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Charlotte28
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1,5
Publiée le 16 juin 2026
Que c’est inutilement long, poussif, explicatif! En dépit d’un sens manifeste du cadrage, d’un symbolisme pertinent (la sueur constante, la surimpression de l’inspecteur sur la lettre), d’une utilisation cohérente de la vitesse de montage, la réalisation ne parvient à faire éprouver ni nervosité ni intérêt. Avouons qu’elle ne reçoit nul soutien des autres éléments du drame: policiers manquant de finesse, héros geignard qui par son obsession envenime le noeud, misogynie assumée (femmes hystériques, cupides, impudiques), interprétation théâtrale avec moult cris et pleurs, justifications psychologiques ténues (notamment pour le criminel sur lequel le regard porté se révèle ambigu voire absurde), dialogues moralistes (ôtant toute nuance, toute subtilité, tout poids au sens transmis par les images), séquences étirées (match de base-ball!) sans justification narrative, volonté de peindre la réalité de la vie japonaise a priori intéressante qui finit par gangréner l'enquête déjà peu trépidante. Très malhabile.
Chien enragé suit un jeune policier lancé dans une traque qui dépasse rapidement le simple cadre de l’enquête. Un film que j’ai trouvé marquant dans son approche, même s’il peut paraître plus classique aujourd’hui.
Avant de le voir, il faut avoir en tête qu’Akira Kurosawa s’inscrit ici dans le Japon d’après-guerre, en pleine reconstruction, ce qui influence fortement l’ambiance du film. Tourné en grande partie en décors réels à Tokyo, il adopte par moments une approche presque documentaire, avec une attention particulière portée à la ville, à la chaleur et à la tension sociale. À la croisée du film noir et du drame, il dépasse le simple cadre de l’enquête pour proposer une approche plus ancrée dans le réel et dans la psychologie.
Le film explore avant tout la culpabilité et la responsabilité individuelle, en montrant comment un événement peut provoquer une remise en question profonde. Il met en place un jeu de miroir entre le policier et le criminel, soulignant la proximité de leurs trajectoires et l’influence du contexte social sur leurs choix, tout en interrogeant la frontière entre bien et mal.
Le récit s’intéresse aussi à la société d’après-guerre, marquée par la misère et les tensions. Il montre comment un environnement instable peut favoriser certaines dérives, tout en laissant place à la question du choix moral. L’enquête devient alors une forme d’introspection, où la ville elle-même agit comme un élément déterminant, renforcée par une atmosphère lourde et une chaleur omniprésente.
J’ai trouvé le film particulièrement intéressant pour la modernité qu’il apporte à son époque. Chien enragé transforme le polar en véritable drame humain et moral, avec une profondeur psychologique et une absence de manichéisme marquantes. Le héros est fragile, le criminel lui fait écho, et l’enquête devient presque une introspection. La mise en scène, l’atmosphère et le réalisme renforcent clairement l’immersion.
Cela dit, vu aujourd’hui, le film peut sembler plus classique dans sa structure. Il reste marqué par son époque, avec quelques longueurs et une certaine théâtralité dans le jeu des acteurs. Des éléments qui participent aussi à son identité, sans réellement en atténuer la portée.
Au final, Chien enragé propose une approche solide et déjà très aboutie du film policier, en le transformant en réflexion morale et sociale. Un film important dans son contexte, dont l’impact se mesure autant dans ce qu’il raconte que dans ce qu’il annonce.
Ce n'est pas mon Kurosawa préféré. Si j'ai été impressionné par une mise en scène très efficace, j'ai trouvé le scénario un peu faiblard. Toshiro Mifune, qui jouait l'inspecteur Murakami, en faisait un trop dans l'impulsivité et l'idéalisme. Heureusement, l'expérimenté Sato, son coéquipier, compensait cet aspect. Certaines séquences étaient trop longues, y compris la déambulation de l'inspecteur grimé en mendiant dans les rues de Tokyo. Remarquablement mise en scène, cette séquence m'est toutefois apparue beaucoup trop étirée ! J'aurais préféré un film plus nerveux, même si l'histoire est prenante et globalement bien interprétée.
Personnellement, je pense qu'il s'agit d'un film majeur de Akira Kurosawa ! Il y a un avant et un après. Avec "Chien enragé", Akira Kurosawa installe son style et ses méthodes de mise en scène. De plus, il utilise les bases scénaristiques de ses précédents films (l'après guerre et la précarité), le tout en accentuant sa réalisation. Le duo Mifune/Shimura fonctionne à merveille dans ce film, entre la "tradition" du style japonais et la modernité occidentale.
Un sursaut malgré un début laborieux, mais le début d'une longue et grande carrière qui se confirmera
Un film noir et blanc japonais très bien avec une mise en scène japonaise. Qui nous montre la pensée du personnage principal avec sa détermination. Un polar japonais qui réussit à nous plonger dans l'action et les sentiments des personnages. Un film grandiose pour l'époque avec pour ma part un grand respect pour la culture japonaise.
Je commence seulement à regarder des films de Kurosawa, et pour l instant, celui ci ne m a pas autant plu que Vivre et Entre le ciel et l enfer, mais j imagine qu on n a pas le droit de dire ça d un Kurosawa non? Auquel cas, désolée ! Ça reste un très beau film ceci dit.
kurosawa filme à merveille les bas fonds d'une ville au japon après la guerre. La confrontation entre deux générations de policiers l'un sans illusions, l'autre encore fragile. Des personnages tous un peu paumés et vivant dans des conditions misérables. Même les flics ont tout juste due quoi manger. Kurosawa fait comme toujours le lien entre les conditions de vie et la personnalité de ses personnage.
Étrangement, ce film me rappelle le voleur de bicyclette. Œuvre de 15 ans dans le passé. L’homme a quasiment le même enjeu. Il peut perdre sa place. Et Kurosawa ne le lâche pas d’une seconde. Il scrute son visage, ses pieds. Il filme sa détermination. L’occasion d’errer dans une ville surpeuplée et plutôt misérable. Le film se concentre donc sur cette recherche méticuleuse. Intéressant mais un peu long.
À travers le langage emprunté au cinéma européen, Kurosawa nous promène à travers le Japon d'après-guerre. C'est toute la société japonaises des petites gens qu'on croise avec son économie parallèle et ses rapports de force.
Il n'est pas inhabituel de lire que la série de chefs-d'œuvre du maître japonais Akira Kurosawa, commença en 1950 avec "Rashomon ".
Selon moi on peut même remonter un an auparavant et classer ce " chien enragé " parmi les plus importantes réalisations du récipiendaire de la palme d'or avec "kagemusha ".
Film policier de haute volée, magnifiquement interprété ( on y retrouve Toshiro Mifune que Kurosawa avait employé un an plus tôt avec " l'ange ivre" ) et filmé.
Cette enquête policière qui part du vol de l'arme d'un jeune policier qui tente avec un collègue expérimenté de la retrouver et ce dans le contexte de l'après-guerre atteint un niveau de perfection exceptionnelle.
L'enquête policière est le prétexte pour Kurosawa d'aborder un de ses thèmes fétiches, celui du maître et de l'élève qui vient de l'histoire personnelle du réalisateur et qu'il abordera jusqu'à son opus ultime "madadayo ", d'ailleurs souvent injustement sous évalué.
Il aborde aussi le thème de la réinsertion des soldats après-guerre, la responsabilité personnelle de ses actes et surtout l'honneur et le courage valeurs immarcescibles qui méritent jusqu'au sacrifice suprême.
Si l'on s'en tient au registre du polar, le film est au niveau de ce que le cinéma hollywoodien a fait de mieux.
Autant dire qu'il s'adresse autant au grand public qu'au cinéphile le plus exigeant. Un très grand film, un chef-d'oeuvre !
Moi, à la place de Rachel, j'aurais pas tenu tête à ce gros barbu ! Russel Crowe est totalement flippant, angoissant...mais je crois que ce qui m'angoisse le plus, c'est de lui avoir trouvé quelques circonstances atténuantes ;-)))))
Je commençais à avoir du mal avec le cinéma japonais. Ce film vient un peu rehausser l'image que j'en ai. L'histoire est assez sympa, mais trop longue, et part dans trop de détails, ce qui en fait un trop long métrage... Malgré l'ennui qui s'installe, on peut tout de même profiter d'acteurs talentueux et d'une très bonne réalisation ! Si le genre policier vous intéresse, c'est une bonne expérience !
Malgré quelques longueurs, un brillant polar noir du maître Kurosawa, à la mise en scène virtuose, qui fait le récit d’une chasse à l’homme dans le Japon cicatrisant d’après guerre.
Un policier a perdu son arme et il doit la retrouver avant qu'un drame ne se produise. Ce qui commence comme une enquête classique devient par les mains d'Akira Kurosawa une réflexion philosophique sur l'animalité humaine et une retranscription du Japon d'après-guerre. Au-delà de l'implication morale du jeune inspecteur devant apprendre à vivre avec le poids de son erreur qui pèse plus à chaque balle tirée par son arme, chaque étape dans sa recherche sera l'occasion de présenter au spectateur la situation déplorable du Japon et sa population miséreuse. La misère perpétuant un véritable cycle sans fin, engendrant la pauvreté qui engendre le crime qui engendre à son tour la pauvreté éternellement. Kurosawa évite cependant de ne se limiter qu'à une illustration moribonde de son pays, chaque échange avec le jeune inspecteur est une occasion de rappeler que le basculement dans le crime est une tentation que tout citoyen doit combattre pour rester intègre afin d'éviter de rendre le monde encore plus pourri (le criminel recherché est autant un coupable qu'une victime, sortant de la Guerre et n'ayant trouvé aucune autre issue que le crime, la confrontation finale est une tragique représentation de ce tourment bipolaire dont souffre les personnages comme leur environnement). La frontière entre l'homme et un chien enragé est mince, mais Kurosawa nous montre que c'est un combat de tout instant.
" La malchance forme ou écrase, c'est au choix. Vas-tu te laisser écraser ? " Cette scène entre l'Inspecteur Murakami ( le charismatique et sensible Toshiro Mifune ) et son supérieur dans le commissariat est l'une des plus étourdissantes de ce long métrage. Akira Kurosawa change de registre avec ce film, à la manière de L'Ange Ivre déjà, cependant, il confectionne toujours ces créations avec ses thématiques habituel et le sentiment qui se dégage de celui-ci rejoins donc intimement les autres. Les déambulations incessantes de ce jeune inspecteur à travers la misère et la pauvreté se connecte avec les souvenirs des précédents œuvres, la force et la délicatesse ne font que se décupler de part ce procédé. J'ai déjà écrit quelques commentaires sur la prestation de Toshiro Miune plus haut dans cette critique mais je dois dire qu'il est si bon que cela est trop peu suffisant, j'ai pourtant bien du mal à trouver autre chose à dire sans tomber dans les compliments de circonstances et se ne serait point lui rendre justice. Un immense acteur, il incarne le cinéma de Kurosawa, voilà tout ! Takashi Shimura, Keiko Awaji, Isao Kimura et Eiko Miyoshi contribuent à la galerie de portraits dans laquelle ce même metteur en scène cherche à les inscrire de manière indélébile. Chien Enragé est avec L'ange Ivre une contribution aux cinéma dans son ensemble, deux monuments qui ont inspirés tant de réalisateur à travers le monde ... Je n'en suis qu'à mon sixième films, cette incursion dans la filmographie de Kurosawa ce révèle donc être encore très large et pleine de surprises à coup sur !