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ARGOL
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5,0
Publiée le 11 octobre 2009
Comment l’approcher cet âge adulte qui compte tellement d’êtres méprisables ? Par la danse ? Par la bravoure ? Pour commencer, mieux vaut appeler l’Idéal à son secours. C’est avec lui qu’on se sent le mieux au départ. Pour Mia la belle rebelle, c’est Connor qui incarne tout à coup cet idéal. Il faut dire que Michael Fassbender, l’acteur charismatique de « Hunger », n’est pas le plus vilain des anglais. On dirait un nouveau Ewan McGregor, plus vampirique, plus dangereux. Le hic, c’est qu’il saute Maman. Et puis Mia n’a que 15 ans… Et pourtant c’est lui, c’est évident. Il suffit de se laisser envoûter par la beauté sculpturale de son corps… Adulte adolescent, Connor n’est pas un vieux comme les autres. Sa douce fermeté, la malice dans son regard, et sa manière de se saisir des corps… Andrea Arnold nous avait déjà séduits avec le remarquable « Red Road ». Cette fois-ci, avec « Fish Tank », elle nous envoûte. Elle expose le désir et la sensualité, les développe comme une alchimie tirée de la rencontre entre l’extrême délicatesse d’une jeune fille en fleur et la voracité d’un mâle ultra dominant, sorte de bête tout juste extirpée de la sauvagerie. De toute façon, Mia et sa sœur sont elles aussi un peu bestiales, chiennes et putes, attendries par le destin des juments mourantes, et fatiguées de ce combat épuisant avec la reine des chiennes, cette mère fêtarde et baiseuse, encore jolie, mais déjà flétrie. Mia amoureuse tentée par le crime, et puis rattrapée par sa belle humanité, incapable de se venger vraiment, accepte finalement de s’abriter dans la carcasse rassurante de la Volvo amour. Elle est devenue aujourd’hui ma douce petite chérie.
Bonne idée de départ et, ma foi, assez originale même si on est familier des films sociaux kenloachiens ou autres d'outre Manche. Mais le traitement cinématographique est très inégal. Bon casting (à part le choix d'une comédienne ne sachant pas danser pour un rôle qui aurait supposé un minimum de compétences dans ce domaine), image et bof adaptées au sujet; mais le scénario trop prévisible, les longueurs et les répétitions gâchent un peu notre plaisir.
Très bon film, très bien joué et tout en finesse. On se laisse porter par cette histoire ordinaire et linéaire durant 2 heures sans une minute d'ennui.
Nous étions 4 amis à vouloir le voir. Les 4 ont été déçus. Des longueurs dans ce film, on s'ennuie. Peut-être que les riches citadins découvrant l'existence de la misère sociale dans les banlieues sont bouleversées, mais si l'on avait déjà conscience de cela, on réalise surtout que le scénario est creux et caricatural.
D'entrée, la patte d'Andrea Arnold se fait sentir pour ne plus nous relâcher un seul instant. En effet, rares sont les oeuvres aussi austères et puissantes que ne le sont ce "Fish Tank", que ce soit par son ambiance particulièrement remarquable ou encore des personnages ne tombant jamais dans la facilité ni le manichéisme. Au contraire, et c'est d'ailleurs un autre atout majeur de ce film décidément pas comme les autres : l'ensemble reste ainsi très ambigu, le renversement de valeurs se faisant à plusieurs reprises et qui plus est de manière de plus en plus vertigineuse. On pourra alors seulement regretter qu'à force de se focaliser sur le personnage de Mia, le film perd parfois légèrement de sa substance, nous empêchant quelque peu de comprendre parfaitement les motivations de certains personnages. Mais après tout qu'importe, car malgré quelques petites longueurs, "Fish Tank" n'en demeure pas moins une oeuvre tout à fait remarquable, assurément l'un des grands moments de cette année 2009. Brillant.
Ce n’est pas un scoop : les Anglais sont bons quand il s’agit de filmer les milieux populaires. En voici la énième preuve, avec les qualités habituelles de ce genre de film : excellence des acteurs (souvent des inconnus, ici Katie Jarvis en premier lieu), réalisme des situations, refus du misérabilisme et de l’angélisme - quelque chose que les Français feraient bien d’imiter. Rien n’est révolutionnaire ou franchement génial, mais c’est bien fait, bien conduit, sensible, intéressant… Et puis une vraie bonne idée: l’utilisation de la musique comme marqueur des différences de milieux sociaux et de générations. On peut aller voir en confiance.
On ne sort pas de "Fish Tank" avec un très bon moral. Le film, tristement réaliste ne laisse en effet pas entrevoir beaucoup d'espoir pour son "héroïne", même si l'on peut lire la fin de différente façon. Certes c'est un peu déprimant, mais en conséquence "Fish Tank" retient l'attention... Une chronique adolescente bien interprétée et une mise en scène remarquable par séquences.
Le portrait délicat, subtile et poignant d'une adolescente élevée par une mère démissionnaire et insouciante dans un quartier pauvre.
C'est beau, c'est touchant, et les acteurs sont aussi justes et charmants que l'est la réalisation. Michael Fassbender est irrésistible et brillant, comme à l'accoutumée, et sa partenaire ne manque pas son début de carrière !
Un film magnifique, Katie Jarvis est d'une incroyable justesse ! On est complètement aspiré dans l'histoire et on ressort de la salle complètement chamboulé... A voir !
Fish Tank ou l’histoire d’une fille paumée qui cherche à se raccrocher au peu d’espoir qu’elle peut trouver dans sa cité anglaise. On suit avec stress et passion cette ado rebelle confrontée aux dures réalités de la vie. Les acteurs sont très bons dans ce scénario simple mais accrocheur. Un très bon film.
Dans un style proche du documentaire, plongée dans une Angleterre de banlieues grises et pauvres, où le premier cours d'eau perdu dans la campagne fait figure d'eden. On suit les tentatives de la jeune Mia pour se sortir de ce quotidien sombre, tellement déterminée qu'elle devra se contenter d'une solution de rechange pas vraiment glamour pour quitter son aquarium. Le film se perd un peu et traine en longueur sur la fin mais ça n'enlève rien à sa justesse. Les deux jeunes actrices sont formidables.
L'action est un poil lente mais le tout reste très bien fait. j'ai beaucoup aimé la tristesse du film. On nous donne un peu d'espoir au début et nous l'enlève à la fin de façon si réel.
Grand lauréat du Prix du Jury au dernier Festival de Cannes, Andrea Arnold (qui réalise là son second long-métrage) continue de nous surprendre (et de nous séduire), après Red Road (2006), elle poursuit son incursion dans les banlieues en s’intéressant de près à Mia, jeune ado rebelle de 15 ans en difficulté scolaire (ou difficulté tout court), entre la relation auto-destructrice qu’elle noue avec sa mère, ne parlons même pas de celle avec sa sœur ou de ses copines/voisines de son âge. Colérique, asociale, en perpétuel échec, elle se détache peu à peu du monde réel et trouve refuge dans un appartement à l’abandon dans lequel elle extériorise sa haine en dansant sur du hip-hop. Mais sa petite vie pas si tranquille que cela va être chamboulée lorsqu’elle fera la rencontre du nouveau petit ami de sa mère. Fish Tank (2009) est une des rares perles cinématographiques British de l’année, brillante mise en scène (et mise en abîme), le tout, filmé caméra à l’épaule pour plus de réalisme. Sans oublier les acteurs, à commencer par LA révélation du film, la toute jeune mais déjà prometteuse Katie Jarvis, avec à ses côtés Kierston Wareing (découverte dans l’excellent It's a Free World - 2008) et enfin Michael Fassbender (découvert dans le mémorable Hunger - 2008). Ce drame social est une véritable claque, le film joue sur le malaise et les sous-entendus, la relation complexe qui se noue entre Mia & Connor, où père de substitution et coup de foudre se mêlent. Un drame d’une puissance sans équivoque où Katie Jarvis à bien failli remporter le Prix d’Interprétation au dernier Festival de Cannes !