Blue City est un tout petit polar des années 80 qui malgré un budget de 10 millions, plutôt très honorable à l’époque, déçoit. Il déçoit car déjà son héros est bidon. Le gars est vraiment médiocre, il ne fait pas grand-chose de tout le film, et l’acteur, Judd Nelson, n’est pas convaincant. On est au lendemain de Breakfast Club pour lui, c’est la gloire, mais il n’a pas le physique, les épaules, l’entrain pour ça. On a vraiment l’impression de voir un Tom Cruise tout cheap. On notera d’ailleurs que le casting est très mal employé, avec une Ally Sheedy qui traverse le métrage comme un fantôme tant elle est peu exploitée. David Caruso est un acolyte de circonstance, il fait le taf, mais pour le méchant, en revanche est anecdotique. En vrai, celui qui m’a clairement le plus marqué c’est Paul Winfield qui arrive à empreindre quelques scènes de son charisme.
Ce casting fade évolue dans un scénario sans surprise, déjà vu et sans temps fort. Le métrage dure 80 mn, il reste malgré tout assez bavard, plutôt lent, en grande partie car il n’y a pas de moments très forts, hormis peut-être autour du personnage de Caruso. Ca amène une touche d’émotion dans un film qui ressemble à beaucoup d’autres mais sans jamais parvenir à les égaler.
Faut admettre que Michelle Manning, productrice à succès mais réalisatrice de ce seul film n’est pas Kathryn Bigelow. Sa mise en scène est vraiment plate, en particulier dans les scènes d’action vraiment minimalistes. On sent l'imitation de Walter Hill, mais ça manque de punch, de vigueur, dans un film qui pour ma part, ne peut pour cela compter que sur sa partition musicale pas trop mauvaise. Après, honnêtement, le film a couté 10 millions, je ne sais pas trop où le budget est passé car il n’y a rien, ni dans les décors ni dans les cascades qui justifie ce prix.
En somme, un polar d’action dispensable. Pas franchement nul, c’est une série B néanmoins très mineure qui, à mon avis, ne mérite pas d’être ressortie de l’oubli où l’a plongé à l’époque un box office mauvais.