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ronny1
55 abonnés
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2,0
Publiée le 22 octobre 2019
« Lettre d’amour » est l’archétype du cinéma grand public mixé avec le théâtre de boulevard dont il apporte quelques tares comme l’absence de véritables préoccupation de mise en scène, excepté la scène du quadrille, des dialogues et quiproquos servant essentiellement au rythme que le montage et les visuels n’apportent clairement pas. Si le trio central, Odette Joyeux, François Périer et Simone Renant s’en tire plutôt bien, les autres n’ont pas quitté les planches, livrant un jeu grotesque qui passe mal à l’écran. Film réalisé sous la surveillance pointilleuse de la censure de Vichy, il s’efforce de ne heurter personne. Ainsi, les analyses sociale, sociétale et politique sont inexistantes. Comme l’ensemble a vraiment vieilli, il vaudrait mieux ne pas perdre son temps à visioner cette platitude.
La jolie veuve Zélie Fontaine, maitresse de poste -les voitures à chevaux- et accessoirement prête-nom de la préfète pour favoriser les infidélités de cette dernière, est au coeur d'un vaudeville provincial sous le Second Empire. Costumes d'époque et robes froufrouteuses garantis. La comédie, futile, est mieux écrite et plus futée qu'on pouvait le penser au premier abord. Les petits quiproquos qui s'accumulent sont assez bien agencés et Odette Joyeux, entre candeur et détermination, fait un numéro charmant. Le film navigue entre la comédie sentimentale et des contingences sociales satiriques qui auraient mérité d'être développées. Le contexte est une rivalité à la Clochemerle opposant la "Société" (des gens bien nés) à la "Boutique" (inutile de préciser). Ce "décor" reste malheureusement plus pittoresque qu'acerbe. On trouve dans la comédie quelques dialogues caustiques et, surtout des seconds rôles bien plaisants, au premier desquels les indispensables Alerme et Carette, très à l'aise dans le vaudeville. Finalement, le film est d'une fantaisie et d'une légèreté dont Claude Autant-Lara est rarement coutumier.
Réalisé pendant l'occupation (1942) " lettres d'amour" constitue pour Claude Autant-Lara le deuxième volet de son tryptique " la belle époque".
Le scénario qui se veut léger et comique ( il l'est parfois) est situé sous Napoléon III et est une sorte de regard sur la lutte des classes et surtout évoque l'étanchéité entre les catégories sociales. Le thème traversera bon nombre d'opus du cinéaste.
On relèvera au casting Simone Renant ( elle fut l'epouse de Christian Jacque ) très belle actrice de la période, François Perrier dans un de ses premiers rôles et Odette Joyeux actrice primesautiere, sympathique, épouse à la ville de Pierre Brasseur et mère de Claude.
Le film à ses défenseurs surtout parmi les Mac-Mahoniens ( Jacques Lourcelles notamment). Il faut reconnaître au scénario un certain charme. Les amateurs du cinéma français de la période ne le manqueront pas.
Un beau casting et ça joue bien en revanche la réalisation a vieilli et le scénario n'a pas un énorme intérêt. Un film d'occupation qui ne pouvait déranger personne.