Allemagne année zéro
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Kiwi98
Kiwi98

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4,0
Publiée le 13 juin 2015
En 1945, Roberto Rosselini renouvelle son cinéma après le très politique « Rome Ville Ouverte » qui décrivait la vie des habitants de la ville de Rome sous le nazisme. Deux ans plus tard avec « Allemagne Année Zéro », il plonge dans un monde souvent oublié de tous : celui de l’après guerre, en filmant Berlin après sa chute. Un Berlin déchiqueté, dévoré par d'étranges créatures. Un film qui va contribuer à élever Rosselini comme père du néo-réalisme.

Le choix de Berlin est assez étonnant, et surtout très audacieux à l’époque où le monde accusait les allemands des crimes du nazisme. Voyant une ville anéantie à travers les yeux d’un petit garçon sans attache, mais aussi par les yeux de Dieu qui semble abandonner ces lieux. « Allemagne Année Zéro » s’avère étonnant de par sa sobriété certaine et totalement maitrisée sous une forme authentique totale, traitée avec conscience et qui aborde surtout un film réellement tourné dans le Berlin d’après guerre, offrant une véritable immersion, un témoignage de la misère mais aussi et surtout une image d’un monde brisé, anéanti, abstrait.

Ici, pas de réel scénario, Rosselini propose simplement une balade d’un peu plus d’une heure. Une balade dans la pauvreté, une balade riche en émotion, aussi gracieuse et répugnante, aussi forte en émotion qu’imprévisible avec des moments qui se rapprochent presque de l’onirisme (quand un homme joue de la musique dans une église prête à s’effondrer).

Ce qui offre de magnifiques moments de poésie, celui des ruines, celui que nous offre un garçon de douze ans au regard éventré et qui erre comme un spectre silencieux dans une lucidité admirable, mais aussi dans une fluidité étonnante. Et le carburant de cette tragédie peut aussi paraître comme étant son contexte désorienté et malade. « Allemagne Année Zéro », un film qui souffre de ce qu’il montre, le rejet d’un peuple par un monde cruel et déformé.

Vérité inconcevable, silencieuse, la ruine, les images d’un enfant détruit, d’un peuple dans l’ignorance. Une déflagration, une destruction, une projection, un zéro.
JamesDomb
JamesDomb

127 abonnés 1 061 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 29 septembre 2006
Roberto Rossellini pose un regard sur l’Europe avec Allemagne année zéro, un nouveau départ pour tous les pays européens, mais aussi un nouveau départ pour le cinéaste qui vient de perdre son fils (carton au début du film). Troisième volet de la trilogie de Rossellini sur la guerre. Berlin est filmée de manière remarquable, comme un documentaire sur la situation de l’Allemagne où règne l’incompréhension, un cauchemar au quotidien en cette année 1947 où les habitants déambulent au milieu des ruines, destructions liées aux bombardements intensifs des Alliés. Ce film est un témoignage des traumatismes du peuple allemand au lendemain de l’effondrement du III° Reich. Rossellini filme tout, de la présence souterraine de l’idéologie nazie (l’ancien instit vraisemblablement pédophile), la présence des Alliés (présence des français), le partage de Berlin. Les allemands cherchent leurs repères dans un monde qui n’en a plus. Rossellini évite tout sentimentalisme, refuse de porter le moindre jugement (« regarder pour comprendre »), dévoile le désarroi moral et social d’un pays en quête d’une nouvelle identité. Allemagne année zéro c’est avant tout l’histoire d’un être vulnérable, le jeune Edmund, victime innocente de la destruction morale de Berlin, autrefois symbole de la toute puissance de l’ennemi. On voit le jeune garçon parcourir les rues, vivant de trafics divers afin de nourrir sa famille : un père malade, un frère qui se cache en raison de son appartenance à la Wehrmacht durant la guerre et une soeur prête à tomber dans la prostitution. Rossellini filme les plaies, les séquelles de la guerre, les tombes creusées au milieu des ruines, les affamés s'acharnant sur le cadavre d'un cheval gisant sur la chaussée. Edmund sera victime du discours d'un ancien insti nazi "Il faut avoir le courage d'éliminer les faibles" et provoque la mort de son père en l'empoisonnant. Rongé par la culpabilité et le remords, il se suicide. C'est le point "zéro" d'une humanité à reconstruire.
Caine78

7 755 abonnés 7 399 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 20 avril 2007
Une des oeuvres importantes de Roberto Rossellini. D'un réalisme confondant, et cela jusqu'au moindre petit détail, ce film est un classique du réalisme italien, se contentant de montrer, sans jamais prendre parti pour quoi que ce soit, les conditions de vie après la guerre de 39-45. Et même si ce n'est pas forcément le genre de films qui nous enthousiasment, il reste tout de même très brillant, notamment par sa fin, poignante. A découvrir.
 Kurosawa

674 abonnés 1 509 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 décembre 2018
Au lendemain de la Seconde guerre mondiale, l'Allemagne est détruite autant matériellement que moralement et doit se reconstruire. Dans "Germania anno zero" (titre sublime), Rossellini raconte la misère du pays à travers une famille et les yeux d'un enfant en particulier. Et si dans "Roma città aperta" et "Paisà", l'enfance était synonyme d'innocence et d'espoir, elle prend ici une tournure beaucoup plus tragique. Le jeune Edmund (Edmund Moeschke) tente de faire vivre sa famille tant bien que mal, poussé à l’illégalité et à des actes odieux, conséquences d'une mauvaise influence. Rossellini explore avec brio les troubles d'une conscience perdue entre une méconnaissance de l'Histoire récente et la difficulté à se situer dans le présent et dans un futur proche. Le destin cruel de ce personnage est mise en scène de façon brillante mais un rien étouffante. En effet, alors que l'histoire est émouvante, la maîtrise apparente manque de nous bouleverser. "Germania anno zero" reste un très beau drame, à l'écriture d'une grande finesse.
weihnachtsmann

1 617 abonnés 5 727 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 24 janvier 2015
Comment survit-on dans l'immédiat après-guerre à Berlin. De combines, de trafics, de petits vols. Le "constat" de Rosselini est impressionnant. C'est un film-testament formidable. Avec le père "condamné à vivre" et le grand fils qui ne peut sortir de chez lui par peur d'être condamné pour ses actions pendant la guerre, on assiste ici à un combat pour la vie, œuvre de fiction tournée dans le réel et un drame poignant. C'est superbe.
ffred

1 987 abonnés 4 252 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 18 février 2007
Tourné dans les ruines même du Berlin d'après-guerre, un film d'un réalisme terrifiant. Le destin de cet enfant sans repères dans un pays détruit nous est restitué comme un documentaire. Les conditions de vie des allemands à ce moment de leur histoire nous est parfaitement rendu. Le cheminement et les actes du jeune garçon, encore conditionné par des années de nazisme, font froid dans le dos. Devant l'effroi de son geste paricide qu'il va finalement réalisé, la seule solution comme Hitler et beaucoup de nazis sera donc de se donner la mort. Une oeuvre poignante et forte, témoin de la souffrance d'un peuple qui tente de survivre et de se reconstruire dans la défaite.
Bertie Quincampoix
Bertie Quincampoix

142 abonnés 2 053 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 20 septembre 2017
Chef-d'œuvre du néoréalisme, ce court film fut tourné en 1947 par Roberto Rossellini dans les décors impressionnants d'un Berlin en ruine. Récit désespéré marqué "physiquement" par la guerre, Allemagne année zéro raconte l'histoire d'un jeune adolescent vivant dans une famille pauvre, qui va devoir apprendre à survivre dans un monde où les repères sociaux et moraux sont bouleversés, où le vol et le marché noir constituent une norme, où la prostitution est chose commune, où plus personne ne respecte plus personne, où les anciens nazis continuent à influencer sur certains esprits. Un témoignage bouleversant, d'une force et d'une intensité rares.
David F.
David F.

4 abonnés 42 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 février 2022
Dernier film de sa trilogie commencée avec Rome, ville ouverte, Roberto Rossellini nous fait voir l’Allemagne d’après-guerre en emmenant sa caméra dans les ruines de Berlin et la mettant en scène à travers la destinée d’un jeune garçon, Edmund qui essaye de récupérer un peu d’argent pour faire survivre sa famille : une sœur qui est obligé de séduire pour avoir quelques cigarettes, un père gravement malade et un frère dans l’attente d’un jugement car il appartenait aux SS. Filmé d’une manière très sobre, Rossellini apporte sa touche dans la fameuse scène du gramophone qu’Edmund apporte à 2 soldats américains et qui a enregistré un discours d’Hitler. Quand ils le mettent en marche on entend la voix du führer résonner dans les bâtiments en ruine et un père de famille qui passait reste bloqué sur place de peur, en l’entendant, que ça recommence encore.
Le réalisme qu’il montre en filmant, peut sembler tirer en longueur pour certains, comme la scène où Edmund marche sans but précis, mais elle prouve aussi la solitude globale des allemands qui sont obligés de se débrouiller tout seul pour survivre. C’est le cas de la scène où du charbon tombe d’un camion et des gens se dépêchent d’en ramasser, car ça peut servir pour se chauffer ou pour en revendre à d’autres. Si Edmund semble libre, ce n’est qu’un trompe l’œil. Il ne l’es jamais réellement. Il est sans cesse tiraillé entre son père, sa sœur et son professeur. Il est traité comme un adulte mais se refuse à l’être. C’est pour ça qu’on le voit essayer de jouer au football avec d’autres enfants mais personne ne veut de lui. Il reste définitivement seul spoiler: et coupable d’un crime qu’il ne voulait pas commettre
.
Ce film, par sa manière de représenter la ville, ses habitants, va ouvrir une grande porte à ce qu’on appelle le néoréalisme bien que Rossellini s’est toujours défendu d’en être l’investigateur. Allemagne, année zéro reste un chef d’œuvre à découvrir et un important témoignage historique d’une nation à l’agonie qui devait se reconstruire au plus vite.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 19 août 2011
Apogée du néorrealisme italie, "Allemagne année zéro" se situe entre le documentaire et le film. La réalisation de Rosselini est bluffante et le jeu d'acteurs très bon.
oranous
oranous

161 abonnés 1 097 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 13 octobre 2007
Ce film est poignant. C'est un film très dur. La fin est horrible et pour une fois je n'exagère pas.
Je pense que la situation de l'Allemagne au lendemain de la guerre est très bien représenté.
Onpardonne tout a ce gamin qui est très sympatique mais tellement faible.
Pendants les dernières minutes du film on se dit que ce n'est pas possible il ne peut pas faire ca, et si.
Une fin qui est vraiment marquante.
Ti Nou

624 abonnés 3 851 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 21 juillet 2015
Pourrait-on écrire et réaliser un tel film aujourd'hui ? Non pas que le propos soit choquant, mais il ne prend pas le parti-pris habituel puisqu'il se place du point de vue des perdants en montrant leur détresse. Il décrit la situation de l'Allemagne après guerre, l'humiliation de la défaite, en refusant de juger ses personnages. Les décors de la ville détruite sont saisissants.
ATON2512
ATON2512

76 abonnés 1 317 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 juillet 2015
Même si le film a un peu vieillit . Au sens où il fait référence à vraiment une page d'histoire lointaine pour certains . La force du film résidé dans son aspect documentaire brut et la vision désabusée des anciens maîtres de l'Europe . Roberto Rossellini montre un Berlin toujours en ruine comme le sont les anciens rêves de grandeur d'une Allemagne en ruine où chacun essaie de survivre . Tous les citoyens soit par ressentit, par faiblesse, par ignorance et pour une Minorité par idéologie veulent prendre ce genre de chemin . Qu'ils sachent qu'ils arriveront au bout d'une impasse .
gimliamideselfes

3 433 abonnés 4 013 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 juillet 2010
Bon film, intéressant, réaliste, fort et particulièrement triste.
Alexcherbourg
Alexcherbourg

23 abonnés 103 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 17 janvier 2011
Après nous avoir montré les ravages de la guerre en Italie dans Paisa, Rossellini s'intéresse maintenant à l'Allemagne. Le principal intérêt en est le filmage des ruines de Berlin. L'idée que tous les peuples (Rossellini se focalise principalement sur une famille) soient meurtris par les guerres en leur sol de manière similaire est le thème principal du film. Nous en sommes tous convaincus de nos jours et le film en perd probablement une grande partie de sa force. De plus, le recours aux acteurs amateurs montre ici ses limites. L'interprétation du père, notamment, est catastrophique.
A un moment du film, d'anciens nazis pédophiles et homosexuels sont mis en scène. Cela fait écho aux clichés homosexuels utilisés pour dépeindre les nazis dans Rome, Ville ouverte. Rossellini ignore-t-il l'assassinat d'Ernst Rohm et la déportation des homosexuels?
On peut aussi remettre en question le propos liminaire du réalisateur qui indique qu'il souhaite rendre le goût à la vie aux enfants allemands. Il devait lui sembler autant évident à lui qu'à nous que ces enfants misérables n'auraient aucune opportunité de voir le film. Rosselini cherche avant tout à dorer son image et expier son attitude trouble sous Mussolini.
Finalement, ce film vaut principalement par son filmage qui emprunte à l'expressionisme et l'intérêt historique de la vision des ruines de Berlin.
tomPSGcinema

880 abonnés 3 323 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 24 juin 2014
Sans atteindre le niveau de son chef-d’œuvre qu’est Stromboli, Roberto Rossellini réalise tout de même avec "Allemagne année zéro" un long-métrage bien poignant où l’on suit un jeune gamin de douze ans qui erre dans la ville de Berlin qui est devenu une ville en ruine et ce afin de trouver de la nourriture pour ses proches dont son père qui est gravement malade. La mise en scène ultra réaliste de Roberto Rossellini est évidemment une des qualités du long-métrage tout comme la brillante performance du jeune Edmund Moeschke qui s’avère bien touchant dans son interprétation. Tout le film se suit avec beaucoup d’intérêt jusqu’à cette fin bien tragique qui marque évidemment les esprits.
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