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Ghighi19
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3,5
Publiée le 10 novembre 2020
Un bon Chabrol très bien mené avec le toujours incroyable Jean Poiret qui reprend son rôle fétiche d inspecteur Lavardin . Parfois des problèmes de justesse notamment la jeune voire trop jeune comédienne et Bernadette Laffont qui n a pas l air de comprendre ce qu elle doit jouer mais l histoire est assez intéressante pour y plonger.
En reprenant son personnage de l’inspecteur Lavardin (muté en Bretagne suite à « une sombre histoire de lavabo » survenue dans le film précédent, Poulet au vinaigre), Chabrol se rapproche du format de la série policière à la française comme France 3 en produit désormais à la chaîne, format dans lequel le personnage poursuivra d’ailleurs ses aventures sur TF1. Débarrassé de l’intrigue obscure et des personnages sans intérêt de Poulet au vinaigre, Lavardin fait ici des étincelles, soutenu par un rythme et une écriture tout aussi musclés que ses méthodes. C’est amusant, glauque et mystérieux à la fois, joliment immoral, quelque chose comme un Twin Peaks avant Lynch ou un Sharp Objects qui ne ferait pas de manières. C’est terne et franchouillard au possible, mais je dois commencer à m’habituer à l’esthétique de Chabrol, parce que le film, aussi mineur soit-il, m’a captivé sans difficulté.
Deuxième apparition de l'inspecteur Lavardin dans un film de Claude Chabrol, un an après Poulet au vinaigre, c'est avec grand plaisir que l'on retrouve ce flic aux méthodes peu banales interprété par l'excellent Jean Poiret. Pour le cinéaste français, le long-métrage est l'occasion, une nouvelle fois, de dresser un portrait au vitriol de la petite bourgeoisie hexagonale de province qui est ici plus que jamais affublée de tous les vices.
C'est du polar à énigmes (à la Maigret, quoi !) et Chabrol ne s'en sort pas si mal, l'énigme est tordue mais cohérente (bien sulfureuse aussi !). La conclusion peu orthodoxe est une fausse fin, le type qu'on arrête n'aura aucun mal a prouver son innocence… elle est donc mauvaise et c'est dommage. Côté interprétation Poiret est bon, Brailly excellent mais Bernadette Lafont qui sait si bien briller dans les rôles de coquines n'est pas du tout à l'aise. En prime on a droit à une jolie charge contre l'hypocrisie bourgeoise. On dira que c'est pas trop mal !
La peinture est acerbe, les traits sont appuyés mais quel délice de voir l'inspecteur aussi caustique face aux suspects qui cachent tous quelque chose. Le décor est parfait et la fin cynique à souhait. Excellent
Oui, bon, L’Inspecteur Lavardin n’est pas un grand film, mais ça se laisse voir avec un certain plaisir, même si l’ensemble manque de piquant. Les acteurs sont globalement attrayants. Certes il y a un côté théâtral dans la diction, la nature des répliques, mais ce n’est finalement pas gênant, et cela n’est pas dû aux interprètes. Reste un bémol à mon sens ici, avec Bernadette Lafont, qui n’est franchement pas au niveau. Fade, sans vigueur, elle semble comme amollie face à ses comparses. Si Poiret s’amuse en inspecteur tenace et classieux, je retiendrai le jeu truculent de Brialy, et un Jean-Luc Bideau, très bon en notable détestable. A noter aussi la présence plus lumineuse qu’autre chose de la jeune Herminie Clair. Elle n’a pas fait carrière, on peut le comprendre car son jeu est assez mauvais, mais elle a indéniablement du charme et de la fraicheur. Le scénario est correct, mais enfin, rien de dément non plus. C’est une enquête policière de qualité, mais qui manque de punch, et tend parfois à se disperser un peu. La narration n’est pas parfaite en fait, et donc les divers éléments paraissent assez embrouillés, pas clairs, pas toujours du moins. Pas mal d’invraisemblances aussi, notamment sur le fait qu’a priori Lavardin se contrefiche des procédures. Reste que l’enquête n’est pas désagréable, et surtout Chabrol en profite pour égratigner, et faire un portrait social de cette petite ville assez sympathique, qui vient donner du piment dans un métrage somme toute pas très audacieux. Visuellement c’est très typé années 80 en termes d’esthétique. Couleurs, décors, tout cela fleure bon l’année de sortie du métrage, et si ce n’est pas très marquant, le film reste d’une certaine élégance, que la mise en scène de Chabrol met en valeur. Si sa caméra manque de punch, en revanche il parvient à soigner l’ambiance, et ses choix de cadrages sont judicieux pour cela. Il y a quand même un effort certain dans l’esthétique du studio que je salue. Pour le reste la bande son est assez fade. Là-dessus on aurait pu avoir quelque chose de plus marquant, cela aurait bien été avec l’atmosphère du film. Enfin, Inspecteur Lavardin est en somme un policier qui se laisse voir sans déplaisir, mais qui au final est comparable à pas mal de téléfilm anglais du genre que l’on peut voir assez souvent maintenant. Si le travail de Chabrol est louable, ce film n’est pas au sommet de sa filmographie, c’est une évidence.
"Inspecteur Lavardin"(1985) représente la seconde apparition consécutive de ce personnage dans la galaxie Claude Chabrol. Un flic qui serait à la frontière entre un Maigret et un Hercule Poirot. Prenant les enquêtes les plus sinistres à bras le corps,il s'habille en civil,aime les œufs au paprika,s'exprime toujours avec justesse et politesse mais sa ténacité est sans égale. Inutile de préciser que Jean Poiret y est comme toujours savoureux,et s'éclate dans ce rôle spirituel. L'enquête,retorse,tape une nouvelle fois sur les grands bourgeois de province et leurs secrets inavouables. On apprécie moins le côté théâtralisé de l'ensemble,alors que paradoxalement des acteurs de la Nouvelle Vague y sont convoqués(Bernadette Lafont et Jean-Luc Brialy). Et l'aspect années 80 y est trop marqué(les scènes dans la discothèque piquent les yeux). Ceci étant,on se prend au jeu et du cheminement assez subtil de ce meurtre maquillé. Alors,aucune raison de ne pas suivre Lavardin!
Un film réussi dans la droite lignée de l’œuvre de Chabrol. Le cinéaste reste ici dans sa routine et délivre un polar pince-sans-rire sans grande originalité mais malgré tout très maîtrisé. On a vraiment l'impression que Chabrol s'est contenté de rester dans sa zone de confort et on se trouve donc avec un film très plaisant, parce que c'est du Chabrol, mais qui affiche assez vite ses limites. L'intrigue est plutôt mollassonne et les personnages pas très intéressants. Mais il émane une ambiance délicieusement acide, et la mise en scène est un vrai délice. Certaines scènes sont juste absolument divine, le tout est filmé avec beaucoup de délicatesse et de justesse.
Inspecteur Lavardin est un film symptomatique de l’œuvre chabrolienne des années 80 : sympathique mais manquant singulièrement d’ambition. Jean Poiret retrouve son fameux personnage d'inspecteur cynique qu'il avait déjà interprété pour Chabrol un an plus tôt. Il y met toujours autant de panache, mais la réalisation n'est pas à la hauteur de son talent. Difficile en effet de voir dans cet énième polar provincial autre chose qu’un téléfilm policier à la Maigret. Dommage car la distribution était prometteuse.
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3,5
Publiée le 13 mai 2021
« Entracte, messieurs dames...Police ! »...C'est la seconde apparition du personnage de Jean Lavardin au cinèma! Toujours sous la houlette du malicieux Claude Chabrol, cette fois Jean Poiret, qui enquête sur la mort d'un ècrivain, a la surprise de retrouver en sa veuve une femme qu'il a jadis aimèe! On dit qu'il a des manières pas très catholiques mais on dit ce que l'on veut car n'empêche que l'affaire avance, et vite! Dans une enquête policière, on èvite rarement les mèthodes un peu brutales et Lavardin y va un peu fort! Non pas du tout, cette inspecteur là est un homme très affable ( « Vous savez que je peux vous briser le dentier si je veux ? » ). Si on rèsume, malhonnête, violent, alcoolique...alors pourquoi Lavardin ? C'est parce que c'est un homme qui connait parfaitement les ficelles du mètier! Plus culottè que Maigret, c'est un homme qui sait mettre les formes et on l'apprècie beaucoup! Avec comme toujours les fameux oeufs au paprika dont raffolait cet inspecteur attachant et irremplaçable ( « C'est à la seconde près ces p'tits bêtes là » ). Jean-Claude Brialy, Jean-Luc Bideau et la regrettèe Bernadette Lafont complètent la distribution de cette seconde et ultime enquête que l’on prend plaisir à voir ou revoir à chaque nouvelle diffusion sur France 2 (Sociètè, Les Films A2 oblige)...
Un film de Claude Chabrol sans surprise. Mélange de polar et de critique de la bourgeoisie, des personnages crapuleux et malsain. Le tout est bien jouer et assez bien dialoguer.
Le retour de Jean Poiret. Encore plus délectable, puisqu'il arrive plus tôt dans le film. Il a perdu quelques habitudes violentes entre les deux (plus de lavabo). Quelques références sont faites vis-à-vis du poulet au vinaigre (continuité du personnage). Les acteurs sont là de même justes avec une mention pour Poiret et Brialy (et aussi Bideau). Toujours cette même ambiance provinciale, ce rapport à la famille...