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Un visiteur
3,5
Publiée le 10 juin 2012
Du néoréalisme marquant avec son jeune héros plein d'énergie témoin de la déliquescence de la société allemande dans un Berlin en ruine. Il apparait tout de même que certains développements son manquants.
C'est irréprochable stylistiquement, c'est très intéressant sur le plan documentaire, c'est intelligent... Passionnant de voir avec autant de détail le Berlin de l'immédiat après-guerre et comment y vivaient (ou plutôt survivaient) ses habitants. On devrait montrer ça plus souvent à ceux qui pleurnichent qu'aujourd'hui la vie est dure. Beaucoup d'images précieuses sur les immeubles éventrés, les bâtiments vides, les rues défoncées. Un regard cru sur les duretés de la vie. Celles qui sont montrées: le manque de nourriture, le chacun pour soi. Celles qui ne sont que suggérées: la prostitution des jeunes filles et des enfants. Une évocation sourde des fantômes qui continuent à hanter l'ancienne capitale du Reich, avec cette formidable séquence où la voix de Hitler jaillit d'un gramophone et résonne dans les ruines désertes de la Chancellerie. Les nostalgies bien présentes, malgré la terrible leçon de la défaite - cet ex-instituteur ignoble qui, en ressassant les théories nazies sur l'élimination des faibles, mettra l'idée du meurtre de son père dans la tête d'Edmund. L'égarement, la perte de repères... Plein de choses positives donc. Pourtant ça ne me fait pas grimper aux rideaux. Assez peu d'émotion, une philosophie du cinéma au premier degré qui ne me convainc pas totalement. Je ne suis emballé qu'à moitié (allez, aux trois-quarts). Peut-etre que je fais la fine bouche...
Les cendres du second conflit mondial ont a peine eu le temps de se refroidir qu'Alberto Rosselini réalisait déjà sa "Trilogie de la guerre". Après l'occupation allemande en Italie ("Rome ville ouverte") et sa libération ("Païsa"), le cinéaste s'intéresse cette fois à l'Allemagne dans les années ayant précédé l'armistice. Il pose donc ses caméras dans un Berlin encore ravagé par les bombardements alliés. On ne pouvait pas trouvé en matière de décors naturels pour raconter la vie d'un jeune berlinois, luttant quotidiennement pour sa survie et celle de sa famille. Ce n'est pas pour rien que Rosselini est considéré comme le père du néo-réalisme. Outre une qualité de mise en scène incontestable, le film présente aussi l'intérêt d'être un témoignage direct de la vie des allemands après la guerre, sous occupation étrangère, faisant face à la désillusion d'une grandeur avortée et à une misère tenace. En dehors d'une fin poignante, "Allemagne année zero" reste plutôt froid au niveau des émotions ressenties et l'histoire aurait mérité d'être un peu plus longue afin d'étoffé son propos. Un bon film autant du point de vue cinématographique qu'historique.
Roberto Rossellini s'impose ici comme le héraut du néoréalisme. A l'instar de Stromboli et du Voyage en Italie, le film commence par une étude quasi documentaire du milieu avant de glisser progressivement vers le drame absolu traité avec la plus grande des forces. Le film est court (1h10), exige un temps d'adaptation du cinéphile face à la matière hyper réaliste du propos mais, par la suite, bien après sa vision Allemagne année zéro devient inoubliable. On peut chapitrer le film en plusieurs parties : la présentation de la famille, les fréquentations du gamin, l'acte vis avis du père et l'errance finale. Roberto Rossellini filme avec force un Berlin en ruines, dévasté par la guerre où les citadins survivent difficilement par la débrouillardise. Parmi les personnages, un père de famille mourant hésitant entre mourir et le souvenir de son passé d'officier qui le maintient en vie, c'est la vieille Allemagne. Le fils aîné, ancien soldat, se sent abandonné et trahi. Sa conscience est tiraillée. La jeune fille, simple, est courageuse, c'est l'Allemagne future et repentie. Enfin, Edmund est le gosse perdu, se perdant dans les ruines de Berlin. Il rencontre son ancien instituteur et un de des amis que l'on imagine ex nazis ou pédophiles ou les deux. Le film garde alors toute son ambigüité, d'où sa force. Serti par une terrible musique oppressante, le dernier quart d'heure du film est un chez d'oeuvre absolu. La divagation d'Edmund montre bien un enfant détruit, mal construit et génialement interprété par ce jeune acteur.
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3,5
Publiée le 9 octobre 2015
L'une des oeuvres les plus connues de Roberto Rossellini qui mêle documentaire et fiction, dans la tradition du nèo-rèalisme! Dernier volet du triptyque sur la guerre selon Rossellini : "Germania anno zero", rèalisè en 1948, qui fut absolument incompris et très contestè lors de sa sortie, nous prèsente en fait l'Allemagne et Berlin en ruine en complètant la trilogie commencèe avec le classique des classiques, "Roma, città aperta". Le film raconte en à peine 80 minutes le dèsespoir d'un jeune garçon de douze ans et sa tragèdie, dans un Berlin dèvastè! Le nèo-rèalisme italien fait d'un enfant le tèmoin direct de la tourmente crèèe par les adultes! Certains commencèrent dès les heures sombres, comme Vittorio De Sica qui rèalise, en 1943, le très rèussi "I bambini ci guardano". De son côtè, Rossellini intègre comme dans le magnifique "Paisà" l'enfant dans ses propres prèoccupations! Via ce jeune garçon, le film observe la dècomposition de la sociètè allemande et c'est aussi une dècomposition morale qui pose une question èthique! Le genre de question que très peu de films osait poser en 1948! Quant à la dèambulation de Edmund dans les dix dernières minutes du film, elle est absolument superbe...
Un classique qui est parvenu à combattre les méfaits du temps avec honneurs. Un long métrage engagé qui présente les difficiles conditions de vie d'après guerre par le prisme d'un jeune enfant. Porté par un scénario grandiose, cette histoire humaine et sociale est incontestablement un classique mérité. Un grand film.
Allemagne année zero est un film qui recrée à merveille une realité crue tout en montrant bien une élite pratiquant à la chaîne des faits isolés qu'ils prétendent dénoncer, et parmi tout cela et de nombreux parasites le jeune Franz dans l'entousiasme de la libération mais surtout la domination americaine; toutefois l'ensemble souffre de son ton commun en dépit de paysages il est vrai empreints de beauté et de pertes.
Un an après "Roma, città aperta", Rossellini livrait un second volet sur le bilan ravageur de cette Seconde Guerre Mondiale. Tourné durant l'été 1947 à Berlin, "Germania, anno zero" évoque, comme son nom l'indique, le point de vue Allemand, sans prendre parti pour qui que ce soit. Le principe est le même : faux documentaire, mais véritable description sociale. Le tout dans le style le plus radical possible, c'est-à-dire un néoréalisme sec. L'image n'est pas toujours nette, les éclairages naturels ne donnent pas lieu à l'esthétique que l'on peut acquérir en studio, mais peu importe : l'essentiel est dans le propos. De ce point de vue-là, c'est absolument remarquable. Objectif, désirant formuler un message d'espoir au milieu de toute cette misère, celui-ci finira comme noyé sous les trop nombreuses décombres. Rien n'est perdu, semble-t-il dire, mais il va falloir que cela change car le constat est édifiant. Pas de recul, constituée d'interrogations qui touchent le spectateur avant le réalisateur, l'oeuvre est résolument pessimiste. Si "Roma, città aperta" ne m'avait que partiellement convaincu, "Germania, anno zero" est à mes yeux d'un tout autre niveau. Plus dur mais ne s'embarquant dans aucune longueur, il ne développe que ce qui est favorable à l'ensemble. Les protagonistes les plus passionnants sont ainsi révélés à pleine lumière tandis que d'autres nous paraissent plus mystérieux. Finalement, on se rend compte que notre impression devient celle des habitants eux-mêmes : avec leurs joies, leur craintes, leurs familiarités ou au contraire les personnes inconnues qui défilent... On rentre complètement dans ce voyage terrifiant, ressortant complètement sonné et abasourdi par la conclusion. La seule chose que l'on pourrait reprocher à ce film remarquable, c'est d'abuser de son style, de se complaire de ce qu'il décrit. Enfin, cela n'engage que moi...
tout aussi émouvant que "rome ville ouverte", "allemagne année zéro" présente un pays dévasté et ses habitants dans un no man's land vertigineux. la dernière scène du film est inoubliable et ne peut laisser indifférent ceux pour qui la misère humaine est insupportable.
On ne doit pas pouvoir décemment aller plus loin dans la représentation brute de la ruine et de la misère. En même temps certains plans des ruines du Berlin de l'époque sont du meilleur cinéma. C'est un document historique et une oeuvre humaniste qui prend aux tripes.
La Seconde Guerre Mondiale avait cessé deux ans plutôt, Roberto Rossellini décide alors de s’immiscer au cœur de Berlin, en ruine, la ville totalement éventrée ne ressemble à rien, si ce n’est qu’un énorme amas de gravas à ciel ouvert, où errent des âmes en peine. Parmi eux, Edmund, 15 ans, va être le fil conducteur de cet incroyable voyage, où tel un documentaire, Allemagne année zéro (1947) se dévoile sous nos yeux sans aucun parti pris, ni jugement et encore moins de sentimentalisme, Roberto Rossellini nous offre un voyage marquant et socialement inquiétant.
Troisième, et donc bien évidemment dernier, film de la trilogie de la guerre de Roberto Rossellini, après "Rome, ville ouverte" et "Païsa", le réalisateur quitte cette fois son Italie pour planter sa caméra dans le Berlin en ruines de 1947. Et dans ce Berlin en ruines règne une atmosphère où le marché noir prospère comme jamais, où l'égoïsme ne s'est jamais aussi bien porté, où les relents nazis n'ont pas totalement disparu, où on est près à commettre les actes les plus abominables tellement on est désespéré ; comme annoncé au début, aucun jugement, juste des faits par la manière la plus réaliste et épurée qui soit... C'est surtout en réussissant à capter cette atmosphère que Roberto Rossellini rend peut-être son oeuvre indispensable, plus que par une intrigue qui tiendrait facilement en quelques phrases ; une atmosphère cauchemardesque et anxiogène rendue encore plus tragique par le fait qu'on la voit et qu'on la ressent par l'intermédiaire d'un jeune garçon. Comme les deux précédents volets de la trilogie, "Allemagne année zéro" est le témoignage d'une Histoire pas aussi lointaine qu'on le voudrait.
Alemagne année zéro, c'est exactement l'idée qui vient en tête à la toute fin du film. On aimerait en savoir d'avantage sur la reconstruction de la ville mais ce ne sont pas les films de Billy Wilder, "la scandaleuse de Berlin", ou de Jacques Tourneur, "Berlin Express", tournés un an plus tard toujours dans les ruines de Berlin qui nous en apprendront d'avantage. Il y aura peut-être juste un peu moins de gravas dans les rues mais les souffrances de la population civile sont toujours bien présentes.
Troisième et dernier film du maître du néo-réalisme italien ayant pour thème la 2ième Guerre Mondiale. Rossellini déplace ces caméras d'Italie en Allemagne et utilise pour son film les ruines du secteur français de Berlin. Toutes les horreurs de la guerre sans la guerre. On suit les mésaventures du jeune Edmund Kohler (12 ans) sans deviner jusqu'où celles-çi vont l'emmener entre un père mourant, une soeur qui se prostitue pour survivre et un frère qui se cache pour ne pas finir en prison pour son passé nazi. Le tout sous la "protection" d'un ancien maître d'école que l'on devine aisément (et avec horreur) pédophile... L'horreur à l'état pur. Le désespoir du vaincu.
Besoin de vous remonter le moral après une dure journée ? De regarder un film léger ? Passez votre chemin ! "Germania anno zero" s'inscrit dans le courant néo-réaliste que Roberto Rossellini a lui-même amorcé. Sauf qu'il n'est pas question ici de l'Italie, mais de l'Allemagne, quelques mois après la fin de la guerre. Berlin est détruite. La population crève de faim, survivant avec des tickets de rationnement et du marché noir. Les femmes "séduisent" pour récupérer quelques cigarettes, voire se prostituent. Les anciens soldats et les anciens Nazis se planquent comme ils peuvent. Et Edmund, 12 ans, tente de débusquer des combines pour alimenter sa famille. Néo-réalisme oblige, on y voit le détail de conditions de vie éminemment difficiles, poussant à faire des choix radicaux... ou tout simplement à une grande lâcheté. Et la peinture peu glorieuse de certains, dont les anciens Nazis qui ont la sale manie de tâter les enfants qu'ils croisent ! Le tout construit de manière très immersive. Entre des décors réels (tournage effectué à Berlin et en studios). Et des acteurs non professionnels très naturels. Un beau film, mais pas pour les dépressifs.