À partir d'un pitch audacieux (un mec enterré avec juste un briquet, un stylo et un portable) et aussi casse-gueule (unité de lieu), "Buried" est un huit-clos imparfait mais avec de sérieux atouts. Malgré un coup de mou et de redondances entre le démarrage intrigant et la seconde moitié captivante, le film tient la distance et propose des péripéties fortes
(la rançon, les vidéos, le serpent, l'appel à la mère, le feu, le sable, le doigt coupé)
dans une atmosphère oppressante, bien rendue par la réalisation claustrophobique de Rodrigo Cortès, la noirceur de l'espace et le jeu tout en tension et en intensité de Ryan Reynolds. En bonus, le propos se montre très intelligent dans sa critique d'un monde égoïste et cruel en dépit des nouvelles technologies
(les multiples appels du héros ne trouvent guère d'empathie, la plupart des contactés sont répondeur, la société qui l'emploie le vire sans l'argent de l'assurance, les avions qui préfèrent bombarder la zone plutôt que de l'aider, le portable lui annonce des mauvaises nouvelles comme la mort de son amie en Irak, Paul enregistre son testament),
il offre une satire anti-bush et anti-guerre en Irak
(Paul est un camionneur sans histoire qui subit les conséquences de la guerre, le supposé terroriste n'a rien à voir avec le 11 Septembre),
un point que j'aurais aimé être plus développé, et se montre à la hauteur à la fin
(terrible, celui qui est secouru est Mark White et non Paul)
. À l'arrivée, sans être complètement abouti sur l'aspect politique et connaissant un creux avant la mi-parcours, "Buried" demeure un film intelligent, pesant et souvent prenant.