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CH1218
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3,0
Publiée le 26 juillet 2020
Il n’y a pas de frontière entre la folie du tournage et le projet mégalo du personnage joué par Klaus Kinski de construire un opéra au milieu de l’Amazonie péruvienne. Pièce maîtresse du film, le franchissement d’une colline par un bateau en est d’ailleurs la parfaite illustration. Malheureusement, Werner Herzog tarde à stimuler cette dimension et le ton épique de l’aventure ne prend réellement forme qu’après une longue heure d’ennui. Il m’a fallu en effet attendre l’entrée en scène des indigènes pour enfin commencer à apprécier « Fitzcarraldo ».
Film de la démesure et d'un projet fou, "Fitzcarraldo", malgré quelques longueurs, ne manque de charme, à l'image de la sublime Claudia Cardinale, amoureuse d'un ingénieur mélomane aux projets démesurés. La fascination exercée par la jungle amazonienne, le fleuve et ses affluents, est captée avec brio par le réalisateur d'"Aguirre", tout comme la folie qui anime Fitzcarraldo, superbement incarné par Kinski. La scène finale, où le bateau accueille la représentation donnée par une troupe en provenance de Manaus, est inoubliable.
Il n'est pas fréquent qu'un metteur en scène décline sous une forme différente un sujet présentant de nombreuses analogies avec un de ses films précédents. En l'occurrence , la mégalomanie du personnage principal, la navigation sur l'Amazone, ...et Klaus Kinski!). Au hiératisme austère et minimaliste d' "Aguirre, la colère de Dieu", Werner Herzog substitue une mise en scène plus spectaculaire, voire grandiloquente, sinon baroque. A la mégalomanie féroce d'Aguirre succède l'exubérance de Fitzcarraldo, qualifié de conquérant de l'inutile. Plus sobre ici, Klaus Kinski arpente l'Amazone au milieu d'une jungle mystérieuse, parfois hostile, superbe sur son bateau massif. En dépit d'une mise en place un peu longue et quelques fois d'un manque perceptible de sincérité, le film réserve de jolis moments, autant dans les images de la traversée majestueuse du fleuve que dans l'expression de l'ambition surréaliste d'un personnage que l'idée folle d'édifier un spoiler: opéra en pleine forêt vierge conduit à envisager de vendre de la glace aux indiens...
Le clou du spectacle, inoubliable, est l'entreprise herculéenne consistant à spoiler: transporter le bateau de Fitzcarraldo d'un bras du fleuve à un autre en surmontant une colline . On touche là à la sublime démence humaine, et la formule "renverser des montagnes" prend tout son sens.
Film intéressant, côtés poétiques, un peu lunaire ou lyrique, contenant beaucoup de vide auditif (ce qui fait du bien, soit dit en passant avec la saturation auditive régnante au XXIe siècle) et contraire de l'immersif (?). Cependant ceci est sauvé par la beauté des plans et la tête de l'acteur principal.
Werner Herzog pourra remercier Klaus Kinski d’avoir un grain car, en grande partie, ce film tient grâce à lui. Pour être plus juste, c’est Kinski qui apporte le petit plus car, au fond, ce film est quand même bien mené, présente une aventure assez prenante, et dont la conclusion met pas mal les choses en perspectives. Pas forcément convaincu la première fois que je l’ai vu, me voila finalement, et avec le temps, bien davantage conquis.
Quelque part entre Apocalypse Now et The Lost City of Z, le film de Herzog est somptueux. La maîtrise est parfaite, les décors magnifiques et l'acting précis. Reste que le personnage mégalo reste assez flou, le film en devient vain, le message social et écologique superficiel.
Prix de la mise en scène (cannes 1982), " Fitzcarraldo", ne fut pourtant pas bien accueilli par la critique à sa sortie et représenta même le champ du cygne de W.Herzog.
La postérité en a décidé autrement et cet opus du cinéaste, figure tutélaire du renouveau du cinéma allemand ( fin années 60, début années 70) est aujourd'hui un des ses plus connus et apprécié par le public.
Au début du XIX ème siècle, un entrepreneur malchanceux, mégalomane décide de construire un opéra à Iquitos (Équateur) au milieu de la forêt amazonienne.
Réflexion sur l'illusion, sur le décrochage du réel pour continuer à vivre, illustration du mythe de Sisyphe, hommage à l'art, à sa beauté, dernier ancrage pour permettre de ne pas sombrer face à un monde matérialiste dépourvu d'âme.
La critique y verra une exposition néo colonialiste et les commentaires de l'époque ne seront pas tendres à l'égard du cinéaste ( confondu avec le héros du film).
On pourra sans doute regretter un scénario qui s'égare parfois et finit par réduire le titre à son morceau de bravoure : le passage de la montagne du bateau, tiré par les Jivajos.
Quatrième film sur les cinq de la collaboration entre Kinski et Herzog, la postérité donnera tort à la critique allemande.
Plus de quarante ans après sa sortie en salle "Fitzcarraldo" est aujourd'hui devenu un classique, vu largement au delà du cercle des amateurs du cinéma d'auteur.
C'est aussi ( avec "Aguirre" ) une des plus grandes réussites du cinéma allemand de la période.
Parfois comparé à "apocalypse now" ( certains épisodes y font penser), "Fitzcarraldo" est surtout une grande réussite baroque qui tire paradoxalement ( Herzog préfère les décors naturels à ceux du studio) en direction du travail de Fellini.
Un projet titanesque et un des plus ambitieux du Cinéma ! "Fitzcarraldo" est plus qu'un film : c'est une leçon de vie ! Que cela soit son histoire, ou la production de ce film, tout se rejoint en un seul point commun : la persévérance. Son histoire est symbolisé par une tendre poésie, digne des plus grands contes, tandis que la réalisation éprouvante, apporte une authenticité à la réalité. Dans les deux cas, c'est extraordinaire ! La mise en scène apporte cette sensibilité et cette amour pour la nature, qui est rempli dans de danger, malgré la mégalomanie du personnage principal. 42 ans plus tard, le film ne prend pas une ride, notamment par son realisme troublant : L'absence d'effets spéciaux rend la réalisation impressionnante et unique en son genre. Werner Herzog est à la fois, un génie et un fou par ses propositions ! Un grand film de la decennie des années 80 !
Dans sa manière d'illustrer directement l'appel de la démesure qui animait son auteur, Fitzcarraldo sonne comme un écho optimiste d'Aguirre, le chef-d'oeuvre de Werner Herzog. Si je m'y suis par moments quelque peu ennuyé, c'est que l'allemand délaisse cette fois sensiblement la mystique qui faisait la grandeur d'Aguirre pour lui préférer une fibre plus humaine, ménageant des séquences plus longues pour faire ressentir au plus près la solitude de son héros, qui doit se battre à chaque instant contre les éléments et l'étiquette de folie que lui accolent les autres. Il donne alors parfaitement à voir combien cette volonté de grandeur est celle d'une tentative d'émancipation, relève d'un défi existentiel bien plus que de la simple lubie d'un homme déconnecté de tout. Dans un style moins documentaire, Herzog filme de façon pourtant tout aussi naturaliste par des contre-plongées qui donnent un élan d'ascension au film en même temps qu'elles font la part belle à une Nature dominatrice. Par des moyens différents, Fitzcarraldo retrouve donc la prégnance primitive d'Aguirre, même si celle-ci est plus diluée, recherchée avec un peu plus de distance. Moins désespéré, Herzog regarde les limites du pouvoir humain sur sa propre vie et sa quête de grandeur de façon un peu plus apaisée : si le personnage achève lui-aussi son voyage sans rien avoir concrètement accompli, et que l'aspect cyclique du périple parait délimiter tout ce dont un Homme est capable, le personnage de Klinski (encore une fois époustouflant) trouve dans l'amour et le souvenir d'un accomplissement éphémère une forme de contentement inébranlable, puisqu'elle naît au cœur même de ce qui paraissait une défaite. Cet optimisme, nuancé et surtout pas naïf, prend parfaitement corps dans la mise en boîte plus retenue qu'Herzog avait adopté tout du long et qui avait pu m'ennuyer par séquences, là où une folie constante à la Aguirre aurait mal préparé le terrain à cette conclusion mélancolique mais porteuse d'un certain espoir. C'est pourquoi, même si j'ai sur le coup été moins emporté que par la première collaboration Klinski/Herzog, Fitzcarraldo trouve dans sa conclusion une cohérence qui en fait le revers d'Aguirre, un autre regard sur la vie et le rêve qui possède la même profondeur, et sans se marcher dessus mais sans doute au contraire en se complétant, les deux œuvres dantesques de Werner Herzog disent, indéniablement, quelque chose de très pur sur ce qu'est l'existence et l'envie brûlante d'en dépasser les limites.
Grande fresque amazonienne et mégalomane de Herzog. Y a un côté apocalypse now et un côté la porte du paradis (même si je préfère nettement ces deux la). Le film se regarde bien et Kinski crève l'écran.
C'est un sacré film que ce Fitzcarraldo. Il rappelle bien sur Aguirre la colère des Dieux mais en plus abordable je trouve, car il y a une histoire plus structurée cette fois-ci. C'est toujours un personnage mégalomane, mené tambour battant par K. Kinski, mais avec un but inatteignable certes, mais un but concret tout de même. Il aura néanmoins réussi le défi de faire passer un énorme bateau à vapeur à travers une colline au milieu de la jungle amazonienne mais n'aura pas réussi à gagner son pari de faire fortune avec le caoutchouc. Ceci n'étant pas le but final car l'idée ultime de Fitzcarraldo était de faire venir un opéra en plein milieu de la jungle péruvienne. Il y parviendra néanmoins. .
Fitzcarraldo, quel film fascinant. Tourné sans aucuns trucages, plongé dans la brume, accaparé par la présence électrique de Kinski, porté par l'ambiance musicale hallucinée de Popol Vuh, l'œuvre de Herzog est un vrai film d'aventure, mais plus encore, c'est une œuvre fondamentale.
Werner Herzog, comme son personnage de « Fitzcarraldo », aime les grands défis, et il y a un parallèle évident entre le tournage du film et ce qu’il raconte, l’aventure extraordinaire d’un ingénieur, exemple extrême de l’entrepreneur et de l’utopiste, qui veut construire un opéra dans la jungle ou faire gravir une montagne à un bateau ! Le film a un côté grandiose, surtout dans sa seconde partie avec la présence des indigènes, et c’est bien vers l’opéra qu’il lorgne, privilégiant les grands moments et les grands airs, laissant de côté nuances et subtilités. Il en résulte un spectacle esthétique et étonnant, dont de nombreux plans marquent durablement la rétine.
Un film d'aventures à la fois dans des contrées hostiles et aussi au niveau humain. Kinski dans le rôle d'un mégalomane est parfait, une histoire sur la folie des hommes (mais on ressent moins cette folie dans la mise en scène que dans certains autres films du cinéaste). Plusieurs scènes mémorables agrémentent toute la longueur de l'oeuvre.