Le Grand sommeil
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tuco-ramirez
tuco-ramirez

166 abonnés 1 785 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 mai 2013
Que nous dit l’intrigue ? Après la disparition de son chauffeur, le général Sternwood charge le détective privé Philip Marlowe de le débarrasser d’un individu douteux nommé Geiger qui fait chanter sa fille Carmen, une nymphomane portée sur les paradis artificiels. Marlowe, qui a fait la connaissance de Vivian, la sœur de Carmen, découvre après une filature le cadavre de Geiger dans une maison isolée, et Carmen inconsciente. Qui a tué Geiger, pourquoi ? Quels sont ses liens avec le chauffeur et les sœurs Sternwood ? Vous n’avez pas compris l’enjeu policier du film ? Ce n’est pas très grave, car le dénouement n’est pas non plus clair comme de l’eau de roche.
« Le grand sommeil » incarne la naissance du film noir et est la grande référence du genre pour les cinéphiles. En effet, il est l’un des premiers films à avoir posé les archétypes de l’esthétique et des thématiques du genre. Après quelques lectures sur ce film pour mieux comprendre son importance dans l’histoire du septième art ; voilà une synthèse de ce que j’ai en retenir.
Le film noir montre une frontière floue entre le bien et le mal, c’est notamment ce qui le différencie des films policiers ou de gangster. Ainsi le genre film noir contredit la logique narrative classique. Comme dans « Le faucon Maltais », l’intrigue progresse sur le principe du meurtre imprévisible et du meurtrier inconnu. Les enchaînements présentent des discontinuités, des zones d’ombres qui participent à rendre la compréhension de l’histoire plus difficile. En fait, le film noir accorde autant d’importance, voir privilégie, la description psychologique des personnages à la résolution des meurtres. Ce qui explique que l’intrigue soit confuse, quant à savoir qui est coupable de quoi, entre les mensonges et les non-dits…Le nombre de personnages impliqués aussi augmente au fur et à mesure du film dans des intrigues gigognes. A ce propos une anecdote sur ce film aide à éclairer la complexité du récit : la légende veut que Bogart ait un jour demandé à Hawks qui était l’assassin, le cinéaste ne put lui répondre, ce dernier demanda au scénariste et à Chandler (écrivain du roman dont est inspiré le film) mais aucun ne pu lui répondre. Il faudra attendre 55ans plus tard pour voir apparaitre un tel ovni sur nous écrans, le Mulholland Drive de Lynch, un autre chef d’œuvre. Donc ce qui compte en fait dans ce film c’est l’atmosphère, le climat délétère, l’épaisseur romanesque des personnages, autour d’une sombre histoire de décadence familiale. Le titre incarne aussi l’atmosphère : tout le film se déroule la nuit, une nuit sans fin dans laquelle le spectateur perd ses repères temporels.
Juste une analyse de l’entame du film : la rencontre avec ood est en apparence la plus conventionnelle. Elle a surtout un rôle fonctionnel, et sert à lancer l’intrigue. Pourtant, on ne reverra pas le vieil homme dans une autre scène. C’est aussi une audace du film noir que de nous présenter un personnage comme fondamental pour l’oublier complètement ensuite.
Ensuite, les dialogues sont très écrits et révèle une maîtrise de Marlowe qui dose toujours ce qu’il dit, pour savoir juste ce qu’il faut, sans trop en révéler. Quelques joutes verbales toute en retenue marquent aussi la qualité des interprètes tous issus du théâtre.
Et puis il y a Marlowe : imperméable, chapeau, cigarette… Image d’Epinal du détective créée par Humphrey Bogard lui-même. Il est le détective de polar de cette époque, il suffit de voir le nombre de très grand film dont il fût l’interprète dans les année 40 avec ce même rôle : La Grande Evasion, Le Faucon Maltais, Casablanca, Le Port De L’Angoisse, Le Trésor De La Sierra Madre, Key Largo, Le Violent, L’Odyssée De L’African Queen, La Comtesse Aux Pieds Nus, … Il rencontra celle qui deviendra sa femme dans « Port de l’angoisse »… Les producteurs reconduiront le même couple, il fût donc associé à nouveau à la bombe de l’époque : Lauren Bacall. Cette dernière est une des femmes fatales du film. La femme fatale est un personnage subversif, perçu à travers le regard masculin, elle est maléfique et perverse. Le crime est associé à sa volonté d’indépendance. Déjà dans les vingt premières minutes, il en croise cinq, les deux sœurs, la bibliothécaire et les deux libraires. Reparlons là de la rencontre avec la seconde libraire. A l’époque le sport national est de contourner le code Hays, renforcé en 1934. Ce code, mis en place par le sénateur du même nom, institue des règles destinés à suivre la morale américaine et les bonnes mœurs. Ainsi, le sexe et la violence sont interdits. Les couples dorment dans des lits séparés, les baisers doivent être courts…La scène avec la libraire était donc assez osée même si elle nous parait peu explicite de nos jours. Howard Hawks usa aussi de tout son talent dans la scène avec la seconde libraire : plus maligne que la première d’abord montrée comme l’intellectuelle, elle devient l’emblème de la femme glamour lorsqu’elle détache ses cheveux et retire ses lunettes. L’érotisme est très suggestif dans cette scène, via les dialogues et attitudes des personnages mais aussi dans la mise en scène de Hawks. Elle tire le rideau et l’attire vers le fond de la boutique. Une ellipse, traduite par la météo et le fondu enchaîné, nous signifie qu’ils ont passé un certain temps ensemble. Mais l’exemple le plus flagrant est sans doute la scène au restaurant, au milieu du film, où Bogart et Bacall utilisent la métaphore hippique pour faire allusion à l’acte sexuel, dans une conversation amoureuse qui en devient presque indécente pour l’époque.
Voilà quelques arguments et axes de lecture pour donner envie de voir un film référence alambiqué au possible. J’aime le parallèle avec « Mulholland drive » : film dont on a rien compris au final, mais dans lequel on ne s’ennuie pas et dont on sort conquis… Car l’intrigue nous tient en haleine même si elle n’est pas le film.
real-disciple
real-disciple

114 abonnés 1 024 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 5 mars 2011
Un film considéré comme un grand classique. Effectivement, on ne peut pas cracher dessus sur certains points. Déjà et c'est surtout ce qui fait ma note c'est l'excellente interprétation de Humphrey Bogart et Lauren Bacall qui forment un superbe tandem, soignée par un beau noir et blanc. Malheureusement le film est beaucoup trop complexe pour être apprécié et allourdit considérablement les enchaînements, surtout lorsqu'on le regarde en Vo. On arrive plus à suivre, on ne sait qui à tuer qui et il y a trop de personnages, quel dommage ! Il ne reste plus qu'à le revoir mais je pense que ça ne changera rien au problème.
benoitparis
benoitparis

142 abonnés 1 277 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 février 2011
Ingrédients de base d’un grand classique : une mise en scène sans effets originaux mais ingénieuse et parfaitement étudiée, une image en noir et blanc magnifique, un scénario rendant compréhensible un roman à l’intrigue particulièrement opaque et compliquée, en l‘adaptant parfaitement au genre cinématographique, et puis deux acteurs vedettes bourrés de talents, de charme, de classe. Le film en dit long aussi sur le puritanisme du grand cinéma hollywoodienne des années 40. Quand on connaît le roman de Chandler on se rend compte que le scénario escamote tout ce qu’il comptait de scabreux (l’homosexualité liant le maître chanteur et son jeune homme de main par exemple). Tous ces aspects se réduisent à des dialogues humoristiques à double sens. Mais c’est superbe, indispensable.
SYNEPHIL
SYNEPHIL

61 abonnés 1 135 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 11 mai 2020
Grand classique parmi les classiques ,ce chef d'oeuvre d'Hawks beneficie d'un casting 4 etoiles et des dialogues fabuleux de Chandler.On retrouve certes les "clichés" du film noir : coups de feu,rebondissements,trahisons,filles faciles,whisky...mais chaque personnage est construit, possede une histoire propre qui permet de faire avancer cette intrigue tres complexe (seul defaut a mes yeux) sans reel temps morts.Bogart plane sur le film comme un condor sur les andes : il incarne avec maestria ce privé que rien ni personne (meme la sublime Bacall) ne peut detourner de son but tel un chien remontant la piste ,il evite les balles ,slalom entre les jolies filles et finit par faire toute la lumiere sur cette histoire de chantage.Polar + basé sur l'atmosphere global qu'il degage (grace entre autre au noir et blanc et a son couple mythique) que sur son scenario incroyablement tordu.A noter les belles partitions musicales de Steiner .A apprecier de preference en VO.
Buzz063
Buzz063

100 abonnés 919 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 16 octobre 2011
Classique du film noir et second rôle mythique pour Bogart en Philippe Marlowe, privé ayant toujours un coup d’avance sur ses adversaires et prototype du héros cool et charmeur. Il forme un couple d’anthologie avec Lauren Bacall. Sur certains points, le film de Hawks se rapproche du Faucon Maltais sorti l’année d’avant. Le réalisateur privilégie d’abord les personnages et son atmosphère au détriment de l’histoire qui elle ne tient pas debout. Cela dit, les incohérences du récit passent vite au second plan grâce au savoir-faire du metteur en scène.
girondins59
girondins59

44 abonnés 490 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 janvier 2008
Humphrey Bogart, Lauren Bacall et Howard Hawks. 3 noms on ne peut plus représentatif de l'âge d'or d'Hollywood mais surtout, de celui du film noir. "Le Grand Sommeil" bénéficie d'une solide réputation, certains le considérant même comme le film noir absolu. Sa grande particularité est d'avoir une intrigue quasiment incompréhensible. Multipliant les enquêtes diverses et les personnages atypiques, l'histoire est plus que déroutante. Alors comment ce film a t-il pu marquer autant son époque? Tout simplement parce que, premièrement, rarement un couple d'acteurs n'aura été autant en symbiose que Bogart et Bacall. Deuxièmement, Hawks a truffé son film de situations décalées et de conversations légères, parfois pleine de sous-entendues coquins, assez novateur pour l'époque et precurseur des films de gangsters au ton satirique et malicieux qui suivront. Et puis bien sûr, parce que "Le Grand Sommeil" est un modèle du genre en termes de mise en scène, le noir et blanc n'ayant jamais aussi bien cadré avec un film de détectives. Un scénario confus peut être, mais "Le Grand Sommeil", il faut l'avouer, c'est la classe absolue en matière de cinéma.
soliloo
soliloo

16 abonnés 588 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 6 juillet 2010
Un polar typique des années 1940, à voir pour le couple Lauren Bacall / Humphrey Bogart. Le scénario est assez complexe et alambiqué, presque trop. Il faut être tout à fait concentré pour ne pas se perdre dans le dédale de la narration. Quelques longueurs également, qui font que l'on s'ennuie un peu à la longue. Mais dans l'ensemble, un grand classique qu'il est intéressant de voir.
cylon86

2 838 abonnés 4 430 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 décembre 2014
En adaptant le roman éponyme de Raymond Chandler, Howard Hawks signe un classique du film noir, peut-être l'un des meilleurs des années de l'âge d'or d'Hollywood. Malgré la complexité de l'intrigue dans laquelle on se perd parfois, "Le Grand Sommeil" est un bijou qui ne cesse de briller au fil des années. Dans la peau de Marlowe, détective cynique qui a toujours une sacrée répartie, Humphrey Bogart est excellent, se retrouvant pour la deuxième fois face à l'envoûtante Lauren Bacall. Leurs échanges dans le film sont particulièrement savoureux, riches en sous-entendus qui ont échappé à la censure. Sans pour autant que toute l'histoire du film soit claire, on ne s'ennuie pas une seule seconde, Marlowe ne cessant de tomber sur des canailles, des escrocs et des assassins en tous genres sans compter les nombreuses femmes séduisantes qui croisent son chemin. Entre assassinats, chantages et séduction, ce film noir respire la maîtrise de bout en bout et pour cause ! Derrière la caméra, Howard Hawks fait du beau boulot et nous offre un sommet du genre.
scorsesejunior54
scorsesejunior54

180 abonnés 694 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 29 juillet 2007
Classique, c'est le moins que l'on puisse dire de ce "Big Sleep" réalisé par Howard Hawks en 1947 et réunissant pour vedette le couple mythique Humphrey Bogart-Lauren Bacall. Vous avez ici tous les éléments qui firent la renommée du film noir au cours de l'âge d'or Hollywoodien, en bien comme en mal. L'ambiance tout d'abord est vraiment prenante : sombre, de studio certes mais à la lumière et la photographie si travaillées que le nocturne censé se dégager formellement en vient à carrément occuper le devant de l'affiche. L'esthétique est donc brumeuse, servant une atmoshère envoûtante bien amenée refermant ses griffes sur un spectateur captivé. Hawks a une fois de plus du savoir-faire, chose qu'il démontre en s'accomplissant de sa mise en scène sans difficulté aucune : son cadre est soigné, ne souffre pas de fautes techniques, recrache les bases de la grammaire cinématographique dans la facilité la plus totale et s'appuie sur un montage conventionnel mais efficace. Le cinéaste tire de Bacall un superbe portrait de femme fatale pendant qu'il laisse Bogart lui répondre avec un charisme impressionnant. Les interprètes sont bien intégrés à l'écran et répondent convenablement aux rôles attendus. Pas de grosses surprises donc mais un plaisir inégalable correspondant à l'apogée du genre. Ici, l'intrigue s'intéresse à un détective privé peu académique, séducteur, violent. Les rebondissements sont prévisibles, la tension et le suspense ne connaissent pas de réelles montées et finalement, si le scénario est bien mené il ne parvient jamais à surprendre. La faute peut-être à des situations trop bavardes, trop explicatives, ne parvenant jamais à aller plus loin que le divertissement. "The Big Sleep" s'avère effectivement tantôt ennuyant car ne s'affranchissant pas de la commande, tantôt réjouissant car très plaisant. Cela dépendra surtout de notre humeur et le regard que l'on veut bien lui accorder. Jubilation totale ou ennui profond, c'est selon.
Photo-cineaste
Photo-cineaste

83 abonnés 572 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 20 octobre 2009
Il n'y a rien à dire, c'est un très bon film. Mais même si les acteurs sont merveilleux et les dialogues alléchants ! l'histoire est beaucoup trop compliqué, faut vraiment rester très concentré pour tout comprendre... et ce n'est pas toujours facile...
kray
kray

68 abonnés 1 266 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 27 février 2012
Encore un grand film noir réunissant le duo bogart/bacall . La complexité du scénario le rend cependant difficile d'accès, et on peut lui préferer key largo voir le port de l'angoisse. Mais pour les fans de films noirs habitués au script tortueux , le chef d'oeuvre est bel et bien au rendez vous.
Bertie Quincampoix
Bertie Quincampoix

142 abonnés 2 088 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 15 juillet 2015
Malgré un intrigue complexe, dans laquelle il est impossible de ne pas se perdre, ce film noir signé Howard Hawks se regarde avec un plaisir de tous les instants, un peu comme on déguste un bon whisky. L'atmosphère qui s'y dégage est remarquable. Le tandem Lauren Bacall / Humphrey Bogart, à nouveau réuni par le même metteur en scène, deux ans après Le port de l'angoisse qui marqua leur premier rencontre à l'écran et dans la vie, n'est pas pour rien dans cette réussite.
Jean-philippe N.
Jean-philippe N.

127 abonnés 925 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 31 mars 2014
Peut-être un peu décevant pour qui connait le roman original de Raymond Chandler, mais juste histoire de chipoter...
AlexTorrance
AlexTorrance

33 abonnés 486 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 7 janvier 2012
The Big Sleep a tout pour être (et est d'ailleurs) considéré comme un chef d'oeuvre absolu du film noir pour beaucoup de monde. Il faut dire que celui-ci semble avoir été fait sur mesure pour obtenir ce titre, en particulier avec la présence de Humphrey Bogart au casting, le détective en imperméable par excellence dans le hollywood des années 40 ainsi que Lauren Bacall, la femme fatale que tout bon film noir se doit d'avoir pour rentrer dans les normes. Cependant, le film n'est qu'une succession de péripéties plutôt compliquées à suivre (d'ailleurs, beaucoup de noms qui se ressemblent, ça porte à confusion des fois). En résulte des longueurs assez nombreuses. L'intrigue de base, de son côté, est loin d'être mauvaise. Elle est même plutôt bonne. Mais rien à faire, impossible d'être aussi pris dedans que dans Le Faucon maltais (qui, lui, est un véritable chef-d'oeuvre du film noir) où Bogart n'en était que plus brillant.
Shephard69

407 abonnés 2 259 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 11 octobre 2013
Un grand classique du film noir des années 40. Intrigue assez obscure et complexe, pas toujours évidente à suivre mais servie à la perfection par un Humphrey Bogart, que je découvrais à l'époque, très séducteur et une Lauren Bacall tout aussi charmeuse malgré une timidité apparente. Un film qui donne vraiment envie de découvrir les romans de Raymond Chandler. Une œuvre au charme intemporel.
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