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jujulcactus
30 abonnés
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2,0
Publiée le 19 juillet 2010
Malgré une fin brutale et quelques longueurs, "Fish Tank" impose par le soucis des détails l'histoire peu commune d'une jeune fille de la banlieue anglaise. L'héroïne, qui traine des pieds entre chacunes de ses mésaventures sociales, est bien intérprétée et l'on s'y attache assez vite (le reste du casting tient également bien la route). Le tout est filmé caméra en mains, pour un réalisme encore plus appréciable.
La plus grande réussite du film c'est de nous suprendre!Jamais pathétique, ne tombe pas dans le mélodrame...A.Arnold évite les facilités pour offrir un très bon moment de cinéma avec l'interprétation juste de K.Jarvis troublante et la réalisation au poil de la réalisatrice.Le film ne vende pas du rêve ou la réussite...juste une experience de vie à laquelle l'héroïne fait face sans changer totalement de nature,devenant juste plus mature peut être.
Un film assez difficile à classer et surtout à expliquer. On navigue dans des eaux troubles avec beaucoup de nuances. Un état des lieues où, dès les premières images, le ton est donné. Des entre-chocs dévastateurs et en même temps "amusants" (les réparties), des sos et des coups de gueules, des attentes et des déceptions, des rêves et des illusions. Voilà Fish Tank ! Tout en contraste, flirtant en permanence avec la ligne rouge et en même temps à la recherche d'un bonheur rassurant. L'étonnement d'un autre monde paraissant éblouissant et qui peut témoigner, lui aussi, de ses travers. Katie Jarvis sublime ce drame et les seconds rôles sont parfaits. Pas de happy end, juste une histoire qui se vit au quotidien (peut-être le manque d'intérêt sur ce point), une histoire difficile à vivre, de plus pour une ado revêche qui parfois se lézarde, se dévoile. 4/5 à découvrir !!!
Un très beau drame social porté par des acteurs convaincants, Katie Jarvis en tête qui jouent à la perfection. C'est rare de voir des films aussi beau en ces temps ou les blockbusters prennent avantage face au films intimiste comme ce "Fish Tank" Bref, une belle découverte !
Après le magnifique mais passé scandaleusement inaperçu Red Road (et ce malgré le -déjà- Prix du Jury de Cannes), Andrea Arnold nous propose à nouveau avec Fish Tank une histoire ancrée dans une réalité plus grise que rose. Mais Fish Tank n'est pas un film social, même si l'environnement de banlieue triste y est bien présent. Récit initiatique, teen-movie sans niaiserie, découverte amoureuse, le film est tout cela à la fois. Scénario parfait, grande sobriété des dialogues, émotion tangible sans pathos, Fish Tank est également magnifiquement mis en images. De même que pour Red Road, la réalisatrice fait ici preuve d'une maîtrise du cadre et de la lumière éblouissante. Notons également un beau travail de la bande son sur laquelle les souffles prennent une trouble dimension érotique. Toujours juste et subtil dans ses intentions, le film avance pas à pas, au rythme de son héroïne, Mia, ado revêche mais dynamique. Les personnages sont filmés sans fard, tels qu'ils sont, sans que l'on cherche à les excuser ou les plaindre. Souvent dur, souvent drôle, Fish Tank nous réserve de nombreux instants totalement magiques (la première apparition de Connor au climat érotique puissant, le coucher de Mia dans les bras de Connor, la séquence de pêche, la dernière danse entre Mia et sa mère, les oiseaux dans le ciel, les arbres, le vent...). Porté par la jeune Katie Jarvis toujours d'une grande justesse, le très sexy et non moins talentueux Michael Fassbender et l'excellente Kierston Wareing, Fish Tank s'impose comme l'un des plus beaux films de l'année tant il réunit de qualités narratives et cinématographiques. Simplicité, subtilité et exigence formelle s'allient dans un film humaniste d'une grande profondeur grâce auquel Andre Arnold s'impose comme la grande cinéaste qu'elle est depuis le début.
Bien sûr on suit avec intérêt l'évolution de cette écorchée vive, passionnée de hip hop, qui découvre sa féminité. L'interprétation simple et juste de Katie Jarvis y étant pour beaucoup. Mais c'est surtout une chronique sociale, une vision très dure et réaliste d'une banlieue anglaise qui nous est proposé, ou tous le rapports sont difficiles et tendus.
Enfermée dans une agressivité vulgaire si bien maitrisée, dans une banlieue anglaise barbare et sans horizon, alcoolisée et en rébellion perpétuelle contre sa mère, les autres filles du quartier, sa petite sœur ou les tsiganes du coin, la vie de cette ado déscolarisée de 15 ans semble verrouillée dans son « aquarium » social et juvénile, à peine compensé par son empathie pour les animaux et sa passion pour la danse. Séduisant, sensible et agréable, le nouveau mec de sa mère lui inspire enfin propension au partage, envie de plaire et une forme de jubilation à concurrencer sa mère. De son côté l’habile jeu de l’homme à coups de sémantiques subtiles, d’actes ou de non-actes subliminaux, fascine la jeune fille, et seul le spectateur est mis en garde contre un jeu manifestement trouble. Bien plus par les actes, les images, leurs acheminements et révélations, que par les dialogues volontairement pauvres par souci de réalisme, ce film dur et sensible épluche brique par brique les illusions d’une jeunesse désagrégée par les faits et par le constat de son propre comportement. Physiquement, émotionnellement et intellectuellement, il refaçonne les valeurs d’une ancienne enfant, les espoirs comme les haines d’une jeunesse perdue, par de brillantes trahisons, prises de conscience, applications acides de l’âge adulte, et par la remarquable prestation de la débutante Katie Jarvis et de l’excellent, comme d’hab, Michael Fassbender.
Les films sociaux anglais sont bien mieux ancrés dans la réalité que leurs contemporains français, même lorsqu'ils ne s’écartent pas de la trame du feuilleton. Malgré les aléas du récit, une véritable sincérité se glisse par la grâce des interprètes : surtout la photogénique Katie Jarvis qui, dans son personnage d’adolescente rebelle, éclate merveilleusement.
Film avant-gardiste et réel sur tout les points du côté moins glorieux des belles contrées de cette Angleterre qui parait si bourgeoise et au-dessus de toute défaillance. Un classique pour les amateurs de films réfléchi sur notre époque...