Le film joue sur le temps. Le montage croise les scènes. La fin renvoie au début. A vouloir poursuivre le fantôme de sa fille, le père la rejoint dans la mort. Venise est la ville idéale pour situer l’action du film. Elle menace de s’enfoncer dans les eaux, le père joue le rôle d’un restaurateur, et comme sa fille qui s’est noyée, dont la silhouette apparaît dans une diapositive qui représente l’église qu’il doit restaurer, la diapositive est cet image fixe, qui concentre toutes les temporalités, une photo, il y a tous les types d’images, la peinture, le croquis, le vitrail, la mosaïque, je pensais en le regardant qu’un film n’a pas de rythme, c’est peut-être un non sens de parler de rythme pour un film, parce que c’est le découpage qui crée ce « rythme », et le découpage c’est ce qui fait sens, c’est de la pensée, pas une chose objective, évidemment, un film dure une certaine durée, mais il se situe en-dehors de cette durée. Que ce film puisse faire réfléchir sur le temps, c’est peut-être là son argument premier, en plus de la beauté plastique, il y a un autre film proche « Obsession » de Brian de Palma, avec son flash back, que les personnages ou l’intrigue ne soient pas passionnants en eux-mêmes, il y a beaucoup d’ellipse, ou plutôt un découpage qui nous fait aller d’un temps ou d’un lieu à un autre, l’histoire pourrait être mélodramatique, mais elle relève aussi du domaine du fantastique.