Wah quel film! Sous son air poétique, ce film en devient par son scénario et sa mise en scène ; quelques choses de totalement inédit au cinéma. LE sujet est pourtant délicat à traiter, et utiliser la poésie comme arme contre le désarroi (en quelques sortes comme un moyen de supporter les épreuves) en fait quelques choses de magique si cela n'en devient pas trop mélo, et ici ; c'est fort ce n'est fort heureusement pas le cas. Certes, on ne peut nier quelques longueures face à l'abondance des déclamations poétiques (abondantes, certes; mais toujours appréciable). On pourrait voir cela comme de la mièvrerie pure et simple, mais encore une fois le réalisateur et le bon jeu des acteurs font que l'ont est loin de quelques de mièvre. Le film crée de vraie moment d'émotion partager avec le spectateur sans être fait de façon à être obliger de vivre, de partager ses émotions (même pour les moments poétiques). Cela se fait simplement et sublimement. LE film n'interessera pas un large public (car ce n'est pas un blockbuster, c'est corèen et ce n'est pas riche en action, sexe et autre violence... mais juste de la douceur) et s'est malheureux car il en ressort quelques de vraiment beau. Là ou tout aurait pu être exageré, ici c'est fait avec justesse et se fait sans le moindre excès comme on pourrait le penser face à un tel scénario, dés plus inédits. Ne connaissant pas vraiment les réalisations Coréenne, je dois dire que celle-ci m'a totalement bluffé ; même si ce n'est pas spécialement le genre de film que je visionne. Yun Junghee (qui aurait plus de 250 films a son actifs, mais que je ne connaissais pas (je crois) auparavant), interprète parfaitement son rôle de grand mère à la fois fantasque et tout aussi touchante. Un film à part en entière, certe ; au scénario pas dés plus drôle ; mais qui à le don de nous transporter, de nous toucher avec une beauté certaine et justifiée. Totalement bluffé et conquis par ce film, qui avec sa trame aurait pu tomber dans le mélo et dans l'excessif vis à vis des émotions (ou certains films, n'ont souvent ; qu'un but faire larmoyer le spectateur) et même si les émotions sont présentes ; elle sont fines et inédites au cinéma. Ce qui en fait quelques choses de touchant et tout aussi interessant à la fois. D'autant que le film peut se voir pour certains assez réaliste. LEs vraies cinéphiles y verront certainement un film à part entière, tandis que les amateurs de film d'action ou de grosse production y verront un film ennuyeux berné par de la pseudo poésie. Un film qui passera (et c'est bien dommage) injustement inaperçu en salle.
Il me semble parfois que le cinéma coréen a condensé toute la sensibilité du monde...Il ose en permanence parler de sentiments, de liens sociaux, de pudeurs intransigeantes...Poetry ne déroge pas à la règle et la compagnie de cette grand mère pendant deux heures 20, qui assiste impuissante aux malheurs du monde, apporte une douceur et un réconfort, parfois de la tristesse qu'on ne peut plus guère trouver dans la vie réelle où tout est accéléré...Le temps lui est compté et elle décide d'écrire de la poésie...C'est une force du film de nous présenter la poésie avec recul, presque comme une convention sociale pour des ames esseulées, et avec parfois un humour subtil... Le film tient un discours poétique sur la poésie, sur l'inspiration qui pourra échapper à certains spectateurs...La poésie c'est un peu comme l'amour quand on la cherche on ne le trouve pas...Mais le film est un portrait aussi de la société coréenne, des pertes de repères de sa jeunessse.. C'est aussi quelques passages remplis de sensations, comme pour nous dire qu'être vivant c'est d'abord sentir avant de penser...Vos pensées finiront toujours assez par vous tourmenter...C'est du grand cinéma, des acteurs magnifiques, des dialogues généreux et humains et surtout une fin admirable qui remet chaque spectateur face à l'essentiel, un peu comme la poésie...
Un long film, plein de vie, dont la lenteur perceptible ne gêne en rien, au contraire. On suit Mija dans un épisode de sa vie qui s’avéra être très mouvementé mais aussi très paisible et attendrissant. C’est toujours un plaisir de retrouver cet environnement coréen, ses décors, ses modes de vie, et Poetry installera une véritable ambiance de vie très agréable. La prestation de Yoon Jung-hee est l’épine dorsale du film, malgré son âge, elle apporte de la candeur et de la jeunesse, avec une pointe de folie en plus. Un scénario où l’évènement perturbateur lié à son petit fils, restera au second plan face au parcours de la poète en herbe, qui, de rencontre en rencontre, cherchera l’inspiration autour d’elle. Mais Mija doit affronter de nombreux tumultes, envers elle-même et avec ses proches, tout en réussissant à garder le sourire à de nombreux moments. Des rapports amicaux, familiaux particuliers qui n’ont pas réussit à dégager une émotion forte. La relation discrète entre la grand-mère et son petit fils, connait des hauts et des bas, un affrontement « soft » mais qui ne parviendra pas à nous toucher. La fin du film est également peu convaincante, tout en douceur, trop en douceur qui nous laisse sur notre faim. L’esthétisme, l’environnement et la prestation de l’actrice sont donc les ingrédients principaux de la réussite du film.
Ancien prof, ancien ministre de la Culture, le coréen Lee Chang-Dong est un habitué du Festival de Cannes. C'est ainsi qu'en 2007, il avait permis à Jeon Do-Yeon d'obtenir le prix d'interprétation féminine pour son rôle dans "Secret Sunshine". Il n'est pas interdit de penser que c'est ce prix de 2007 qui a empêché Yun Jung-hee, l'actrice principale de "Poetry", de recevoir le même prix, lequel aurait été amplement mérité, tant sa prestation est absolument époustouflante. On notera qu'à 66 ans, avec près de 300 films au compteur, elle reprenait un travail de comédienne abandonné il y a 15 ans pour venir vivre à Paris avec son mari Kun-Woo Paik, pianiste classique réputé. Quant au film lui-même, il a obtenu cette année le Prix du scénario mais c'est très nettement la Palme d'Or qu'il aurait dû obtenir. Certes, n'importe quel film de la sélection était largement supérieur à celui qui l'a obtenu (le scandale du siècle !), mais "Poetry", un film tout en finesse, jamais ennuyeux, très riche d'informations sur la société coréenne, était celui qui le méritait le plus, avis partagé par de nombreux cinéphiles au moment du Festival. On ne peut pas oublier cette grand-mère pleine de légèreté qui se met à fréquenter, à plus de 60 ans, un cours de poésie dans la maison de la culture de son quartier et qui apprend que son petit-fils, avec qui elle vit, a participé au viol collectif d'une copine de lycée. Tout au long de ce film on ressent une émotion très forte mais aussi très sincère, jamais arrachée de force au spectateur. La meilleure preuve : pas la moindre note de musique destinée à accentuer cette émotion. Du grand art !
Un très beau film, très émouvant et humain; la comédienne principale est magnifique : elle aurait bien mérité la Palme de meilleure comédienne à Cannes cette année ; un film à voir absolument.
Un film magnifique et filmé de façon si poétique que c'en est inédit. A voir et, surtout, à méditer. Les acteurs nous entrainent magistralement dans cet univers sombre et pourtant porteur d'espoir. Inoubliable.
Prix du scénario à Cannes 2010, pour moi sans conteste la Palme d'or ex-aequo avec Des Hommes et des Dieux de Xavier Beauvois, Poetry est un film superbe portée par une actrice magnifique en la personne de Yoon Jung-hee, qui méritait bien plus le Prix d'interprétation féminine que Juliette Binoche, qui est ici toute en sobriété dans un rôle grave que l'entreprise de la poésie va permettre de surmonter les obstacles. Car avant d'être un drame avec un sujet dur, Poetry est un magnifique portrait de femme forte prise dans une histoire qui la dépasse et qui trouvera son salut dans la poésie. Les plans sont beaux, l'histoire passionnante traitée avec pudeur et loin de tout pathos, une petite merveille et de loin un des plus beaux films de l'année.
Lee ChangDong is back! Après avoir marqué les esprit avec «Secret Sunshine» il s'inscrit une nouvelle fois au palmares cannois cette fois-ci au titre un peu bidon de «meilleur scénario» car on ne peut pas dire que ça soit le point fort du film mais c'était certainement l'occasion de marquer le coup ... Car «Poetry» est un beau film tout en retenue et en finesse, la thématique de la poésie apporte beaucoup bien que les lectures soient un peu rébarbatives, cette femme qui cherche la beauté autour d'elle diffuse sa passion et son envie de voir la vie du bon côté malgré l'accumulation d'évenements tragiques qui lui tombent dessus. Les acteurs principaux sont exellents, Yun Junghee porte l'histoire d'une façon admirable, sa relation avec son petit fils se revèle très touchante avec autant d'indifférence que d'amour... Beaucoup de sujets sont brassés par les lents remous du film, le deuil, la culpabilité, la culture, le pardon... Le seul défaut de cette oeuvre c'est la distance que le réalisateur impose entre son récit et ses spectateurs, j'aime pourtant cette pudeur mais là c'était un peu trop, à l'image de son personnage central qui intériorise tout et qui ne laisse que rarement exploser ses émotions, ou d'un final certes joli mais là encore distant ... Cette pudeur sans intensité sans musique peut dérouter, bien qu'elle donne une certaine couleur, un certain charme, elle peut laisser sur le bord de la route les moins patients ... Le soucis c'est qu'il prive le film des quelques belles envolées d'émotions qu'il aurait pu se munir pour véritablement s'imposer comme un grand film. Portrait saisissant de la confrontation entre une femme et l'atrocité du monde dans lequel elle vit aux travers d'une caméra tendre et cruelle comme un regard posé, en perpetuel mouvement, sur la société, la vie et le temps qui passe....