Il n'est pas étonnant de trouver David Cronenberg aux commandes de cette adaptation du sulfureux et dérangeant roman de J.G. Ballard. On y retrouve un thème de prédilection cher au cinéaste : l'union de l'homme et de la machine et les déformations que cela peut entraîner. Pas de doute, Cronenberg maîtrise le sujet et illustre à la perfection le style de son auteur avec ses scènes de sexe, ses pulsions de morts et ses voitures accidentées. En soi le roman était déjà limité, se complaisant un peu trop dans les descriptions morbides et sexuelle à la limite de la répétition et de l'épuisement. Le film en fait autant, multipliant les scènes de sexe, les scènes dans des voitures, les scènes de sexe dans des voitures... Attention c'est très bien filmé et le casting (surtout les actrices de mon point de vue) sont loin d'être désagréables à regarder mais au final on a du mal à vraiment se plonger dans cet univers glauque à l'air parfois trop surfait, parfois trop provocateur. Il va sans dire que les thèmes abordés ne manquent pas de piquant mais le film comme le roman en fait trop et finit par perdre de sa saveur au fur et à mesure qu'il se complaît dans ses escapades sexuelles échangistes dans des voitures. Si la fascination ne manque pas d'opérer, il nous sera bien difficile d'apprécier "Crash" comme un grand cru de son réalisateur tant Cronenberg a fait mieux et beaucoup plus subtil dans d'autres films. On ne lui reprochera certainement pas son jusqu'au-boutisme mais à part du sexe et des collisions un peu partout, "Crash" semble avoir une mécanique qui tourne un peu à vide.
Epouvantable parce qu'ennuyeux, incompréhensible, trop sombre, musique insupportable. Surement un film qu'on ne peut qu'aimer ou détester, mais sans doute pas aimer à moitié. Pourtant j'avais adoré "La secrétaire" avec James Spader alors qu'on pourrait pourtant dire que les 2 ambiances sont similaires. Mais vraiment là j'attendais la fin ...
Quand on s'attaque à l'adaptation d'un scénario unique comme celui de Crash, on prend des risques. On obtient alors un film incompréhensible, où s'enchainent les mêmes scènes, toutes plus prévisibles les unes que les autres. A tout moment, il est impossible de savoir ce qui se passe dans la tête des protagonistes, et la musique et l'ambiance tellement plates n'aident pas vraiment. Dommage pour un Cronenberg, mais celui-ci n'est pas à voir!
Cronenberg filme des désirs sexuels complètement dérangés. L’avantage du cinéma, quand on voit ça, c’est de pouvoir être quasi sans limite dans le fantasme d’un auteur. C’est franchement très spécial pour le fond mais assez brillant sur la forme, voire même hypnotique. Tel un David Lynch je trouve.
Un Cronenberg assez dérangeant et surtout très ennuyeux en raison d’un scénario bcp trop fuck up. Prix spécial du jury à Cannes en 96 pour ce film qui a pourtant fait scandale.
Crash, ce sulfureux récit du maître Cronenberg n’en a pas fini de faire parler de lui. Il nous plonge une nouvelle fois dans un univers tordu et malsain avec son thème musical entêtant et s’évertue une fois encore à faire le tour d’un de ses thèmes de prédilection, le corps et ses déviances. Tout ne tient pas debout et ce n’est de toutes façons pas forcément ce qui est recherché ici de prime abord mais force est de constater que l’ensemble est assez fascinant. On s’enfonce toujours plus loin dans l’horreur mais aussi et surtout dans la psychologie dérangée des personnages, c’est parfois même vertigineux … Ça plaît ou pas mais nul doute que ce genre de métrage marque durablement et les comédiens y sont également pour beaucoup. J’apprécie énormément le travail de Cronenberg et Crash ne déroge pas à la règle mais il est évidemment à ne pas mettre entre toutes les mains.
Alors qu’il est devenu un cinéaste reconnu loin de la marginalité découlant du cinéma d’horreur de ses débuts, David Cronenberg a les honneurs du Festival de Cannes en 1996 et décroche le Prix spécial du Jury. Mais cela ne va pourtant pas sans un certain scandale (Francis Ford Coppola qui présidait ce même jury était d’ailleurs contre cette récompense). En effet, cette adaptation du roman de J. G. Ballard ressemble plus à une succession de scènes fantasmées qu’à une véritable histoire. La trame narrative est ainsi extrêmement simple et on assiste à une succession de scènes liant sexe et fascination pour les accidents de voitures où le cinéaste réussit l’exploit d’arriver à rendre plutôt érotiques des scènes glauques et malsaines, le tout servi par un casting quatre étoiles (James Spader, Deborah Kara Unger, Elias Koteas, Holly Hunter ou encore Rosanna Arquette) et une musique envoutante d’Howard Shore que ce dernier qualifie d’expérimentale. Ainsi, selon sa sensibilité, on pourra se sentir ennuyé par une intrigue maigre et peu crédible, révulsé par des comportements très déviants ou subjugué par la qualité cinématographique de l’ensemble.
La vie d’un couple à la recherche de plaisir sexuel et qui vont le trouver auprès de personnes fascinées par les accidents de la route. Ce film de David Cronenberg est une œuvre malsaine, et pourtant en même temps fascinante, même si on final on saisit mal le but du cinéaste.
Dérangeant sans aucun doute mais terriblement prenant. Les acteurs jouent à merveille, se donnent corps et âmes avec des performances assez inouïes. Un des films les plus troublants et perturbants tout en poussant les limites de ce qui est possible. La dernière réplique de la dernière scène vous hantera un moment...
Peut être l’œuvre charnière dans la filmographie de Cronenberg. Toujours obsédé par le corps on sent dans Crash son virage vers un cinéma de festival que je trouve personnellement moins intéressant. Il n’empêche Crash est un film intriguant, dérangeant avec cette bande de personnages qui ont développés une attirance sexuelle morbide autour des accidents de voiture. Malgré un rythme très lent je ne me suis pas ennuyé suffisamment intrigué par une histoire hors norme et bien sûr le talent de Cronenberg à la mise en scène. En revanche je n’ai pas été convaincu par la photo grisâtre et très marquée années 90 qui n’en fait pas un « beau » film.
Ma huitième incursion dans la filmographie de David Cronenberg et clairement, à mon sens, une oeuvre mineure dans la carrière du réalisateur canadien. Un long-métrage assez difficile d'accès à cause d'une intrigue brouillonne, confuse et d'un rythme lent, ennuyeux. Un ensemble à voir plus comme une analyse psychiatrique d'une forme de paraphilie que d'un véritable thriller à l'érotisme cru et remarquablement dérangeant, d'ailleurs plutôt saugrenu avec un parallèle fait entre fantasme sexuel et accidents de la route. Un film auquel je n'ai pas accroché en dépit d'une atmosphère glauque et pesante à souhait et d'une distribution de qualité de James Spader que je trouve toujours aussi lisse et dont le meilleur rôle reste pour moi celui qu'il incarne dans "Stargate, la porte des étoiles" de Roland Emmerich à Deborah Kara Unger sans oublier Holly Hunter et le charismatique Elias Koteas, parfaitement inquiétant en névrosé sociopathe. Pas franchement mauvais mais loin d'être inoubliable.
On peut reconnaître des qualités à l'esthétique de l'image, mais pour le reste... Entre des interprètes qui paraissent singer des pantins sans émotion la plupart du temps, un scénario-prétexte pour une enfilade de scènes de sexe ou de tôles froissées (sans que l'on perçoive la moindre évolution dans la psyché des personnages, désolé de le dire) et un propos des plus fumeux sur l'excitation morbide, pas étonnant que ce film ait été primé à Cannes (temple du n'importe quoi) et hué dans le même temps. Je ne garderai pas en mémoire une scène qui m'aurait causé un semblant de trouble ou même de malaise, ayant été bien plus navré par une telle débauche pour un résultat aussi faible sur le plan érotique. Pour ma part, Cronenberg s'est complètement loupé.
Un film "percutant". Le lien entre Crash et sexe est peu subtil et ne fonctionne pas nécessairement. Un mauvais Cronenberg reste plus intéressant que de nombreux films. Mais Cronenberg va au bout de ses idées. Et il nous inflige ses visions jusqu'au-boutistes. Reste l'ambiance quand même et la musique d'Howard Shore.
Avec Crash, David Cronenberg nous offres là un film qui ne laissera personne insensible. En effet cette histoire ne peut que provoquer des réactions tant le discours sur la sécurité routière est immoral. On y suit des personnages qui ont une fascination morbide pour les accidents de la route et leur obsession passe par le fait de faire l'amour dans des voitures, de se caresser devant des vidéos de crash automobile, prendre des photos d'un accident, se frotter contre des carrosseries ou encore prendre du plaisir devant des corps mutilés. Autant dire que vu le menu, le repas est dur à avaler. C'est à la fois dérangeant, répugnant, sensuel, malsain, déstabilisant et bien plus encore. C'est très érotique voir presque pornographique avec beaucoup de scènes portées sur le sexe, tout le monde couche avec tout le monde pour qu'il n'y est pas de jaloux. Malheureusement l'histoire semble passer un peu au second plan par rapport au sexe ce que je trouve regrettable. Mais on comprends bien qu'ici ce qui intéresse David Cronenberg c'est les corps. Et ils sont superbement mis en valeur par une réalisation travaillé vraiment superbe dont se dégage une très belle esthétique. Côté acteur, rien à redire les performances sont à la hauteur avec une mention spéciale pour Rosanna Arquette en femme aguicheuse et excitante qui crève l'écran par sa beauté. Les dialogues eux sont bons et la petite b.o. d'ambiance colle parfaitement à cette atmosphère indescriptible. La fin pour sa part est aussi étrange que normal au vu de cette histoire impensable. Au final Crash réussi son pari, celui de marquer les esprits par son côté voyeuriste avec son mélange de beauté et de dégoût et mérite d'être vu tant il est particulier.