Onibaba
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Benjamin A

808 abonnés 1 930 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 novembre 2014
Alors que la famine fait rage, deux femmes vivent et se nourrissent en attirant et achevant des samouraïs blessés qu'elles jettent dans un trou profond et noir, puis en revendant ce qu'ils portent au marché noir.

Dès les premières secondes Kaneto Shindo nous emmène dans les hautes herbes où sévissent les deux femmes, l'une vieille et l'autre plus jeune, sa belle-fille. Des hautes herbes constamment en mouvement, sauvage et entourant des humains essayant de survivre, que ce soit les deux femmes ou les samouraïs qu'elles tentent de piéger. Des hautes-herbes abritant un trou absorbant la vie des samouraïs.

C'est avec simplicité et sans lourdeur que Kaneto Shindo met en place son récit, d'abord les deux protagonistes féminins avec une relation faite à base de survie et de violence avant qu'un homme intervienne, que la violence s'intensifie et que la peur, le plaisir de la chair ou encore la frustration prennent place. Des éléments bien maîtrisés par le réalisateur, qu'il introduit au récit sans lourdeur et en nous y intéressant et avec toujours le spectre des hautes herbes et du trou, personnage à part entière du film.

Il met en place une atmosphère étouffante, effrayante, envoûtante et sensuelle, qu'il sublime avec une excellente utilisation de la musique et de divers bruits (vent, cris...) . Sa maîtrise derrière la caméra est brillante et plusieurs scènes restent gravées dans les mémoires à l'image des longs travellings dans les champs, les visages derrière les masques ou les apparitions des "démons", souvent sous une pluie battante. Il joue aussi avec le contraste de la photographie en noir et blanc, participant à la noirceur et l'atmosphère du film, créant des tableaux puissants et symboliques.

Un conte où la morale n'existe plus dans des terres dévastées par la guerre et où règnent la violence et les pulsions primaires comme seuls moyens de survie. De bout en bout maîtrisé par Kaneto Shindo, ce dernier met en place un récit angoissant, étouffant et inoubliable.

Thanks to Sergent Pepper)
Plume231

4 406 abonnés 4 639 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 28 février 2013
Des longueurs et un aspect répétitif qui n'avaient pas lieu d'être, mais une réalisation avec un superbe cinémascope en noir et blanc, le cadre confiné d'un marécage dont les sonorités et le visuel sont assez remarquablement utilisés et des personnages aux motivations pas totalement dénuées d'ambiguïté. Le masque du démon utilisé sur la fin passe pour avoir inspiré William Friedkin pour "L'Exorciste", et les séquences de traques dans les roseaux font un peu penser à celle du début de "La Planète des singes", sauf qu'elle se déroule dans du maïs je crois. Un film étrange qui tâte de plusieurs genres, y compris de l'horreur, méritant un petit détour.
Estonius

4 737 abonnés 5 466 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 8 janvier 2013
Plus qu'un chef d’œuvre : l'un des plus beaux films de tous les temps ! On serait bien en peine de dénicher un seul défaut à ce film qui frôle la perfection absolue. De la beauté des plans (ah, ces longues courses dans les roseaux), de la remarquable direction d'acteurs, de la beauté de la jeune paysanne (Jitsuko Yoshimura) et de l'érotisme à la fois discret et torride qu'elle diffuse, de la dernière partie où apparaît l'épouvante, tout cela se déguste avec émerveillement. Certains ont cherché un message, je ne suis pas sûr qu'il y en ait un, ce qui n'empêche pas le réalisateur de donner au passage de façon allusive son avis sur les croyances religieuses, et sur la prédominance du sexe.
il_Ricordo
il_Ricordo

118 abonnés 407 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 novembre 2012
Peut-on mesurer l'écart entre ce film fantastique, chargé de frayeur et de violence, et L’Île nue, film quasi-muet, dépeignant un quotidien morne et répétitif. Eh bien il y a autant de différences que de parentés : Onibaba se concentre aussi sur la misère rurale, sur le quotidien qui est ici un quotidien de violence, mais aussi une lutte contre la faim et contre la mort. Si Onibaba se place dans une période médiévale où régnait le chaos, il fait de nombreuses références au triste après-guerre japonais : les défigurés de la bombe atomique, le peuple errant, la nation désemparée.
Les éclairages fantastiques imprègnent le film d'une horreur macabre et : lumières improbables, venues on ne sait d'où ; ni les champs vibrant dans la nuit, ni les huttes silencieuses, ni le fond du gouffre menaçant ne sont éclairés par les humains. La lune même n'apparaît qu'en un plan d'une seconde à peine. Alors cette lumière artificielle, démoniaque, sortie des enfers par le puits des samouraïs, apporte l'horreur de la vérité, celle qui se cache derrière le masque grotesque. Cette vérité qui n'apparaît que la nuit : le jour, il ne s'agit que de remplir les mornes tâches quotidiennes pour se fournir en eau et en nourriture. La nuit, on se cache, mais on agit : la maîtresse court retrouver son amant, la vieille femme jalouse l'en empêche, et cette attitude n'est évoquée que tacitement de jour.
Onibaba effraie, il égare, il déroute, c'est une fameuse démonstration horrifique.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 22 août 2012
Film assez effrayant, avec une mise en scène parfaite pour l'époque. Un classique du cinéma d'horreur japonais.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 14 août 2012
Voilà, ça c'est le film d'horreur asiatique de référence! On reste scotché par ce qui arrive. On est effrayé, étonné, fasciné, excité, bref, toutes les émotions d'un survival ou un film d'épouvante japonais y sont présents. Après le film, on se sent libéré, la boule au ventre commence à partir. Mais pourtant, j'ai vu des films bien plus effrayants. Pourquoi celui-ci m'a autant plu? Peut-être dû au noir/blanc qui, comme Psychose, nous fait voir des choses qu'on ne voit pas dans les roseaux. Et cette musique qui stresse ou angoisse sans raison, ces courses à travers ce marais, ce fantôme au masque effrayant. Et l'histoire du film n'est pas en reste. Une femme vit avec la femme de son fils. Pour survivre à une guerre qui détruit le Japon, elles tuent les samouraïs qu'elles rencontrent et vendent leur armure pour manger. Et, des thèmes différents sont traités comme l'amour, la croyance religieuse ou encore la mort. Et tout ça dans une ambiance étouffante, incroyable qu'il a réussit à garder ceci après tant d'années!
Arthur Debussy
Arthur Debussy

189 abonnés 772 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 20 mai 2012
Kaneto Shindô signe là un film fort, minimaliste et d'une noirceur extrême! Il émane d'«Onibaba» une atmosphère délétère, étouffante, infernale, matérialisée par le somptueux noir et blanc de Kiyomi Kuroda! Le contexte belliqueux et instable de l'histoire qui nous est narrée constitue le cadre parfait pour la mise en scène par Shindô des passions les plus primaires de l'être humain. Celles-ci sont incarnées par les personnages principaux : un duo de femmes voleuses et tueuses de samouraïs blessés, vivant au jour le jour de leurs rapines, rejointes par un troisième larron tout aussi dénué de scrupules, et qui viendra bouleverser les rapports liant la belle-mère à sa belle-fille. En ces temps de guerre tout semble permis lorsqu'il s'agit de survivre : hommes et femmes n'hésitent pas un seul instant à s'acquitter des besogne les plus basses, et le quotidien de ces 3 protagonistes est ce qu'il y a de plus bestial, leur horizon se limitant à la satisfaction de leurs besoins alimentaires et sexuels. À ce propos il convient de souligner l'économie de moyens employée par le talentueux cinéaste, les magnifiques prises de vue des herbes hautes ondulant au gré du vent réussissant à elles seules à évoquer les différentes pulsions qui s'offrent aux personnages, qu'elles expriment la sensualité, l'angoisse, la vie ou la mort! Le propos est lui aussi relativement simple, mais sa force vient à la fois de son traitement et des différents niveaux de lecture qui s'offrent à lui. On sait tout d'abord que pour Shindô le sexe est source de vie, d'où la place qu'il occupe par ailleurs dans sa filmographie. Mais on peut aussi voir en ce film un aperçu (malgré lui?) des plus éloquents de ce que deviendrait l'humanité si elle était dénuée de toute spiritualité. Un autre angle de lecture est encore envisageable, développé avec pertinence par le site Dvdclassik.com : c'est peut-être justement le restant ou le peu d'humanité des 3 personnages qui viendra ébranler l'horreur de leur conduite! Et d'autres interprétations sont certainement possibles, c'est dire la richesse de ce film! [3/4] http://artetpoiesis.blogspot.fr/
betty63
betty63

41 abonnés 428 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 31 août 2011
J'ai beaucoup aimé ce film qui donne des frissons et nous retient en haleine jusqu'à la fin. Les roseaux qui ondulent, la brue qui court la nuit et le démon m'ont bien fichu la frousse. Magnifiquement filmé, tout distille l'angoisse. Surtout les regards...
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 27 avril 2011
Que devient l'homme lorsque la guerre détruit la civilisation, il revient à ses besoins primaires. Une absence totale de morale, de loi parcourt ce film possédant des plans d'une grande puissance esthétique ainsi qu'une symbolique hautement sexuelle.
Jean-Raymond M.
Jean-Raymond M.

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4,5
Publiée le 18 décembre 2010
Oui je l'ai vu...il y a environ 45 ans...mes études supérieures ont avorté mais ma culture cinématographique s'est fortement enrichie.
Onibaba, quel choc, je regardais sur Allociné ce qu'on disait sur "Le soldat dieu" que je vais aller voir, et j'ai repensé à Onibaba...et "La femme des sables", et tant d'autres merveilles. Onibaba histoire captivante, images superbes. Pas besoin de 3 D ni même de couleurs, ah, les roseaux agités par le vent...ou l'arbre succédané d'homme...La fameuse recette en 3 points, une bonne histoire, une bonne histoire et enfin une bonne histoire, si en plus on a des images exceptionnelles, alors, c'est le nirvana !
chrischambers86

16 164 abonnés 13 124 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 30 octobre 2009
Moins complaisant et plus en rapport avec les traditions romanesques et dramatiques du Japon, "Onibaba", de Kaneto Shindo, ètonnante symphonie des marais et des roseaux, nous montre deux meurtrières qui attirent dans des guet-apens des guerriers ègarès afin de les assassiner et de se nourrir de leurs cadavres! L'action se passe au Moyen Age! Une atmosphère de frustration règne sur cette oeuvre forte, dans un montage saccadè, faits de gros plans et de ralentis, dans laquelle on voit des femmes meurtrières se frotter contre un tronc d'arbre, dans une pantomime masturbatoire! Ce genre de film, qui mêle l'èvocation d'un passè lègendaire à la violence et l'èrotisme, est une constante du cinèma nippon! Fantastique et sensuel...
max6m
max6m

78 abonnés 180 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 avril 2009
Le Japon médiéval en proie aux guerres intestines entre empereurs. Une femme et sa belle fille, dans l’attente du retour du fils (et mari), survivent dans une petite masure perdue au milieu des roseaux en assassinant et dépouillant les soldats égarés. Un jour, un compagnon de lutte du fils attendu revient et leur annonce la mort au combat de celui-ci. Cette arrivée va perturber le quotidien de ces deux femmes, déchaînant leur désir et leurs pulsions sexuelles. Très librement adapté d’un conte bouddhiste, Onibaba de Shindo brille par la qualité de sa réalisation et la beauté de ses images. Selon moi, le film est une très belle réussite sur 3 niveaux : le lieu où se joue le drame, l’érotisme suggéré, et le travail du son. Ainsi, l’ensemble du film se déroule dans un environnement primitif : une vaste et dense étendue de roseaux en bordure de rivière, filmée sous tous les angles et sous toutes les conditions (jour/nuit, soleil/tempête) par Shindo, et donnant lieu à chaque fois à de superbes images. Les seuls plans nous offrant un autre décor sont des plans sombres d’intérieurs exiguës (les masures, la caverne du receleur) et les plans à l’intérieur de la fosse, fosse éminemment symbolique, qui renforcent l’ambiance ténébreuse du film. Loin du spectacle érotico-voyeuriste vulgaire, Shindo parvient finement à saisir les pulsions sexuelles de ses personnages et à faire affleurer l’érotisme à la surface de scènes anodines, en utilisant subtilement les éléments (l’eau, le vent). Le travail du son, très riche, mélange de percussions et de sons naturels exacerbés, colle parfaitement à la mise en scène du film. A noter également la beauté des scènes flirtant avec le fantastique (je pense au masque de démon), réellement inquiétantes et visuellement époustouflantes. En résumé, un très bon film de Shindo, s’ouvrant à différents niveaux de lecture, et porté par une réalisation de haute tenue. A découvrir.
leyashadesalpages
leyashadesalpages

4 abonnés 108 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 2 avril 2009
Encore un tres beau film japonais, l'image en noir et blanc est magnifique. Niveau ambiance, que ce soit le decor, les personnages ou le contexte, aucun moment de detente n'est permis, on sent toujours que quelque chose de lourd peut se produire.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 5 septembre 2008
magnifique noir et blanc, magnifique de cruauté et d'érotisme. J'ai eu envie de revoir Rashomon, va savoir pourquoi!
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 29 septembre 2006
Quand érotisme et fantastique louchant vers l’horreur se marient avec humanisme et lyrisme, c’est à une œuvre magnifiquement singulière que l’on a la chance d’assister. Et quand on a qui plus est une photo sublime et une mise en scène sensible l’Elysée n’est plus très loin. Ici les personnages de chair et d’os se partagent la vedette avec les hautes herbes où se situe leur histoire. Tour à tour sensuelle, envoûtante, inquiétante puis menaçante, ces herbes maintes fois filmées semblent doués de vie et se fondre dans les émotions des personnages, ici au nombre de trois, et tentant de survivre dans un contexte de guerre civile assassine, n’hésitant pas pour cela à achever les soldats blessés afin de vendre leurs armes et armures. A la sexualité animale des deux plus jeunes, s’oppose le matérialisme égoïste de la plus vieille qui l’entraînera dans les tréfonds de l’enfer, ici symbolisé par un trou profond caché au beau milieu des hautes herbes. Ici le message de Shindô est clair. Que l’on soit soldat ou simple civil, la guerre pousse les gens à se transformer en démons et l’amour n’y a pas sa place. Seule la nature, que Shindô sait si bien mettre en valeur et qu’il avait sublimé dans L’île nue, conserve sa pureté originelle, et se montre finalement comme l’entité la plus sensible du film.(+de critiques sur http://www.guillaumetauveron.com/Textes/chroniques_films.htm)
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