste où qu'on aime...
Quel étrange film que celui-ci, premier long-métrage de Romain Gavras (fils de Costa-Gavras) qui s'intéresse au parcours de deux roux, rejetés par la société, sans pays et sans langue. Patrick et Rémy, puisqu'ils n'ont rien à perdre car la société ne leur a rien donné sinon de la souffrance, se lancent dans une quête en direction de l'Irlande où Rémy rêve de frayer avec d'autres roux. De ce film ouvertement révolté, inspiré par certaines œuvres des années 70 comme "Les Valseuses", Romain Gavras tire un pétard mouillé, une œuvre faiblarde où les scènes s'enchaînent avec plus ou moins de provocation sans réel fil rouge que la pure envie de secouer le spectateur. Le secouer certes mais pour l'emmener où ? On aura bien du mal à le dire devant ce film foutraque, à la photographie très froide qui ne nous fait ressentir que peu d'émotion. Gavras tenait pourtant une idée singulière qui aurait pu être mieux exploitée. Le réalisateur n'en effleure que la surface et n'arrive jamais à y apporter de la profondeur en dépit de quelques idées et des performances hallucinées de Vincent Cassel et Olivier Barthelemy.
Sur fond de ségrégation capillaire, un long-métrage irrémédiablement rock à mi-chemin entre "Les valseuses" de Bertrand Blier pour le ton tragi-comique de cette quête initiatique et "Fight club" de David Fincher pour la lente dérive de ses protagonistes. Porté par les prestations magistrales de Vincent Cassel, que j'ai trouvé là aussi électrique de noirceur que dans "Les promesses de l'ombre" de David Cronenberg, et Olivier Barthélémy, un long-métrage qui traite de façon abrupte et plutôt frontale du sentiment de rejet ici envers les roux mais qui peut plus généralement englober toute forme de discrimination. Malgré un rythme pas toujours trépidant à part dans son final, un film sans temps morts et assez agréable à la mise en scène brut de décoffrage. Quelques scènes bien amenées. Une bonne sensation.
Un postulat de départ plutôt intéressant dommage que le film ne raconte au final pas grand chose à cause d'un scénario vraiment faible. De plus l'histoire à tendance à ce perdre en cours de route pour virer peu à peu dans l'absurde, déjà que la rencontre et amitié entre les 2 personnages était tiré par les cheveux. Globalement bien joué et réalisé mais trop décousu pour en faire un film vraiment marquant.
Toujours prompt à aider les jeunes cinéastes, Vincent Cassel adopte encore ce militantisme en 2010 dans "Notre Jour Viendra" pour lequel il est à la fois producteur et interprète principal. Écriture et réalisation sont l'œuvre de Romain Gavras, ancien cofondateur du collectif Koutrajmé. Une affaire de famille en somme et surtout un cinéaste en herbe qui entend se faire une place parmi les jeunes loups hexagonaux malgré le poids du nom. À l'instar de Gaspar Noé pour "Seul contre tous" ou encore Bruno Dumont dans "La Vie de Jésus", celui-ci livre une nouvelle et notable évocation cinématographique du Nord-Pas de Calais. Sous la rencontre de ce psychanalyste avec un jeune paumé, son propos s'apparente à une quête d'identité sous toutes ses formes ; sociale, culturelle, sexuelle, nationale... "Notre Jour Viendra" constitue une sorte de délire inclassable, teinté d'humour noir, capable de faire rire comme de verser dans la psychose. Imparfait, un essai qui nous confirme, après "Sheitan" ou encore "Mesrine", que le duo entre Cassel et Olivier Barthélemy fonctionne décidément bien.
T'as pas d'armée, pas de dieu, pas de pays, et t'es pas tout seul, t'es avec moi, alors quoi ? Tu comptes faire quoi là ? Tu m'emmènes sur ton île et après quoi ? Quoi ? Tu veux qu'on soit comme tout le monde c'est ça ? Hein ? Tu vois pas que t'es pas comme tout le monde, alors ? Alors ? Non, toi tu veux qu'on prenne le ferry, et ensuite toutes nos emmerdes sont terminées. Je vais te dire un truc, a gens pas ordinaires actions pas ordinaires, c'est clair ? Tu me saoule, je vais boire, tu me saoule, je vais me dégommer la tête, pour ce soir, tu m'as saoulé, comme tout le monde, c'est ça, t'as raison. Non t'as raison sur rien et tu sais que dalle. Que dalle !
J'aurai sûrement mieux noté si le film avait offert les 30 première minutes de qualité pendant tout le film. Car après, entre approximations et images malsaines et choquantes, Notre Jour Viendra a galéré pour entrer dans le sujet. Surpris par le faible scénario trouvé, et ce script est très loin de celui imaginé ! Jamais dans les temps, Vincent Cassel et Olivier Barthelemy sauvent un peu ce piètre film !