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Julien B.
10 abonnés
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2,0
Publiée le 27 septembre 2010
La bande annonce m'avait vraiment donné envie de le voir et j'ai été déçu! Je vois bien l'opposition que l'auteur a du vouloir créer entre un monde inerte et égoïste et la recherche du beau dans la poésie. J'imagine une critique de la société coréenne (assez effrayante il faut dire dans le film) mais que c'est long, malgré un personnage central (la grand-mère) très touchant! Le message est seulement suggéré, c'est aussi long qu'elliptique ce que je trouve dommage.
Mais des personnes plus patientes pourront tout à fait apprécier ce film.
« Elle avait adopté la religion des athées, consistant à faire le bien pour l'amour du bien. Et bien sûr elle adorait la vie. […] Elle prenait pratiquement plaisir à tout. Si vous vous promeniez avec elle à Hyde Park, elle s'extasiait tantôt sur un massif de tulipes, tantôt sur un enfant dans son landau, tantôt sur telle scène absurde qu'elle inventait de toutes pièces. » Mija (l'actrice Yun Junghee, légende vivante du cinéma coréen) n'est pas Mrs Dalloway, mais possède ce même amour de la vie, cette capacité à dénicher la beauté du monde dans les choses les plus simples, les plus quotidiennes ; ou du moins aspire-t-elle à les posséder, en prenant d'improbables ''leçons de poésie'' sur ses vieux jours, à l'heure où précisément, pour cause d'Alzheimer, elle perd la mémoire des mots (l'idée est superbe, mais malheureusement peu exploitée). Débusquer une certaine beauté cachée dans l'anodin, voire dans le sordide : le credo semble coller à Lee Chang-Dong, on le trouvait déjà contenu dans le titre de son précédent long-métrage, le terrible Secret Sunshine. Âpre et peu facile d'accès, Poetry tente donc d'extraire un peu de lumière d'un réel parfois crapoteux, toujours montré dans sa vérité crue. Et pour voir de la poésie en toutes choses (une pomme, une rivière, une soirée karaoké, de la vaisselle sale), il suffit d'ouvrir les yeux, et d'y consacrer tout son temps ; un programme de lecture, quasiment une note d'intention, clairement explicités par le ''professeur'' de belle lettre, personnage amusant qui ne prend pas de détours – un peu ''trop'' clairement explicités, pourrait-on dire, pour en déduire un parallèle systématique entre le prof binoclard et le réal Lee Chang-Dong. ''Poésie'' donc, rien que ça. Vaste sujet que Lee Chang-Dong, adepte d'un cinéma dur et naturaliste, ne pouvait traiter qu'en dehors des sentiers rebattus, hors des clichés enjoliveurs... (la suite de la critique sur mon blog : http://mon-humble-avis.blogs.allocine.fr)
Film magnifique , long mais jamais ennuyeux , un portrait magistralement filmé par un maître , le cinéma coréen est grand , les cinéphiles ne doivent pas le rater
En sortant de Poetry, je me suis souvenu de la même fascination que j'avais pour les films de Andreï Tarkovski (Stalker, Andreï Roublev, par exemple). Qlq salles se les reprogrammaient régulièrement comme des sortes d'épures qui cassaient tous les codes du cinéma. Je trouve que c'est encore plus manifeste avec des gens comme Lee Chang-Dong. Cette façon d'entrer dans la vraie vie, de laisser couler les instants pour raconter les choses à la fois les plus simples et les plus compliquées du monde me laisse vraiment admiratif. C'est humain, profondément humain, à la limite du dépouillement de l'intention ou du voyeurisme. Fort, vraiment.
Ce film, à l'esthétique soignée comme le savent le faire les asiatiques, nous offre un portrait très beau et surtout très original de grand-mère sud-coréenne. On suit ainsi le périple de cette femme simple mais si élégante à la recherche d'une vérité et d'un poème à écrire. L’histoire est bien menée, prenante, étonnante même parfois. On regrettera cependant de ne pas avoir toutes les clefs culturelles pour bien comprendre le film : pourquoi est-elle si dévouée à son petit-fils par exemple ?
Adulé par la quasi-totalité de la presse spécialisée et récompensé par le gratifiant « Prix du scénario » au dernier festival de Cannes, Poetry avait de quoi intriguer nos pupilles avides de poésie et de sentiments. S’inscrivant dans un cadre dramatique, le film de Lee Chang-Dong représente malheureusement l’archétype parfait de l’œuvre inutilement surenchérie car composée d’une charge émotionnelle relativement pauvre. Le sujet avait de quoi faire rire ou pleurer. Il ne provoquera finalement qu’une indifférence terrifiante, synonyme d’un oubli irréfutable. La critique complète sur: www.cinemarium.fr
Et encore un film extraordinaire de Lee Chang-Dong. Nettement moins brutal dans sa forme que la plupart de ses réalisations précédentes, le film n'en est pas moins une nouvelle fois une charge contre la société, mais également un regard très affectueux sur ces petits anonymes qui donnent de la poésie au monde, sans même s'en rendre compte. A voir...
Une femme de 70 ans, Mi-ja, vivote entre son emploi de femme de ménage auprès d'un infirme, entre son petit-fils dont elle a la garde et entre son tout nouveau cours de poésie . Elle semble épanouie et la caméra de Lee Chang-dong nous invite à découvrir son quotidien tranquille.A peine après avoir eu le temps de faire connaissance avec cette sympathique dame, on apprend qu'elle est atteinte de la maladie d'Alzheimer et que son petit-fils serait coupable de viol sur une jeune fille de son collège qui se serait suicidée. Son quotidien bascule alors dans une nouvelle existence...Le réalisateur coréen prend son temps et tente de filmer la nature sous un aspect poétique; on découvre en même temps que son héroïne, qui s'ouvre à la poésie, la saveur d'un abricot tombé de son arbre , le bruissement du vent dans un arbre ou encore la beauté d'une pomme. Le temps est alors suspendu. Pas grand chose ne se passe à l'écran, le réalisateur souhaitant sans doute que l'on ressente plus que l'on ne regarde...Un parti pris osé qui risque de rebuté pas mal de monde. D'autant plus que le réalisateur a jugé bon de nous faire partager quelques instants du cours de poésie ou alors quelques récitations de poèmes dans un club d'« amoureux de la poésie ».140 minutes qui pourront alors en paraître le double pour certains, malgré la beauté de chaque plan et la très belle performance de l'actrice principale, Yoon Jung-hee...
que dire? du grand , du beau, du tres touchant cinema .... La salle se rallume sur les pleurs des uns et des autres. l'actrice est merveilleuse et la corée toujours aussi belle.
Poetry, qui a reçu le prix du scénario au dernier festival de Cannes, est un film sensible et à la différence de la Palme d''Or, aux personnages incarnés à commencer par la grand -mère touchante dans sa lutte à la fois contre sa perte de mémoire et contre les non-dits et la violence de la société coréenne. Ce n'est pas un hasard si le film s'ouvre d'ailleurs avec le plan d'un corps sans vie à la dérive et se referme sur un visage souriant d'adolescent. Ainsi, la trame suit le parcours d'une grand-mère préférant la poésie et les relations humaines au matérialisme et à l'individualité contemporain et caractérisés par le petit-fils qu'elle élève seule. En parallèle, comme pour mieux souligner la perte de repères individuel et moral de la vieille femme, le film suit les conséquences du suicide d'une ado victime d'un viol collectif et dont le petit-fils est l'un des auteurs, mettant à mal les valeurs d'une société cynique et corrompue. La richesse de la vie intérieure du personnage principal qu'il tente de sauvegarder est en constante opposition avec l'insensibilité de son entourage. Ainsi, on est sans cesse ballotté entre la candeur et la légèreté de la grand-mère et l'inexpressivité et l'absence de remords de l'adolescent jusqu'à une fin ambigüe et amère.