Il est terrible de voir un film persuadé qu'il a beaucoup à dire alors qu'il finit par montrer si peu de choses, à cause d'un montage particulièrement chaotique qui rend l'histoire d'Ip Man presque incompréhensible et qui réduit l'ensemble à de brefs signaux narratifs (histoire d'amour, vengeance, transmission du pouvoir). Englué dans son faux-rythme et ses transitions laborieuses, "The Grandmaster" est surtout un film de formaliste très inégal, parfois inspiré dans quelques scènes de combats qui mêlent violence esthétique à un romantisme cher au cinéaste hongkongais, mais qui se révèle surtout très lourd par ses abus d'images accélérées et de ralentis, qui sont plus la preuve d'une auto-caricature que d'une véritable réflexion sur un style. Le film est sans cesse à la recherche d'un élan lyrique et rêve d'avoir l'allure d'une épopée mais n'y parvient jamais parce que sa confusion de fond et son maniérisme irritant l'en empêchent. Une déception de la part de Wong Kar-wai.
En fait, ce film raconte assez peu la vie de Ip man et n'est en rien un biopic. C'est surtout un film de Kung Fu mais qui raconte l'histoire même du Kung Fu et de ses différentes variantes et écoles. Ainsi l'histoire de cet art martial raconte aussi l'histoire de la Chine avec son inévitable passage sur la période de l'envahisseur japonais toujours décrit comme un sauvage barbare, inculte, grotesque et sans pitié ni respect, les nazis des chinois en quelque sorte. C'est de loin la partie la moins intéressante du film. Car pour le reste le début est magistral avec des combats choregraphies comme des ballets, mis en musique comme des opéras lyriques, le tout avec classe, fluidité, du cinéma haut de gamme et un Kung Fu qui est au delà de la maîtrise des corps une maîtrise spirituelle, un combat de l'esprit. Zhang Ziyi dans cette première partie est encore exceptionnelle et de beauté et de talent tant pour son jeu d'actrice que pour ses prestations physiques dans les combats, elle vole et glisse dans les airs littéralement. La fin raconte la romance qui n'aura jamais trouvé sa conclusion mais aussi la fin des différentes écoles et variantes de Kung Fu vers une plus grande unité et la réalisation de ce que sera Ip man , produit de toute cette histoire, de son style, et la légende pourrait alors commencer avec sa recontre avec Bruce Lee mais ceci est une autre histoire. .. Un beau film sur l'histoire d'un art, presque d'une philosophie plus qu'un film de Kung Fu malgré de belles scénographies de combats.
Wong Kar-wai magnifie dans The Grandmaster le style esthétiquement soigné auquel il a habitué son public depuis ses premiers films, tout en perdant l’âme de ses œuvres passées... L’absence de Christopher Doyle, le directeur de la photographie fétiche de WKW se ressent beaucoup et cela nuit à la narration du film. Ainsi, ce qui aurait pu être une version modernisée de Ashes of Time (si celui-ci avait seulement pris une ride) devient la pâle copie conforme d’un auteur qui se caricature lui-même. A l’instar de Tim Burton pour qui Charlie et la chocolaterie fût, à mon sens, le dernier film purement « burtonesque » (à la limite de l'exagération toutefois), il se peut que 2046 soit le dernier grand film du Wong Kar-wai originel.
Disons-le tout de suite, The Grandmaster est un film difficile à suivre, et assez long, avec moins de combats que dans un film d'arts martiaux plus classique. Malgré tout, l'ambiance du film est absolument fabuleuse, Il y en a peu qui, comme Wong Kar-Wai, savent rendre avec autant de brio le temps qui passe et la nostalgie. Cette histoire d'amour impossible ente Ip Man et Gong Er remplit tout le film, alors même qu'elle ne se concrétise jamais, étant justement impossible. Beaucoup plus dramatique que la version de Yip, fade pour tout ce qui ne touche pas au rythme ni au combat, The Grandmaster s'impose comme un très bon film, gâché néanmoins par la difficulté qu'on a à démêler les tenants et les aboutissants de l'histoire, et par les longueurs. En revanche, s'il y a peu de scènes de combat à proprement parler, ces scènes sont magnifiques, on n'oubliera pas de sitôt la scène d'intro sous la pluie et le combat devant le train quittant la gare. Comme souvent dans les films de Wong Kar-Wai, il faut faire un effort pour apprécier, mais cet effort en vaut la peine.
Wong Kar-wai habitué au film intimiste et profond a réalisé son rêve d'enfant en portant à l'écran l'histoir du maître d'arts martiaux qui fut le maiître de Bruce Lee.
Il faut également savoir que deux films ont raconté la vie du grandlmaster; le film de Wong Kar-wai est différent il propose une vision plus personnelle du maître.
Cependant, ce film pâti de nombreuses longueurs malgré les scènes d'actions et la mise en scène magistrale.
Sans être foncièrement mauvais, un film qui ne m'a pas plu à cause d'un scénario qui manque de clarté, plutôt brouillon et flou, à cause aussi d'un rythme très lent, plein de longueurs démonstratives. Les scènes de combat regorgent de tellement de détails que l'ensemble perd cruellement en lisibilité et l'intérêt s'en trouve amoindri. Une histoire pleine de force mais une œuvre loin d'être indispensable.
Wong Kar-Wai en fait toujours trop. Et à l’exception d’une introduction plus que somptueuse, le reste est saturé à l’extrême. Trop d’effets, trop de mélo, trop de textures, trop on s’y perd. On attendait une histoire plus fluide et moins esthétique. The Grandmaster est une déception. D'autres critiques sur ma page Facebook : Cinéphiles 44
Pour une fois, dans un film qui traite des arts martiaux, un beau film en hommage au geste plutôt qu'à la technique. Les combats sont sublimés par la caméra et ressemblent ainsi à des danses. Tony Leung : toujours aussi charismatique, s'est entraîné pendant plus d'un an 4 h par jours sans exception ( sauf pendant la guérison d"'une fracture due au tournage ). On retrouve le concepteur des combats de Matrix ( la scène d'ouverture nous y fait penser ) Woo-Ping Yuen. Mais le plus appréciable dans ce film reste la mise en scène : soignée et délicate. Même si certains néophytes y trouveront quelques longueurs; le style langoureux made in Wong Kar Wai the grandmaster est surement l'un des plus beaux films de combats mélangeant style poetique, soigné et réalisme de ces dernières années.
"The grand master" reste étonnement inférieur au premier "Ip man" chef d'œuvre incontestable! Le réalisateur passe complément à côté du fond de son long métrage! L'histoire du grand maître reste trop brouillon et mal exprimé pour passionner! Quant a la guerre contre les japonais et la guerre civile celles ci n'apparaissent que comme en second plan, une lointaine présence arrière pâle et négligeable! Reste une qualité esthétique exceptionnel! Des combats chorégraphiés au millimètres et introuvables de techniques! Et des plans contemplatif magnifiques! D'image, de son, de couleur et de lumière "The grand master" offre des plans somptueux appuyés par des slow Motion monumentaux!
Images léchées et mise en scène soignée certes, mais chaque personnage dégage une telle froideur qu'il est difficile de véritablement rentrer dans l'histoire.
"The grandmaster" n'est pas vraiment un film de fight comme on peut en voir si souvent, Wong Kar-Wai a cherché à apporter une profondeur en plus au genre art martial. Malheureusement, et même si les quelques combats, aussi exagérés soient-ils (esprit "Tigre et dragon" pour les connaisseurs) restent agréables à voir d'un point de vue esthétique et non chorégraphique, le film demeurera bien trop lent. Au bout de deux heures, on en ressort épuisé, déçu de voir s'abandonner les puissantes scènes de combats que l'on attendait au profit d'une philosophie martial lourde à digérer (et vas-y que je te casse le biscuit…). Peu de combat pour beaucoup de blabla au final, malgré une réalisation dotée d'une esthétique de grande qualité.
"The grandmaster" est un film sur la vie de IP man. L'atout principal est la beauté des images. Ce film nous raconte une histoire où l'on reconnait clairement le style du réalisateur néanmoins il manque cette magie qui opérait dans ces autres réalisation. A voir...
Voilà pourquoi j'aime me tourner vers le cinéma asiatique. Les acteurs sont d'une charisme poignant. On regarde ce film comme on suit une fleur de lotus descendant une rivière paisible, des fois calme puis agitée par les vents. On n'en sort tout de même avec l'impression que Wong Kar-Wai a touché du doigt la perfection avec pour pinceau esthétisme et romantisme. The Grandmaster, c'est une ode au mouvement, au lyrisme, à la poésie, au sublime.