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Jacques Paganel
1 abonné
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2,0
Publiée le 1 octobre 2014
Bon, disons en préambule que ce film date, de par sa réalisation et par le jeu des acteurs. Le scénario est des plus confus, mais ce qui est le plus énervant est cette réalisation avec de pseudo effets artistiques (?) ou créatifs (?).
Par exemple la scène où les parents sont au lit à se faire plein de mamours entrecoupée de plans où ils ont fini et s'habillent, et ça dure....
Ça dure, ça dure, ça dure toutes ces séquences où on croit que c'est fini, et puis non.... ce qui nuit à la compréhension du scénario (mais il y a-t'il quelque chose à comprendre ?
Le cinéma d'horreur "moderne" aura pris son essor en 1968 grâce à deux oeuvres majeures. Il y eut d'abord La Nuit des morts-vivants, huis-clos oppressant et séminal confrontant un groupe de protagonistes à une horde d'agresseurs de nature à priori surnaturelle. Puis le célèbre Rosemary's baby qui jouait habilement de la suggestion et du doute quant à la santé mentale de sa protagoniste. Le fantastique (au sens littéraire) se situant dans un fragile équilibre du doute entre explication rationnelle et possible manifestation surnaturelle, chacun de ces deux films d'horreur s'orientait vers une réponse plus ou moins explicite.
En 1973, le cinéaste Nicolas Roeg offrait à son tour un autre parfait représentant du fantastique littéraire au cinéma, le célèbre Ne vous retournez pas. Ce dernier raconte le traumatisme vécu par un couple d'Anglais suite à la noyade accidentelle de leur fille dans un étang. Quelques mois plus tard, le couple se reconstruit tant bien que mal et séjourne à Venise où le mari, architecte, restaure une vieille église. Au cours d'un déjeuner dans un restaurant, l'épouse tombe sur une voyante aveugle qui lui décrit avec moult détails sa petite fille disparue et lui affirme qu'elle est toujours là auprès d'elle. Bouleversée, la jeune femme finit par croire les dires de la voyante et tente de convaincre son époux de la véracité de ses visions, lequel sceptique et encore endeuillé se refuse d'en croire un seul mot. Peu à peu alors que le couple d'Anglais doit faire face à des événements troublants, la ville de Venise est secouée par une série de meurtres étranges dont la police repêche les victimes dans les canaux.
Rarement film aura été aussi intriguant que ce Don't look now. Nimbé d'une aura de mystère, entretenue à merveille par le décor mélancolique et baroque d'une cité des doges maussade et sinistre, le film entretient savamment la nature fantastique de son récit en se concentrant essentiellement sur la descente aux enfers de ce jeune couple endeuillé par la perte de leur enfant. Dès la séquence d'ouverture, Roeg se complaît à semer les indices troublants quant à la finalité de son récit. Ainsi de la première prémonition de John à sa dernière plus traumatisante encore, le doute n'est plus permis, son personnage est un médium qui s'ignore et qui ne comprend pas tous les signes du destin qui s'offrent à lui. La prémonition, l'intuition d'une fatalité inéluctable et indéterminée hante ainsi l'essentiel du film jusqu'à réveiller des personnages secondaires dans leur sommeil, la caméra de Roeg s'invitant ainsi à l'omniscience immédiate des événements. Progressivement, l'histoire s'enfonce dans une atmosphère délétère et oppose le jeune couple à une succession de personnages étranges et troublants dont le spectateur en vient toujours très vite à douter de l'honnêteté. Chaque personnage croisé par le couple de héros incarne ainsi la potentielle menace annoncée par le réalisateur, une manière comme une autre de mieux nous perdre en vaines spéculations.
A son efficace traitement narratif s'ajoute la singulière approche formelle du réalisateur. Roeg dynamise son récit par une mise en scène audacieuse et avant-gardiste, confrontant habilement les points de vue et filmant parfois deux séquences en parallèles (la fameuse scène d'amour juxtaposée aux préparatifs du couple après leurs ébats). Plus encore, il exploite à merveille la beauté mystérieuse de son cadre en prenant le contre-pied de la vision classique de la Cité des Doges. Dans Ne vous retournez pas, Nicolas Roeg ne sublime jamais Venise en tant que ville romantique mais la magnifie comme une cité baroque, dépeuplée et labyrinthique, un dédale sordide de rues et de canaux. Venise prend ainsi une dimension intemporelle, figée entre deux époques, ses sous-sols obscurs, ses volutes de fumée opaque ne servant qu'à dérober à la vue des vivants la sinistre réalité des fantômes et des créatures qui la peuplent.
Roeg véhicule ici une imagerie angoissante et impose Venise comme un cadre idéal à son récit, lequel s'articule autour d'une menace sourde, une terreur latente dont on n'arrive jamais à deviner la nature et l'objet. Le scénario est ainsi ponctué d'éléments déstabilisants appelant le sentiment anxiogène tels cette aveugle au sourire inquiétant, cette série de crimes à priori sans rapport avec l'intrigue, cette petite silhouette enfantine vêtu d'un ciré rouge apparaissant régulièrement et évoquant la défunte enfant du couple. Malin jusqu'au bout de ses focales, Roeg distille la couleur rouge avec parcimonie tout au long de son film, afin d'insister sur la résurgence du fantôme de la défunte, le rouge étant la couleur la plus vive du cadre terne et dépressif de l'ensemble.
Le suspense ne faiblit jamais mais monte crescendo en s'appuyant sur le doute des protagonistes quant à la véracité des affirmations de la dite voyante, véritable catalyseur de l'intrigue. Le malaise devient omniprésent, Roeg orientant son récit vers une sorte de déterminisme latent et irrévocable qui finit de situer le film dans son contexte fantastique. Dès lors, il est indéniable que le film se pose comme un parfait exemple de terreur suggestive, jouant plus de la psychologie de ses personnages, de son décorum et des hors-champs que des effets tape à l'oeil rédhibitoires devenus aujourd'hui monnaie courante. Ne vous retournez pas est donc un authentique chef d'oeuvre du film d'angoisse dont la rémanence de certaines scènes hante longtemps le spectateur après son visionnage.
« Ne vous retournez pas » est un film très original et très intrigant adapté de la nouvelle éponyme de Daphné du Maurier. C’est avant tout un film sur le deuil et la mort. La mort qui est omniprésente du début à la fin du film : mort de l’enfant, mort d’un couple qui se défait, assassin qui rôde à Venise, mort à Venise donc (et on pense souvent au chef d’œuvre de Visconti), et enfin mort de Venise elle-même qui croupit et s’enfonce dans les eaux tout comme l’enfant au début du film. « Ne vous retournez pas » est un film sur le deuil impossible, film sur la mort d’un couple qui, malgré tous ses efforts, ne pourra pas se sauver : John et Laura ne sont jamais sur la même longueur d’onde comme le symbolise bien la scène où ils font passionnément l’amour, scène très longue et très osée pour l’époque, scène qui semble contredire l’idée que le couple se défait, mais scène qui est entrecoupée d’images de ce qui va se passer après (chacun se rhabille de son côté) : idée géniale de mise en scène qui symbolise, comme le fait très justement remarquer Jean-Baptiste Thoret dans son analyse en bonus dans la belle édition chez Potemkine, « une incapacité pour ces deux personnages à habiter le présent au moment où ils font l’amour : le présent est là, mais il est déjà miné, perturbé par des événements futurs ». La richesse symbolique du film est étonnante. Par exemple, John architecte vient à la fois à Venise pour restaurer des édifices et pour « restaurer » son couple, tâche vaine dans les deux cas car la ville comme le couple agonisent. « Ne vous retournez pas » a un petit côté antonionien dans cette analyse du couple, viscontien dans cette perception morbide de Venise, mais il flirte aussi avec le fantastique (le film de fantôme) et le giallo. Sur ce dernier point, l’influence de « Chi l’ha vista morire ? » d’Aldo Lado, tourné aussi à Venise l’année précédente, est manifeste. Nicolas Roeg incite le spectateur à réfléchir et propose des pistes qui sont intelligemment suggérées, par exemple sur la situation et le rôle du frère de la petite fille noyée. Comme le fait justement remarquer Enrique Seknadje dans son intéressante analyse sur le site culturopoing, « n’est-il pas étonnant de voir que les parents Baxter ne sont pas aux côtés de leur fils Johnny ? Certes, l’internat est un mode de scolarité très répandu en Angleterre, mais Laura explique qu’elle est inactive à Venise. Si les deux parents sont très affectés par la mort de Christine, qu’en est-il pour le jeune frère ? Pourquoi, quand le directeur de l’internat prévient John de la chute accidentelle de Johnny, a-t-il dû passer par le bureau londonien de l’architecte pour obtenir son numéro de téléphone ? D’autres questions pourraient se poser à propos de la première séquence. Sur la façon dont Christine parle de son frère quand elle joue – « ennemi en vue » - sur ce que voit et ce que ne voit pas le tout jeune garçon, sur ce qu’il fait. Et sur ce qui lui arrive après la mort de sa sœur… ». « Ne vous retournez pas » est un film très personnel, mystérieux, onirique, construit comme un puzzle et je pense que plusieurs visions doivent être nécessaires pour le découvrir complètement.
Bon thriller dans le style "giallo". Quelques longueurs tout de même, notamment une scène de sexe interminable. Mais l'atmosphère est suffisamment étrange pour nous tenir en haleine. Et la fin est excellente.
Le scénario promettait beaucoup, la déception est au rendez-vous. Trop de longueurs, d'incompréhensions. Même la fin est trop improbable pour être crédible.
FILM MECONU DU GRAND PUBLIC car anglais et datant de 1973 pourtant avec le monstrueux et iconoclaste Donald sutherland qui me revient en DVD. Je ne connaissait pas l'oeuvre j'en avais entendu parler et surtout classé dans les meilleurs films d'horreur de tous les temps. c'est bien simple c'est un chef d'oeuvre magnifiquement réalisé avec un montage exceptionnel qui apporte une modernité et une intemporalité pour ce métrage de l'époque. L'intrigue démarre de suite, les situations s'enchainenet, le mystère reste entier, rondement bien monté de façon a ne créer jamais d'ennuis avec des plans et des images qui restent gravés dans votre cerveaux. C'est bien simple nous avons à faire à un thriller psychologique teinté d'esotérisme, de mystère, de dimensions parallèles même... les acteurs sont formidables et la FIN est cataclysmique. une oeuvre qui n'a pas prit une ride , ça reste aussi puissant que au dela du réel et la malédiction de 1978. un classique inclassable un chef d'oeuvre à redécouvrir
Film bizarre, troublant, envoûtant... Jusqu'à la fin, on ne sait pas du tout où on va, si tous les mystères seront dévoilés. Tout est remis en question et la façon étrange dont le film est tourné n'aide pas à la compréhension. Heureusement, à la fin, tout est très clair. Un bon thriller "hitchockien" !
J'ai rarement vu un film aussi plat, sans saveur. La majorité des personnages ne servent à rien, n'apportent rien au scénario, à quoi bon développer une tensions autour d'eux alors qu'ils disparaissent aussi rapidement de notre mémoire ? D'ailleurs, peut-on vraiment parler de scénario ? Regardez les 5 premières minutes, cela suffit, car le propos d'avance pas plus durant les interminables 2h du film. À la fin, on se dit simplement "tout ça pour ça ?". Bref, passez votre chemin.
Le film est considéré par beaucoup comme un chef d'œuvre horrifique. Las !Passée la scène d'ouverture traumatisante et réalisée avec maestria, on a tendance à s'ennuyer par la suite et je n'ai pas compris où le réalisateur voulait en venir. Jusqu'à la fin qui m'a laissé très perplexe sur le message du film. L'usage en nombre d'effets de mise en scène à la mode à cette époque (zooms, inserts de visages, inserts de scènes passées,...) atteint parfois le grandguignol là où De Palma le frôle souvent sans dépasser les limites (je pense à l'esprit de Cain). Bref, un film pour moi surestimé.