Derniers Avis : We Need to Talk About Kevin - Page 28
We Need to Talk About Kevin
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César D.
39 abonnés
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5,0
Publiée le 28 septembre 2011
attention, Chef d'Oeuvre! un film puissant, magnifiquement interprèté par la toujours impeccable Tilda Swinton. la construction en fashbacks peut surprendre, il faut s'accrocher un peu pour comprendre de quoi on parle, mais une fois qu'on commence à imaginer pourquoi il faut parler de Kevin, tout s'emboite facilement, tout devient limpide. on n'est pas près d'oublier cette femme détruite, seule, une survivante, dans tous les sens du terme.
Un film remarquablement réalisé, mais un film très dur aussi. Tout comme l'héroïne, nous sommes confrontés à la présence envahissante d'un psychopathe, manipulateur, sadique et sans aucune compassion, de sa petite enfance jusqu'à ce qu'il commette l'irréparable. A ce sujet, le film est un peu caricatural, car l'enfant qui se révélera un tueur est un salaud intégral dès l'âge de six mois, ce qui est un peu difficile à avaler. Mais on suit avec intérêt le calvaire terrifiant de cette pauvre mère horrifiée et qui tente comprendre son fils malgré tout. Plastiquement, le film est superbe, travaillant avec brio toute une thématique sur la couleur rouge.
Si ce film avait été seulement moyen, j'aurais probablement commencé par écrire un truc du genre : un film qui donne à entendre en entier une des meilleures chansons de Buddy Holly ("Everyday") et nous gratifie en plus de 3 chansons de Lonnie Donegan ne peut pas être vraiment mauvais. Seulement voilà : "We need to talk about Kevin" n'est pas un film moyen, ce n'est pas un bon film, ce n'est pas un très bon film, c'est un excellent film ! Parmi la cinquantaine de films que j'ai vus lors du dernier Festival de Cannes, il fait partie de mes 4 préférés et, dans la mesure où les 3 autres étaient dans dans des sections parallèles, c'est celui auquel, sans hésiter, j'aurais donné la Palme (seules réserves : je n'ai encore vu ni le film turc de Nuri Bilge Ceylan, ni le film roumain de Radu Mihaileanu). Il y a déjà plus de 10 ans, l'écossaise Lynne Ramsay nous avait offert "Ratcatcher", un premier long métrage de haute tenue pour une si jeune réalisatrice (elle n'avait que 30 ans à l'époque) (il y avait Eddie Cochran et Nick Drake dans la BO : madame a vraiment bon goût !). "We need to talk about Kevin" est un excellent film de par son sujet : les rapports exécrables entre une mère et son fils, totalement odieux. Quand ce dernier finit par commettre l'irréparable la mère s'interroge sur sa responsabilité. C'est un excellent film de par sa construction : un puzzle dans lequel les pièces se mettent petit à petit à leur place, une construction à la fois originale, intelligente et remarquablement maitrisée. C'est un excellent film de par sa distribution, avec, tout particulièrement, une superbe Tilda Swinton dans le rôle de la mère. Le seul bémol que je mettrais à ce film provient d'une remarque que m'a faite une amie à la sortie du film : ce film, tiré du roman de l'américaine Lionel Shriver, n'a-t-il pas le défaut d'accréditer la thèse Sarkozienne comme quoi on peut déceler dès son plus jeune âge qu'un enfant deviendra un délinquant ? Pour vous faire une idée sur la question, le mieux est d'aller voir ce film : de toute façon, vous ne le regretterez pas !
Implacable et terrifiant, ce film vous prend aux tripes, vous glace les sangs. L'interprétation de Tilda Swinton est incroyable, pour ce rôle d'une mère psychologiquement torturée par son fils de 16 ans hargneux et diabolique.
C'est dans un feu d'artifices de couleurs tape-à-l'oeils et dans un décor d'Amérique que l'écossaise Lynne Ramsay signe un film... britannique. Loin des radiographies mornes mais essentielles de tant de cinéastes des contrées anglaises, la cinéaste brode ici un film-objet puissant sur la thématique si rebattue de la relation mère-fils. Point d'Oedipe malsain ici, juste une mère dépitée qui se plonge dans ses souvenirs pour essayer de comprendre pourquoi (pourquoi quoi, se dit le spectateur). Le montage, d'une inventivité déstabilisante, détruit toute linéarité au hachoir avec une esbroufe pourtant irréprochable de maîtrise. De l'enfermement du bébé jusqu'à la tuerie de l'adolescent en passant par l'audace intriguante du petit garçon, tout chez Kevin amène à un malaise de cinéma et rend palpable l'angoisse d'une mère bouche bée face au drame, et le montage de rendre brillamment la mécanique criminelle de l'enfant. Tilda Swinton, impériale d'effacement et de fatigue, le visage troué d'exaspération et de désespoir, porte le personnage de la mère avec une droiture et une rigueur de comédienne plutôt radicale et qui se développe dans la dé-chronologie du film. Loin de la psychologie familiale, Lynne Ramsay espère capturer le fils pour le comprendre, de sa naissance à son emprisonnement. La sensation maternelle est rendue aussi à l'écran, avec grande rudesse par le jeu de Swinton et son air d'avoir accouché d'un monstre au magnétisme aussi angélique qu'infernal. La fonctionnalité et la bonhomie du père est peut-être trop caricaturale dans le récit mais c'est pour mieux faire naître la cruauté et l'incompréhension finale que Ramsay (adaptant Lionel Shriver) laisse l'indice d'une famille naïve et heureuse par certains côtés. Sa mise en scène, elle, ose le tout pour le tout, dans l'allusion la plus insistante. Rien n'est montré mais, paradoxalement, tout semble plus puissant que la réalité tant la cinéaste rabâche ses idées visuelles pour ne plus nous lâcher, qu'il s'agisse d'une utilisation abondante du rouge (à presque chaque plan!) pour pallier l'absence de sang à l'écran, ou l'effet de cauchemar éveillé qui ressort de nombreuses séquences, parfois tournées comme des essais fantastiques ou d'épouvante. L'influence de l'objet sur la mise en scène est parfois trop appuyée et c'est pour cela que le film tourne court en plein milieu, mais c'est aussi une preuve d'audace et de singularité remarquable qui sait servir le film avec une efficacité nouvelle et anti-mélodramatique. Lynne Ramsay est définitivement douée pour mettre à mal le cocon intérieur des êtres humains, filmant ici l'essence du Mal dans ses formes les plus innocentes - mais déjà présentes. L'enfant, à tout âge, semble avoir été cerné par l'esprit fasciné de Lynne Ramsay face à son sujet, tout comme l'enfant face à sa mère, objet ultime d'une quête de différence et de violence qui n'aboutira qu'à l'étreinte surprenante des deux dans le décor gris d'une prison. Audace morale, précipitation des effets, montage démonté, opposition des styles, "We need to talk about Kevin" semble finalement être un cinéma multi-genre au sein d'un drame de cinéma ordinaire.
Comprendre et questionner sur l'origine du mal et sa mise en oeuvre à travers une tuerie froide et calculée voilà un beau challenge relevé avec une certaine réussite par Ramsay. La réalisation avec ses allers-retours présent/futur peut déstabiliser mais reste important pour tenter de comprendre. Le tout portée par la magnifique et talentueuse Tilda Swinston. A voir.
perdue , lasse et noyée dans les cachets pour surmonter ses propres questions, elle porte le film , secondée par un enfant terrifiant; un bon moment , pour la photo du film surtout
Exceptionnel ! Sans aucun doute le meilleur film de l'année. Tellement bien réalisé qu'après l'avoir vue au festival de Cannes je retournerais le voir sans une seul hésitation.
Très inspiré, très personnel, et très significatif, We Need to Talk About KEVIN est un réel film d'auteur! Une réalisatrice qui, sans aucun doute, a réussi a faire passer mal être et sentiment destructeur a son spectateur. L'histoire, habile et dramatique, du film nous plonge dans le point de vue difficile d'une mère détruite : l'irréprochable Tilda Swinton, qui depuis Benjamin Button n'avait jamais autant épaté et qui surpasse son jeux d'actrice en proposant un personnage réelle et compréhensible. Ajoutés, au vu de sa prestation parfaite, des seconds rôles irréprochable avec notamment John C. Reilly, effacé a la bonne hauteur de son rôle de papa gâteaux et un Ezra Miller (glaçant), stupéfiant depuis sa découverte a Deauville dans "Happy" (...). Doué de flash back utile, ce drame glauque et sadique joue de dialogues froid, de situations complexante, et de communications destructrice entre personnages. L'injustice plane, et le sadisme a son paroxysme, d'une certaine manière. Et malgré son récit RICHE (qui nous perd parfois), on rentre difficilement dans cette requête salvatrice.
Son montage mixant la chronologie des événement permet de comprendre rapidement la finalité de la situation... A cela j'y ai vu points positifs et points négatifs : - on prête particulièrement attention aux comportements du personnage de Kevin qui est merveilleusement interprété - une tension angoissante et même effrayante habite le film - le rythme peu soutenu, et l'intrigue vite résolue donne parfois quelques longueurs... Mais attention, on a beau avoir le sentiment de comprendre comment tout ça va finir, la surprise n'en reste pas moindre! J'ai fini déstabilisé et conquis...
Avec de très bonnes interprétations et une tension exponentielle, le film provoque en nous une sensation de malaise saisissante. Tilda Swinton est remarquable dans la peau de cette mère de famille atypique et mystérieuse. La construction du film mélange le présent et ce qui s’est passé « avant ». Un avant et un après antagonistes qui nous laisse deviner un évènement très inquiétant en rapport avec son fils, Kevin. Un dénouement attendu mais qui sera très poignant. On observe grandir ce Kevin, on sait qu’il n’est pas comme les autres, on perçoit son caractère et ses attitudes inquiétants. Et pourtant… Tout au long du film, la couleur rouge revient un plan sur deux (peinture, vin, vêtements...) comme une trainée d’indices annonçant le pire. On compatit avec cette femme qui ne profite pas de sa vie, qui accumule les coups et des actes blessants que se soit avant ou après… Pouvait-elle agir et persévérer davantage durant toutes ces années pour devenir une bonne mère aux yeux de son fils ? N’ayant pas lu le roman dont le film est une adaptation, ce dernier attise ma curiosité après des commentaires plus positifs que le film.
«We need to talk about Kevin» est l’œuvre de la britannique Lynne Ramsay qui réinterprète totalement le roman de Lionel Shriver dont elle s'inspire. Abandonnant le style épistolaire et les monologues intérieurs, elle perd en densité psychologique, préférant s'attarder sur la naissance d'un monstre plus que sur la culpabilité d'une mère qui n'a jamais aimé sa progéniture... Un parti pris qui donne une toute autre tonalité au film, louchant du côté de ces films d'horreur où un gamin démoniaque terrorise sa famille... Mais la réalisatrice va plus loin et décide de concevoir son film comme une expérience cinématographique, une œuvre d'images et de sons qui évite, à l'instar de ses deux personnages, le dialogue ; certains seront à coup sûr rebutés... La mise en scène au symbolisme appuyé (l'omniprésence du rouge, l'histoire de Robins des bois...) couplée à une bande son forte et quasi continue, en fait un film tape à l’œil mais tout aussi fascinant. Si la première partie du film se veut radicale et déconcertante, les chronologies sont savamment orchestrées, emberlificotées les unes aux autres d'une manière étonnamment efficace pour traduire une progression, la progression vers un drame inévitable. La prestation de Tilda Swinton impressionne comme souvent lorsqu'elle joint la peau d'un personnage profondément torturé, son malaise transpire de l'écran comme le charisme glacial de son jeune opposant interprété par Ezra Miller. La réalisation «artistique» permet de mettre le spectateur au cœur de cette non-relation, les personnages ne nous disent peut être pas grand chose, mais les images parlent pour eux... Lynne Ramsay prend beaucoup de liberté par rapport à son matériau d'origine, un matériau noble qu'elle peint de rouge et de terreur pour nous conduire dans les affres les plus sombres d'une femme meurtrie. Une véritable expérience, troublante et sensorielle.
Un film a voir deux fois : la première fois car on sort avec beaucoup de questions et la seconde pour y trouver des réponses. Contrairement à Fab21, je pense que c'est la mère qui est psychotique et que Kevin en est le résultat.