On s’en doutait depuis "Mon Pote", ce troisième volet de la saga "Le Cœur des Hommes" vient le confirmer : Marc Esposito est un escroc. Comment peut-on faire dans le copié-collé le plus basique lorsqu’on a un tel casting entre les mains ? Même le moins attentif des spectateurs constatera que, dans chacun des trois épisodes de la série, on retrouve le même générique de début (une vue tournante de Paris avec "I’ll stand by you" en fond musical), la même présentation des quatre potes, filmés pendant leur quotidien (avec "I’ll stand by you" qui continue), la même succession de scènes tragi-comiques (plus comiques que tragiques, d’ailleurs) sans réel fil conducteur, aux mêmes passages obligés (les crises de couple dans l’appart de Manu, les virées au casino et sur la plage, les vacances dans la maison dans le Sud…) et, enfin, un final où les quatre amis finissent les pieds dans l’eau au bord de la piscine (avec, ô surprise, "I’ll stand by you"). Et si on pouvait encore pardonner ces défauts au deuxième opus, notre patience atteint ses limites devant cette nouvelle redite formelle devenue inacceptable… et ce d’autant plus que "Le Cœur des Hommes 3" partait déjà avec un terrible handicap : l’absence de Gérard Darmon. Brouillé avec le réalisateur, Darmon a laissé sa place (mais pas son rôle) à Eric Elmoslino qui ne démérite pas en père séducteur allergique à l’engagement mais ne parvient pas à égaler la prestation tout en cynisme et en cool-attitude de l’illustre absent. Ce remplacement aurait pu (aurait dû !) être l’occasion d’un nouveau départ et de nouvelle orientations scénaristiques. Mais, l’audace n’est définitivement pas la qualité première de Marc Esposito qui préfère se reposer sur ses lauriers, acquis davantage à la sueur du front de ses acteurs qu’à ses propres talents de metteur en scène. C’est, ainsi, sans surprise que le casting se taille, comme toujours la part du lion puisque les acteurs, visiblement peu encadrés et laissés très libres, démontrent, une nouvelle fois leur superbe alchimie et s’en donnent à cœur joie dans des rôles qu’ils connaissent par cœur… bien qu’ils ne connaissent guère d’évolution. Ainsi, Marc Lavoine est toujours infidèle, Bernard Campan est toujours moralisateur, Jean-Pierre Darroussin est toujours plein de bon sens terrien, le nouveau Eric Elmoslino suit le mouvement… et le quatuor est toujours confronté aux mêmes problèmes existentielles (l’infidélité comme norme sociale établie, les virées entre mecs comme échappatoire indispensable à la vie de couple…). Les seconds rôles ne se renouvellent pas davantage avec une Catherine Wilkening toujours hystérique, une Florence Thomassin toujours aussi folle ou encore une Zoe Félix poussivement de retour malgré l’absence de son mari. On suit donc gentiment les nouveaux déboires de personnages qu’on connait par cœur… mais on se surprend à être un peu décontenancé par la vision du couple imposée par le réalisateur, qui ne croit visiblement ni à la fidélité, ni à l’amour éternel, ni même à l’honnêteté. On regrette, également, les erreurs commises par Esposito (à commencer par le choix du gamin campant le fils caché d’Alex ou la platitude de la nouvelle love story d’Antoine), le sens de l’autocitation un peu présomptueux (le "gouine ta grand-mère", en tête) et la vulgarité un peu gratuite de certains dialogues. "Le Cœur des Hommes 3" est donc répétitif, peu construit et au final, assez poussif… mais, n’en reste pas moins un divertissement tout à fait regardable. Car il faut bien reconnaitre que, aussi gonflant que soit le refus de renouvellement du réalisateur, on est toujours content de retrouver cette bande de copains dont la complicité reste une bouffée d’oxygène bien agréable. Et si un quatrième épisode devait voir le jour, il y a fort à parier qu'il souffre des mêmes défauts et qu'il soit quand même sympathique...