Il aura donc fallu 30 ans à Hollywood pour adapter l'une des séries les plus emblématiques des années 60. Par l'impulsion de Tom Cruise, à la fois acteur et producteur (pour la première fois), nous retrouvons donc l'équipe de Jim Phelps dans une de leurs missions. Cette fois, ils doivent mettre la main sur une disquette contenant des informations de haute sensibilité. Mais l'opération tourne mal, et Ethan Hunt, éclaireur de Phelps, se retrouve seul, traqué par sa propre agence. Il n'a d'autre choix que de fuir et trouver la personne responsable de l'échec de la mission. David Koepp et Robert Towne ont tissé une formidable histoire, respectueuse des intrigues de la série, terriblement intelligente. Tom Cruise a aussi du flair, vu qu'il a choisi de confier la réalisation à un rompu des histoires aux apparences trompeuses et à la duplicité inhérente: Brian De Palma. Le cinéaste met donc toute sa mæstria au service de l'histoire, et décide de jouer plus du suspense et de la tension que de l'action. Ceci étant dit, il excelle dans les deux. En ce sens, le casse de la CIA ou cette poursuite sur le toit d'un TGV sont des monuments. Pour dire, les deux scènes d'action du film sont au début et à la fin du film. Son seul point faible concernerait peut être la froideur de l'ensemble et les seconds rôles un peu sacrifiés . Tom Cruise excelle en Hunt, mais Emmanuelle Béart, Ving Rhames et Jean Reno font ce qu'ils peuvent avec de petits rôles, qui auraient mérités plus de développement. Phelps, lui, est carrément relégué au second plan pour laisser le champ libre à la star du film Cruise. Un comble quand on sait qu'il est la clé de voute de la série. Dommage, car Jon Voight est idéal pour le jouer. Reste la prestation savoureuse d'Henry Czerny, parfait en patron de l'agence IMF. Difficile de qualifier ce film d'excellente adaptation de la série, mais un bon film d'espionnage, qui marque sa différence avec James Bond: plus cérébral et froid, mais aussi plus malin.