Chien enragé
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Yasujirô Rilke
Yasujirô Rilke

274 abonnés 1 059 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 6 octobre 2008
Pour sa troisième collaboration avec Akira Kurosawa, Toshirô Mifune interprète un jeune policier dans «Nora inu» (Japon, 1949). L’intrigue est connue puisqu’elle fut reprise par Johnnie To avec «P.T.U.» (Chine, 2003). Un jeune policier nourri de l’enthousiasme des premiers jours se fait dérober son arme dans un bus sans s’en apercevoir. Lorsqu’il en vient à s’en rendre compte, le voleur s’échappe et se perd dans la masse grouillante des bas-fonds de la ville. Kurosawa, dans le style social qu’on lui connaît, décrit à travers cette intrigue les paysages lugubres et corrompus des quartiers délabrés. Les premiers instants répondent à une nécessité de suspense. L’angoisse du personnage est retranscrite à travers une longue scène où Mifune, dans un jeu encore assagi qu’il délivrera dès «Rashômon» (Japon, 1950), arpente les ruelles des quartiers pauvres, affublé d’un costume pour passer inaperçu dans la masse. Dans la sueur, les éclats hallucinés du soleil, cette longue séquence assomme le personnage et plonge la quête dans un vertige hypnotique. Le film se poursuit et entre dans l’intimité, forgeant des accointances entre l’élite policière à laquelle appartient le jeune policier Murakami et le petit prolétariat de la famille d’Harumi, une fille de cabaret. Bien que souffrant de certains défauts, le film de Kurosawa n’est pas moins pourvu d’intelligence. Le voleur du pistolet, qui en profite pour tuer autour de lui, n’est autre qu’un semblable du jeune policier. Tous deux ont combattu durant la guerre du Pacifique et se retrouvent, dans la réalité du quotidien, à s’affronter autour d’un objet du pouvoir : l’arme. Cette lutte des intentions répond à un schéma symétrique. Le combat final à mains nues dans les fougères (lieu de Nature où Kurosawa aime à concentrer ses intrigues) représentent l’affrontement de deux frères. Tous deux sont des «chiens perdus» (traduction littérale du titre originale) que la violence militariste a rendu enragé.
Julien D

1 345 abonnés 3 461 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 janvier 2011
Plus qu'un polar filmé à la perfection dont l'intrigue de départ peut certes sembler simpliste (un flic qui a perdu son flingue!), CHIEN ENRAGE est une magnifique vision du Japon d'après guerre où l’américanisation se fait ressentir sur des plans culturels et sociaux, comme le match de base-ball superbement filmé. L’enquête est aussi la source de délicieuses images de policiers dont la mise en scène va rendre les émotions communicatives. Kurosawa nous prouve ainsi qu'il peut s'attaquer à tous les genres avec autant de maitrise!
SYNEPHIL
SYNEPHIL

62 abonnés 1 135 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 juin 2008
A partir d'un fait mineur ,Kurosawa nous plonge dans une passionnante enquete avec la misere d'apres guerre comme toile de fond.En effet le talentueuex cineaste utilise les mecanismes du polar (duo d'inspecteurs ,femmes fatales ,poursuites) afin de depeindre subtilement mais efficacement la vie misereuse des bas fonds japonais .la camera ,toujours judicieusement placé ,temoignant autant des poursuites (travelling) que de l'extreme pauvreté (gros plans).L'interpretation est comme toujours inegale (allant du tres bon a l'excessif) mais les 1ers roles sont eux ,heureusement irreprochables avec un tandem d'enqueteurs aussi efficace qu'equilibré : Mifune en jeune "chien fou" aveuglé par la culpabilité face au sage et experimenté Shimura tout simplement geantissime .De nombreux passages sans musique ,ni dialogues rappellent l'epoque du muet ,le meilleur exemple est ce duel final quasi silencieux (ponctué par un piano) se deroulant en pleine vegetation et terminant sur des chants d'enfants
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 21 avril 2008
Chien enragé est ce que l'on peut appeler, un pur chef d'œuvre. Toshiro Mifune bien que jeune, joue à la perfection et s'inscrit des lors comme l'un des plus grands acteurs de cet génération. Et que dire de Kurosawa... qui manie si bien l'esthétisme de la caméra, et nous entraine dans une histoire noire, et existentielle. Kurosawa, l'un des meilleur réalisateur au monde ? c'est fortement possible.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 9 octobre 2006
Chien enragé est un film très esthétique, comme le sont les autres réalisations du maître A.Kurosawa. Les acteurs sont parfaits, le déroulement de l'intrigue est soigné et le dénouement laisse perplexe sur la destinée des Hommes et sur le point de rupture qui fait basculer l'un d'un côté, l'autre de l'autre. C'est d'ailleurs un thème récurrent dans l'oeuvre de Kurosawa qui laisse en suspens le regard des hommes sans reproches sur celui des damnés. Ce film est un délice amer assez pessimiste sur le mal qui gangrène la société et sur les piliers de l'ordre qui combattent avec difficulté les assassins et escrocs de tous bords qui se "reproduisent" et dont seule la compassion et le pardon peuvent en venir à bout.
BabsyDriver
BabsyDriver

100 abonnés 1 012 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 13 juin 2008
Chien enragé est un chef-d'oeuvre, se plaçant comme l'un des cinq meilleurs films noirs de l'histoire. Kurosawa maîtrise toujours son film et dirige de main de maître un Toshiro Mifune très jeune mais toujours talentueux. Voilà un film asiatique qu'il serait intéréssant de voir en remake américain sous la direction de Scorsese ou de Michael Mann !
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 29 septembre 2006
Kurosawa réunit une nouvelle fois Takashi Shimura et Toshiro Mifune dans ce film-noir qui est tout simplement un chef d'oeuvre du film policier.
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