Un vision double de ce couple qui déambule au milieu de ce village de pêcheur. Il y a ce contraste entre les préoccupations d'amour, leurs discussions sur la vie, au-delà du présent, et les habitants qui vivent en communauté, et cette façon de les présenter, comme un documentaire. De longs plans parfois muets comme un film expérimental. Intéressant
C'est émouvant les premières fois. Premier long métrage de Varda, premier rôle pour Noiret (et aussi un certain Resnais au montage). Film précurseur de la Nouvelle vague, qui reste assez atypique dans sa construction. S'y mélangent des scènes d'un couple en plein doute (dialogue intellectuel et préoccupations de petit bourgeois) et la description du quotidien des pêcheurs de la région de Sète (peinture sociale entre Pagnol et Rossellini). Le liant entre les deux aspects est assez difficile à saisir mais il y a quelques cadrages stupéfiants de beauté (on dirait parfois du Cocteau). Un film agaçant et séduisant.
Très beau film au style épuré, aux dialogues un peu surannés avec une diction très théâtrale. Histoire simple d'un couple qui va essayer de se réconcilier. Importance du décor et des paysages naturels, simplicité de la vie de tous les jours chez des gens très simples. Beau noir et blanc, langage cinématographique très étudié, simple et complexe à la fois, les mouvements de caméra participent au récit. Les acteurs du village sont non professionnels. Les 2 acteurs professionnels sont excellents. Beau film empreint de poésie, de simplicité et de profondeur. Très belle photographie. Dialogues intelligents qui donnent au film un certain intellectualisme. La fin est optimiste, mais certainement fragile.
Ce film marque les débuts au cinéma d'Agnès Varda et de Philippe Noiret, tous deux issus du Théâtre national populaire. Varda y travaillait en tant que photographe et Noiret y développait son art de comédien, aux côtés de Jean Vilar et de Gérard Philipe. Tourné avec peu de moyens, dans des décors naturels et avec de nombreux acteurs non professionnels (les habitants du village de pêcheurs), La Pointe courte marque aussi, pour les historiens du cinéma, les prémices de la Nouvelle Vague. Il est vrai qu'il y souffle un esprit de liberté et d'expérimentation. Mais le film n'est pas exempt de contradictions entre des motivations réalistes et formalistes. D'un côté, la recherche d'une spontanéité d'observation, la captation simple des faits et gestes des pêcheurs et de leurs familles, l'interprétation approximative de ces acteurs d'un jour. De l'autre, des choix de mise en scène qui aboutissent à des poses artificielles, des textes très écrits, une interprétation principale (celle de Noiret et de Monfort) qui demeure théâtrale. Cette opposition fait sens, d'une certaine façon, puisque le film évoque deux mondes distincts, aux préoccupations bien différentes : une communauté pauvre, solidaire et chaleureuse, confrontée à des soucis matériels et concrets ; un couple de bourgeois en crise, focalisé sur l'analyse intellectuelle du sentiment amoureux. Mais cette dichotomie est un peu schématique et maladroite. Plus convaincant dans son approche réaliste du contexte local que dans son drame psychologique, le film n'en est pas moins, globalement, agréable à suivre et beau à regarder. On se laisse facilement bercer par le rythme de déambulation proposé par une caméra mobile, fluide, et par un montage (réalisé par Alain Resnais) qui laisse le temps au temps. On apprécie surtout la qualité des plans (cadrage, lumière...), souvent très graphiques, et cet oeil de photographe sensible au détail et à la poésie du quotidien. Une qualité qu'Agnès Varda développera dans la suite de sa carrière, aussi bien dans ses documentaires que dans ses fictions.
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3,5
Publiée le 24 juillet 2019
Nous sommes en 1955 et c'est le premier long-mètrage èponyme de Agnès Varda! Montè par Alain Resnais, la cinèaste ouvre la voie à la Nouvelle Vague avec la première apparition de Philippe Noiret à l'ècran, jouant un homme qui revient en vacances dans son village natal! Sa femme, qui songeait à le quitter, dècouvre sa vraie nature! D'une ècriture nouvelle, les amoureux de la nature apprècieront l'ètang de Thau situè à Sète-La Pointe Courte! Un quartier auquel Varda rendait souvent visite! Peut-être parce que cette dernière ètait intimement lièe avec cet endroit! On se souviendra aussi des jouteurs et de cette coquille vide d'un bateau, le grenier de leur maison, celle de Noiret et Silvia Monfort! En somme un joli classique avec une vision de Varda très aiguë, très personnelle des choses et des gens! Avec Pierre Barbaud, nous avons à faire ici à un musicien contemporain d'une certaine importance, qui, sur le plan du cinèma, a surtout collaborè à des courts-mètrages, de son fidèle ami Alain Renais et dans cette "Pointe courte" avec quelques thèmes folkloriques locaux, accompagnè d'une très belle photo en noir & blanc...
Une étoile pour la photographie et quelques plans plutôt bien construits. Par contre l'histoire n'a absolument aucun intérêt ni la partie réaliste (discréditée par le doublage qui n'a pas été fait par gens du cru) ni la romance (qui annonce les heures sombres de la nouvelle vague). Bref un premier jet brouillon ni fait ni à faire, à voir cependant si on veut connaître Varda.
Le film qui a lancé la Nouvelle vague, hiératique et lent, au contenu parfois intéressant mais qui sonne tout de même un peu faux… Sylvia Monfort et Philippe Noiret ont beau se déplacer comme des acteurs de tragédie grecque, les personnages qu’ils jouent n’en ont ni la grâce ni la destinée… Les acteurs non professionnels utilisés pour jouer les « habitants du coin » n’ont pas beaucoup de spontanéité et font souvent rire (de façon inopportune) tant leur jeu est maladroit. Au total, voilà une œuvre pleine de bonnes intentions, pleine de qualités aussi, mais dont les défauts sont tout aussi énormes.
Certaines personnes parlent de ce film comme de la première véritable oeuvre de la Nouvelle Vague, avouant ma quasi-inculture sur cette période importante du cinéma français, je laisse le soin à l'Historien de décider. En tous les cas, plastiquement le film est très beau. Chaque plan, chaque image étant très scrupuleusement composés nous rappelant la photographe professionnelle qu'était Agnes Varda avant de se lancer dans le cinéma. Le fond de l'histoire, celle des pêcheurs, qui n'est pas sans évoquer le néoréalisme. Cette partie du film est bien plus intéressante que celle du couple. En effet, on prend plus d'intérêt au jeu naturel des habitants de Sète qu'au jeu pompeux et théâtral de Silvia Monfort et Philippe Noiret dont c'est le premier rôle, ces derniers se faisant même un moment piquer la vedette par un petit chat noir qui est en train de s'étirer en arrière-plan. C'est cette théâtralité certainement voulue par la réalisatrice mais trop lourd pour un film comme celui-ci qui gâche cette oeuvre qui aurait pû être une réussite totale.
Avec le temps ce film est devenu un documentaire historique intéressant,les comédiens amateurs s'en sortent plutôt bien par contre les dialogues théâtraux entre Noiret et Monfort sont plutôt incongrus, malheureusement le style a fait école et donné lieu à de belles bouses.
Entre film ethnographique et histoire d'amour, ce film (ou ces deux moyens métrages entrecroisés) traite successivement de la vie des habitants d'un petit village près de Sète et d'un couple qui s'y retrouve pour faire le point sur leur relation. Porté par une mise en scène alliant le drôle et le grave, ce film anticipe de quatre ans sur une nouvelle façon de faire les films : avec un petit budget, dans des décors naturels, où le jeu est spontané,... La Nouvelle Vague.