La Pointe Courte
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Cadreum
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59 abonnés 777 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 24 septembre 2025
Qui est le film ?
La Pointe Courte est en 1955 le premier long-métrage d’Agnès Varda, réalisé à Sète avec des moyens dérisoires et une équipe réduite, mêlant acteurs professionnels et habitants du quartier qui donne son titre au film. L’histoire, en apparence simple, tient à une double ligne : un couple en crise qui vient discuter de son avenir, et la vie quotidienne d’un village de pêcheurs filmée dans son flux réel. Ce croisement entre fiction et documentaire fait du film un objet singulier, à la fois héritier du néoréalisme italien et préfiguration de ce qui deviendra la Nouvelle Vague française.

Que cherche-t-il à dire ?
En surface, Varda filme une histoire d’amour menacée : faut-il rester ensemble ou se séparer ? Mais ce qui l’anime, c’est moins la résolution d’un dilemme que la coexistence de registres. Elle ne sépare pas la fragilité d’un couple des tensions sociales qui traversent le village : la pêche précaire, la mort d’un enfant, l’autorité sanitaire qui interdit certaines zones, les mariages arrangés. L’intime se déploie au sein d’un tissu collectif, et inversement, la collectivité résonne dans la parole amoureuse.

Par quels moyens ?
La juxtaposition de la fiction conjugale et du documentaire social n’aboutit jamais à une fusion. Ce sont deux régimes d’images qui se répondent sans se confondre. Le spectateur est invité à lire leurs écarts : les visages concentrés du couple se heurtent aux gestes collectifs des pêcheurs, les hésitations intimes trouvent un contrepoint dans la dureté administrative. C’est un montage dialectique, qui ne commente pas mais met en tension.

La diction théâtrale des deux interprètes principaux contraste avec la présence brute des habitants filmés. Cet écart rend visible la différence entre fiction et vie réelle, entre parole construite et langage vécu. Le film assume cette disparité comme un moteur : le cinéma peut contenir des modes de présence différents.

Varda s’attarde sur les femmes du village, sur leurs dialogues, leurs gestes de soin. Elle ne l’énonce pas comme manifeste, mais l’attention qu’elle leur accorde déplace déjà le récit. Le cinéma devient lieu d’un partage inédit, où la parole féminine existe comme force structurante.

On pense au néoréalisme italien par le choix des décors naturels et des enjeux sociaux, mais Varda en détourne l’héritage en assumant une subjectivité forte et une fragmentation narrative qui annonce la Nouvelle Vague. Elle ne reproduit pas un modèle ; elle invente une voie.

Où me situer ?
Je suis frappé par la modestie de La Pointe Courte : avec peu de moyens, Varda invente une forme, une méthode, un regard. Je trouve fascinante sa capacité à inventer une co-présence sans hiérarchie. Mais il faut aussi reconnaître les failles : certaines scènes flottent entre poésie et maladresse, certaines ellipses laissent un vide qui peut frustrer. Pourtant, ces inachèvements sont la marque d’un geste inaugural : un cinéma qui cherche, qui ose, qui n’a pas encore la maîtrise mais déjà la liberté.

Quelle lecture en tirer ?
La Pointe Courte se lit comme un manifeste discret : il affirme que le cinéma peut tenir ensemble l’histoire d’un couple et l’histoire d’un village, le geste intime et l’économie collective. Ce n’est pas un pamphlet social, ni une pure méditation sentimentale, mais une manière de filmer l’attention.
LAvisDuNeophyte
LAvisDuNeophyte

4 abonnés 656 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 21 février 2025
Le film est assez austère, du fait de son rythme lent et du jeu très théâtral de Noiret et Monfort. C’est très cérébral et analytique pour tout ce qui concerne les dialogues du jeune couple. Par ailleurs, le film témoigne, presque comme un documentaire, des modes de vie du village de pecheur, ce qui le rend beaucoup plus intéressant.
Alolfer
Alolfer

178 abonnés 1 736 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 31 mars 2024
Le premier film d'une des plus grandes réalisatrices du Cinéma, j ai nommé Agnès Varda. Bien que son histoire soit assez subtil et réfléchi, ce premier film installe dès le départ, la patte et le style de Varda ! Dans ce film, Agnès Varda instaure un film montrant deux visions d'inégalités sociales. C est un film qui met également en lumière sur les villes de campagne, qui nous montre la meilleure représentation de soi-même, mais également, la joie de vivre, contre toute forme d'autorité. Pour ce qui est de l'intrigue des deux personnages principaux, c est quasiment la même chose : Le personnage féminin est pris de "peur" par cette vision de vie totalement différente venant d'un milieu modeste, contrairement au personnage masculin, qui va donc, lui "montrer la voie". Et tout cela se joue sur les dialogues percutants entre ces deux personnages. J'insiste sur les dialogues car ce sont les scènes les plus marquantes du film ! Pour ce qui est de la réalisation, c est bluffant ! La mise en scène de Varda est juste sublime ! Un premier film, pas accessible, mais très intéressant !
GéDéon
GéDéon

133 abonnés 711 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 15 janvier 2024
Issue du monde de la photographie, Agnès Varda signe son premier long-métrage en 1955. Qu’en penser ? Du génie, de l’amateurisme ou du foutage de gueule ? Chacun développera sa propre idée. Quoi qu’il en soit, on retrouve les prémices de la Nouvelle Vague avec l’abandon des codes du cinéma français traditionnel. Le film s’articule autour de deux axes : le quotidien des habitants d’un quartier de pêcheurs à Sète et les réflexions sur l’amour d’un couple en pleine crise existentielle. Les élucubrations philosophiques de ces deux amoureux (dont Philippe Noiret) sont pénibles à suivre. Aussi surprenant que cela puisse paraître, c’est pourtant le choix de la réalisatrice qui souhaitait une diction théâtrale sans aucune émotion en opposition à la gouaille des habitants de la Pointe courte. Bref, entre chronique prenant l’aspect d’un documentaire et divagations intellectuelles, cet objet cinématographique ne peut laisser indifférent.
Bertie Quincampoix
Bertie Quincampoix

142 abonnés 2 053 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 8 janvier 2024
Sorti en 1955, ce premier long-métrage d’Agnès Varda se déroule dans le quartier de La Pointe Courte à Sète, ville où la cinéaste passa une partie de son adolescence. Il superpose deux récits distincts : le premier est une somptueuse plongée semi-documentaire dans la vie quotidienne des pêcheurs du quartier, avec leurs joies et leurs drames, préfigurant dans son dispositif Pour la suite du monde (1962), long-métrage phare du cinéma direct québécois. Le second, très artificiel, raconte l’histoire d’un couple parisien (Silvia Monfort et Philippe Noiret) tourmenté par l’assèchement de leur passion après plusieurs années de vie commune. Il paraît bien moins réussi, voire carrément agaçant. Il n’empêche que La Pointe Courte a été réévalué comme l’une des œuvres pionnières de la Nouvelle vague française. Nul doute que l’utilisation brillante des décors naturels, le jeu sur les ombres et les lumières, le génie du cadre et de la mise en scène d’Agnès Varda, photographe de métier, y sont pour beaucoup.
kingbee49
kingbee49

53 abonnés 642 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 10 janvier 2024
On retiendra du premier film d'Agnès Varda un intérêt essentiellement formaliste. La photo, l'inventivité des cadrages, les mouvements de caméra... Pour son premier film de photographe, Varda veut faire passer un souffle de liberté solaire dans ce petit village de pêcheurs... L'autre proposition du film, c'est d'avoir d'un côté des acteurs non professionnels qui récitent leur textes (hélas !) et de l'autre Philippe Noiret et Sylvia Monfort qui se donne la réplique dans des balades existentielles et poétiques. Alors ça ne donne pas un grand film mais "La pointe courte" à la fraîcheur d'un premier essai naïf et contemplatif, comme une petite graine plantée en attendant le jaillissement de la Nouvelle Vague.
Patjob
Patjob

43 abonnés 755 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 12 décembre 2023
Ce premier film d’Agnès Varda est -déjà- à la fois une histoire et un documentaire. Mais alors que plus tard ces deux aspects s’interpénétreront pour donner des films merveilleux, ici ils sont bien séparés. Le premier consiste en un moment de réflexion d’un couple sur sa vie et son avenir. Ce n’est pas très réussi. Les deux protagonistes principaux récitent, pour ne pas dire déclament, leur texte, de façon théâtrale, avec un air absent (ce qui tranche avec les intonations naturelles des autres scènes de vie). Les dialogues ont une tendance emphatique et les déambulations des amants sont répétitives, accompagnée d’une musique fatigante et peu adaptée. Seule la photographie sauve ces passages. Car c’est avant tout un film de photographe. Et c’est dans le second aspect du film, l’aspect documentaire, dont le sujet est la vie dans le quartier de la Pointe courte, que cette photographie est admirable : par le choix des cadrages et l’utilisation de la lumière, l’artiste imprègne le spectateur, au-delà de la valeur de témoignage sur les conditions de vie de ce village de pêcheurs, de son ambiance si authentique.
RitchieGueko
RitchieGueko

27 abonnés 650 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 27 octobre 2023
La Pointe Courte est un film réalisé par Agnès Varda et sorti en 1955.
Il est indéniable que ce film (le premier de sa réalisatrice) a eu une influence considérable sur la Nouvelle Vague qui arrivera ensuite, tant les mouvements de caméra sont fluides et les plans sont propres, avec une très belle photographie. Malheureusement, ce film n'est pas convaincant à cause de sa forme : il jongle entre la vie des habitants de La Pointe Courte avec toutes les références possibles à Sète avec un cadrage proche du documentaire, et les scènes du couple Silvia Monfort / Philippe Noiret qui n'est vraiment pas convaincant tant leur jeu (suggéré par Varda) est inexpressif. Rien ne passe, et l'ennui est vraiment prégnant.
En dehors de son aspect historique, ce long métrage est une déception tant il est ennuyeux. A voir pour découvrir les origines de la Nouvelle Vague, pour le plaisir il faut passer son chemin.
Martine R.
Martine R.

15 abonnés 65 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 16 août 2022
Je n'aime pas, je n'ai jamais aimé le cinéma d'Agnès Varda dont j'avais vu tous les films, sauf...La Pointe Courte.
Et pourtant, Dieu sait si j'aime cet endroit, situé à quelques encablures de chez moi...
Cabanons hétéroclites avec le Chat Laid qui abrite des chats pas laids du tout, la maisonnette du Corse, souvent "fermée pour cause de fermeture"(sic), les maisons de pêcheurs et l'étang tout proche.
J'espérais que ce ce lieu délicieusement foutraque serait sorti un film décapant et drôle...Alors je me suis studieusement plantée devant mon téléviseur pour regarder ENFIN cette "Pointe Courte" qui passe en ce moment sur OCS, prête à faire amende honorable..
Mais, peuchère, quelle désillusion! Quel ennui abyssal! Les habitants sont pour la plupart doublés par des acteurs ayant un vague accent berrichon, on ne croit pas aux lamentations de la grand-mère devant le corps de son petit-fils Daniel, les amours vacillantes de Philippe Noiret et de sa compagne sont soporifiques et on s'intéresse peu aux ennuis sanitaires.
du jeune pêcheur .
Oh pécaïre, comme dirait la grand-mère éplorée, on s'ennuie à mourir devant cette Pointe qui n'a qu'un mérite: être courte, et encore, pas assez!
anonyme
Un visiteur
1,5
Publiée le 12 août 2022
Je vais faire tache, « La Pointe courte » d’Agnès Varda a été très douloureux à suivre.
Nous sommes en 1954, Agnès Varda, photographe de profession, s’autorise à vouloir faire un film. J’emploie le verbe à bon escient car d’après mes recherches, il n’était pas du tout évident qu’une jeune femme de 25 ans qui n’a pas étudié le cinéma et qui revendique ne rien connaître au 7ème art, en 1954, soit derrière une caméra pour réaliser un film.
C’est très courageux de sa part.

Malheureusement, je n’ai pas du tout mais vraiment pas du tout accroché.
Agnès Varda se fait tantôt guide touristique avec les deux jeunes mariés qui font de longues balades dans un Sète extérieur, balade dans une campagne du bord de mer aux côtes sauvages, où les chemins empruntés nous donnent à voir des filets de pêche qui sèchent.
Agnès Varda se fait tantôt reporter en s’attardant dans ce quartier de pêcheurs « La Pointe courte » où sa caméra s’invite dans les habitations garnies d’enfants, d’hommes, de femmes, de vieux et de chats !
Des pêcheurs préoccupés par des mesures d’hygiène, de sécurité et de règlements administratifs.
Cet aspect reporter est assez intéressant, je dois l’avouer. Le noir et blanc apporte une dimension documentaire d’époque.

Quant à la partie touristique menée par Philippe Noiret (l’Homme) et Sylvia Monfort (la Femme), deux jeunes acteurs de théâtre qui s’essaient pour la première fois à faire du cinéma, est extrêmement pénible voire douloureuse à l’oreille.
Certains plans de visages symétriquement de profil me renvoient à des postures de tragédies grecques.
Ce n’est pas le pire.
Ce sont des dialogues pompeusement cérébraux ! Pas littéraires, ce serait offenser la littérature, quoique…
Il y a des plumitifs persuadés de faire de la littérature, d’être héritiers des pères fondateurs.
En ce qui me concerne, des dialogues insupportables de prétention, de vide, de néant, qui se croient existentiels, c’est du parler pour ne rien dire et surtout ne rien faire !
Comme le dit si bien une femme à son mari, ami de l’homme (Philippe Noiret) : « Ils parlent trop pour être heureux ».

Ils sont mariés depuis quatre ans et la femme (Sylvia Monfort) est déjà épuisée de se mariage : « Tu ne m’enlèveras pas de l’idée que notre amour a vieilli ».
Ils m’ont fait vieillir de 20 ans tant leurs récitations ont asséché mon énergie.

Oui récitations ! J’exagère à peine en reprenant à mon compte les mots de la réalisatrice : « Je voulais que les acteurs ne jouent pas ni n'expriment de sentiments, qu'ils soient là et qu'ils disent leur dialogue comme s'ils le lisaient. En fait, je pensais à des récitants de spectacles orientaux… »

Voilà le troisième film que je voie de la réalisatrice et suis rassuré sur mes impressions quant à sa direction d’acteurs :
« J'ai tourné La Pointe courte en muet. Les pêcheurs et leurs familles, acteurs improvisés, faisaient de leur mieux pour lire les dialogues, mais je ne savais pas encore « diriger » des non-professionnels (ni les pros, Noiret s'en est pas mal plaint)… C'est à Paris qu'il a fallu faire doubler, en post-synchro et après montage, les voix des pêcheurs par des comédiens méridionaux. »
Qu’elle se rassure après « Le bonheur » et « Les créatures », elle ne savait toujours pas diriger les non-professionnels !
Et je suis rassuré aussi de constater que Philippe Noiret, homme de théâtre à ce moment donné de sa vie, un de mes plus grands acteurs fétiches français ait déjà remarqué ce manque de direction.

Entendu, c’est le tout premier film d’Agnès Varda, et comme tout premier film, elle y met toute sa sincérité et toute ses maladresses.
En filmant les enfants, on voit que les regards de ces derniers trahissent la présence de la caméra. Pour un documentaire, ça passe mais pas pour un film de fiction, ça ne passe pas du tout, sauf si c’est revendiqué par le dogme de la Nouvelle Vague !
En effet, les puristes et autres admirateurs de Varda pensent que « La Pointe courte » serait le tout premier film de la Nouvelle Vague. Agnès Varda aurait inspiré le mouvement.

En tout cas, je ne pensais pas être aussi pompeusement bavard avec Agnès Varda.
Ça vaut une demi-étoile supplémentaire car n’étant pas adepte de son cinéma, et de la Nouvelle Vague, je parviens tout de même à développer plus que nécessaire.

En conclusion, je citerai Jacques Siclier, chroniqueur au Monde et au Masque et la Plume, dont je ne partage pas le sous-entendu physique : « Tant de cérébralité chez une jeune femme a quelque chose d'affligeant. […] Agnès Varda doit être bien séduisante pour qu'on ait défendu La Pointe courte avec autant de mauvaise foi ».
Jacques Siclier doit admette qu’il en faut pour tous les goûts… Et aimer « La Pointe courte » ce n’est pas être de mauvaise foi et l’inverse aussi !
Par conséquent je ne fais pas tache !
Mélany T
Mélany T

43 abonnés 794 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 25 septembre 2021
Des qualités notamment les dialogues et interrogations amoureuses profondes mais le récit décousu et le scénario trop mince laissent de côté.
Ykarpathakis157

6 189 abonnés 18 103 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 31 août 2021
La Pointe Courte ressemble beaucoup à une version française d'un film néo-réaliste italien. Les acteurs semblent être des non-acteurs des habitants d'une communauté de pêcheurs français et l'histoire comme dans un film néo-réaliste porte sur des gens ordinaires faisant des choses ordinaires. Pour cette raison j'ai trouvé les 33 premières minutes plutôt ennuyeuses. Voir les gens de ce village de pêcheurs n'a semblé intéressant que pendant un court moment puis je n'ai pas réussi à voir un quelconque intérêt pour le reste du film. Alors que je pensais que cela ne pouvait pas être pire c'est arrivé. Un couple de jeunes mariés que nous avons vu au début de cette histoire se dispute mais sans aucune énergie ni intensité. Et curieusement il semble que quatre ans se soient écoulés depuis leur dernière scène bien que le temps ne semble ne pas s'écouler du tout dans le film. Au lieu de montrer une quelconque émotion pendant cette séquence étrange ils parlent sans arrêt pendant que la caméra joue à des jeux ennuyeux avec leurs profils. Ensuite on voit le gros plan d'un chat mort (qui a envie de voir ça dites moi) et ensuite des anguilles. C'est un film incroyablement artistique et pété du cerveaux pour ça c'est sûr...
Cinéphiles 44

1 666 abonnés 4 644 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 13 mai 2021
Avant de recevoir le César d’honneur (2001), le prix René-Clair de l'Académie française (2002), la Palme d'honneur du Festival de Cannes (2015), de l’Oscar d'honneur (2017) et de la Caméra de la Berlinale (2019), Agnès Varda a dû s’imposer dans un milieu principalement dirigé par des hommes. En 1954, elle recrute Philippe Noiret et Silvia Monfort, dans leurs premiers rôles, et s’entoure d’Alain Resnais pour le montage de son premier long-métrage “La pointe courte”. C’est dans ce village de Sète qu’elle racontera deux histoires, celle de familles de pêcheurs et celle d’un couple. Les deux histoires se croisent et s’entrecroisent dans le mouvement de la caméra 35 mm de Varda qui filme à merveille les contrastes des noirs et des blancs. Premier coup d’essai ignoré dans les salles, il n’en résulte pas moins une docufiction innovante.
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oldsport
oldsport

16 abonnés 96 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 17 mars 2021
2 "intrigues" pour un film : un couple qui bat de l'aile et tente de se réconcilier en déambulant dans les faubourgs de Sète
et une partie plus néo-réaliste sur le quotidien âpre mais débordant de chaleur humaine des pêcheurs de ce quartier atypique .J'avoue m'être profondément ennuyé par la partie sentimentale du couple Noiret et son improbable coupe à la Godefroy de Montmirail et Silvia Monfort .Le couple ne fonctionne pas mais leur ballade est pourtant originale car ils se promènent dans des endroits abandonnés,peu ragoûtants et loin de la carte postale de la seconde sous intrigue où Varda nous fait la visite du Sète touristique et de la convivialité des petites gens.On peut préférer voir Le voleur de bicyclette à ce moment là.
Une curiosité qui annonce 5 ans avant la Nouvelle Vague.
gimliamideselfes

3 433 abonnés 4 013 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 26 septembre 2017
Je ne savais pas qu'Agnès Varda avait fait du cinéma avant la Nouvelle Vague et avant Cloé de 5 à 7 et c'est déjà assez intéressant. Ici l'on suit deux histoires en parallèle, premièrement celle de la vie du village de la Courte Pointe, avec ses hauts, ses bas, les contrôleurs qui viennent emmerder les pêcheurs sur la manière de pêcher, les Marie-couche-toi-là, les amours... et puis celle d'un couple qui se retrouve à la Courte Pointe dont l'homme interprété par Noiret est originaire et si toutes les scènes de vie du village sont limites naturalistes, ici on a un travail formel, un texte savamment écrit avec plein de belles choses qui sont dites sur ce couple qui se reproche de vieillir côte à côte.

D'ailleurs qu'y a-t-il de plus beau que de dire "Sale bête" à la femme que l'on aime ?

Voir ainsi ce couple qui allait se séparer se rabibocher grâce au sang froid de Noiret pendant que la vie du village s'écoule pendant une bonne heure c'est assez satisfait, car même s'il y a deux ambiances assez différentes, que les personnages n'interagissent pas ensemble le film arrive à traiter correctement ses deux histoires, à les rendre belles et intéressantes.

Et je dois dire que l'on a ici un très beau noir et blanc rendant le film d'autant plus agréable à voir.
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