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Marc L.
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3,5
Publiée le 14 avril 2022
En 1975, encore auréolé du succès des ‘Valseuses’ et bien obligé de ne pas céder un pouce de terrain dans sa mission sacrée de choquer le bourgeois, Bertrand Blier est au pied du mur. Fort heureusement, l’année internationale des femmes va lui fournir l’occasion de surenchérir par une provocation de sale gosse, soi-disant pour dénoncer les effets délétères du féminisme : puisqu’on parlait volontiers de “guerre des sexes” dans ces années-là, il ne lui restait plus qu’à étirer le concept jusqu’à son point de rupture. Mal lui en prit : la Gauche considéra ‘Calmos comme réactionnaire, la Droite comme pornographique et le public, échaudé par les critiques et interloqué par le résultat complètement bordélique à l’écran, ne répondit guère présent. Avec le recul, Blier lui-même parle d’une “connerie” mais il fait davantage référence au fait d’avoir négligé de préparer les choses en amont et en aval qu’à un quelconque regret de fond…car si on y réfléchit deux minutes, il est impossible d’envisager ‘Calmos’ comme un réquisitoire sérieux, un geste militant, une conviction profonde. C’est un doigt médian adressé au bien-penser tel qu’il était porté par les jeunes générations des années 70, très certainement, mais y voir autre chose que le jeu détaché de toute obligation morale qu’est le cinéma reviendrait à considérer ‘La grande bouffe’ comme un manifeste grossophobique. ‘Calmos’ est une fable, surréaliste dès ses prémices, et qui plonge dans un délire grandissant à mesure qu’elle s’enfonce dans une synthèse sous acide de ‘Mad Max’ et du Monty Python Flying Circus. Foncièrement, ‘Calmos’ ne s’en prend même pas aux femmes - d’autant plus que les hommes du film sont in fine encore moins reluisants : cons, lâches et conformistes - et qu’il n’est pas dans les habitudes de Blier d’épargner qui que ce soit, mais aux aspects virtuellement fascisants du féminisme, que Blier considère simplement comme un -isme comme les autres, et qui lui permet de s’amuser à inverser le même paradigme de domination que le ferait quarante ans plus tard le sous-estimé “Jacky au royaume des filles”. Au départ, ce sont simplement deux hommes, les toujours formidables Marielle et Rochefort qui, épuisés et lassés du beau sexe, se réfugient à la campagne pour renouer avec ces plaisirs essentiels que sont la nourriture, la boisson et le tabagisme. Fainéantise, déresponsabilisation et hygiène incertaine étant les mamelles de la masculinité en marcel taché qui se dévoile ici, toute cette partie du film, clairement la meilleure, renoue avec la verve truculente et rabelaisienne d’un certain cinéma français vieux d’un demi-siècle, celui qui ne s’excusait jamais d’être ordurier et de cracher par terre. La suite, lorsque cet ermitage en duo commence à faire école et suscite un casus belli entre les sexes, pose la même question qu’à chaque fois qu’on tombe sur un film de cet acabit : où est passée cette école française du cinéma dont le sens de l’absurde et la folie contagieuse n’avaient rien à envier à leurs homologues britanniques et américaines ? Bref, sale et mal élevé, ‘Calmos’ n’est certainement pas indéfendable car je ne pourrai jamais reprocher à un iconoclaste d’iconoclaster avec ce qui iconoclaste le plus dans le contexte qui est le sien mais il est, dans l’état actuel des choses, plus que probablement indiffusable .
Blier et sa quête de liberté. Sa forme de liberté à lui, bien singulière, toujours aussi audacieuse. Je suis client. Le duo Marielle/Rochefort est juste délicieux. Il y a beau chercher, son talent scénaristique n'a toujours pas trouvé son successeur dans le cinéma français.
Comme le plus souvent dans les films de Bertrand Blier, on a du mal à suivre le sens de l’histoire tant l’absurde prévaut. Mais c’est aussi ce qui donne une certaine saveur à ses réalisations. Avec « Calmos », sorti en 1976, on ne déroge pas à la règle. Le duo Jean-Pierre Marielle et Jean Rochefort nous emmène dans une farce énorme. Si la première partie est savoureuse, on s’enfonce peu à peu dans une comédie grotesque et vulgaire, proche du navet. Bref, le réalisateur lui-même considérera ce film comme une erreur.
Belles pleiades d'acteurs....Bon moi j'adore Blier et Marielle....Pour ce qui en est du film,il y a quand meme quelques longueurs ou on décroche un peu,aprés un début plutot euphorique....L'en reste pas moins des dialogues a la Blier qui pourrait presque devenir culte,si ce film était juste un peu plus connu.
Pour les inconditionnels de Bertrand Blier.. Pour les autres, un tunnel d'ennui, où on rit très peu ,finalement, qui pourrait être le décalque de la Grand bouffe ou de l'univers délirant et surréaliste de Terry Gilliam. Avec toute la lourdeur et la vulgarité qu'il faut à la place du cocktail de non-sens, d'absurde et d'humour noir que Bertrand Blier réussira, en revanche, parfaitement, quelques années plus tard, dans son chef d'oeuvre : Buffet froid. Un film inabouti ; un brouillon des réussites futures de Blier..
Un film grandiose du début jusqu'à la fin... Dialogues géniaux, thématique hilarante, acteurs au top de leur forme, avec mention spéciale a Marielle qui s'en donne a cœur joie et en fait des tonnes... Le summum du mauvais goût est atteint dans chaque scène. A voir absolument!
Soyons honnêtes! Un film comme Calmos ne pourrait plus ce tourner aujourd'hui. Il y'aurait des tas d'associations pseudo droit de la femme et à sa dignité qui l'émasculerait à sa sortie. Comme à son habitude Bertrand Blier ne passe pas par quatre chemins. Femens et féministes porteraient plaintes contre cette misogynie, ode à la l'amitié virile, à la bonne chère et ne pas se faire envahir par les femmes. Ce petit bijou de Blier brille par sa folie et sa singularité.
C'est aussi l'avis au fils de Bernard Blier au déferlement de féministe et de la libération sexuelle des années 70. Assez méconnus qui pourtant aurait pus devenir culte. L'homme vit sous l’oppression de la femme et c'est presque rêver qu'on pourrait y voir quelque chose d'avant-gardiste.
Ce qui fait tenir ce film c'est le duo Jean-Pierre Marielle et Jean Rochefort. Ce premier étant le grand spécialiste de ce genre de film osé.
Décomplexé, métaphorique, politiquement incorrect, misogyne, sexiste et franchouillard. Le film à fait un four en salle mais ne veut pas dire qu'il en ai mauvais pour autant. Hélas il faut reconnaître que petit à petit le rythme baisse et c'est dommage mais cela dit j'ai bien accrocher à cette grossièreté prodigieuse.
Cinquième film de Blier vu, première vrai déception. Rochefort et Marielle sont certes très bons pour ce film mais un vide scénaristique et un manque cruel de bonne idée rendent le film simplement mauvais. Difficile à dire pour un film de Bertrand Blier. Rochefort et Marielle partent à la campagne, vivent une vie de bons-vivants par haine des femmes. Un sujet comme ça pour Blier c’est du pain-béni. Mais alors pourquoi Calmos est plat ? Pourquoi mêmes les dialogues sont plat ? C’est pourtant ça qui fait la très grande force de Blier par rapport à d’autres. La fin comme bien des dizaines d’années plus tard dans « les Cotelettes » est grossière, sans intérêt et pourtant la aussi servi avec de très grand acteurs.
Opposer pour tout horizon une charcutaille à une autre -- femme ou cochon, IL FAUT choisir... --, c'est bien évidemment prendre soin d'enfermer entre deux pôles dérisoires toutes les possibilités d'une sortie, pourtant indispensable et urgente, de l'homme hors ses pires habitus. Et pareil traitement, volontairement débilitant, de la question des relations dégradées hommes-femmes, confirme que ceux qui ont le « droit » de s'exprimer en public appartiennent au club des histrions qui profitent de cette déliquescence programmée [1] & [2]. Parallèlement, insister exclusivement sur la vulgarité de ces associations de mâles -- bien sur complètement déboussolés sortis de l'attelage ordinaire avec leurs irremplaçables « moitiés » (obligement indispensables à leur équilibre...) --, est essentiellement un procédé pour affirmer, de la manière la plus hypocritement péremptoire qui soit, la nécessité absolue de l'exact contraire d'une voie qui ne sera en définitive qu'à peine évoquée. En termes plus directs : des mecs « tout seuls » sont évidemment des mecs paumés, qui se dépêchent de remplacer bouillave par la baffrerie la plus répugnante, et puis c'est marre... Voilà le tout de la « critique » que nous inflige "Calmos" en minaudant autour d'un féminisme à la c... (étymologiquement parlant), en réalité hélas plus que mortifère, et de la recrudescence contemporaine de l'arrimage des hommes à leurs envies les plus épaisses et les moins gratifiantes. On demeure ici en effet dans la plate répétition ; on n'y sort pas de la zone nauséeuse qui va et vient entre indigestion mahousse et branlette hétérocrate. Les propos placés dans la bouche de Marielle sont, quant à eux, révélateurs d'un discours complémentaire bien poutrave : le sucre, qui ronge encore mieux les dents grâce à la veulerie béate et satisfaite du crétin, est un agent destructeur souhaité, attendu, et même carrément fêté. Lors, la démonstration est claire, pas même en filigrane : « privé » de femme, un homme (digne de ce nom) en redemande FORCÉMENT du côté de la mort. CQFD. Sous couvert de plaisanter (!), le tour est ainsi joué, et l'absolue nécessité -- désormais consacrée -- de la présence de la femme au côté de « son homme » comme indispensable agent équilibrant, est entérinée sans plus barguigner. « J'ai dit », nous imposent sans gêne et ex cathedra les Blier, père & fils.
[1] Exactement comme cette "obsolescence" dont on nous rebat les oreilles aujourd'hui, alors qu'elle fait partie du quotidien de notre société marchande depuis lurette. [2] La peinture surajoutée d'ecclésiastiques caricaturaux est, elle aussi, une indication des manies de cette même viscosité délétère "qui n'existe pas".
Un film peu conventionnel, qui prône le féminisme en moquant le masculinisme. Un très bon Rochefort et un excellent Marielle. Blier et Pieplu ajoutent encore plus de fantaisie à ce film à la limite du loufoque. Seule la fin, qui s'appuie sur des effets spéciaux discutables, manque de flamboyante.
Aaah, ça fait du bien ! C'est gentiment subversif, délicieusement irrévérencieux, joyeusement anti-conformiste, surréaliste ! Fallait oser, vraiment !Et pour le même prix, on a des comédiens excellents qui s'en donnent à coeur joie, des dialogues ciselés, de jolis paysages (d'ailleurs, où est-ce tourné ? Le Larzac ? Les Cévennes ?).Bizarrement, ce film date de mon époque (je suis né en 1961), mais je ne me rappelle pas l'avoir vu à la télé... Probablement trop politiquement incorrect... Ou alors en deuxième partie de soirée, et comme ma mère coupait d'autorité la télé et nous envoyait manu-militari au lit, je l'ai peut-être manqué...Bon nombre d'hommes d'un certain âge doivent se reconnaître dans cette histoire, du moins le début. Qui n'a jamais pensé à tout envoyer balader et se mettre au vert ?Je ne mettrai pas 5 étoiles, mais 4, car ce n'est pas un chef-d'oeuvre, mais on n'en est quand-même pas loin !
Marielle et Rochefort dans un film assez osé je dois avouer , à regarder au second degré sans parler des discours!! Assez vulgaire aussi! De mon coté, j'ai bien ri. Il y a Gérard Jugnot qui se fait passer pour un idiot!
Petite merveille d'une époque dont je ne m'explique toujours pas qu'elle soit révolue. Blier fils prend cette fois-ci la révolution sexuelle et le féminisme de son contre-pied absurde coutumier et c'est juste hilarant.
"Moi c'est bien simple. Depuis ma première communion, j'ai l'impression que ma braguette est ouverte. Je passe mon temps à vérifier"