On pourrait croire, au vu de la BA ciné, à une comédie audacieuse sur un sujet complexe. Si le départ est clairement une comédie avec ses répliques qui tâchent, des persos bien campés et des situations incongrues. Oui, mais voilà, la 2nde partie vire au drame humain pas toujours très heureux mais qui a le mérite d'éviter le manichéisme et de développer différents arguments sans (vraiment) trancher (car on sent bien vers où les opinions d'A. Le Ny penchent). Le casting est réussi et joue sa partition avec excellence, les personnages, trop bobos par moments, sont plus ou moins intéressants et la mise en scène est ma foi assez réussie sans être non plus un modèle du genre. Un film français, un vrai. Avec tous les défauts et les qualités que ça implique. Et moi, ce genre là, je n'accroche pas. Pour les amateurs. D'autres critiques sur
Aimable comédie, un brin boulevardière, mais plus subtile qu’elle en a l’air, quant à son traitement des relations familiales et problèmes de société, et de par ses ruptures de ton. Attachant.
Trop rare pour ne pas se réjouir! Une comédie, française, pas vulgaire, pas racoleuse et qui ne s'essouffle pas après le premier quart d'heure. Le casting est parfait et les comédiens, sans exception, sont tous remarquables. Le scénario n'est pas réduit au sujet à la mode des sans-papiers, mais s'enrichit d'une réflexion sur les rapports père/enfants et frère/soeur qui donne à ce film, parfois avec gravité et toujours avec un humour léger, une profondeur inattendue.
J’avais vraiment été conquis par la bande-annonce du film qui annonçait un film très drôle sur un sujet original et dans l’air du temps. Et, malheureusement comme c’est souvent le cas, j’ai vu dans cette bande-annonce les meilleurs dialogues du film et surtout les plus corrosifs. Le film, dans son ensemble, est moins drôle que la bande-annonce mais apporte une vision assez critique de ce que l’on peut faire par amour et de tout ce que l’être humain est prêt à endurer pour obtenir un titre de séjour. Et là, on est très proche du traitement de « Droit de Passage » sorti aussi cette année puisqu’il ne faut pas hésiter à « coucher » pour y arriver. Les deux qualités principales du film sont étroitement liées : d’une part, le fantastique trio de comédiens Fabrice Luchini - Karin Viard – Michel Aumont et, d’autre part, des personnages bien étudiées avec leurs qualités et leurs défauts, ce qui les rend réels et réalistes.
Une comédie dramatique savoureuse, dotée de dialogues grinçants et d'acteurs impeccables, sans fausse morale. Une critique plus détaillée et d'autres sur le-blog-d-elisabeth-g.blogspot.fr
Une comédie à la française, assez stéréotypée, reprenant un délicat problème, celui des demandeurs d’asile, traité un peu légèrement. L’interprétation est haut de gamme mais ne décolle pas vraiment, se contentnat de dérouler des rôles assez convenus, à l’image de Karen Viard, Fabrice Lucchini et même Michael Aumont dans le rôle du père. La réalisation est toutefois assez intéressante, faisant preuve par moments d’une réelle originalité. Mais l’ensemble reste quand même un peu terne et manque de ce petit grain de folie qu’on attendrait d’une telle comédie.
Je n'avais pas la moindre intention de voir ce film et les alea d'un agenda et des horaires d'une salle en ont décidé autrement. Et je dois dire que l'alea fut heureux car ce film ce regarde sans aucun déplaisir. Il traite avec distance mais sans détour des humanitaires bobos qui sauvent le monde depuis leur salon, des bonnes intentions qui se confrontent à la réalité, des individus qui ne sont ni noirs ni blancs mais tous un peu gris, des impressions souvent trompeuses, du poids des héritages qu'ils soient moraux ou financiers et enfin, de la liberté d'action des vieillards. Luchini y est excellent en fils aîné et lâche ordinaire. Viard est un peu moins crédible mais les deux fonctionnent bien sur le mode frère et soeur. Les dialogues sont plutot bons, le rythme aussi. Le fond est trop lourd pour que ce soit à proprement parler une comédie mais ça sait rester au bon niveau de distance avec le tragique. En résumé ça traite légèrement d'un sujet lourd.
Les Invités de mon père est l'anti-Welcome : l'un était un drame, l'autre est une comédie; l'un n'était pas sans lourdeurs, l'autre est d'une finesse rare; l'un était manichéen au possible, l'autre ose une inversion des rôles et met chacun des protagonistes en contradiction avec lui-même. Car avant de traiter d'un sujet d'actualité, Les Invités de mon père est une excellente comédie très drôle aux dialogues précis et fins mais surtout une excellente photographie de la France contemporaine avec des personnages superbement écrits et authentiques qui vont se retrouver à se poser des questions sur leurs convictions et leurs agissements. Sans jamais sombrer dans la caricature, le deuxième long métrage d'Anne Le Ny est une satire efficace qui, en plus d'être très plaisante, fait réfléchir sur l'engagement, l'hypocrisie, les relations entre membres d'une même famille. A cela vient s'ajouter le casting formidable qui réalise un sans-faute : la magnifique Karin Viard d'un naturel incroyable, Fabrice Luchini qui, pour une fois, ne fait pas du Luchini et signe une de ses plus belles performances depuis très longtemps, Valérie Benguigui superbe dans un rôle qui aurait pu sombrer dans la caricature facile, Michel Aumont royal, Veronika Novak délicieuse en femme fatale manipulatrice et sournoise. Drôle et grave, n'ayant pas peur de s'aventurer par moment vers le thriller sans jamais perdre de son efficacité, le film ne s'égare jamais et joue en permanence sur un double registre léger et grave savamment dosé sans jamais que l'un prenne le pas sur l'autre. Les Invités de mon père est une oeuvre intelligente, fine et subtile suffisamment rare de nos jours pour dire qu'il serait dommage de s'en priver.
Arnaud (F.Luchini) et Babette (K.Viard) sont en plein désarroi: leur vieux père (Michel Aumont), médecin à la retraite toujours en quête d'une cause à défendre, a contracté un mariage blanc avec une jeune et belle moldave sans papier. Bienvenue dans une famille de bobos -les deux frères et soeurs sont avocat et médecin- aux convictions et traditions humanistes bien ancrées. Cependant, la culture de l'altruisme et de l'empathie de Babette et Arnaud est mise à mal par le comportement de la jeune mariée dont le père s'est épris et qu'elle semble manipuler. La comédie, parfois amère, de Léa Fazer tourne le dos à la caricature du bourgeois et à la dérision. Sous l'aspect cocasse de certaines situations, les personnages sont justes, mesurés, et leur réaction, leur sidération ou leur incompréhesion devant la contrariété ou l'adversité sont légitimes, amusantes mais sans ironie. Le ressentiment qu'éprouvent Arnaud et Babette à l'égard de leur belle-mère fait vaciller leurs valeurs en même temps qu'il les culpabilise. Tandis que certaines rancoeurs se font jour et qu'affleure un autre thème, celui du poids de l'éducation, voire de la "tyrannie" du père.
Un genre qui a retrouvé ses lettres de noblesses : Face aux comédies sortant toutes du même moule et formatées sans âme, ce film est un ovni dans la production française actuelle. Un scénario sincère et artisanal avec une intrigue tenant la route jusqu'au bout. De plus, la réalisatrice a suivi ce précepte : une comédie est un drame perçu de manière décalée. Ajoutez à cela un Luchini et une Viard non cabotin(e)s, jouant les émotions avec leurs tripes, on n'est pas loin meilleurs Jaoui-Bacri...
une petite comedie sympathique.à la fois un petit brin d'humour et de l'autre un peu triste.bon choix sur l'histoire de l'héritage d'une famille.je dits bravo à luchini/viard(le duo frère et soeur)ainsi que à leur père(michel AUMONT).ce trio d'acteurs est simple, sublime et touchant.à voir en famille.
Une jeune Moldave offre ses services sexuels à Michel Aumont (80 ans) en échange de son logement parisien, d'un mariage blanc et de cadeaux de toutes sortes, sous l’œil de ses deux enfants médusés. Un échange de bons précédés ou un éloge à l'immoralité ? Qui exploite qui ? En tout cas c'est bien traité et pas du tout manichéen... et ça interroge quelque peu sur le pouvoir de la beauté qui rend fous les hommes... (comme c'est dit à la fin). Une autre réflexion qu'engendre ce film : ce n'est pas parce qu'on est pauvre et sans papiers qu'on est forcément bon, et il y a parfois une bonne délation (comme celle de Snowden en 2011 ou spoiler: celle des deux enfants ici qui renvoient la Moldave dans son pays ). Film pas mal, mais j’ai pas trop apprécié les tromperies de Karine Viard comme une sorte d'apologie de l'adultère, quand son frère (Fabrice Lucchini) semble plus équilibré.spoiler:
Pseudo-comédie interrogeant la bonne conscience française de gauche, "Les invités de mon père" se révèle un film très discutable, tant sur la forme que sur le fond. Ce qui gêne en premier lieu, ce sont les dialogues qui sont, paradoxalement, à la fois trop écrits pour sonner justes et pas assez bien écrits pour donner au propos la finesse qu'il aurait requis. On retrouve ce même manque de finesse dans la définition de personnages très caricaturaux qui illustrent une idée au mieux maladroite et plus vraisemblablement stupide et désagréable. Si en surface, la réalisatrice semble juste montrer que l'argent a plus de valeur pour ceux qui en manquent ou en ont manqué, plus en profondeur, elle commet l'erreur de relier cela au niveau d'éducation (elle y insiste). En faisant en plus des personnages "non éduqués" des êtres antipathiques (l'une est d'une méchanceté dont on ne comprend pas vraiment l'objet, l'autre est un poil raciste et encline à la délation), la thèse qui transparait met un peu mal à l'aise. C'est dommage car les comédiens sont excellents, Luchini et Aumont en tête...