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Sátántangó (Le Tango de Satan) - Partie 1
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4,5
Publiée le 30 janvier 2026
Qui est le film ? Réalisé en 1994, au moment où l’Est sort à peine de l’effondrement des régimes socialistes, Le tango de Satan regarde autant la chute d’un système que ce qui lui survit. Tarr adapte ici le roman de László Krasznahorkai et épouse la vision d’un monde où l’Histoire a cessé d’être une promesse pour devenir une inertie. Le film promet une expérience du temps, sans explication de la misère, où des êtres continuent à vivre alors que toute idée de futur s’est retirée.
Par quels moyens ? Les sept heures du film ne cherche pas à récompenser l’endurance du spectateur. Tarr la met à l’épreuve. La durée use. Elle rappelle la pensée de Cioran selon laquelle le temps est une corrosion lente. Ici, chaque minute supplémentaire n’ajoute pas du sens, elle retire de l’illusion. La caméra adopte un regard qui refuse toute hiérarchie émotionnelle. Les plans séquences interminables épaississent l’espace. Le mouvement de la caméra enferme. Tarr ne coupe pas parce que la vie elle même ne propose pas d’ellipse.
La structure en tango, avancée puis recul, donne l’impression d’un mouvement mais ce mouvement ne mène nulle part. Nietzsche écrivait que l’homme préfère encore vouloir le néant plutôt que de ne rien vouloir. Sátántangó filme précisément cette volonté du néant déguisée en marche collective. Les personnages avancent parce qu’il est insupportable de reconnaître que rien n’attend au bout. Le tango n’est pas une danse. C’est une mécanique de l’auto tromperie.
Le village est filmé comme un espace post historique. Ce n’est ni un lieu de pauvreté spectaculaire ni un décor naturaliste. C’est un reste. Un monde après les récits. Le socialisme est mort, le capitalisme n’a pas encore donné ses promesses, et entre les deux il ne subsiste qu’une économie de la rumeur, de l’alcool et du bricolage moral. Tarr filme l’abandon.
Irimiás n’est pas un escroc au sens moral du terme. Il est le symptôme d’un besoin. Peu importe ce qu’il promet, car la promesse elle même suffit. Il incarne ce que Cioran appelait la tentation de l’espérance comme maladie incurable. Les villageois savent qu’il ment mais le mensonge leur offre une structure, une direction, une mise en récit de leur désastre. Irimiás ne manipule pas des naïfs. Il répond à une demande de fiction.
La pluie, omniprésente, ralentit, efface, alourdit. Elle inscrit la fatigue dans la matière même de l’image. Ce n’est pas un symbole, c’est une condition. Le monde est déjà en train de se défaire, et la pluie rappelle cette idée nietzschéenne d’un monde sans arrière monde, sans refuge métaphysique. Tout se joue ici, dans la boue et l’humidité.
La séquence de la fillette et du chat est insoutenable. L'innocence est déjà contaminée par la violence. Tarr n'en filme pas la perte mais montre qu’elle n’a jamais existé. Enfin, le médecin observe, note, consigne, convaincu que voir et comprendre suffisent. Mais son savoir n’a aucun effet. Il regarde le monde se déliter sans pouvoir agir. Tarr semble ici adresser une mise en garde. L’intelligence n’est pas un salut. Elle devient juste une forme supplémentaire d’impuissance.
Quelle lecture en tirer ? À travers la marche dans la boue, les beuveries interminables, la cruauté enfantine ou les discours creux, Tarr filme une apocalypse déjà survenue. Il ne s’agit pas de dire que tout est perdu mais de constater que l’idée même de futur est devenu une fiction parmi d’autres.
7h20 de plan séquences contemplatifs en noir et blanc c'est très violent et forcément inoubliable.
Et oui, bien évidemment que c'est un film de prouveur et c'était d'ailleurs ma principale motivation, à l'origine.
Et puis j'ai vu Le Tango de Satan et c'est absolument prodigieux.
Se déroulant dans le contexte post-communisme en Hongrie, structuré en douze mouvements accompagnés d'une voix off, composé de plans séquences d'une lenteur extrême, Satantango livre une expérience absolument unique où pour la première fois j'ai réellement senti cette sensation d'enlisement, d'incertitude et de désespoir que le film veut transmettre. La quasi omniprésence de boue et de pluie et l'insistance qui y est portée donne l'impression d'être dans le film, c'est très troublant.
Le film est visuellement indiscutable, l'élégance des plans séquence n'a d'égal que la pureté des contrastes de gris qui transforment des paysages aussi bien ruraux qu'urbains, vides et sales, en de véritables tableaux bien plus passionnants que ceux que fait Kubrick avec Barry Lyndon.
Par-dessus tout, là où Béla Tarr a réussi à faire du cinéma qui va me rester très longtemps en mémoire, c’est avec le récit d’Estike, qui questionne la reproduction de la violence grâce à des séquences gravées très profondément dans mon cerveau, où bourreau et victime sont intelligemment brouillés pour illustrer le transfert de pouvoir et de violence. Je ne saurais pas dire pourquoi celui-ci est celui que je retiens le plus, malgré le nombre de séquences marquantes, mais c’est sûrement psychologiquement que cette partie m’a eu.
Regardez Satantango, car même dans des conditions qui ne sont pas optimales (je l'ai vu en 4 fois sur un ordi) c'est un très grand film.
Film au statut "culte" principalement pour sa très très très très très longue durée d'environ 7h mais 7h de Cinéma avec un grand C. Je ne pensais pas le faire d'une traite, j'ai tellement été happé par cette expérience si atypique que je n'ai pas vu le temps passé. C'est simple, on ne s'ennuie quasiment jamais, à part peut-être dans la dernière partie.
Pourtant, le scénario de Sátántangó est, de mon point de vue, le plus gros défaut du film mais aussi son plus gros atout. Je m'explique, durant 7h, il ne va pas se passer grand chose, la trame principale n'est pas vraiment des plus intéressantes. Cependant, ce qu'il y a de réellement intéressant, ce sont les substances internes du film, ici, c'est tout le travail déjà sur la notion de vide. En effet, j’avais ce ressenti d’être face à un trou noir. J’avais cette impression que les personnages ont été vidé de leur âme, de leur humanité pour ne laisser que le mal dans leur esprit. Ils vivent une lente descente aux enfers.
J’évoque le trou noir c’est aussi pour parler de la notion du temps. Le temps a été ralenti voir totalement figé, pendant quelques heures, comme le fait qu'il pleuvait en continu.
La notion de temps figé est encore plus frappante sur la super mise en scène de Bela Tarr. De lonnnnngs plans séquences où pour la plupart du temps, on voit les personnages qui marchent quelques minutes, seuls ou accompagnés, de nuit ou de jour, sous la pluie ou sous une bourrasque, ou encore dans la forêt ou les plaines boueuses de cette Hongrie rurale. Le manoir représente aussi très bien ce temps suspendu avec une très belle scène où les personnages sont immobiles et regardent devant eux quelque chose qui est difficile à déterminer.
Après dans le fond, ce n'est pas le récit le plus optimiste que j'ai vu de ma vie mdr. On est à la fin d'un monde et à l'aube de la création d'une nouvelle société. Toutefois, c'est une société qui est dictée, peu libre dans ses choix et mouvements et qui se barricade face à la peur du monde extérieur. Plutôt visionnaire sur ce point-là.
Il y a pas mal de séquences qui m'ont plu mais celle qui a retenu le plus mon attention est la séquence avec la gamine. Mon dieu, je n'ai jamais vu quelqu'un qui maltraite autant un chat c'est pas vraiment sympa pour le coup. Cette fille représente peut-être notre génération qui a été oublié par les précédentes générations ou une personne qui ne se sent plus en adéquation avec notre modèle de société actuelle.
Une super musique de film qui fait ressentir toute la pesanteur, l'extrême gravité du récit. Une super photographie avec de très beaux effets avec le brouillard.
J'ai peut-être perdu 7 heures de ma vie mais j'en aurais gagné 7 à en apprendre plus sur ma vie, sur notre vie, sur l'humanité tout simplement. Sátántangó, une oeuvre à part dans le paysage cinématographique.
Béla Tarr maîtrise complètement le temps cinématographique ainsi que les plans séquences prodigieux dans cette œuvre cinématographique, mythique, onirique où l' amour humaniste suinte comme la pluie sur la grande plaine hongroise............
Il nous faut nous laver mentalement de tous les films " speed" et montés, tel les publicités, par des " cut" de deux ou trois secondes tout au plus , et vous aurez le plaisir de regarder et voir la vie cinématographique selon Béla Tarr................
Les longs travellings, surréalistes ou hyperréalistes, questionnent notre imaginaire et notre psyché malmenée par trop d' images prêtes" à consommer" comme une soupe au lard. Les images tarriennes, irréductibles, sublimes, authentiquement humanistes, irradient pour longtemps notre vécu face à ce film " fleuve" profond et inquiet quant à la vraie question humaine cosmique et inique, trouble et lumineuse, inquiétante et étonnante............
Béla Tarr propose dans cet opus le plus long d sa filmographie (7h30), en trois parties, son regard métaphorique sur l'existence.
Certains y ont vu une critique du monde communiste ( ici en Hongrie) mais la suite de sa filmographie, qu'il poursuivra plus de deux décennies après ce "satantango" et la chute du camp socialiste, laisse penser que c'est aussi de la vie en général dont il nous parle. Finalement pour Béla Tarr, partout la vie est la même et ce n'est pas formidable.
La première partie est ( à mes yeux) la plus réussie des trois, au plan cinématographique. Ici il s'agit de nous présenter certains personnages de son histoire qui vivent dans une ferme collective.
Le peuple que nous représente le cinéaste n'est pas d'une moralité très grande ( vol, tromperie sexuelle, alcoolisme, absence d'amour et d'empathie).
Il y a une ambiance inquiétante, envoûtante portée par la musique, les plans séquences, la boue, la pluie qui tombe sans discontinuer sur le paysage désolé, morose, déprimant, la vie est répétitive sans souci d'élévation spirituelle ou intellectuelle.
On apprend que deux anciens membres de l'exploitation agricole qu'on croyait morts, sont vivants et reviennent à pieds de la ville. Certains doutent de la véracité de la nouvelle.
Sátántangó est à voir absolument. Si vous êtes habitué aux séries, vous allez comprendre la différence avec un film de cinéma, ce que veut dire image, mise en scène, scénario, son...
Moi j'ai du mal avec les longs film. Satantango ça dur longtemps mais c'est pas long. Laissez vous hypnotiser. Ps: Gardez une posture adéquate pour éviter un mal de dos.
C'est à se demander si les gens qui ont critiqué le film l'ont réellement vu. "Pas une minute d'ennui" ---> non, pas "une", mais 7h40 d'ennui profond. Des plans d'une longueurs aberrantes, pire que le plus lent des Tarkovski. Filmer le vide, Antonioni l'a très bien fait, mais lui au moins à la décence de ne pas excéder les 2h20. Ici, nous sommes confrontés à un film d'une complaisance inouïe ; à chaque plan le cinéaste se regarde filmer et laisse tourner sa caméra dans le vide ; on pourrait couper deux minutes en début et fin de chaque plan et diviser ainsi la durée du film par deux.. Là on pourrait tirer un film intéressant et un propos cohérent. Mais non, c'est puant de complaisance, et rien d'étonnant dans le fait que les spectateurs-lecteurs de Télérama soient en pâmoison devant une oeuvre aussi prétentieuse et agaçante. À noter tout de même le travail fabuleux du chef opérateur ; c'est indéniable, la photographie est juste sublime et ce noir & blanc très dense constitue (pour moi) le seul intérêt de ce film-souffrance.
Comment résumer un film d'une telle ampleur en seulement quelques paragraphes ? C'est impossible, de la même façon que je suis obligé de parler de ce film comme d'une trilogie tant les trois parties qui le composent sont à la fois distinctes et complémentaires. En bref, j'ai trouvé les mouvements de caméra superbes, la photo de ce film, et son esthétisme en général forcent le respect. Il y a quelque chose dans les cadrages, le jeu des acteurs, la mise en scène de Bella Tar qui hypnotise, sûrement à travers les longs plans séquence qui composent l'oeuvre. Le problème, c'est que 7h30 c'est long, beaucoup trop long. Le sujet en lui même est dur, hermétique, difficile d'accès, et l'extrême lenteur du film peuvent parfois irriter voir même pousser le spectateur à l'abandon tant on ne prend pas de plaisir devant celui ci. Seulement, comme je l'ai déjà dit, Le Tango de Satan possède une force, un ensemble qui lui donne une identité, une accroche, et nous empêchent de lâcher prise malgré tout et de poursuivre jusqu'au bout des 7h30 pour mettre un terme à cette histoire glauque, froide et déprimante.
Même si j'ai connu des moments de cinéma plus joyeux et appréciables, je suis sorti de ce film heureux, car j'avais vraiment l'impression d'avoir fait un voyage, un voyage horrible, certes, mais le film m'a transporté, à travers plusieurs moments de fulgurance, dans un autre monde, presque apocalyptique, et m'a procuré une autre vision du temps et de l'espace. C'est le genre de film qui change ta vision du cinéma, c'est pourquoi il est très important d'en faire l'expérience.
Un film loin d'être parfait, très dur et éprouvant, mais une véritable oeuvre d'art, à réserver à un public averti.
"Le Tango de Satan", qu'il est encore plus professionnel d'appeler par son titre original "Sátántangó" même si ça veut dire la même chose, est le film à voir absolument pour le cinéphile s'il veut se considérer comme véritablement dépucelé (cinématographiquement parlant bien sûr !!!). Ben oui, un film hongrois de sept heures et demie en noir et blanc, avec des plans-séquences de 20 minutes (j'exagère évidemment... enfin à peine !!!) où son cinéaste Béla Tarr montre une action dans sa véritable durée réelle, avec comme sujet l'histoire des âmes errantes d'une ancienne ferme collective, symbolisant allégoriquement la chute du communiste, (vous allez pas me dire qu'il n'y a pas plus bandant comme sujet quand même !!!), comme challenge de film à regarder, il ne peut avoir plus fort hors cinéma purement expérimental. Et pour que le challenge soit complet, il faut que les sept heures et demie soient vues d'affilée ou au minimum soient vues dans la même journée (c'est personnellement ce que j'ai fait parce que j'ai interrompu le film pour voir sur IMDB s'ils ont vraiment torturé et tué ce pauvre chat ; heureusement que non mais la séquence est fichtrement réaliste !!!). Bon, je me moque... mais il faut reconnaître que cette oeuvre est remarquable pour son jusqu'au-boutisme. Tarr ne fait jamais les choses à moitié ce qui en fait une oeuvre véritablement unique et spéciale. Et puis le noir et blanc est superbe, les mouvements de caméras pendant les plans-séquences sont d'une fluidité et d'une maîtrise impressionnantes, la direction d'acteurs est parfaite... J'ai décroché parfois mais il y a des scènes qui parviennent à être hypnotiques comme l'éprouvante séquence du chat ou encore quand un escroc profite du suicide d'une jeune fille (la tortionnaire !!!) pour manipuler les habitants de la ferme. J'ai pas aimé ce film, je ne l'ai pas détesté non plus, disons que je l'ai admiré sur plusieurs points...
"Le Tango de Satan" est une fresque poétique et noire, si noire ... On pourrait se sentir étouffé par ce tableau d'une humanité dépossédée de son libre arbitre, à la merci d'un déterminisme mystérieux, comme des feuilles mortes emportées par les rafales de vent. On finit par accepter cette proposition faustienne pour une danse de plus de 7 heures de long.
Si les 7h30 de Satantango auraient de quoi déstabiliser, le film est tellement riche et puissant dans le moindre de ses scène que le spectacle finit par prendre et par scotcher complètement, même au delà de la simple hypnose, il gagne en force et en émotion à mesure que la fin approche, et finit par un coup de grâce d'un grande simplicité mais d'une évocation splendide sur la vie. L’œuvre se pare d'une esthétique grisâtre, Tarr, fidèle à son noir et blanc embourbe un petit village sous des pluies d’automne et de brouillards mystérieux, introduit l'arrivée de quelques personnages dans une petite communauté qui va alors tenté de gagner sa vie en travaillant. Film certes politique, puisque c'est bien du communautarisme dont on annonce la fin, mais aussi, sur le tard, une grande œuvre sur le travail d'écrivain, de créateur, avec ce personnage de docteur qui se reclus chez lui et s'isole pour se fermer de la lumière, de la vérité, s'enfermer dans ses pensées et retrouver la voix du narrateur. Le film est parcouru comme un grand roman d'intrigues plus ou moins reliées, de dialogues très variés et de situations qui dépassent le simple cadre du film, tant le travail sur le plan par plan du réalisateur emmène chaque idée à son bout, et fait imploser l'écran à certains moments particulièrement forts (scène de danse, scène avec le chat, fuite des chevaux... Tout prends une importance et une beauté lyrique capitale, tant le film offre beaucoup de chose avec peu de moyen. Il se créer une belle attente de chaque nouvelle action, et même des surprises assez plaisantes, qui éloignent le film d'un cadre purement classique que Bela Tarr aurait pu faire : il faut voir comment il film chaque personnage avec plaisir, avec humanité et grande simplicité, comment il les filme en interactions, dans le mouvements de leur danse, de leurs disputes et surtout, ce qu'il fait du décor, cette campagne en ruine de la vie où teintent les cloches d'un invisible glas ("serais-ce la fin des temps ?"). Le film, même si son propos est tout sauf joyeux, a une réelle énergie par moments qui en font une parabole sur la vie de villageois et de travailleurs sublime, qui dépasse de loin toutes les autres représentations plus ou moins réalistes de ces conditions de vie. Ici, la caméra est là, le regard sur l'enfance, la présence de la nature, des animaux en liberté, la puissance de certains symboles religieux oi naturels et un humour assez noir et acerbe (scène de description des villageois par les eux hommes de bureau) font de l'ensemble une des plus grandes œuvres de son époque, hanté par les sons d'une fin de quelque chose, d'une alerte permanente.
Du Grand Art. 7h30 mais pas un plan, pas une seconde superflue. Tout simplement magistral. Comment décrire une telle expérience? Comment trouver des mots assez forts pour rendre compte du génie à l'oeuvre? Imaginez l'enfer sur terre (en l'occurence le communisme croulant) et vous serez encore bien loin de ce qui est porté à l'écran. L'eau et la terre deviennent pluie et boue, hommes et femmes se changent en animaux, et tout est sale, gris, terne, pourri, ravagé... Peut-on encore parler d'humanité tant les personnages cumulent les vices les plus vils? Oisifs et cupides, paresseux et méfiants ils s'entredéchirent dans cette ferme collective hongroise laissée à l'abandon. Jusqu'à ce que deux hommes revenus d'entre les morts les sortent de leur torpeur. Inutile de préciser qu'avec 7h30 de longueur, une mise en scène sublime et lente, une bande-son plus vraie que nature et un rythme exagérément étiré l'immersion est totale. On a l'impression d'être littéralement "dans" le film, d'avoir traversé l'écran pour se retrouver au milieu de ce monde dévasté et de ces personnages misérables. La puissance du film n'a d'égale que son impressionnante noirceur : peu d'espoir de rédemption pour ces êtres dégénérés, effectivement plus que dans «Damnation» (où il n'y en avait tout simplement pas). Un des plus grand films jamais tournés, d'une maîtrise à couper le souffle. Chef-d'oeuvre inestimable, et je pèse mes mots. [4/4] http://artetpoiesis.blogspot.fr/
l'Un des plus célèbres chefs d'oeuvre de Bela Tarr, une fresque épique d'une durée légendaire et surnaturelle de 7h25... 450 minutes qui passent sans la moindre longueur, sans le moindre instant d'ennui, du début a la fin on est absorbé par la splendeur de cette mise en scène, ainsi que par la noirceur et le poésie qu'elle dégage... Le développement de l'histoire et des personnages est historique et d'une justesse hallucinante, la manière dont on voit ces personnages perdus évoluer, a travers ces intensément longs plans-séquences d'une beauté émouvante, la façon dont les regards sont captés par la caméra, les dialogues, les mouvements... Absolument tout dégage une telle force ! "Satantango" est un film puissant, sans repères chronologiques, perdant le spectateur comme les personnages sont perdus dans leurs vies, se noyant dans l'alcool, marchant en se donnant l'illusion de savoir où ils vont... 12 longs et fascinants chapitres ne racontant pas d'histoire en particulier, mais montrant l'homme dans sa plus totale et aveugle perdition, une ambiance obscure alourdie par les incessantes pluies d'automne, la boue et le vent. "Satantango" est une expérience cinématographique éblouissante, un incontournable du septième art...