We Need to Talk About Kevin
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420 critiques spectateurs

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soniadidierkmurgia

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1,5
Publiée le 24 décembre 2021
Depuis une vingtaine d'années les massacres provoqués par des adolescents armés jusqu'aux dents se sont multipliés aux Etats-Unis, pays emblématique de l'auto-défense et de son corollaire, la vente libre d'armes à feu . Le phénomène s'est propagé jusqu'en Europe où le Norvégien Anders Brevik a frappé un grand coup en provoquant la mort de 77 personnes en un après-midi, établissant un triste record du monde dont la Norvège pays pacifique se serait bien passé. Cette folie meurtrière d'un genre nouveau doit nous faire nous interroger sur la dérive de nos sociétés occidentales qui laissent des gamins s'élever seuls devant la télévision et leur ordinateur où leur esprit encore friable peut se laisser aller aux pires influences . Le passage à l'acte dérange forcément, nous renvoyant à notre pire animalité. Le cinéma devait s'emparer de cette nouvelle forme de folie née de la recherche frénétique de reconnaissance via le sensationnel provoquée par l'envahissement de nos vies par les médias, le tout décuplé grâce au développement anarchique d'internet . Gus Van Sant qui a bien compris la difficulté de trouver une explication rationnelle à cette nouvelle forme d'horreur humaine a livré en 2003 avec "Elephant" une méthodique narration des évènements de la fusillade du lycée Columbine (1999), se refusant à imposer au spectateur toute interprétation fumeuse, pensant que les images seules suffiraient à éveiller les consciences. Une démarche sage et humble récompensée par une palme d'or à Cannes. Mais on sait que l'homme aime trouver une explication à tout et surtout à ce qu'il ne comprend pas ou le dérange. Il fallait donc s'attendre à ce qu'un jour ou l'autre un réalisateur bien intentionné nous livre son explication du phénomène. C'est une femme qui s'est chargée d'apaiser nos âmes en tourments en adaptant le livre d'une compatriote britannique (Lionel Shriver) paru en 2005. S'étant taillé une petite réputation de cinéaste intellectuelle, Lynne Ramsay s'adjoint deux pointures du cinéma anglais , Tilda Swinton et John C. Reilly pour donner enfin bonne conscience à tous ces parents qui se demandent avec angoisse si un jour leur rejeton se saisira d'un arc et de flèches pour aller se faire un petit carton sur ses petits camarades de classe comme autrefois le bon peuple le faisait dans les stands de foire. Mesdames ne vous torturez plus les méninges; les enfants qui commettent de telles horreurs sont des créatures de Satan sur lesquelles tout votre amour sera sans effet. Pour parvenir à ses fins Lynne Ramsay va utiliser sans les assumer tous les ressorts du film d'horreur, nous resservant plus de 35 ans plus tard une version "intellectuelle" du fameux "La malédiction" de Richard Donner (1976) où un petit angelot en culotte courte (Damien) martyrisait puis tuait tous les membres de sa famille. Le petit tueur était en réalité l'Antéchrist. Le film qui eut plusieurs suites avait le mérite de se situer dans un contexte résolument fantastique avec pour simple but de divertir. Mais Lynne Ramsay a visiblement d'autres prétentions, insinuant au passage que si la maman étrangement passive devant la précocité morbide de son bambin avait eu dès le départ les bons réflexes comme celui de lui briser le bras plus souvent, la catastrophe aurait pu être évitée. C'est une façon un peu courte de renvoyer la responsabilité sur la seule mère qui bien sûr n'est pas aidée par un père comme toujours absent (Ramsay doit être une féministe convaincue, soyons en sûrs). Pour appuyer sa démonstration Ramsay use de tous les effets les plus grotesques, montrant qu'elle ne maîtrise absolument pas les codes du genre horrifique. La profusion de la couleur rouge finit pas tourner en ridicule le jeu d'une Tilda Swinton qui parvient malgré tout à sauver le film du naufrage. Beaucoup d'énergie dépensée pour tenter d'expliquer l'inexplicable ou de se voiler la face devant une évolution de la société qui nous incombe à tous et en premier lieu à ceux qui sont en charge des décisions stratégiques. Un film comme celui-là devait fatalement se faire un jour. Espérons qu'avec le recul Lynne Ramsay ainsi que Tilda Swinton qui a co-produit le film, se rendront compte qu'elles se sont fourvoyées, peut-être de bonne foi, dans une entreprise un peu malsaine et parfois absconse.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 17 octobre 2012
Incroyable. Un film véritablement bouleversant, qui nous prend aux tripes pour ne plus nous lâcher. Tilda Swinton et Ezra Miller sont époustouflants, ils nous font vivre l'histoire avec une telle intensité, c'en est presque dérangeant.
A voir absolument
Cricriiiiiiii
Cricriiiiiiii

92 abonnés 899 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 17 octobre 2012
Fascinant, dérangeant, WNTTAK plonge le spectateur dans un scénario dense et profond, assommant de noirceur. Les acteurs campent parfaitement leurs personnages, et la réalisation froide, distante et pleine de significations accentue parfaitement le côté effrayant et oppressant du film. Une énorme claque.
Lionel C.
Lionel C.

11 abonnés 13 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 9 octobre 2012
C ' est rare quand je suis conquis a ce point la pour un film mais je pense que ce film mérite vraiment sa cotation sur allociné !
Au début j ai eu un peu peur de m' endormir tant qu ' il était assez spécial mais le reste du film me l' a fait oublier !
Et je le dis ce film est une réussite !
anonyme
Un visiteur
1,0
Publiée le 26 septembre 2012
Arty-intéllo-glauque-branché, le cinéma indé US s'handicape d'un faux drame vrai film d'horreur sur le calvaire d'une mère dépassée par son déglingué de fils. Entre la version enfant et ado du fils, c'est un festival de tête à claques quand à la crédibilité de l'ensemble il n'y en a aucune. Vraiment dispensable.
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 16 septembre 2012
Si l'on excepte la première demi-heure bourrée d'effets tous aussi ratés les uns que les autres alors il y a de quoi être comblé par cette petite bombe cinématographique. Concernant la première partie, ce n'est pas tant le fait que Lynne Ramsay empreinte à Aronofsky le style, la qualité en moins, qui dérange ; mais plus que la réalisatrice semble vouloir nous montrer qu'elle sait manier le jouet cinéma avant de nous présenter ses personnages. Comportement nombriliste en soi et qui rend cette portion du film assez détestable.

Car si le film parvient à trouver la grâce qui est la sienne ce n'est que lorsqu'il devient plus sobre. Quand les effets de style s'effacent au profit de plans plein d'intimités alors on se sent réellement complice du discours, jusque là vague et crispant. La relation entre une mère et un fils se dessine sous nos yeux, nous partageant entre dégout et consternation. Le film nous montre en quoi ce qui devait être un cadeau du ciel devient un lourd fardeau. Kevin, le fils, se transformant en poids pesant qui déteint sur toute une famille, comme un œuf pourri qui ruinerait un nid à lui tout seul.

La tension des dialogues et des regards est poussée jusqu'à l'asphyxie. De l'enfance à l'adolescence le fils joue avec la mère en tissant avec elle une complicité malsaine, qui n'est faite que de haine et de mépris. Le vice du gamin est tel qu'il tend à nous rappeler les personnages les plus cruels d'un Haneke. Il nous est impossible de comprendre qui il est, pourquoi il agit comme ça, et cette incompréhension nous la partageons avec la mère, souvent interdite devant les réactions de son fils. C'est un quotidien empoisonné qui s'empare de son esprit, et même de son corps ; la peau rayonnante disparaissant au profit d'une peau blême et inerte, comme si elle était en train de sombrer à petit feu. C'est un travail d'usure auquel semble s'adonner Kevin, qui en devient donc un bourreau, dont chaque regard, chaque sourire, chaque parole, sont toujours une charge de plus à supporter.

Et malgré ce comportement inexplicable il n'y a finalement pas de réactions de la part des parents, ce qui en devient encore plus gênant ; c'est un enfant-roi qui règne à la maison. En ce sens le titre est plutôt ironique car il suggère de parler d'un problème, celui du fils, et au contraire on n'en parle jamais, le père étant aveuglé par le double jeu mené habilement par son fils et la mère étant si faible qu'elle n'a pas la force de réagir comme elle devrait le faire. Les années passent et la situation reste la même, et malgré les conflits psychologiques qui détruisent littéralement la famille il n'y a pas de crises majeures – ce qui rend le tout encore plus fascinant –. La mère s'accroche à donner l'illusion d'y croire encore, d'essayer de fuir les réalités pour simuler une vie de famille qui pourrait être « normale », ce qui agace encore plus son fils, tombant de son propre gré dans une spirale destructrice où tout ce qui l'entoure lui devient répugnant, ironisant sans cesse la médiocrité du quotidien auquel sa mère voudrait qu'il prenne part, finissant de rompre avec tout lien qui le rattacherait encore à une certaine humanité.

Le film est construit de sorte que les évènements nous sont présentés dans le désordre. Nous avons une idée assez précise de la fin avant même de connaître le début, et c'est plus sous forme de souvenirs que nous apparaissent les images. Puisque c'est bien la mère qui semble nous raconter, par bribes disparates, comment elle a pu en arriver là – une femme seule qui visite son fils en prison et se fait insulter par tous ses voisins et collègues de travail à longueur de journées –. La faiblesse de cette femme devient le point d'ancrage émotionnel, et la voir se battre jusqu'aux dernières secondes pour garder l'illusion d'une vie maîtrisée en devient très touchant (en témoigne la discussion avec sa mère au téléphone).

En définitive We Need to Talk About Kevin est un film très inégal, qui aurait gagné à s'épurer formellement pour rester dans les clous de l'histoire qu'il raconte. Il est quand même difficile de contester la qualité indéniable avec laquelle Lynne Ramsay nous présente l'usure d'une vie de famille éclatée de l'intérieur, où une domination psychologique de longue haleine dévaste tout sur son passage. Quelques situations mettent vraiment mal à l'aise et le film se conclut par un aveu assommant du fils qui laisse cette impression de chaos apaisé, comme si deux êtres s'enlaçaient au cœur d'un terrain miné. La passion pour le rouge, le sang, la nourriture (qui fait office de dégustation lente et désagréable) et toute forme physique désagréable est là pour rendre concrets les troubles de l'esprit. Bien mise en valeur par un casting magistral, la réalisation de Ramsay, aussi sulfureuse puisse-t-elle être, est donc loin de laisser indifférent.
7eme critique

622 abonnés 2 778 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 10 septembre 2012
Quel film ! Autant vous dire que je ne m'attendais pas du tout à recevoir cette claque dans la gueule. Tilda Swinton est somptueuse dans son rôle, elle flingue littéralement l'écran. Les "Kevin" sous leurs différents âges s'en sortent tous très bien et la mise en scène nous fera ressentir chaque sentiment avec une grande facilité. Une relation mère-fils plus vraie que nature où la mère dépassera son travail d'actrice haut la main. Une très belle histoire servie par une réalisation efficace où l'admiration se fera ressentir chez chaque spectateur. A conseiller de toute urgence.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 28 août 2012
Grandiose. Impériale. Bouleversante. Comment qualifier autrement la performance de Tilda Swinton ? Le personnage d'Eva, écrit avec intelligence, finesse et grand talent par la géniale Lionel Shriver, est magnifié par Swinton. Sans concession, implacable, sans complaisance : We need to talk about kevin est le portrait d'une mère. Celui d'un fils aussi. Et d'une relation qui a échoué.
La mise en scène époustouflante de Lynne Ramsay sert talentueusement cette histoire bouleversante qui touche en plein coeur. Et vous habite longtemps après.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 19 août 2012
Bon thriller! Le scénario est bien construit: les passages entre les flashbacks et le moment présent ne sont pas chiants. Au début du film on sait juste que le personnage très bien joué par Tilda Swinton semble être détesté de tous et que son fils Kevin est en détention. Le jeu des acteurs, l'ambiance et l'intrigue nous donne envie de connaitre ce qui s'est passé. Cependant, cela traine un peu en longueur après la moitié du film et le comportement de Kevin est assez lassant à force, il y a aussi quelques incompréhensions. Sinon ça reste un bon film, original dans sa réalisation.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 1 février 2013
Voilà , pour ma part , je viens tout juste de prendre "ma claque" cinématographique de l'année !
Un mélange subtil de flashback manié à la quasi perfection , une histoire mettant du temps à démarré , mais (encore une fois) quelle baffe !
Jeux d'acteurs : 10/10 (et pourtant je déteste Tilda Swinton )
Scénar : 9/10
Soundtrack : 9/10
On peut enfin parler d'un GRAND film !
selenie

7 446 abonnés 6 661 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 31 juillet 2012
Voilà un film qui intriguait déjà avec son titre et la bande-annonce et quelle heureuse surprise de constater que ce film mérirte le détour et bien plus. Au début on s'attend à un drame social où une mère s'imagine que son fils la hait alors qu'on glisse très vite vers quelque chose de plus complexe. Le montage se déconstruit la chronologie pour mieux nous perdre dans les méandres de la détresse maternelle ; car si Kevin est au centre de l'histoire c'est bien la mère qui est le fil conducteur. Kevin et sa mère ont tissé un lien qui est sans lien affectif réel, ou en tous cas dont on ne ressent pas de sentiments forts. Kevin est l'incarnation parfaite du mal et pose donc la question de la responsabilité (ou non) des parents et de l'éducation. Lynne Ramsay réalise un film maitrisé et implacable. Elle use (et abuse ?!) d'effets visuels symboliques (le rouge sang est omniprésent) mais contraste ces effets avec une BO aussi bonne que surprenante ; on écoute des morceaux plutôt rythmés et aux textes optimistes (les Wham, Lonnie Donegan, Buddy Holly...). Dans le forme le film est donc audacieux et original pour une histoire pas facile (c'est peu de le dire), dure et cruel. La psychologie des personnages est pointue malgré la déception pour le personnage du père (John C. Reilly sous exploité) ; le père est trop peu présent, que ce soit à l'image que dans les liens intra-familiaux, son implication et son soutien à la mère manque de profondeur. Cependant le film marque durablement car il est sans concession et ose sur bien des paramètres. Un film qui glace le sang avec en prime une performance de Tilda Swinton impressionnante. Un grand film.
septembergirl

665 abonnés 1 070 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 26 juin 2013
Un drame effrayant, magnifiquement bien interprété et construit. Un film oppressant et dérangeant dans lequel la réalisatrice nous présente les relations haineuses entre une mère et son fils. Une mise en scène incroyable, étudiée et non anodine, qui convainc dès les premières minutes. Une réalisation qui soulève beaucoup de questions, et provoque le trouble. Une grande claque !
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 27 juillet 2012
La première fois que j'ai vu ce film, je n'comprenais pas pourquoi Kevin s'acharnait comme ça sur sa mère et j'ai juste pensé que c'était un psychopathe. Mais la fin m'ayant laissée sans voix j'ai décidé de le revoir pour éclaircir tout ça. Et au final je pense qu'il souffrait du faux-amour que sa mère lui donnait, elle se comportait avec lui de telle façon qu'on puisse penser que c'était une bonne mère, mais le coeur n'y était pas. Alors il lui fait payer. spoiler: Et c'est peu être la raison qui l'a motivé à exterminer tant de gens : si sa mère l'acceptait encore après ça, c'est bien qu'elle l'aimait
. En bref, c'est un film à voir (puis revoir)
Outburst
Outburst

146 abonnés 517 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 23 juin 2012
A cause du bac je suis obligé de faire des critiques un peu plus courtes que d'habitude, et je m'en excuse (pour ceux qui les lisent). Donc We Need to Talk About est un film dérangeant, il n'y a vraiment aucun autre mot pour le qualifier. Tout d'abord dérangeant par sa forme, car en effet il faut s'accrocher et être concentré pour arriver à suivre les évènements qui ne suivent pas vraiment d'ordre chronologique. On passe dans le passé et le présent, sans éléments qui nous l'annoncent, et on ne peut donc se repérer que grâce à l'apparence physique des personnages. Ensuite dérangeant dans son propos puisque c'est un film très violent moralement et qui joue beaucoup sur la suggestion. J'ai trouvé ça vraiment efficace, car déjà cela sort un peu du côté "tout montrer pour choquer" et pour moi, une extrême violence suggérée et bien plus difficile à supporter qu'une violence explicite. Et puis dérangeant grâce aux personnages qu'il présente. C'est juste une torture d'essayer de comprendre le caractère et la personnalité de Kevin, et par conséquent on se sent persécutés tout comme sa mère. Mettre le spectateur mal à l'aise, c'est risqué mais ici ça fonctionne à merveille. Seulement je trouve qu'il y a un peu trop de longueurs et que certaines choses restent un peu en suspens et qui, je pense, nécessitent un second visionnage pour être comprises. C'est dommage, et d'un autre côté j'ai été un peu déçu par la fin qui selon moi ne correspond pas du tout à l'esprit général du film.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 25 mai 2012
Histoire basée sur une mère de famille en "proie" avec son fils psychopathe, "We Need to Talk About Kevin" met en avant le mal jeune ainsi que de la folie qui peuvent les frapper (tous des tarés ces ados!). Contrairement à un autre film traitant du même sujet, à savoir "Elephant" de Gus Van Sant qui suivait derrière plusieurs portraits d'ados un jour de classe apparament comme les autres qui prenait fin dans un bain de sang et qui s'attardait sur ce qui influence ces jeunes meurtriers en laissant de nombreuses hypothèses (jeux vidéos, violence télévisuelle, etc...), Lynne Ramsay préfère elle se concentrer sur les parents, du moins la mère, et sur sa vie post-traumatisme due au meurtre d'adolescents par son fils.
Le film est coupé en deux parties distinctes. La première se focalise sur la reconstruction mentale et sociale de la mère (interprétée par l'admirable Tilda Swinton), ne parvenant plus à s'intégrer pleinement dans la société, les gens la voyant comme la créatrice d'un monstre (son fils), et à subir les affres des actes passés rongés par le remord. A cause du remord en question, elle essaiera de chercher le "pourquoi" de ce "cataclysme" en se replongeant dans ses souvenirs, en particulier de la façon dont elle a élevée son enfant. Par le biais de ces flashbacks s'étale la seconde partie.
Si on peut applaudir à 100% un élément dans le film, c'est l'ambiance malsaine et inquiétante qui régne de bout en bout. La volonté n'est pourtant pas (du moins, je ne pense pas) de faire un film d'horreur terrifiant, mais le jeu d'acteur très juste de Tilda Swinton et du jeune Ezra Miller accompagnés de la mise en scène et des jeux de photographies particuliers inculquent une atmosphère terrifiante, à tel point que l'on parvient à ressentir le malaise de la pauvre mère, de même que la folie qui ronge Kevin, chers aux films d'épouvantes et autres thrillers psychologique.
C'est plutôt dans l'aspect social que Lynne Ramsay se plante en partie, n'allant pas au bout du malaise qui ronge Kevin et sa mère et en se contentant de rester superficiel dans la profondeur des choses. Cet aspect se révèle quelque peu décevant et c'est dommage, car plusieurs questions restent sans réponses spoiler: (Pourquoi est-ce que Kévin a tué son père et sa petite soeur? Quelles étaient ses motivations?)
parti pris adopté sans aucun doute par la réalisatrice mais qui laisse un peu sur sa faim. Ainsi, "We Need to Talk About Kévin" est un film intéressant à voir, pour son côté angoissant et son suspense battant chaque seconde du long-métrage. Pour le côté social, c'est malencontreusement autre chose, et c'est bien dommage...
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