The Assassin
Note moyenne
3,0
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180 critiques spectateurs

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anonyme
Un visiteur
1,0
Publiée le 29 novembre 2015
La photographie est vraiment superbe...mais l'histoire est incompréhensible, c'est vraiment dommage! A la fin du film, tout le monde s'est regardé avec une sorte de grand désarroi...
JimBo Lebowski

447 abonnés 1 080 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 9 novembre 2015
Le cinéma asiatique arrive toujours à me surprendre là où je ne l’attend pas nécessairement, pour tout dire je ne connais pas l’œuvre de Hou Hsiao-Hsien, je n’avais d’ailleurs vu que très peu d’images de ce film depuis sa nomination au Festival de Cannes, mais les rares que j’ai pu entrevoir m’ont plutôt charmé, sans compter que ça fait maintenant plusieurs mois que je me suis pris d’admiration pour les films de sabre. C’est donc avec un certain enthousiasme que j’ai franchis le pas pour me lancer dans ce The Assassin car j’apprécie particulièrement les vraies découvertes, l’excitation de la bonne surprise, qu’un long métrage me chope par le col et me transporte … et ça a été le cas.

Dans la Chine du IXe siècle Nie Yinniang (Shu Qi) une tueuse redoutable au service d’une nonne vengeresse l’ayant initiée aux arts martiaux se voit contrainte d’une mission pernicieuse pour la punir de son compassion : retourner dans son village pour y tuer son cousin Tian Ji’an (Chang Chen) gouverneur de la province de Weibo. Les relations entre cette contrée et la cour impériale s’en retrouve plus que tendue depuis que l’Empereur tente d’y reprendre le contrôle manu militari face à d’incessantes rebellions, c’est dans cet état de crise que Yinniang va devoir opérer, mais la tâche s’annonce davantage compliquée de par la révélation des liens qui l’unissent à Tian Ji’an et à la préservation de la paix dont elle est mandatée via un simple morceau de jade.

Sans y aller par quatre chemins ce qui séduit d’entrée et qui va rester la très grande qualité du film c’est sa photographie, le rendu esthétique est d’une rare beauté, sans conteste une des plus impressionnantes qu’il m’a été donné de voir depuis un bon moment, non seulement c’est très étudié mais il s’en dégage une pureté incroyable, l’éclairage à la bougie, les filtres des rideaux rouges, les plans extérieurs en lumière naturelle, cette brume en arrière plan, c’est juste magique parce que simplement et sans excès Hou Hsiao-Hsien nous transpose dans un univers dont on ressent le souffle. Et ce qui est aussi impressionnant c’est qu’il arrive à rendre par cet écrin une étonnante quiétude à une atmosphère emplie de férocité et de discorde, le fait de placer ce village dans l’immensité du décor, des montagnes infinies aux forêts éternelles, rend l’action intimiste. Car oui The Assassin n’est pas un un film d’action, il ne faut résolument pas s’attendre à de multiples combats ultra rythmés pour épater la galerie, le projet est tout autre pour exprimer une certaine singularité grâce justement à ce retournement des codes, le thème n’est pas la vengeance comme on pourrait le croire mais bel et bien l’absolution.

L’autre charme du film réside dans sa mise en scène, très posée, d’un lancinement inaltérable se mariant admirablement à l’aspect plastique des images, le réalisateur multiplie les plans séquences fixes pour donner une véritable cohérence artistique, c’est toujours très juste et épuré, les acteurs brisent le silence avec une grande sincérité dans leur interprétation, les dialogues sont souvent versés au compte-gouttes, j’imagine que cette lenteur et cette prédominance mutique pourront déranger, parfois ça peut aussi m’ennuyer dans un cas général, mais ici je l’ai trouvé tout simplement belle et pure. Et c’est dans cette tranquillité apparente que Hou Hsiao-Hsien réussit son tour de force en la transcendant par une ambiance sonore soutenant à de nombreux moments une tension assez folle, par exemple avec une simple rythmique continue de tambours avant le premier affrontement entre Yinniang-Tian Ji’an, on sent que quelque chose va se passer, ça dure, jusqu’à ce que les sabres se délient pour claquer dans la nuit et fendre l'air, sans musique, juste mêlés aux chants des grillons, le mot d’ordre est le naturalisme et la simplicité, la puissance sereine.

L’utilisation du cadre trouve aussi l’audace de rendre les combats parfois inédits, en second plan cachés derrière les arbres ou même en semi-hors champ, du reste il me semble qu’il n’y a quasiment aucun champ-contrechamp dans la globalité du film, chose assez rare, tout est rééquilibré par l’impeccable composition picturale. Il y a d’ailleurs une séquence que j’ai vraiment adoré, celle du sortilège, où pour le coup la caméra exerce un léger travelling évasif, appuyé par l’intervention d’une partition musicale également rarissime (donc précieuse), pour accoucher d’un moment absolument magnifique, envoutant et pétrifiant. Le récit n’a en lui même qu’un intérêt subsidiaire, il fait limite parti intégrante du background que peint le réalisateur, pas forcément évident à disséquer et à entièrement en assimiler toute l’ambiguïté mais on fini inévitablement par se laisser emporter grâce à la sensibilité qui s'en dégage. La seule et unique petite fausse note viendrait pour moi du final, que je n’ai pas véritablement trouvé à la hauteur du long métrage, où la coupure semble trop abrupte voire accommodant, mais ce n’est vraiment qu’un infime détail, dont je ne lui imputerai même pas.

The Assassin s’inscrit d’ores et déjà comme une des très grandes réussites de 2016, peut être même LE film à retenir avant tous les autres, le genre de chef d’œuvre doué d’une grandiosité perceptible et sans pareil, ce sentiment de puissance nonchalante totalement maitrisée de bout en bout qui subjugue, cent minutes de perfection esthétique et de grâce ultime, d’une sensibilité narrative subtilement épurée, bref ce dernier Hou Hsiao-Hsien est rempli de qualités. Je pensais d’ailleurs me tourner vers le reste de sa filmographie comme Millenium Mambo mais la barre est ici placée tellement haute que je vais sans doute laisser passer quelques semaines, histoire de me remettre ce bijou.

PS : Gros coup de cœur donc pour le chef opérateur Mark Lee Ping-Bin mais aussi pour les prestations charismatiques de Shu Qi et Chang Chen.
Marceau G.
Marceau G.

424 abonnés 365 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 mars 2016
Un film au mysticisme éclatant et à l'esthétique irréprochable. La mise en scène, resplendissante, fait état à la fois d'une grande contemplation et d'une maîtrise totale du tempo. L'extase peut à tout moment laisser la place à la tension. Le côté distant de la caméra de Hou Hsiao-Hsien avec ses personnages démontre une volonté de représentation d'ensemble. Seule l'héroïne, guerrière fantôme et vengeresse en proie au doute, peut se permettre les faveurs d'une vraie omniprésence dans le plan. Le réalisateur, véritable magicien-plasticien, ne fait que tromper le spectateur ; le scénario accumule les intrigues personnelles et politiques pour mieux embrouiller le public, et au final n'a plus d'importance, tant la mécanique visuelle de Hsiao-Hsien est bien huilée. Ce dernier utilise pour toute narration son langage scénique poétique et suggestif, introduisant ellipses et plans d'ensembles, et évoquant de manière récurrente l'arrière-plan, utile pour donner vie à des scènes parfois statiques. Il en résulte une grâce absolue, et surtout une grande pudeur, vis-à-vis des personnages, mais aussi de leur environnement. "The Assassin" est une possible réflexion sur la responsabilité et le rôle de chacun. Un film en tous cas magnifiquement abstrait, à la force tranquille et à la grandeur voilée. Du cinéma stylisé en suspension.
MemoryCard64
MemoryCard64

57 abonnés 375 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 11 mars 2016
S'allonger dans l'herbe, écouter les bruits de la nature, profiter de la beauté de la voûte céleste... Peut-être que c'est cela qui s'approche le plus de mon ressenti lors du visionnage de The Assassin. Mais il est difficile de réduire ce film à quelque chose d'aussi simple tant l’œuvre a de choses à offrir. Elle les délivre tranquillement, de manière épurée, construisant petit à petit une expérience cinématographique aussi unique que mémorable. Le long-métrage tend vers un refus quasi total du spectaculaire. Les différents affrontements, parfois entraperçus à travers des arbres, ne durent jamais plus de quelques secondes et se terminent toujours abruptement, par la fuite ou l'abandon de l'un des opposants. Le peu que l'on peut apercevoir fait preuve de chorégraphies dynamiques et d'un montage étudié. La bande-sonore aide à sublimer ces scènes grâce à une très belle gestion du silence, rompu uniquement par le bruit des armes qui s’entrechoquent. Même en dehors de ces moments d'action, le film ne s'autorise que rarement le luxe de la musique, préférant mettre en avant, en toute sobriété, le piaillement des oiseaux et le souffle du vent. Cela permet de profiter du jeu très en retenu des acteurs tout en accentuant la majesté (voire la sagesse) qui se dégage de chaque plan. Ces derniers sont souvent étirés ; ils commencent parfois un peu avant que les personnages rentrent dans le champ et se terminent après leur sortie, par des fondus au noir renforçant le sensation de flottement de l'ensemble. Cette sensation se retrouve directement à l'écran grâce aux mouvements des tissus, celui des imposants costumes comme celui des rideaux, soulevés par une brise paresseuse venue de l’extérieur. Cela donne vie aux images extraordinairement bien composées par Hou Hsiao-Hsien, qui possèdent la même particularité que Ran : on peut arrêter le film à n'importe quel moment et tomber sur une image tout à fait époustouflante. La photographie est à la hauteur des ambitions esthétiques colossales du réalisateur. Les environnements, intérieurs comme extérieurs, sont d'une beauté qui sera difficile à égaler (et qui envoie The Revenant dans les cordes, accessoirement). Le seul aspect qui pourrait sembler en deçà du reste est d'ordre scénaristique : la narration houleuse rend le scénario plutôt abscons (et mon incapacité à distinguer les acteurs n'a pas aidé). Pourtant, je pense que le réalisateur nous incite à nous plonger à corps perdu dans son film, avec le sentiment de sagesse et de majesté qui s'en dégage comme seule boussole. The Assassin perdra une partie du public en chemin, c'est certain, mais il n'en est pas moins une réussite totale, qui remet la notion de chef-d’œuvre en question.
Archibald T.
Archibald T.

20 abonnés 209 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 16 mars 2016
Certes, la bande annonce annonçait déjà un film sans saveur.

Mais avec de telles critiques dithyrambiques et Millenium Mambo à l'actif du réalisateur, le film ne pouvait déplaire. Grave erreur!!

Une photographie sans aucune sensibilité ni subtilite accentue négativement la lenteur effroyable du film. Nous sommes loin de Tarkovski, Bela Tarr ou encore Oslo.

Un supplice que de vouloir rester jusqu'au générique final que je n'ai donc pas vu.

Seul Millenium Mambo restera.
Jerome J
Jerome J

115 abonnés 7 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 12 mars 2016
Plus hermétique et cliché, tu meurs...
Un film minimaliste et contemplatif tellement cliché (tout s'éternise, la photographie honore tous les poncifs du film d'époque asiatique précieux, la nature, l'or, les costumes, les voiles, le thé, le feu) qu'il en devient crispant et ridicule.
Une belle bête de compétition pour cinéphile chichiteux qui va etre ravi de revendiquer et se faire avoir par une telle imposture et par ce catalogue éculé du film d'auteur esthétisant made in asia, en revendiquant "un voyage intérieur magique et exigeant" digne des plus beaux dépliants de votre supermarché de quartier pour le nouvel an chinois. Qualifier le film dans une catégorie "action" est une aberration, c'est l'antithèse même.
Bon courage a tous :)
anonyme
Un visiteur
1,0
Publiée le 18 mars 2016
Avant la séance lisez le mode d'emploi et prenez plusieurs cafés . C'est très beau, très lent (cafés !), incompréhensible (d'où l’intérêt du mode d'emploi) et hélas, finalement très chiant. Mais apparemment il y en a qui aiment.
islander29

1 028 abonnés 2 662 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 11 mars 2016
Je rejoins la plupart des commentaires, le réalisateur s'est surement fait plaisir, mais pour le spectateur c'est très hermétique (confusion totale de l'histoire, du scénario, des personnages, des toponymies, des faits historiques).......
Bref on ne peut se raccrocher qu'à la beauté des costumes, des paysages, de la musique et dans une certaine mesure d'un côté mystique du scénario...Là par contre le spectateur trouve son compte, un côté contemplatif accentué par la lenteur du tout.....
Un film qui provoque quand même une émotion tant la beauté y est présente.....
A réserver à un public averti et amateur de film hermétique, certains y trouveront peut être une pépite.....
Ce sera pas mal.......
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 19 mars 2016
D'une beauté et d'une harmonie inégalables, ce film nous plonge dans les profondeurs et les subtilités de la culture chinoise médiévale. A ne rater sous aucun prétexte pour tous ceux qui n'ont pas peur de s'abandonner à la découverte d'un monde différent du nôtre.
Christelle O
Christelle O

11 abonnés 10 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 16 mars 2016
Les décors certes sont splendides, la réalisation est très bonne c'est plus tôt les dialogues inexistants ou encore le scénario qui ne tient pas ses promesses que je trouve regrettable
lhomme-grenouille

3 615 abonnés 3 170 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 19 mars 2016
Une étoile et une seule, sur cinq possibles… Et franchement, si j’ai mis une étoile, c’était vraiment parce que c’était Hou Hsiao Hsien. Non pas que le gaillard mérite un régime de faveur. C’est juste qu’au moins, en toute conformité avec ce qu’il a toujours été, je dois bien lui reconnaître quand même un travail très propre et cohérent par rapport à ce qu’il entendait faire. Seulement voilà, son projet, mais j’y suis resté hermétique comme ce n’est pas permis. Des plans souvent fixes, immobiles, sans véritable mouvement ni action. Une intrigue qui ne bouge pas, ou très peu. Une histoire floue qui n’est qu’un prétexte au seul exercice de style plastique. Voilà à quoi s’est limité pour moi cet « Assassin ». Franchement, de mon point de vue, la démarche choisie par HHH n’était pas adaptée au format cinéma. Puisque le trip était dans la composition du cadre, de quelques mouvements légers, et d’une atmosphère sonore presque vide, j’ai presque envie de dire que cet « Assassin » aurait mieux fait d’être une exposition photo. HHH aurait joué sur les lumières, sur l’air à souffler dans certaines tentures, ainsi que sur une atmosphère sonore appropriée. Pour le coup, j’aurais trouvé ça plus pertinent tant l’intrigue et le rythme semblent totalement absents des préoccupations du réalisateur. A part reproduire un décorum stéréotypé d’une époque, avec moult symboliques et autres clins d’œil culturels, je ne vois vraiment pas ce qui a pu être la motivation à l’origine de ce film. Ainsi ai-je souffert face à cet exercice de style creux, sans vie et sans souffle. C’en serait presque consternant venant de cet auteur…
Steven Merlier
Steven Merlier

52 abonnés 178 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 10 mars 2016
The assassin : ou l histoire de mon plus gros fou rire au cinema !

Alors je l attendais enormement ce film aimant beaucoup les films asiatique mais la je suis perdu !

Le positif d abord : c est jolie

Le negatif maintenant : on comprend rien du tout . J ai beau essayer d avoir jouer a qui est qui la on m a perdu . Ca parle presque pas . L histoire est soit disant epurer mais la faut paw exagerer . Il se passe des choses a l ecran qu on ne comprend pas la portee !

Ensuite les bruitages sont appuyer du coup une porte qui grince c est aussi douloureux que de s enformir sur une plaque chauffante ! Et encore je vous parle pas du folklore ecossais a la fin du film avec son fameux plan dz 4 mon sur des chevres qui machent !

Mais je vais vous parler de ce crie d agonie qui apparait plusieurs fois dans le film pas compris ce que c etais si c etais le monstre du loch ness ou bien une vache se faisant monter par un taureau !

Les combats eux memes sont incomprehensible ! Hop je t ai couper le masque je suis trop mechant !!!

Pas mauvais juste incompehensible je veux bien que ce soit de l art et tout maos faut pas abuser !
http://avis-cine.over-blog.com
Laurent C.
Laurent C.

294 abonnés 1 133 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 14 mars 2016
"The Assassin" comme un certain nombre de longs-métrages, sinon la plupart des œuvres d'art, pose une question essentielle : le traitement esthétique, profondément soigné, suffit-il à faire oeuvre ? Car, le moins que l'on puisse dire, le film est d'une beauté stupéfiante. La mise en scène, précise, proche du ballet, rajoute à la beauté des images. Le reste, hélas, est long, tellement long, que très vite, le spectateur même de bonne volonté perd le fil de l'histoire. "The assassin" est une femme, drapée d'un vêtement sombre. Elle surgit de nulle part, à l'instar du papillon qui s'amuse sur le visage d'un des personnages. Pourquoi l'un des personnages ? Car ils sont nombreux, et insuffisamment développés pour laisser une vision claire de leur statut, et de leur participation au récit. Le film déroule en effet une série de protagonistes, confus, dont on sait vaguement qu'ils se veulent la mort, ou l'amour, et parfois l'un et l'autre. Peut-être que l'intérêt du film ne se situe pas dans le récit. Les décors sont somptueux, les costumes et les maquillages sont sublimes, et les paysages nombreux qui ponctuent l'image font rêver. Du coup, "the assassin" ressemble plus à une sorte de documentaire touristique et historique, dont l'objet est de séduire le regard qu'une aventure chinoise. La beauté des personnes et des lieux est telle qu'elle permet tout de même aux spectateurs d'aller au bout de ce récit, dont on retient sans doute un trop plein de beauté dans un trop plein d'ennui.
Patrick V
Patrick V

18 abonnés 8 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 9 mars 2016
Formellement très esthétique,..
Au fond : lent, paresseux, sous vitaminé, convenu...
Bref tout ce que les bobos cinéphiles adorent encenser.
AMANO JAKU

356 abonnés 797 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 29 mars 2016
Non, non, non, non, non, non, non, non et non…mille fois non !!! Moi aussi j’attendais avec impatience le nouveau film de Hou Hsiao-Hsien vu que j’ai adoré son "Millenium Mambo" mais aussi parce qu’il était question d’un Wu Xia avec la belle Shu Qi en tête d’affiche ; mais ce n’est pas pour autant que je vais faire comme toutes les critiques que j’ai pu voir et affirmer que ce nouveau métrage est géniallissime sous prétexte que ça faisait huit ans qu’on attendait le retour du monsieur et que ça serait pas cool de dire le contraire (et puis faire l’apologie d’un film uniquement parce qu’il est « anti-hollywoodien » c’est vraiment mesquin…). Je suis désolé mais "The Assassin" m’a laissé totalement de marbre et j’en suis le premier déçu. Alors oui d’accord, l’esthétique du film est magnifique et certains plans sont tout bonnement superbes et oniriques mais à force de vouloir faire à l’extrême du minimalisme et du contemplatif, tout ce qu’on gagne c’est d’endormir son auditoire !! Bin ouais : avec une réalisation se résumant uniquement à la composition de cadres (tu m’étonnes qu’il a gagné à Cannes le prix de la mise en scène !!) basée sur un tempo si lent, "The Assassin" devient vite une expérience qui nous donne la sensation d'être sous l’emprise d’une substance interdite. Et ce n’est pas le peu de dialogues qui va nous permettre de comprendre un script pourtant terriblement basique et simple. C’est dingue, même le terme « wu xia » est limite usurpé : les affrontements sont ultra furtifs, avec peu d’escarmouche et, pour notre plus grand malheur, souvent filmés en plan large avec très peu de chorégraphie. Alors je ne voulais pas spécialement voir des combats vifs et aériens à la limite de la magie comme dans "Tigre & Dragon" ou des affrontements brutaux et sanglants comme dans "The Blade", mais un minimum d’échange martial aurait été plus sympathique. On a l’impression que les combats sont vite expédiés car ils gênent la narration (enfin…quelle narration au passage ?). Pourtant j’avais déjà apprécié des tentatives de renouvellement su style « wu xia » qui se mélangeait avec d’autres genres, comme le romantique "Le Secret des Poignards Volants" ou l’onirique "Les Cendres du Temps", mais au moins ces deux métrages racontait quelque chose…ici on a à faire à un vide narratif que je n’arrive même pas à expliquer…et le pire c’est que le peu que dévoile le récit nous perd totalement tellement il est compliqué de cerner les histoires personnelles et les intrigues politiques qui sont censées apparaître ainsi que les enjeux qui en découlent : comment voulez-vous parvenir à impliquer le spectateur avec une telle démarche ? Et que dire de Shu Qi, celle que je considère comme l’une des plus charmantes actrices de cette planète : pour une tête d’affiche, on ne la voit vraiment pas beaucoup à l’écran et elle ne parle pratiquement pas…pire : jamais elle ne sourit alors qu’elle possède l’un des plus beaux sourires que j’ai pu voir !! Bref, "The Assassin" ne représente que de la déception à mes yeux, mais surtout il est la preuve que d’avoir une superbe forme sans aucun fond est vain : posséder une telle esthétique (car je le redis : le film est réellement magnifique de ce côté !) pour ne rien raconter, c’est vraiment du gâchis…bref, c’est tout l’inverse de "The Revenant". Quand à moi, je vais vite revoir "Millenium Mambo" : ça c’est le Hou Hsiao-Hsien que j’aime !
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