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Patjob
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2,5
Publiée le 1 avril 2020
Un « braquage » très spécial, commis par des nuls de l’Amérique profonde : ce deuxième opus des frères Coen repose sur une de leurs situations de prédilection, et contient quelques éléments que l’on retrouvera plus tard dans « Fargo » ou dans « No country for old man ». Les vingt premières minutes sont brillantissimes (idées, montage nerveux et efficace, plus un dialogue en quiproquo mémorable) et absolument hilarantes ; on se dit que l’on est devant une pépite. Mais on change ensuite de genre : l’humour fait place au délire, et à ses excès. Les deux frangins ont voulu produire un film original, relevant du burlesque et du cartoon ; mais le cartoon ne s’accommode pas vraiment du réel que constituent un vrai décor et des acteurs de chair et d’os, ces éléments limitant par nature le coté délirant. Alors ce film sur vitaminé, qui convoque aussi Mad Max ou Sergio Leone, devient fatigant. On espère aussi que la mièvrerie des scènes finales doit être lue au second degré.
Comme toujours dans le cinéma des frères Coen, il y a, enfoui sous des strates d’humour parodique et de second degré, un cœur humain qui bat à l’unisson d’un rêve impossible à concrétiser mais dont témoignent les efforts mis en œuvre pour le réaliser. Ici, c’est un désir d’enfant qui pousse un jeune couple à emprunter la route du kidnapping : voler à ceux qui en ont trop pour rétablir une forme d’harmonie, de justice sociale. Seulement, cet acte illicite et amoral va déclencher toute une série de péripéties qui peuvent être lues comme les épreuves d’un châtiment plus vaste, et dont le motard tatoué serait l’incarnation la plus frappante. Nul hasard, par conséquent, si le film introduit ce personnage fantaisiste tout droit sorti du Mad Max premier du nom, réalisé par George Miller : qu’est-ce que Mad Max, sinon l’agonie d’une famille à qui l’on enlève son enfant sur la route, écrasé par des motards fous ? Les cinéastes convoquent la référence australienne pour mieux en renverser la focalisation : les bourreaux ne sont plus des motards, mais Hi et Ed qui, en enlevant un nouveau-né à une famille nombreuse, se comportent aussi mal que les « aigles de la route ». Ledit contre-modèle vient hanter l’esprit de Hi, peupler son imaginaire de cauchemars qui se répercutent sur le bébé (on nous dit qu’il a « fait un mauvais rêve », lui aussi). Arizona Junior, aussi déjanté puisse-t-il être, reste une œuvre tourmentée sur la lucidité d’un jeune couple stérile et aux conditions de vie médiocres à élever comme il le souhaiterait un enfant qui représente le fruit de leur péché, un butin ravi, de la même manière que le papa pique des couches-culottes et des collants dans les grandes surfaces. Comment offrir des études quand on n’a rien ? Comment aimer quand on vit constamment dans la peur ? Le motard incarne le ravissement, les deux amis taulards le passé criminel qui ressort de terre tels des zombies pour y retourner, à terme. Aucune chance de salut, sinon par l’amende honorable, la restitution du nouveau-né. Le rêve de Hi constitue certainement la séquence la plus bouleversante du long métrage : la fiction semble être le seul espace dans lequel la famille peut prendre racines et s’épanouir, rappelant au passage l’univers du conte tel qu’il sera développé par Tim Burton dans Edward aux mains d’argents, quatre ans plus tard. Servi par des acteurs épatants, Arizona Junior est une œuvre magistrale, drôle et mise en scène avec talent, un acte de foi en l’humain et ses rêves que seul le cinéma peut concrétiser.
Le paradoxe américain, vu et mis en scènes par les Cohen. Quel programme! Hi, personnage masculin principal, est un poète moderne qui s'ignore. Petit délinquant, il s'est paumé dans les bas horizons et par le manque de perspectives qu'offre une société américaine standardisée, en dehors de ses grandes villes. Mais voilà qu'il rencontre une femme, qui va éclairer son chemin et le mettre sur de bons rails. A l'instar d'une June Carter envers Johnny Cash, qui lui montra le droit chemin ("walk the Line") dans le film éponyme. Hi et sa jeune femme, Ed, voulant fonder une famille, vont se heurter à un os: la stéritilé de cette dernière. C'est l'imagination de Hi qui va le guider dans la résolution de ce problème... et le dénouement est semé d'embûches.
Derrière la forme caricaturale et rocambolesque de ce film se cache un fond profondément satirique, ce qui le rend très drôle, et à l'encontre du déterminisme social typiquement américain (le rêve américain, c'est à dire l'argent, comme seule réussite) il émerge une vraie leçon de morale et d'optimisme.
Un film des frères Coen, forcément on s’attend à du lourd. Et bien ... c’est du lourd, enfin plutôt du lourdingue ! Certes c’est déjanté (un adjectif que j’utilise en général plutôt très positivement) malheureusement là, c’est juste loupé. Je dois passer complètement à côté de cet humour et le film deviens juste très longuet ...
Pour leur second film, les frères Cohen réalisent une comédie déjantée, à l’interprétation magnifique joyeusement farfelu et absurde où Nicolas Cage ne sait plus où donner de la tête.
En le regardant je ne savais pas que c'était signé des frères Coen mais dés le début j'ai reconnu leur style, un peu dans l'esprit de "The big Lebowski" en beaucoup moins bon toutefois. J'ai adoré le début qui est très rythmé et drôle avec un Nicolas Cage complètement loufoque, malheureusement tout le reste du film est beaucoup moins bon, et seul quelques scènes sont drôles.. J'ai bien aimé les personnages et l'ambiance mais l'absurde est trop exagéré pour moi.
Un film des frères Coen sans une once d'absurdité, c'est un peu comme une raclette sans fromage: c'est inconcevable enfin, c'est le fondement même! De là une nouvelle comédie satirique consacrée à la famille américaine et à la réussite sociale, avec une brochette de personnages allumés (de manière plutôt curieuse, on a le sentiment ici que les personnages féminins sont moins bien servis, un comble chez eux qui ont toujours magnifié l'équilibre) et un scénario plutôt simple mais qui aligne régulièrement une petite trouvaille du meilleur effet, sans compter une mise en scène réglée au poil. C'est aussi amusant que grinçant.
Un film des frères Coen comme on les connait : burlesque, parfois tendre, souvent absurde, avec le sens du détail à partir duquel ils développent une science de l'absurde. L'inconvénient de l'époque du film, c'est que ça crie vraiment beaucoup.
Hi, impénitent cambrioleur de supermarchés, passe beaucoup de temps dans la prison de Tempe en Arizona. Il y rencontre un jour Ed, charmante femme policier, dont il tombe éperdument amoureux. Terminé les braquages, il se marie et part pour l'usine qui ressemble somme toute à la prison. Hi et Ed voudraient un enfant mais Ed est stérile. Or un jour des quintuplés font la une de la presse locale. Hi et Ed décident d'en voler un. Sur cinq, cela ne se verra pas trop.
Je me suis éclaté, j'ai passé un super moment. La mise en scène est remarquable, l'humour toujours au top, l'histoire toujours aussi déjanté chez les Coen et surtout, Nicolas Cage.
Un film des frères Coen dans toute sa splendeur. On y retrouve toute la folie des films du duo réalisateur. Les personnages sont complètement barjos (il n'y en pas un qui soit un temps soit peu décent sur le plan psychologique). Mais surtout leur manque de repères moraux qui frappent. Ils sont complètement inconscients de leur immoralité et c'est ça qui les rend si attachants. Certaines scènes relèvent du grand n'importe quoi et pour mon grand plaisir, sont légions dans ce film (le vol du bébé, le cambriolage raté de couches, …). Le film est complètement incompréhensible et chaque scène surprend. L'intrigue va dans tous les sens. L'idée de base est déjà sacrément farfelue : un couple constitué d'un ex-taulard multi-récidiviste et d'une flique stérile tombé amoureux l'un de l'autre lors des prises de photographie d'identité judiciaire kidnappe un des bébés d'une fratrie de quintuplés. Et le reste du film est à l'avenant. Le casting est très bon : Holly Hunter et Nicholas Cage forment un couple loufoque absolument parfait. Et dans des rôles secondaires, on retrouve les très bons John Goodman, William Forsythe, Trey Wilson et Frances McDormand. Si vous aimez l'humour des frères Coen, ce film en est la quintessence.
Merci à la chaine TCM de nous faire découvrir des pépites. Ce second film des frères Coen m'était totalement inconnu. Tout à fait déjanté et hilarant du début à la fin avec une touche d'émotion au final. Les scènes burlesques et inattendues se succèdent à un rythme d'enfer comme ce biker bien flippant sur sa Harley. On ne s'ennuie pas une seconde. Les dialogues sont à péter de rire. La scène du kidnapping du bébé junior est une anthologie. Prouesse technique cinématographique et vraiment une belle satyre d'une certaine classe de la société américaine. En prime nous avons une conclusion tout autant inattendue avec le retour de notre duo délirant sur la voie de la raison. Un des meilleurs rôle de Nicolas Cage et un chef d'Oeuvre de plus des frères Coen qui régale toute la famille.