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Sally Ecran et toile
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3,0
Publiée le 4 octobre 2015
Sorti la semaine dernière en DVD, nous étions intrigué par « Obsession meurtière » dont l’histoire, basée sur des faits réels, met en lumière trois grands écrivains américains du siècle dernier : Jack Kerouac, Allen Ginsberg et William Burroughts. Derrière son apparence de thriller, ce biopic dramatique aurait été une belle occasion de côtoyer les plus grands… mais il faut l’admettre, le résultat est quelque peu décevant.
Si le film a par moments quelques faux airs du « Cercle des poètes disparus », il est bien loin d’avoir la même aura et la même qualité cinématographique que ce dernier. En effet, l’intrigue peine à se mettre en place, le rythme est lent et les incursions dans la vie de nos héros peu concluantes. On reste imperméable à l’évolution du groupe, à leur projet et à leur amitié particulière.
Le scénario possède de lourdes lacunes et l’intrigue peu d’intérêt, c’est un fait. Mais le très bon casting en place sauvera en partie le film du méconnu John Krokidas. Daniel Radcliffe, Dane DeHaan et Ben Foster forment un trio de comédiens brillants et revêtent le costume de leur personnage avec beaucoup de prestance. L’ascendance des uns sur les autres ou d’autre part, la dépendance affective qui anime certains d’entre eux est perceptible bien qu’amenée avec tact et agilité.
Daniel Radcliffe prouve une fois de plus que c’est un grand comédien. Torturé, épris, révolutionnaire intrinsèque, intellectuel affirmé, il prête ses traits au grand écrivain américain Allen Grinsberg… avec succès ! Dane DeHaan, que l’on a vu récemment dans « Life » est bien plus charismatique dans ce rôle que dans celui de James Dean. Un peu fourbe, très sûr de lui, complaisant mais attachant, il jongle avec les émotions en toute décontraction. Son personnage irascible voudra révolutionner son époque et se servira de la plume de ses congénères pour partager « son autre vision » du monde. Mais derrière cette assurance se cache une série de failles qui pourraient lui être fatales.
D’abord relayé au second plan et plus présent dans la deuxième partie de l’histoire, Jack Kerouac, interprété par Jack Huston, viendra rejoindre notre groupe de rebelles pour son plus grand malheur. Le déclin qu’il vivra après cette rencontre le poussera à remettre toute sa vie en question et donnera naissance à un de ses plus grands chefs d’œuvre : « Sur la route ».
L’homosexualité, l’abus de drogue, l’écriture engagée, la revendication du droit de penser sont autant de thèmes abordés au travers « Obsession meurtrière » mais tous semblent rester en chantier et sont finalement sous-exploités. C’est d’ailleurs la sensation générale du film… une impression d’inachevé.
Ce biopic aurait pu être passionnant mais pour moi J.Krokidas passe complètement à côté de son sujet. Le gros problème c'est qu'en moins de deux heures et de manière très démonstrative, il raconte à la fois la rencontre de Ginsberg, Burroughs et Kerouac, la naissance du mouvement "Beat Generation" qu'ils ont initié, les relations ambiguës du torturé Lucien Carr avec Jack Kerouac, David Kammerer et Allen Gisnberg, l'éveil sexuel de ce dernier avec les hommes et ses problèmes familiaux (absolument sans aucun intérêt ici), l'attrait de tout ce petit monde pour la fête, l'alcool, les drogues et le sexe, et bien entendu le meurtre de Kammerer par son protégé. Résultat, tout est survolé de manière très vague, superficielle et maladroite, on n'apprendra rien sur les écrivains et leurs œuvres, ni sur ce mouvement contestataire dont il est pourtant constamment question dans leurs conversations. En fait, le récit s'attarde bien moins sur les artistes eux-même que sur leur mœurs, ce qui est peut-être plus "spectaculaire" d'un point de vue scénaristique mais sans grand intérêt au niveau narratif. En gros j'ai eu l'impression de m'être trompée de film et de voir un "Secret de Brokeback Mountain" version rats de bibliothèque avec la désagréable sensation que le biopic était finalement davantage un prétexte pour montrer la jeunesse sulfureuse des écrivains, qu'une vraie recherche sur l'histoire qui a mené à l'émergence de la contre culture Beatnik.
dans la lignée du cercle des poètes disparus, un film assez badant, ou l'on découvre Radcliffe à nouveau dans un autre registre (tj aussi bon à mon avis)
Entre le cercle des poètes disparus et total eclipse, Kill your darlings est un véritable coup de poignard romanesque sur divers écrivains talentueux (Allen ginsberg, Jack Kerouac, William Burroughs,...) sous fond d'homosexualité et de dépravation philosophique. Un véritable hymne anarchique intellectuel qui s'apprécie à sa juste valeur. A voir en connaissance de cause !
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2,5
Publiée le 3 septembre 2014
Un film fascinant, au premier abord c'est vrai qu'on s'attend pas forcément à ça après avoir lu le synopsis qui ne décrit pas le film mais plutôt la dernière partie pour le reste c'est un film agréable et étonnant lors duquel j'ai eu cette sensation étrange de voir un film sans but et brouillon pourtant je n'ai pas décroché à cause ou grâce à ces personnages aussi brillants que dérangés ainsi que des dialogues vraiment bien écrits. J'ai un peu moins accroché à cette dernière partie que je trouve trop différente du reste mais comme il s'agit d'une histoire vraie on ne peut rien y faire et ça explique ma note. Par contre j'ai lu beaucoup de choses comme quoi le film est choquant dans ses idées ou dans certaines scènes ce n'est pas du tout mon avis à moins que j'ai vu une version censuré ce qui m'étonnerait.
Ce biopic met en lumière les mécanismes créatifs de la beat generation, composée des très célèbres auteurs américains Jack Kerouac, Allen Ginsberg et William S. Burroughs. Pour ce faire, il va construire son récit autour des ambiguïtés homosexuels de ces personnages. Si le film vient pêcher au niveau de l'intensité dramatique, la fin tient toutes ses promesses et John Krokidas apporte un point de vue intéressant sur les paradoxes créatifs.
Kill Your Darlings est étiqueté biopic et drame mais il échoue sur les deux tableaux. D'abord, le scénario ne fait que survoler l'émergence de la Beat Generation et de ses trois auteurs fondateurs : pour les néophytes en littérature — à fortiori américaine—, le film n'apprend pas grand chose sur ce mouvement, ses sources, ses conséquences, et la puissance de l'enjeu n'est pas du tout retranscrite. Le scénario tente en parallèle de développer un drame/thriller qui s'avère en fin de compte très peu convaincant car très mal amené alors qu'il y avait bien mieux à faire avec cette storyline sur l'homosexualité dans une société intolérante. Le casting, à sa décharge mal dirigé, est d'une fadeur extrême et il n'y a guère que Daniel Radcliffe avec sa moue de chien battu qui procure une quelconque émotion (une envie de meurtre). Bref, il n'y a rien à tirer de ce film qu'on se fera une joie d'oublier sitôt fini.
Après un Howl (Rob Epstein & Jeffey Friedman, 2012) hésitant pompeusement entre documentaire et biopic, ce nouveau long-métrage sur Allen Ginsberg présente ici sa naissance à la création poétique, de son arrivée à Columbia jusqu’à son renvoi de la prestigieuse université. John Krokidas (qui rassemble ici les casquettes de réalisateur, scénariste et de co-producteur) centre son propos sur la relation qu’Allen Ginsberg (Daniel Radcliffe) entretient avec le charismatique et mystérieux Lucien Carr (Daniel DeHaan), jusqu’au meurtre par ce dernier de son protecteur et amant, David Kamerrer (Michael C. Hall). Même s’il montre (de manière assez résumée et superficielle) ses racines, ses créateurs et ses motivations, ce film sympathique, plus que de présenter la naissance de la beat generation, se concentre davantage sur les tourments de l’entrée dans l’âge adulte, entre ouverture à une littérature plus sulfureuse, évacuation des carcans d’une famille dysfonctionnelle et découverte des passions. La photographie de Reed Morano et la reconstitution des décors sont particulièrement bien travaillés et ancrent rapidement le spectateur dans le contexte, mais à mi-parcours, le surdécoupage frénétique inutile et le choix de musiques contemporaines déconnectées du contexte et de l’intrigue nous éloignent du récit. On perd aussi rapidement les personnages secondaires (William Burroughs / Ben Foster et Jack Kerouac / Jack Huston), qui ne restent qu’esquissés, et le film semble alors changer de style, l’intrigue devient quasiment policière, s’engluant sur l’assassinat de Kamerrer et les raisons de celui-ci. Au final, ce qui est surtout ici notable est l’effort, transpirant dans chaque plan, que met Daniel Radcliffe pour faire oublier son personnage de la saga Harry Potter, cherchant à le faire oublier et à s’imposer en réel acteur au travers de quelques scènes plus "adultes".
Si les acteurs sont bons, le scénario, lui, ne m'a pas convaincu, l'histoire va trop vite spoiler: A la fin, ils ont marqués que Allen Ginsberg et Lucien ne se sont plus revus après que Lucien ait été envoyé en prison. Je me suis bien renseignée sur les vrais faits, et c'est faut, Lucien a lui-même décidé de publier l'une des oeuvres de son ami et ils se sont revus.