Daguerréotypes
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anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 28 décembre 2013
Allez, j'enchaîne avec un autre documentaire, après "Les Dîtes Cariatides", signé Agnès Varda. Ce documentaire en question prend le nom de "Daguerréotypes", permettant à Varda de faire un jeu de mots entre les daguerréotypes, portraits photographiques dont la technique fut inventé par Daguerre en 1835, et la rue dans laquelle vit la cinéaste, à savoir la rue Daguerre. Ainsi, durant une heure et quart, Agnès Varda part à la rencontre des commerçants qui travaillent le long de sa rue et les filme durant leur période de travail, en les interrogeant sur leur vie, leurs rêves... On remarque une chose durant le visionnage de "Daguerréotypes", c'est la sincérité et l'amour que porte Varda aux sujets qu'elle choisit de filmer et ces sentiments se ressentent d'une manière extrêmement forte au fur et à mesure que la caméra s’engouffre dans ces commerces pittoresques, propres aux années 70. Il fleure une énorme nostalgie dans ce film, au fur et à mesure que l'on rencontre ces figures, ces "gueules" de travailleurs, alors simplement réduit aux yeux des autres au statut de commerçant, mais qui sont bien plus en réalité. Ce sont des gens, qui ont leur peur, leur joie, qui ne sont pas si différents de vous ni de moi, des artisans qui tâchent de survivre de par leur métier, leur main d'oeuvre. "Daguerréotypes" permet de s’immiscer dans le quotidien de ces commerçants, grâce à une caméra presque invisible qui filme la vie comme elle se doit. Varda signe encore une fois un formidable documentaire, plein d'humanité et de malice, portrait touchant de ces commerçants qui, grâce à la caméra, rejoignent l'immortalité.
Yves G.

1 845 abonnés 4 017 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 3 juin 2025
Agnès Varda a un jour raconté que le périmètre de ce film a été décidé par la longueur du cable de sa caméra branchée chez elle, rue Daguerre, dans le 14ème arrondissement parisien. Avec une équipe technique réduite au minimum, elle filme les commerçants de son bout de rue et le spectacle bon enfant qu'y donne un magicien.

"Daguerréotypes" : le titre est à lui seul un jeu de mots. Daguerre est l'inventeur de la photographie. Daguerréotype est l'anthroponyme, tombé en désuétude, qui désignait les premières photographies. Le titre fait par ailleurs référence à la rue Daguerre où habitaient la réalisatrice, son mari Jacques Demy, sa fille Rosalie (qu'on voit dans une scène acheter du parfum) et son bébé Mathieu qui venait de naître.

Daguerréotypes vaut d'abord pour le témoignage historique et sociologique qu'il laisse d'un Paris aujourd'hui disparu. Agnès Varda en avait d'ailleurs conscience qui écrit : "ce sont des archives pour les archéo-sociologues de l'an 2975". On y voit des métiers aujourd'hui disparus : le droguiste, le quincailler, le vendeur de couleurs, le réparateur d'horloges.... Le boulanger cuit son pain en plein Paris dans un fournil à bois. Le moniteur d'auto-école y donne ses leçons dans une Simca 1000. On y décharge les bouteilles de Butagaz.
Ce qui frappe, ce sont les accents régionaux, qui restent très forts chez ces provinciaux qui, pour la plupart, viennent de l'Ouest de la France (l'épicier est néanmoins Marocain et le droguiste Arménien) et se sont installés à Paris depuis des décennies. Le travail, on le fait en couple : le boucher et la bouchère, le coiffeur (Yves !) et la coiffeuse, le boulanger et la boulangère.

Mais "Daguerréotypes" vaut surtout par le regard empathique qu'il porte sur ces petites gens. Si Agnès Varda a atteint une telle célébrité, au point d'être canonisée "santo subito" à sa mort à quatre-vingt-dix ans en 2019, c'est parce que son cinéma avait une vertu rare : la bienveillance. C'est pour cela que "Daguerréotypes" qui est si daté n'a pas prie une ride : sa bienveillance est furieusement dans l'air de notre temps.
weihnachtsmann

1 617 abonnés 5 727 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 3 mars 2017
Tranche de vie du passé. Un Paris de l'époque ancienne, celle des "ménagères" qui font les boutiques et discutent à l'ancienne avec la "patronne", la femme du patron à la caisse... Un témoignage et un regard toujours humble et bienveillant sur les anonymes de tous les jours... Le reportage est un peu brut, et les images ne sont pas belles, contrairement à "Agnès de ci-delà" où elle introduit davantage de poésie
Lotorski
Lotorski

23 abonnés 588 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 1 septembre 2013
Je pense que ce documentaire vaut vraiment le détour. Il présente la réalité des commerçants d'une rue de Paris sans aucune manipulation. Et Agnès Varda ne se contente pas de nous toucher, son oeuvre invite aussi à des réflexions philosophico-spirituelles.
stans007
stans007

36 abonnés 1 462 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 février 2023
Un hymne au travail, à l’artisanat, au couple… à travers cette fresque des commerçants de la rue Daguerre, « montés » à Paris pour faire leur métier avec compétence, honnêteté et simplicité, sans se poser de questions - qu’ils soient boulanger, coiffeur, boucher, droguiste, moniteur, quincailler ou concierge… ! Un reportage sur les années 70 à Paris avec la brillantine à 2 francs cinquante, le lait Gloria (90 cts), les bouteilles de Butagaz, le cousu-main, l’avortement en voie d’accouchement, des personnages truculents (la femme de l’apothicaire), beaucoup d’amour, de pudeur et de nostalgie, voire de poésie à la Prévert. Bravo Agnès !
Arthur Debussy
Arthur Debussy

189 abonnés 772 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 18 mai 2012
Un très beau portrait des commerçants de la rue Daguerre. En les filmant au quotidien, en leur demandant de se présenter, de raconter leur rencontre avec leur conjoint ainsi que leurs rêves les plus divers, Agnès Varda réussit à aller au delà du documentaire et à approcher un peu plus, toujours avec humilité, simplicité et respect, la personnalité de ces gens à la fois ordinaires et singuliers. Ces corps fatigués par le labeur, ces yeux dans le vague, ces envies d'ailleurs... Au fond c'est l'humanité dans son plus simple appareil qui nous est donnée à contempler. La représentation du prestidigitateur Mystag (avec son amusant numéro de catalepsie) est l'occasion de rassembler tous les habitants du coin et de multiplier les associations d'idées par le montage, d'aller de ci de là dans les boutiques des uns et des autres afin de les voir à l'oeuvre. Hommage émouvant aux personnes qu'elle croise tous les jours, «Daguerréotypes» est en tous points remarquable de sincérité et de simplicité. [1/4] http://artetpoiesis.blogspot.fr/
LAvisDuNeophyte
LAvisDuNeophyte

4 abonnés 656 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 26 avril 2025
Un peu lent mais touchant car témoignage d’un Paris d’il y a 50 ans encore populaire. Notamment quand les commerçants racontent leur parcours.
Philippe Z.
Philippe Z.

5 abonnés 63 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 décembre 2013
Voir ce film 38 ans après sa sortie en 2013, c'est déjà faire de l'archéologie! Riche, émouvant, bien filmé et surtout très bien "joué", tout y est. Passionnant et à revoir dans ... !
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 10 août 2022
A. Varda s'intéresse ici à ces artisans, à ces commerçants, à ces femmes et à ces familles qu'elle côtoie quotidiennement dans sa rue : la rue Daguerre. Elle parvient à retranscrire leur quotidien avec une poésie et une certaine tendresse. Les commerçants sont d'abord saisis dans leur lieu de travail qui semble parfois les enfermer, à la manière du garçon de café décrit par Sartre, dans un rôle défini. Les dédales d'objets remplissant le champ laissent peu de place aux individus qui peinent à exister en dehors de leur travail. Les surcadrages fixent les sujets comme des éléments appartenant aux décors, voire même comme des prisonniers de ce dernier. Toutefois, Varda ne se contente pas de saisir les commerçants dans leur lieu de travail, puisqu'elle s'intéresse également à leurs rêves, leur passé et leur mariage. Elle réussit également à faire correspondre un spectacle de magie- moment de répit ou échappatoire- aux gestes exercés par les commerçants. Ces gestes quotidiens peuvent s'apparenter à des gestes magiques tant ils sont essentiels à la vie de cette rue aux aspects de village.
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