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Antonin GUERLAVAIS
4 critiques
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2,0
Publiée le 11 octobre 2023
Une longue heure sans intrigue, tout va bien dans le meilleur des mondes. Je n'ai pas compris le message du film, ou alors c'est un éloge de la tromperie. Les 2 étoiles vont à la réalisation qui est pas mal pour l'époque !
Un conte amoureux cruel qui traite de l’adultère, filmé avec douceur par Agnès Varda, accompagné par la sublime musique de Mozart. Mais que les dialogues sont naïfs et ennuyeux...
Le Bonheur de Agnès Varda cache l'euphémisme de sa réalisation. En 1h20, Agnès Varda dit beaucoup de choses d'une manière gentillet : joie et bonheur. Le spectateur est surpris et rentre dans cette boucle ; on est pris au piège. Puis, le film bascule totalement. Symbolique sur la fidélité et que le bonheur des hommes empietent sur les femmes qui n'ont rien demandé. De plus, le personnage du menuisier est absolument parfait sur la forme : Que peut on lui reprocher ? être heureux ?
Magnifique et comme toujours, Agnès Varda a tellement d'avance sur son temps
Sa mise en scène est stupéfiante : Le montage, les cadres, la photographie sublime (jumelant entre les couleurs du Printemps, l'été et l'automne) ; la subtilité de certains plans avec des mots libre d'interprétation (assurance, confiance...) C'est exceptionnelle de sens
Qui est le film ? Sorti en 1965, Le Bonheur arrive après Cléo de 5 à 7, où la cinéaste interrogeait déjà le temps, le corps féminin et la représentation sociale, mais avant Les Créatures ou Sans toit ni loi, qui pousseront plus loin l’expérimentation narrative et la critique sociale. Tourné en pleine période de prospérité des Trente Glorieuses, le film s’inscrit dans un contexte d’optimisme bourgeois, saturé de publicités colorées, de loisirs familiaux et d’idéaux conjugaux standardisés. En surface, le récit est simple : un menuisier marié et père de famille tombe amoureux d’une autre femme, puis poursuit sa vie après la mort accidentelle de son épouse.
Que cherche-t-il à dire ? Le Bonheur n’est pas une célébration naïve de l’idylle domestique mais une mise à nu de ses fondations. Varda interroge la manière dont le bonheur est normé, absorbé par des structures sociales qui font de la famille une machine à produire de la continuité.
Par quels moyens ? Varda ouvre le film par une explosion de couleurs franches : jaunes solaires, verts saturés, bleus presque artificiels. Cette palette, inspirée de Bonnard, agit comme un masque. Elle enveloppe le spectateur d’une clarté rassurante avant de se retourner en piège moral. Ce choix produit un effet de sidération : on contemple, on s’émerveille, et c’est précisément dans cet état de confiance que l’on se fait surprendre par la brutalité du récit.
Le récit lui-même épouse la banalité. François, son épouse, leurs enfants, leurs pique-niques. Rien d’extraordinaire, si ce n’est que la répétition des gestes et des rituels installe une logique mécanique du bonheur.
Cette linéarité, où l’adultère surgit presque comme une variation naturelle, traduit l’idée que la transgression n’est pas vécue comme un déraillement mais comme un prolongement. L’éclat du drame (la mort de l’épouse) ne vient pas rompre ce rythme mais s’y fondre.
Le traitement de la mort est d’ailleurs central : filmée sans pathos, à peine esquissée par une coupe sèche, elle est absorbée par le récit comme une péripétie parmi d’autres. Ce geste formel refuse la tragédie cathartique pour mettre en évidence le cynisme du système social : la mort ne produit pas de rupture, elle est gommée par la continuité familiale.
Le rôle de la musique participe du même mécanisme. Les morceaux de Mozart accompagnent indifféremment les scènes d’amour conjugal, d’adultère ou de deuil. L’absence de contraste émotionnel rend la musique suspecte : elle fonctionne comme un vernis qui homogénéise toutes les situations.
Varda introduit aussi des indices sociologiques précis : les terrasses de café, les publicités, les affiches de mode, les conversations anodines. Ces éléments rappellent que le « bonheur » n’est pas une émotion individuelle mais un régime culturel. Les personnages s’y conforment sans résistance, et cette conformité rend la tragédie possible. L’idéologie du bien-être collectif absorbe l’événement le plus violent sans fissure apparente.
Où me situer ? Je trouve dans Le Bonheur une expérience à la fois fascinante et terrifiante. J’admire la radicalité de Varda, qui ose faire de la beauté une arme critique. Mais je ressens aussi une distance devant l'approche intellectuelle. Cette ambiguïté est sans doute le cœur du film : il me force à réfléchir non seulement sur ce qu’il montre mais sur ma propre tolérance face aux images.
Quelle lecture en tirer ? En montrant comment la société absorbe la tragédie, Varda interroge le spectateur sur son propre rapport à la beauté, à la norme et à la mémoire. Le film invite à penser la violence du bonheur institutionnalisé : ce qui est montré, c’est moins la cruauté d’un mari que l’efficacité d’un système culturel qui rend le drame soluble.
Un intérêt historique pour ce film en couleurs (et en jouant particulièrement) de la nouvelle vague. Pour l'histoire du cinéma et pour l'histoire des mœurs. Pas évident de savoir ce que pense Varda sur ces mœurs. Une lecture 2023 en ferait une dénonciation de la masculinité égocentrique toxique. Pas sûr que ce soit ça. Peut-être plutôt le bonheur malgré tout et une dénonciation de la monogamie imposée, je ne sais pas. Le phrasé n'est pas d'un naturel absolu, ce qui peut s'avérer gênant. A noter que c'est la famille Drouot au complet qui est devant la caméra (Thierry la fronde, mais aussi sa femme et leurs deux enfants), ce qui rajoute au trouble de cette histoire, au-delà de la troublante Boyer.
Je ne connais pas Agnès Varda mais ce type de cinéma français, très en vogue à cette époque, ne me parle pas du tout. J'y trouve un profond ennui qui, heureusement dans Le Bonheur, est compensée par certaines idées de mise en scène non négligeables. La photo du film très colorée, tout comme son titre, tranche avec le propos bien loin d'être l'image du bonheur et de son personnage principal antipathique...
J'ai bien aimé ce film d'Agnès Varda, l'image est sublime comme à son habitude avec la cinéaste surtout en ce qui concerne de filmer la nature.
J'ai beaucoup aimé le scénario et la façon unique de traiter un sujet délicat qui est l'adultère.
Dans le film le point de vue notamment du "trompeur" est très particulier en soi puisqu'il n'y voit aucun mal et surtout il ne mêle pas adultère et trahison.
J'ai beaucoup aimé cette position prise par Agnès Varda d'ouvrir l'esprit à autre chose que nos idées préconçues .
Cette esthétique vieille france, campagne, fraiche jouvencelle me ravit absolument...La fin glaciale est assez perturbante aussi d'autant plus que j'étais sur un nuage toute la première partie
Une bande son qui ne se prive de rien, au bonheur des oreilles, et offre un point de vue assez perturbant sur l'image. Elle nous montre un homme adultère dépourvu de douleur et de sentiments autre que l'amour et le désir, tendis que Mozart sous-tend une douleur au cœur derrière son exaltation, qui exprime la tragédie que devrait ressentir cet homme s'il était humain..
Agnès Varda a-t-elle porté un jugement critique sur le libertinage ? Ou a-t-elle simplement du mal avec cette utopie qui vie son printemps dans son entourage ? Après Cléo de 5 à 7, il est difficile de se dire qu'elle le porte en étendard. Toute cette réflexion n'aurait pas été sans Mozart. Il est clair en tout cas, que la justesse des personnages est inexistante, ils ne sont que des idées, des questionnements, dès objectifs peut-être..
La mise en scène est un peu moins audacieuse que précédemment. Les quelques discontinuités marquent bien le coup sur les ressentiments que la réalisation veut nous faire passer. Cela me fait penser aux merveilleux souvenirs de la guerre dans "prêteur sur gage" de Sydney Lumet sorti un an avant..
Pour moi ce film reste une interrogation ? L'auteur en voulant s'affranchir de la morale, s'est affranchi de point de vue.
Encore un long clip esthétisant, au noeud tragique et un peu long: toutefois vu que l'ensemble a été produit avant l'ère de MTV et des portables une atmosphère sereine et novatrice imprègne l'ensemble comme les acteurs principaux et J-C Drouot qui joue sa partition dans l'air du temps. Certains ont dit que les protagonistes semblent à certains moments vivre leur vie ainsi que des 'béni-oui oui'; mais selon l'adage les gens heureux n'ont pas d'histoire...
Le Bonheur raconte l’histoire de François, un homme marié et père de famille, qui tombe amoureux d’une autre femme, Émilie. Il essaie de vivre ces deux amours en même temps, pensant que tout le monde peut être heureux si chacun suit ses désirs. Mais le film montre que le bonheur n’est jamais simple ni durable.
Agnès Varda utilise des images très colorées, lumineuses et presque parfaites pour montrer une vie heureuse en apparence. Les enfants, la maison et les paysages sont présentés comme un monde idyllique. Mais derrière cette beauté, il y a les émotions compliquées, les conflits et la fragilité des relations humaines.
Le film pose une question importante : peut-on être vraiment heureux en suivant seulement ses désirs, sans penser aux autres ? François croit que oui, mais le film montre les conséquences de ses choix sur sa famille et sur ceux qu’il aime.
Pour moi, Le Bonheur montre que le bonheur est fragile et qu’il dépend de beaucoup de choses : l’amour, la loyauté, les choix et parfois le hasard. Ce film nous fait réfléchir sur ce que veut dire être heureux et sur le prix de ce bonheur dans la vie réelle.
Les talents d'Agnes Varda sont immenses et on les retrouves parfaitement dans ce film. Le scénario est cependant un peu lent à certains moments. Le jeu des couleurs est sublime. La définition du bonheur est réinventée avec ce film qui touche notre sensibilité.