Une satire sociale qui met en scène les paradoxes de la bourgeoisie parisienne à l'aide de la situation en France des sans-papiers. Entre raisonnement bobo et confrontation à une réalité financière et humaine problématique Anne Le Ny pose beaucoup de questions sans amener une réelle interprétation des événements. Niveau casting le duo Karine Viard / Fabrice Luchini (tout en humilité) nous propose de beaux moments autour d'un Michel Aumont touchant en octogénaire revigoré par le retour de ses émotions amoureuses. Au final on reste un peu sur sa faim.
Par la situation originale, quelques répliques fulgurantes et la tête ahurie de Karine Viard quand elle apprend que son père la déshérite, la bande-annonce du deuxième film d'Anne Le Ny m'avait alléché, tout en me faisant redouter une caricature un peu appuyée des bourgeois-bohêmes tendance gauche caviar. Tous ces éléments sont bien présents, y compris la satire des assujettis à l'I.S.F. bien-pensants fêtant par un repas de famille l'arrivée des réfugiées, à qui ils offrent les vieux vêtements qu'ils n'ont pas encore donnés à la Croix-Rouge.
Mais très vite, on se rend compte que cette dimension politico-humanitaire ne représente qu'un des sujets du film, finalement rendu plus complexe et plus subtil par la personnalité de celle que Arnaud définit comme "une bombe avec l'idéologie de Milosevic", et qui se félicite que dans le collège de sa fille il n'y ait pas trop de Noirs et d'Arabes. Tatiana ne cache pas son objectif et ses ambitions, et quand pour plaire à sa fille, le fils d'Arnaud se prend un carton rouge après un tacle à la carotide, Karine a beau jeu de s'interroger sur "l'impact des Moldaves sur les hommes de la famille".
Car c'est une vraie qualité du film, soulignée par la critique, que l'absence de jugement. Tatiana peut légitimement apparaître comme une détourneuse d'héritage, mais elle est prête à bien des humiliations pour le bonheur de sa fille. Lucien peut paraître pathétique par ses compromissions avec les valeurs qu'il a professées toute sa vie et son aveuglement devant les manigances de Tatiana, mais n'a-t-il pas le droit de revendiquer cette dernière histoire d'amour ? Karine va commettre un acte moralement condamnable, mais ne manifeste-t-elle pas là un courage qui manque à son mari et à sa belle-soeur en accomplissant l'acte qui les libèrent ?
Et puis, l'irruption de Tatiana et de sa fille va servir de révélateur pour Arnaud et Babette de tous ces non-dits, tous ces vieux dossiers jamais apurés dans leur relation entre eux et surtout dans leur rapport à ce père, "un homme remarquable" dont la personnalité écrasante a provoqué chez sa fille le désir de se conformer au modèle paternel au mépris de ses propres envies, et la révolte néo-libérale chez le fils qui ne se sentait pas capable d'être à la hauteur.
La relation entre le frère et la soeur est au coeur du scénario d'Anne Le Ny et de Luc Béraud, qui participa à l'écriture de "L'Effrontée" et de "La Petite Voleuse". Elle est portée par le jeu des deux acteurs : Fabrice Luchini, remarquablement sobre, et Karine Viard, qui anime les plus beaux silences vu depuis longtemps dans le cinéma français pour donner vie à cette remise en cause libératoire et douloureuse de toute une éducation ("Je me suis construite sur un mensonge"). L'un et l'autre apportent leur intensité pour rendre crédible ce basculement permanent entre rire et émotion qui constitue une des grandes forces de ce film.
Les dialogues savoureux ("C'était pour une ration de blinis en plus, pas pour une relation incestueuse avec des échangistes", "Je travaille pas pour la Stasi") ne donne pas cette impression trop littéraire de bien des films d'auteur à la française ; ils s'intégrent dans le récit, cohérents avec la personnalité de ceux qui les prononcent. Cet ensemble de qualités : absence de manichéisme, subtilité du traitement de situations complexes, qualité de l'interprétation, fait de "Les Invités de mon père" une des bonnes surprises de ce début d'année du cinéma français. http://www.critiquesclunysiennes.com
Dans ce vaudeville franchouillard, le scénario semble s’être moins penché sur l’originalité des situations que sur les dialogues et l’écriture des personnages. C’est donc dans une histoire simpliste et convenue autour des conséquences d’une bonne action, dont les raisons restent assez floues, que l’excellente pléiade d’acteurs, comportant, entre autres, Fabrice Luchini, Karin Viard et Valérie Benguigui, se montre aussi convainquant qu’à son habitude. La mise en scène est limitée à celle du théâtre filmé mais n’empêche nullement certains passages d’être vraiment très amusants. La finalité d’Anne Le Ny reste toutefois difficile à déterminer puisque son film, loin d’être inoubliable, oscille gauchement entre une volonté moralisatrice parfois poussive et une image cynique du petit monde bobo parisien.
Un mélo intelligent. Il mêle plusieurs thèmes assez "in", tel celui de l'immigration, celui de la vie de couple, celui de la relation parents-enfants, ou encore celui de l'engagement politique. C'est intéressant et pas trop lacrymogène, malgré quelques passages inévitablement criards et pleurnichards. Le jeu des acteurs est impeccable, avec toutefois une mention spéciale pour Michel Aumont, troublant, et bien sûr le truculent Fabrice Luccini. "Les invités de mon père" manque un peu de surprises, de rebondissements. En outre, la partie finale, aux accents policiers, aurait mérité d'être approfondie.
Cinglant, ambigu et sincère. L'éducation et les bonnes intentions face au poids des réalités économiques et/ou triviales, un match inégal. Anne Le Ny met à mal les beaux discours si souvent éloignés des véritables actes et interroge sur le poids de l'héritage et de l'argent. C'est percutant, les dialogues fusent, les acteurs sont parfait notamment Karine Viard parfaite en fille de bonne famille prisonnière de son éducation et Michel Aumont tient le role le plus surprenant du film. Peut-etre, le portrait de la "mariée" est-il trop chargé ? Le film met à jour le cynisme occidental meme si celui-ci est plus subi que voulu. La fin est grincante avec ce retour à la "normalisation" dixit Viard et le plan sur le carnet de note de la petite moldave reste en mémoire...
La mythologie bobo (libertaire, égalitaire, équitable, durable, etc...) confrontée à un cas concret, proche et familial, voilà déjà un sujet bien mince. Mais interprété par dessus la jambe par un Michel Aumont zombie gâteux, Karin Viard nullissime, Veronica Novak qui en fait des tonnes, et malgré Fabrice Lucchini, très professionnel et pour une fois, au jeu assez sobre( peut-être en réaction) le film n'a strictement aucun intérêt, ce qui s'est pour finir communiqué à la réalisatrice, celle-ci n'ayant manifestement pas su comment le conclure. On peut s'en passer.
une belle comédie, intelligente et très contemporaine....Le sujet délicat (le mariage blanc d'un octogénaire avec une jeune moldave provoque des dissensions familiales) ouvre la porte à des dialogues souvent percutants, tout au moins facétieux...Les acteurs Fabrice Lucchini, Karine Viard,enfants de Michel Aumont sont parfaits....C'est une comédie spirituelle, sans l'once d'une vulgarité même si c'est dans un registre moins délirant que le cinéma facétieux de la remarquable Jeanne Labrune....C'est solide, c'est intelligent,cela fait réfléchir, manque peut être un chouia de délire....Je conseille évidemment.
parfait, excellent film, que dire de plus? tous les acteurs sont parfaits, karin viard comme d'habitude entre dans sons personnage et devient crédible, fabrice luchini tout en sobriété, loin de ces rôles dont il nous habitué par le passé, est parfait aussi, l'histoire n'est pas très originale, qu'importe ! cela me fait penser à un autre film, des années 60, la vieille dame indigne, de rené allio (je crois), mêmes thèmes, la vieillesse, incompréhension des enfants, la peur de finir seul, et au final, la perspective de la mort
Film lourd traitant le thème des sans papiers et sans aucune surprise au niveau des évènements.Film agaçant !!!!! tous les acteurs m’énervent par leur jeu déplorable et l'histoire pseudo dramatique qui ne touche pas le spectateur
Les invités de mon père est un film qui sonne creux.Creux dans un contenu,au traitement pataud et d'aucune finesse.En plus de ça tout et gris et moche dans les plans et les cadrages.Luchini arrive parfois a magnifier quelques dialogues,mais sorti de là c'est le néant absolut.